‹ De la détermination histologique des feuilles médicinalesChapitre 28 sur 44 · FAMILLE DES SOLANÉES · texte numérisé non relu

FAMILLE DES SOLANÉES

Espèces : Morelle noire. Solanum nigrum. — Datura stramoine. Datura stramonium. — Belladone. Atropa belladona L. — Nicotiane tabac. Nicotiana tabacum. L. — Nic. rustique. N. rustica. L. — Jusquiame blanche. Hyoscyamus albus. L. — Jusquiame noire. Hyoscyamus niger. L.

I. Lame interneurale. a. Epiderme.— L'épiderme, toujours pourvu de stomates sur les deux faces, est composé d'une couche de cellules dont les parois sont sinueuses. Il donne naissance à des poils ordinaires et à des poils glanduleux.

Les poils sont toujours pluricellulaires et leurs éléments sont superposés de manière à former une file verticale de cellules. Leur membrane est tantôt lisse (Nicotiana. Hyoscyamus), tantôt tub:reuleuse (Datura stramonium, Atropa belladona).

Les glandes sont tantôt unicellulaires , tantôl pluricellulaires. Dans

Pre

Atropa belladona. L., Hyoscyamus, Nicoliana tabacuwm. L., on trouve plusieurs sorte de glandes : les unes sont composées d'une cellule, les autres de plusieurs cellules disposées sur plusieurs rangées horizontales. Dans la Sotanum nigrum. L. et le Dalura stramoniumn, elles sont toujours pluricellulaires et leurs éléments sont superposés en rangées horizontales ordinairement formées de plusieurs cellules. Quant à leur forme , elle est variable, En Dalura (pl. IL, fig. ID), elles ont l'aspect d'un cône tronqué à orande base supérieure. Certaines glandes d'Atropa belladona. L. (pl. IT, fig. VIII) sont ovoides à grosse extrémité supérieure. Les glandes de ÆZyoscyamus et de Nicoliana labacum. L. sont oblongues ou ovoïdes (pl. LIT, fig. VII).

Le pédidelle qui soutient les glandes est tantôt unicellulaire (Sotanum nigruim, Dalura stramonium) (pl. I, fig. VID et quelques poils glanduleux d'Atropa belladona. Li. (pl. V. fig. VIL a), tantôt pluricellulaires unisériés en Nicotiana, Hyoscyamus (pl. I, fig. VIIL) et Afropa belladona (pl. IF, fig. VIT).

b. Mésophylie. Le mésophylle est hétérogène asymétrique en A/ropa belladona. L., Nicotiana, Datura, Solanum.

Le parenchyme en palissade est composé d’une seule couche. Dans les Hyoscyanus il existe sur les deux faces une assise de cellules allongées, dirigées perpendiculairement à la face de l'épiderme. Le mésophylle renferme des cellules cristalligènes. En Afropa belladona, chaque cellule contient une quantité innombrable de cristaux très petits (cristaux pulvérulents). Le Dalura et V'Hyoscyamus albus. Li. possèdent de gros cristaux agelomérés, tandis que dans la Æyoscyamus niger. 1. ils sont presque tous isolés. Enfin le parenchyme vert de Solanuim nigrum est dépourvu de cristaux.

IT. Marge. — Le bord foliaire est toujours constitué par du parenchyme vert recouvert d'épiderme.

IT. Nervure. — Contre l'épiderme supérieur et l'épiderme inférieur stomatiques, poilus et glanduleux, s'appuient quelques couches de collenchyme ordinaire convexe. Entre le collenchyme supérieur et le collenchyme inférieur siège un amas de grandes cellules incolores contenant quelques grains de chlorophylle. Quelques éléments de ce tissu sont remplis de nombreux cristaux pulvérulents. C’est dans l'intérieur de ce parenchyme qu'est plongé un arc libéro-ligneux assez étendu et composé, en allant de bas vers le haut, de liber inférieur, de bois, de liber supérieur (pl. VI, fig. IT, b. h, d).

Le liber inférieur et le lib: supérieur sont constitués par des ilots de fibres et de cellules dont les parois sont toujours cellulosiques. Le bois est formé d'éléments vasculaires.

Caractères communs : Stomates aux deux faces. Poils ordinaires et poils glanduleux. Point de glandes internes. Liber interne en ilots. Des cristaux pulvérulents d'oxalate de chaux.

Belladone officinale. — Atropa belladona. L.

I. Lame interneurale. a. Epiderme. — L’épiderme supérieur et l'épiderme inférieur, munis de stomates elliptiques, forment une seule couche de cellules tabulaires à parois sinueuses. L’épiderme est tantôt glabre, tantôt pourvu de poils composés d’une seule rangée de trois à cinq cellules cylindriques allongées suivant la longueur du poil et dont les membranes épaisses sont tuberculeuses extérieurement.

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On rencontre aussi à la face inférieure des poils surmontés d’une glande. Les glandes de forme ovoïde sont les unes unicellulaires (pl. IE, fig. VIH) : les autres. pluricellulaires : sont constituées tantôt par trois on quatre cellules superposées, tantôt par trois ou quatre rangées parallèles de cellules (pl. V, fig. VI, a).

Le pédicelle est unicellulaire (pl. V, fig. VI, a) ou est composé d’une file de deux à cinq cellules cylindriques (pl. IL, fig. VINP).

b. Mésophylle. — Le mésophylle est hétérogène. Le parenchyme supérieur possède une seule couche de cellules cylindriques trois à quatre fois plus longues que larges et perpendiculaires à la surface foliaire (pl. V, fig. VI, a).

Le parenchyme inférieur, égal au supérieur ou souvent moins développé que ce dernier, a au contraire ses cellules rameuses, laissant entre elles des méats irréguliers. Ce tissu est parsemé, près du parenchyme supérieur, de cellules plus grosses, arrondies, contenant des cristaux nombreux et très petits d’oxalate de chaux (cristaux pulvérulents (pl. V, fig. VL. d).

II. Nervure. — La nervure biconvexe a pour limite supérieure et inférieure une couche de cellules épidermiques dont la surface est rectangulaire ou polyzonale à côtés irréguliers. Ces cellules sont allongées suivant la nervure. Les deux épidermes sont munis de poils ordivaires et glanduleux plus nombreux que ceux qui existent sur la laine et ressemblant à ces derniers. Entre les deux épidermes existent du collenchyme, du tissu collenchymateux et un cordon libéro-ligneux. Le collenchyme forme à la face supérieure quatre à cinq couches de cellules cylindriques ou prismatiques à base légèrement polygonale. Les éléments supérieurs punctués sont généralement dépourvus d’épassissernents aux angles: il n’y a que les inférieurs qui présentent des épaississements, dont quelques-uns font saillie dans la cavité cellulaire.

A la face inférieure il existe trois à quatre couches de semblables cellules mais plus épaisses. Les cellules inférieures laissent entre elles de grands méats losangiques et les supérieures offrent seulement aux angles des épaississements qui s’avancent très peu dans la cavité cellulaire. Le collenchyme n’a donc son véritable caractère que aäans les cellules les plus rapprochées du centre de la nervure, et, de plus. il est un peu convexe. Le lissu parenchymateux placé entre ces deux collenchymes possède de grandes cellules polygonales en section transversaie. rectangulaires en section longitudinale. Ces cellules à parois assez minces, ponctuées, laissent entre elles de petits méats. Elles sont incolores, car le parenchyme vert de la lame ne s’étend point dans la nervure. Quelques-urnes renferment de nombreux cristaux pulvérulents.

C’est au milieu de cette masse qu'est plongé un cordon libéro-ligneux qui a la forme d’un arc concave supérieurement. Il est constitué en allant de la base à la partie supérieure de la nervure: 1° d'ilots libériens inférieurs; 2° de bois; 3° de liber supérieur séparé du bois par quelques couches de cellules. Le liber externe (pl. VI, fig. V, b) est disposé en ilôts sépares les uns des autres par une file de une à trois cellules allongées de haut en bas (a). Chaque ilôt est composé inférieurement de quelques fibres cellulosiques à mernbrane un peu épaissie surtout aux angles, et supérieurement de petites cellules grillagées ou séveuses. Le bois est formé de plusieurs bandes rayonnantes de vaisseaux ponctués, rayés, spiraux, spiro-annelés et trachées. Ces bandes sont séparées entre elles par une rangée au plus de cellules. Les rayons parenchymateux se continuent en

bas avec les rangées intro-libériennes, et se confondent en haut avec du parenchyme dont les éléments, très allongés suivant la nervure, sont prismatiques à base polygonale et sont pourvus de membranes ponctuées, épaissies surtout aux angles. Quelques-uns d’entre eux contiennent de très petits cristaux d’oxalate de chaux.

Le liber supérieur forme plusieurs îlots analogues à ceux du liber inférieur (h).

Feuille de Datura stramoine. — Datura stramonium. L.

I. Lame internewrale. a. Epiderme. — V’épiderme supérieur et lépiderme inférieur sont composés d’une seule couche de cellules tabulaires, à parois minces, un peu ondulées superficiellement, rectangulaires en coupe transversale. On rencuntre sur ces deux épidermes des stomates elliptiques disposés irrégulièrement, des poils simples assez rares et des poils glanduleux. Les poils coniques sont constitués par une seule file de trois à cinq cellules assez grandes dont les parois épaissies sont garnies de petits tubercules arrondis.

Les glandes sont supportées par un pédicelle unicellulaire courbe et dont la cellule cylindrique est de une à quatre fois plus haute que large. Ces glandes (pl. I, fig. VII) ont généralement la forme d’un cône tranqué dont la grande base opposée à l'extrémité du pédicelle est convexe. Elles sont composées de deux rangées superposées et parallèles de cellules; l'inférieure a deux ou quatre cellules, la supérieure de quatre à huit cellules allongées parallèlement au poil.

b. Mésophylle. — Le mésophylle est constitué par une masse de ceiïlules vertes différentes sur la face inférieure et sur lasupérieure. Le parenchyme supérieur a une couche de grandes cellules cylindriques en palissade, souvent minces. Le parenchyme inférieur, presque aussi puissant que le supérieur, a ses cellules rameuses allongées parallèlement à l'épiderme. On rencontre dans ce parenchyme, tout contre les cellules en palissade, de nombreuses cellules isolées renfermant des cristaux agglomérés d’oxalate de chaux.

IT. Marge. — La marge est constituée par la terminaison latérale du parenchyme chlorophyllien.

III. Nervure. — La nervure bi-convexe présente à sa surface des cellules épidermiques très longues, qui, vues de face, ont les parois longitudinales droites et parallèles, tandis que les transversales sont tantôt perpendiculaires, tantôt obliques aux premières. L’épiderme, dépourvu de stomates, est muni de glande- vt de poils semblables à ceux qui se trouvent sur l’épiderme de la lame. Plusieurs assises de collenchyme sont adossées à des membranes épidermiques ; ce collenchyme est en général plus puissant sur la face supérieure. Au nombre de quatre à six couches à la face supérieure, de trois à quatre couches à l’inférieure, les cellules ont la forme de longs prismes à base polygonale. Leurs parois sont minces, si ce n’est aux angles où elles présentent des épaississements convexes faisant saillie dans la cavité cellulaire. Entre les deux collenchymes convexes existe un amas Cellulaire dans lequel existe un arc libéro-ligneux. Les éléments minces qui le constituent sont prismatiques à base polygonale et laissent entre eux de petits méats. Quelques-unes de ces cellules sont remplies de cristaux, les uns pulvérulents, les autres tétraédriques. d’oxalate de chaux.

Quant au tissu vert il n'occupe que les parties latérales extrêmes de la nervure, Le cordon libéro-ligneux, très étendu, a la forme d’un arc concave

supérieurement. Il est composé, en allant de bas en haut : 1° de liber externe ou inférieur; 2° de bois ; 3° de liber interne ou supérieur. Le liber externe est formé de plusieurs groupes tangentiels séparés les uns des autres par une file radiale de une à deux grandes cellules, en général allongées radialement et renfermant de la chlorophylle. Chaque groupe est constitué par de larges cellules grillagées et séveuses à membranes un peu épaissies, très réfringentes.

Le bois, quatre à cinq fois plus puissant que le liber externe, est formé de plusieurs bandes vasculaires séparées les unes des autres jar deux ou trois rangées de plusieurs grandes cellules à chlorophylle, allongées parallèlement aux bandes vasculaires. Ces lames cellulaires constituent des rayons. Quant aux bandes vasculaires, elles sont composées de une à trois files de gros vaisseaux rayés, ponctués , spiraux, cannelés et trachées.

Le liber interne , séparé du bois par une ou deux couches de cellules minces, grandes , prismatiques , contenant de la chloropuylle (cellules médullaires), a la même constitution et la même puissance que le liber externe.

Feuille de Morelle noire. -— Solanum nigrum. L.

I. Laine interneurale. a. Epiderme. —L'épiderme supérieur et l'épiderme inférieur sont constitués par une seule couche cellulaire. Les éléments, moins larges sur l'épiderme inférieur, sont tabulaires. très sinueux, vus de face. Des stomates , des poils simples et glanduleux se remarquent sur ces deux épidermes. Les poils coniques sont à une seule rangée de trois à cinq cellules plus longues que larges et dont les membranes épaissies présentent extérieurement des tubercules arrondis. Les stomates, elliptiques , disposés sans ordre, sont presque tous placés contre une partie de la paroi interne de cellules épidermiques. Les orandes, rares sur la lame, sont soutenues par un pédicelle court, deux à trois fois plus long que large. En forme de cône tronqué, elles sont composées de deux assises perpendiculaires à la direction des poils. L'assise inférieure consiste en une, deux, quatre ou six cellules : la supérieure en deux, six ou huit cellules allongées suivant la longueur des poils.

b. Mésophylle. — Le mésophylle hétérogène ne renferme point de cellules à cristaux. Le parenchyme supérieur est en palissade. Les cellules cylindriques sont quatre fois plus longues que larges. Le parenchyme inférieur, un peu moins développé que le supérieur, présente trois à quatre couches de cellules rameuses, généralement étendues parallèlement à la surface foliaire (en coupe transversale) et présentant de face des branches courtes disposées très irrégulièrement.

Il. Marge.—L'extrémité latérale du parenchyme vert et de l'épiderme constitue la marge.

III. Nervure.— La nervure est très convexe. Son épiderme supérieur et son épiderme inférieur sont à une seule couche de cellules très allongées en forme de prisme à base carrée ou rectangulaire, tantôt perpendiculaire, tantôt oblique aux arètes. Ces deux épidermes sans stomates sont munis de poils et de glandes plus communs que sur la lame. Contre ces deux épidermes, existe du collenchyme convexe plus puissant à la face supérieure. Il forme deux couches inférieurement, trois à quatre couches supérieurement. Les cellules ont l'apparence d'un prisme droit

allongé à base polygonale (quatre à six côtés), et à hauteur cinq à quinze fois plus grande que la grande diagonale de base.

Entre le collenchyme se trouve le tissu fondamental dans lequel siège un arc libéro-ligneux. Ce tissu fondamental est constitué par un amas de cellules grandes à membranes minces et laissant entre elles de légers méats. Ces éléments prismatiques, à base polygonale, sont incolores. Il n’y existe point de parenchyme vert.

L’arc libéro-ligneux est concave supérieurement, convexe inférieurement. Du liber externe, du bois et du liber interne, avec des rayons médullaires, entrent dans sa constitution. Le liber externe forme de petits ilôts séparés les uns des autres par une ou deux cellules prismatiques à membrane mince. Chaque ilôt renferme, inférieurement, quelques fibres cellulosiques, nacrées, à section polygonaleetépaissieaux angles; supérieurement, un petit massif de cellules crillagées et séveuses épaissies.

Le bois, deux à trois fois plus puissant que le liber externe, forme plusieurs bandes vasculaires composées chacune d’une à cinq files de vaisseaux rayés, ponctués, spiraux, spiro-annelés, trachées. Ces bandes sont séparées les unes des autres par une file de cellules prismatiques (rayons médullaires), à base rectangulaire allongée parallèlement aux bandes. Le liber interne, de puissance égale à celle du liber externe, est constitué de la même manière. Il ne touche pas le bois, mais en est séparé par des cellules médullares à membranes minces plus petites que les cellules du tissu fondamental proprement dit.

Jusquiame noire. — Hyoscyamus niger. L.

I. Lame interneurale. a. Epiderme.— Une seule couche de cellules constitue l’épiderme supérieur. Les cellules sont irrégulières, à contour sinueux superficicllement et à membrane mince. Des stomates s’y rencontrent ainsi que des poils ordinaires et des poils glanduleux (pl. ILE, fig. VII). Les poils. longs, sont constitués par une série de grandes cellules, quatre à dix fois plus longues que larges et dont la largeur diminue insensiblement de la base vers le somrnet. Leurs membranes peu épaissies sont äépourvues de tubercules. Les poils glanduleux longs, toujours constitués par une seule série de cellules allongées suivant la longueur du poil, supportent une glande généralement en massue. Cette glande est unicellulaire ou pluricellulaire. Lorsqu'elle est pluricellulaire, elle est formée de deux ou cinq cellules parallèles séparées par des cloisons perpendiculaires au poil ; ou bien de deux ou quatre rangs parallèles de celluies dirigées parallèlement au poil.

b. Mésophylle. — Le mésophylle vert est hétérogène. Le supérieur est à une seule couche de longues cellules cylindriques, muriformes, quatre à cinq fois longues que larges. L’inférieur a des cellules dont la forme et la direction varient suivant la position. Contre l’épiderme inférieur existe de plus longues cellules de deux à trois fois plus longues que larges, à peine rameuses et laissant entre elles de faibles méats. Dirigées perpendiculairement à la surface épidermique, elles constituent une espèce de parenchyme en palissade. s

Viennent au-dessus de cette couche plusieurs rangs de cellules isodiamétriques ou allongées. Dans la couche supérieure de ce parenchyme se trouvent disséminées des cellules vertes qui contiennent, pour la plupart, un ou deux cristaux isolés d'oxalate de chaux. Quelques-unes cependant renferment des agglomérations cristallines. à

IT. Marge. — La terminaison latérale du mésophylle vert et de l'épiderme constitue seule la marge,

I. Nervure. — La nervure, bi-convexe, est munie en haut et en bas d'un épiderme semblable par ces cellules à l'épiderne neural des autres Solanées et pourvu de poils ordinaires et glanduleux comme il en existe sur Ja lame. Du collenchyme touche l'épiderme. Plus développé à la face supérieure qu'à l’inférieure, il est composé de cellules dont !a forme est prismatique, à base polygonale, perpendiculaire aux arêtes et dont les membranes présentent aux angles des épaississements dont quelques-uns à section triangulaire font légèrement saillie à l'intérieur des cellules.

Entre ces deux collenchymes siège une masse de grandes cellules la plupart incolores, plus longues, en forme de prisme droit à base polygonale et à membrane mince. Quelques éléments placés vers le centre de la nervure renferment dans leur cavité une quantité considérable de petits cristaux. C’est dans ce tissu que se trouve placé un arc libéroligneux très étendu latéralement et un peu concave. Il a la même constitution que le cordon que l'on rencontre dans la plupart des Solanées. Il est composé en effet de liber externe, liber interne, bois, moelle et rayons médullaires. iLe bois, formé d'un grand nombre de bandes rayonnantes vascula res, a une puissance égale ou un pen supérieure à celle du liber.

Jusquiame blanche. — Hyoscyarus albus. L.

La Jusquiame blanche ne se distingue de la précédente que par le contenu des cellules cristalligènes que l'on rencontre dans le mésophylle. Tandis que dans la Jusquiame noire, la plupart des cellules cristalligènes renferment de gros cristaux isolés. Dans la Jusquiame blanche, elles contiennent des cristaux agglomérés assez réguliers (pl. V, fig. IV, c).

Feuille de Nicotiane tabac. Tabac, — Nicotiana tabacum.

[. Lame interneurale. a. Epiderme. — L'épiderme, tant supérieur qu'inférieur, est à une seule couche de cellules à membrane mince et à contour très sinueux en surface. On y rencontre des stomates, des poils unisériés et des poils glanduleux.

Les poils glanduleux sont de deux sortes : les uns (les plus communs) sont très longs, multicellulaires ;: les autres, plus rares, unicellulaires.

Les pluricellulaires sont composés d'une série plus où moins nombreuses de cellules très allongées suivant la longueur du poil : ils supportent des glandes en massue, tantôt unicellulaires, tantôt composées de plusieurs cellules disposées en plusieurs rangs parallèles. Les poils courts sont très larges, leur longueur dépasse à peine deux fois la larseur. Leur sommet est terminé par une glande en forme de dôme placée d'ordinaire obliquement et composée de une à deux rangées souvent multicellulaires (quatre à huit en chaque rang.)

b. Mésophylle. — Contre l'épiderme supérieur s'applique une couche de cellules cylindriques dont la longueur dépasse trois ou quatre fois la largeur. L'inférieur, presque aussi développé que le supérieur, possède deux à quatre rangs de cellules rameuses, la plupart parallèles à la surface foliaire (coupe transversale). On rencontre dans ce parenchyme

de très rares cellules contenant des cristaux pulvérulents d'oxalate de chaux.

Il. Marge. — La marge est constituée par des cellules vertes protégées

latéralement par des cellules épidermiques.

. UE Nervure, — La nervure est bi-convexe. Son épiderme, semblable à celui des autres Solanées, présente des poils et des glandes analoguse à ceux de la lame. Contre l'épiderme inférieur sont adossées trois à quatre couches de grandes cellules collenchymateuses ; il y en à quatre à cinq à la face supérieure. Ces cellules, dans l'intérieur dequelles existent parfois quelques grains de chlorophylle, sont très longues, prismatiques, à base polygonale (quatre à huit côtés). Elles présentent à leurs angles de petits épaississements dont la section transverse est triangulaire ; un grand nombre de ces derniers s'avancent un peu dans la cavité cellulaire : ces deux collenchymes enferment un massif puissant de grandes cellules à parois minces laissant entre elles des méats. Ces éléments rectangulaires en coupe longitudinale, polygonaux sur une coupe transversale, laissent entre eux de petits méats et sont incolores ou renferment de rares grains de chlorophylle. Quelques-uns, centraux, contiennent des cristaux pulvérulents.

Le cordon libéro-igneux a la forme d'un arc très étendu, il a la même constitution que celui des autres Solanées. Du liber externe, du bois plus développé que ce dernier, du liber interne qui est séparé du bois par des cellules minces, médullaires, composent ainsi cet arc.

Nicotiane rustique. — Nicotiana rustica. L.

Se distingue du précédent par son collenchyme inférieur qui ne possède qu'une assise cellulaire.

FAMILLE DES BORRAGINÉES.

Espèces : Bourrache officinale. Borrago officinalis. L. — Consoude officinale. Symphytum officinale. L. — Buglosse officinale. Anchusa officinalis. L. — Pulmonaire officinale. Pulmonaria officinalis. L. — Cynoglosse officinale. Cynoglossum officinale, L.

I. Lame interneurale. a. Epiderme. — L’épiderme forme aux deux faces une couche de cellules tabulaires à contour sinueux (Sympliylum) pl. Il, fig. VII), (Anchusa Cynoglossum) ou polygonal (Pulinonaria, épiderme supérieur de Zorrago). Des stomates se rencontrent aux deux faces, sauf dans la Puinonaria officinalis. L.. qui n’en présente point à la face supérieure.

L’épiderme est garni de nombreux poils ordinaires et de poils glanduleux. Les poils ordinaires sont tous unicellulaires, la plupart ont leur base enchässée dans l’épiderme entre plusieurs cellules; d’autres, plus forts et moins nombreux, sont supportés par une proéminence pluricellulaire épidermique. Coniques dans la Bourrago, V'Anchusa, la Pulmonaria, la Cynoglossum, is ont la forme (au moins la plupart) d’hamecons dans le Symphylum.

Les poils glanduleux sont unicellulaires dans Borrago, Anchus« , Symphytum (pl. I, fig. HI). Pluricellulaires unisériés en Pulmonaria officinalis (pl. IL, fig. X). Quand les poils sont composés d'une cellule, cette dernière est toujours plus haute que large. Les glandes sont arrondies

en Borrago, Symphylum (pl. IL fig. VID), ou ovoïdes (pl, IE, fig. X) en Pulmonarix.

b. Mésophylle.— Le mésophylle, toujours dépourvu de cellules cristalligènes, est hétérogène asymétrique. Le parenchyme en palissade forme tantôt une couche cellulaire (Pulimnonaria, Cynoglossum), tentôt deux ou plusieurs (Zorrago, Anchus«).

II. Nervure. — La nervure est limitée latéralement par de l'épiderme dont les cellules, allongées suivant la longueur, sont munies de poils et de glandes. Cet épiderme touche, à la face inférieure et à la face supérieure, quelques couches de collenchyme tantôt convexe, tantôt concave ; entre le collenchyme inférieur et le collenchyme supérieur est étendu un massif assez puissant de grandes cellulss incolores, à membrane mince, et laissant entre elles des méats. C’£st dans ce tissu parenchymateux qu'est plongé un cordon composé : 1° à sa face inférieure d’un arc de liber dont les éléments fibreux et celluleux ont leurs parois cellulosiques et forment des amas continus; 2° d’un arc de bois appuyé sur la face inférieure du liber et constitué par des lames de gros vaisceaux (spiraux, trachées); 3° d’un tissu cellulaire qui occupe la concavité que forme le ligneux à la partie supérieure. Les cellules qui entrent dans la constitution de ce tissu ont leur membrane épaissie, d'aspect collenchymateux.

Caractères communs : Poils tous unicellulaires. Poils glandu’eux à glandes unicellulaires ou pluricellulaires dont les cellules sont séparées par des cloisons verticales. Point de poils glanduleux en Cynoglossum. Point de cellules cristalligènes. Point de glandes internes. Point de liber interne en ilôts.

Bourrache officinale. — Borrago officinalis. L.

I. Laine interneurale.a. Epiderme, — L’épiderme inférieur est formé d’une seule couche de cellules tabulaires à membrane très mince, paraissant plissée superficiellement. L’épiderme supérieur possède au contraire des cellules peu sinueuses, irrégulièrement polygonales. Ces deux épidermes sont munis de stomates, de poils ordinaires et de poils glanduleux. Les stomates, irrégulièrement disposés, sont elliptiques et entourés de plusieurs cellules épidermiques. Les poils coniques ont leurs membranes épaissies. Quelques-uns ont leur base soutenue par une proéminence multicellulaire.

Les glandes unicellulaires sont sphériques et supportées par un poil cylindrique deux à trois fois plus long que large.

b. Mésophylle. — Le mésoph\lle vert, hétérogène. ne renferme point de cellules spécialement cristalligènes. Le tissu supérieur en palissade est composé de deux assises de grandes cellules à membrane mince et allongées perpendiculairement à la surface foliaire. Ces éléments sont cylindriques et les plus superficiels sont plus longs. Le plus grand diamètre de ces derniers est double ou triple du plus petit. ;

Le mésophylle inférieur. en général moins développé que le supérieur, a ses éléments rameux qui, sur une coupe transversale, semblent rectangulaires, allongés parallèlement à l’épiderme.

II. Nervcure. — La nervure est convexe inférieurement, un peu concave à sa partie supérieure. Son épiderme, dépourvu de stomates, a ses cellules allongées suivant la nervure. Il est pourvu de poils à sommet glanduleux, de poils ordinaires dont les plus grands ont leur base en partie enchässée

dans une proéminence épidermique multicellulaire En dedans de l’épiderme viennent deux ou trois couches de collenchyme convexe dont les cellules ont la forme d’un long prisme droit à base polygonale. Entre le collenchyme supérieur et le collenchyme inférieur siègent un tissu cellulaire à éléments minces, grands, incolores ou renfermant peu de chlorophylle et laissant entre eux des méats; ils sont prismatiques à base polygonale. C’est dans ce parenchyme que se trouve placé un arc libéro-ligneux, convexe en bas, concave en haut et dont la concavité est remplie de cellules à aspect collenchymateux.

Le liber collenchymatoïde possède des fibres et des cellules toutes cellulosiques et formant un arc continu.

Quant au bois, il est représenté par des vaisseaux qui ne forment pas de bandes radiales bien régulières.

Buglosse otflicinale. — Anchusa ofjicinalis. L.

La Buglosse officinale (Anchusa officinalis. L.) a beaucoup de ressemblance avec la Bourrache Elle se distingue de cette dernière par les cellules de son épiderme supérieur dont le contour est très sinueux.

Cynoglosse officinale. — Cynoglossum officinale, L.

I. Lame interneurale. a Epiderme. — Les cellules de l'épiderme sont tabulaires : celles de l'épiderme inférieur présentent un contour très sinueux . tandis que celles du supérieur sont polygonales ou légèrement ondulées. Les deux épidermes possèdent des stomates et produisent des poils ordinaires. Ils ne donnent pas naissance à des poils glanduleux.

Les poils ordinaires sont unicellulaires et coniques. Leur base, assez large, estenfoncée dans l’épiderme et se rétrécit brusquement au niveau de la surface foliaire en se continuant avec le reste du poil qui est assez fin.

b. Mésophylle. — Le mésophylle est dépourvu de cellules cristalligènes. Il forme contre l'épiderme supérieur une couche de cellules cylindriques trois à quatre fois plus longues que larges Les éléments voisins de l’épiderme inférieur sont aussi cylindriques et perpendiculaires à la surface de la feuille. mais leur longueur ne dépasse pas deux fois leur largeur. Entre ces deux assises s'étendent quelques couches de cellules rameuses qui paraissent elliptiques, cireulaires ou rectangulaires lorsqu'on examine une coupe transversale.

IL. Nervure. — L'épiderme, poilu. est composé d’une couche de cellules allongées suivant l'axe de la nervure. Les deux épidermes sont en contact avec quelques couches (deux à quatre) de grandes cellules collenchymateuses dont les unes présentent aux angles un épaississement qui fait saillie dans l'intérieur des cellules.

Entre le collenchyme supérieur et le collenchyme inférieur siége une masse parenchymateuse considérable dans laquelle sont placés un ou plusieurs cordons. Les éléments qui constiuent ce parenchyme sont volumineux et laissent entre eux des méats. La coupe transversale de la nervure montre leur forme polysgonale. Leur paroi est très mince.

. Chaque cordon est composé de la partie inférieure à la partie supérieure :

19 D'un are de larges fibres libériennes dont les membranes un peu épaissies sont cellulosiques :

90 D'un arc de liber celluleux :

30 D'un arc de bois composé de plusieurs bandes de gros vaisseaux (spiraux, trachées), séparées entre elles par deux ou trois rangées de cellules qui possèdent des parois épaissies, et se réunissent supérieurement ;

4 D'un amas de cellules situées dans la concavité que forme le bois. Ces dernières, dont la section transversale est polygonale, présentent des parois épaissies surtout aux angles. Leur diamètre et plus petit que celui des vaisseaux.

Les feuilles peuvent être confondues avec celles de Digitale (Digilalis purpurea. L.).

Consoude officinale. — Symphytum officinale. 1.

I. Lame interneurale. a. Epiderme. — L'épiderme, pourvu sur ses deux faces de stomates, est composé d'une seule assise de cellules tabulaires qui, vues de face, présentent une membrane mince très sinueuse. On y rencontre des poils unicellulaires de deux sortes : les uns, assez grands, sont coniques, droits, et ont une membrane épaisse de manière à fermer souvent la cavité intérieure. Les autres (pl. IL, fig. VID), plus courts, sont recourbés en hamecon à leur sommet. Outre ces poils. il existe des poils unicellulaires, coniques, qui supportent une glande unicellulaire sphérique.

b. Mésophylle. — Le mésophylle est chlorophyllien et ne donne point naissance à des cellules cristalligènes. Au-dessous de l'épiderme supérieur existe une seule couche de cellules cylindriques minces assez pressées les unes contre les autres et disposées en palissade. Elles sont généralement deux à trois fois plus longues que larges.

Le mésophylle inférieur est méatique et plus épais que le supérieur. Il est composé de cellules qui sont d'ordinaire rectangulaires sur une coupe transversale, à grands côtés parallèles à la surface foliaire.

Il. Marge. — L'extrémité latérale du parenchyme foliaire et de l'épiderme constitue la région marginale.

II. Nervure. — La nervure, convexe inférieurement, est concave supérieurement. Son épiderme, pourvu de poils et de glandes semblables à ceux qui existent sur l’'épiderme de la lame, a ses éléments allongés suivant la longueur de la nervure. Quant aux autres tissus neuraux, ils ressemblent à ceux des autres Borraginées.

Pulmonaire officinale. — Pulmonaria oflicinalis. L.

I. Lame interneurale. a. Epiderme.— L’épiderme, dont l'inférieur est seul muni de stomates, est composé d’une assise de cellules à membrane mince, tabulaires et polygonales superticiellement. Il donne naissance à des poils ordinaires et à des poils glanduleux.

Les poils ordinaires, coniques, sont de deux sortes : les uns courts, les autres assez longs ont leur base supportée par un mamelon multicellulaire épidermique ; leurs parois offrent un épaississement qui est assez considérable pour obstruer la cavité intérieure.

Les glandes sont ovoïdes, elles surmontent un assez long pédicelle composé d'une rangée de plusieurs cellales cvhndriques (pl TE fig. X).

b. Mésoplylle. — Le mésophylle supérieur forme une seule couche de cellules en palissade, cylindriques, minces, de deux à trois fois plus longues que larges. Le mésophylle inférieur, généralement plus épais que le supérieur, a des cellules rameuses laissant entre elles de nombreux méats. Sur une coupe transversale, elles paraissent rectangulaires à grand côté dirigé parallèlement à la surface foliaire. Vues de face, elles sont rameuses en forme d'H.

Le mésophylle ne contient pas de cellules cristalligènes.

Il. Marge. — La marge est produite par la terminaison latérale du parenchyme et de l’épiderme.

IT. Nervure.— L’epiderme, dont les cellules sont allongées dans le sens de la nervure, est pourvu. comme celui de la lame, de poils ordinaires et glanduleux. Il enveloppe du collenchyme , du tissu cellulaire et des faisceaux libéro-ligneux semblables à ceux de la plupart des Borraginées.

FAMILLE DES GENTIANÉES.

Ményanthe trèfle d'eau. — Menyanthes trifotinta, 1,

I. Laine interneurale. a. Epiderime. — L'épiderme, muni de stomates et dépourvu de poils et de glandes à ses deux faces, forme une seule assise de cellules à membrane mince, irrégulière, polygonale ou légèrement ondulée. Les stomates, gros, arrondis ou elliptiques, sont disposés irrégulièrement et situés entre trois ou plusieurs cellules épidermiques.

b. Mésophylle. — Le mésophylle supérieur vert est composé de deux à tro's couches de cellules cylindriques un peu irrégulières, de deux fois à deux fois et demie plus longues que larges et allongées perpendiculairement à la surface foliaire. Le mésophylle inférieur, généralement plus développé que le précédent, est formé d'un amas de cellules rameuses laissant entre elles de petits méats. Ces cellules sont orientées de manières différentes ; sur une coupe transversale , elles sont irrégulières.

IT. Marge. — La terminaison du parenchyme vert recouvert d'épiderme constitue la marge.

IL. Nervure. — La nervure est limitée par de l'épiderme sans sto-

mates dont les cellules sont allongées dans le sens de la nervure. En dedans de l'épiderme existe une masse de tissu dans lequel existent généralement trois cordons libéro-ligneux. Les éléments qui composent cette masse (pl. VI, fig. VI, e) se présentent en coupe transversale sous la forme de cercle ou de polygone assez irrégulier. En coupe longitudinale, ils sont rectangulaires en général, de deux à quatre fois plus longs que larges. Ces cellules renferment dans leur intérieur quelques grains de chlorophylle et laissent entre elles de vastes lacunes qui, en section transversale, sont polygonales. Ces lacunes sont séparées les unes des autres par une seule couche cellulair2.

Les cordons libéro-lisneux (d. f) sont au nombre de trois. Ils sont directement enveloppés d'une assise concentrique de cellules polveonales à membranes minces, le plus souvent allongées tangentieHement,

Chaque faisceau est composé, en allant de bas en haut : 19 de Liber externe où intérieur: 2 de bois : 5° de Hber interne.

Le Liber interne, toujours cellulosique, est compose de fibres et de

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