‹ De la dissolution des sels dans l'eauChapitre 2 sur 17 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Réunir en un seul faisceau tous les faits relatifs à la dissolution est le but principal que nous nous sommes proposé, dans le travail que nous avons l’honneur de présenter à Messieurs les professeurs de l’École de pharmacie. Nous avons pris les éléments essentiels de notre dissertation dans les Annales de chimie et de physique , ainsi que dans les Comptes-rendus de l’Académie des sciences.

Nous envisageons la question sous deux points de vue différents ; nous parlons d’abord des phénomènes qui se manifestent pendant l’acte de la dissolution, abstraction faite de toute théorie sur la force qui détermine ce phénomène ; ces faits bien établis, nous faisons l’historique des diverses opinions qui ont été émises sur la nature de l'affinité do dissolution.

Le grand nombre de Mémoires qu’il nous a fallu analyser, le soin que

noua avons pris à bien pénétrer la pensée des divers auteurs, ont rendu ce travail plus long que nous ne l’avions pensé. En voyant combien les auteurs s’accordent peu sur la solubilité des différents sels, nous nous étions proposé de reprendrè lefiïsexpéHénCeset de vérifier les nombres nous inscrits au Codex, qui représentent les coefficirents de solubilité des principaux composés salins. Après en avoir vérifié’quelques-uns, entre autres celui du sulfate dé zinc, nous avons été forcé de reconnaître que, pour mener cette œuvre à bonne fin, il fallaitplus de temps que nous n’en pouvions disposer. Mais le travail que nous avons commencé, nous le continuerons, et nous avons l’espoir que le temps que nous y avons consacré ne sera pas entièrement perdu.

Notre thèse est, en quelque sorte, le résumé de nos études : quel sujet plus vaste que la dissolution pouvions-nous choisir? Quoique nous ne traitions au fond que de la dissolution des sels dans l’eau, nous avons été amené à parler du beau travail de MM. Bussy et Buignet, sur la dissolution des liquides les uns dans les autres, de la différence qui existe entre la cohésion, l’affinité de dissolution et l’affinité chimique, différence si bien ètablié par M. Dumas, dans ses Leçons sur la philosophie chimique. De plus, il nous était impossible de parler de la dissolution des sels, sans parler aussi de leur retour à l’état solide, du seinxlu dissolvant, par précipitation ou cristallisation. Ici se placent les idées théoriques de Jullien sur l’influence qu’exerce la vitesse de la solidification sur la cohésion des corps et les expériences de M. Fremy sur les précipitations lentes.

Nous avons aussi longuement parlé de la statique des dissolutions salines, des beaux travaux de M. Malaguti sur ce sujet, et de ceux plus récents de M. Berthelot, qui les confirma et les étendit au moyen du thermomètre.

L’acte de la dissolution étant un phénomène complexe, nous devions étudier avec soin les différentes parties dont il se compose : liquéfaction, diffusion, action chimique. L’action chimique peut se manifester par une décomposition, mais, le plus souvent, il y a simplement hydration. Dans nos recherches, nous avons été souvent amené à vérifier les équivalents d’eau de cristallisation des sels. A ce sujet, faisons remarquer que, si les auteurs diffèrent souvent sur la solubilité de ces composés, ils sont quelquefois loin de s’accorder sur le nombre des équivalents d’eau qu’ils renferment. Dans la pratique médicale, une pareille

incertitude est déplérable, surtout si l’ori a affaire à un sel doué de prcr priâtes énergiques; tel est l’arséni'atè dé soude; on rie trouve pas deux auteurs qui s’accordent sur la composition de l’arséniate officinal. A l’aide d’un procédé d’analyse, soigneusement vérifié par nous, nous avons trouvé que la formule de ce sel correspond à celle du phosphate de soude ordinaire, ce qu’il était d’ailleurs facile de prévoir

Nous avons aussi passé en'revue les différentes théories qu’on a doituées de la sursaturation.

Voilà le plan que nous avons suivi; l’on verra, par ce travail, quelle est la part que la pharmacie a prise dans l’étude de cette grande question de la dissolution, car les noms de MM. Bussy, Buignetr, Berthelot, Grassietc., reviennent sans cesse sous notre plume.

Le temps nous a manqué pour terminer entièrement nos expériences ; nous en avons fait Un grand nombre, mais quelques-unes seulement sont exposées dans ce travail; nous avons voulu surtout jeter des jalons sur une route que nous nous proposons de parcourir de nouveau.

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