‹ De la dissolution des sels dans l'eauChapitre 6 sur 17 · AB · texte numérisé non relu

AB

cotga=gg

Donc, en général, la cotangente de l'angle de solubilité d’un sel est égale au rapport entre la densité d’une dissolution de ce sel et le nombre qui représente la quantité de sel contenue dans un litre de cette dissolution.

Cet angle étant construit, on prend la densité de la dissolution dont on veut connaître la richesse, et, sur la ligne des abscisses, au point m , correspondant à cette densité, on élève une perpendiculaire jusqu'à la rencontre en K de l’autre côté de l’angle ; puis, à partir de ce point, on trace une parallèle nK à la ligne des abscisses jusqu'à celle des ordonnées, qui indiquera sur son échelle le poids de sel contenu dans un litre de dissolution à + 18°.

Pour convertir les degrés de l’aréomètre en densités, on peut employer la formule de Benoît.

n désigne le degré aréométrique.

■x la densité.

Il vaut'encore mieux employer un densimètre.

Jusqu’à présent nous n’avons pas discuté l’opinion de MM. A. Michel et L. Krafft, et, comme eux, nous avons supposé qu’au moins, pour la température de -f- lo°, la densité des solutions salines est proportionnelle à la quantité de sel qu’elles contiennent. Nous pensons qu’il ne peut en être ainsi, parce que nous savons que, l’eau se combinant en diverses proportions avec les sels, il doit en résulter des contractions variant avec la quantité de sel qu’on y ajoute. Du reste, Kremer a prouvé que dans la dissolution il y a un maximum de contraction. Nous verrons bientôt que M. Forthomme est arrivé au même résultat en s’appuyant sur des considérations basées sur le pouvoir réfringent des dissolutions salines.

Dans leur mémoire, MM. A. Michel et L. Krafft ont déterminé la contraction que subissent les sels lors de leur dissolution dans l’eau. Ils ont vu qu’en faisant dissoudre un volume connu d’un sel dans un volume connu d’eau, le volume de la dissolution est presque toujours moindre que celui des composants ; ce volume varie pour chaque sel.

Le plus souvent le sel se contracte, et l’eau ne semble subir aucun changement dans son volume primitif.

La contraction a été calculée de la manière suivante : sachant le poids de sel dissous dans l’eau, on a, d’après sa densité, calculé son volume; pour évaluer le volume de l’eau, on a admis que la différence entre le poids du sel et celui d’un litre de dissolution représentait le poids de l’eau et que le litre correspondait à 1000 grammes.

Additionnant les volumes du sel et de l’eau, le total donnait un nombre presque toujours plus grand que 1000 c. cubes, qui était le volume effectif de la dissolution; la différence, divisée parle volume du sel, indique sa contraction ou sa dilatation. Des divers sels expérimentés, le sel ammoniaque seul, au lieu de se contracter, se dilate d’une faible quantité.

Compressibilité des dissolutions salines. — Dans un travail sur la compressibilité des dissolutions salines, M. Grassi (1) a posé les conclusions suivantes :

1° Cette compressibilité est toujours plus petite-que celle de l’eau;

2° Pour toutes ccs solutions, la compressibilité est constante pour la même température ;

3° Pour les diverses solutions d’un même sel, la compressibilité est d’autant plus faible que la quantité de sel est plus grande ; en d’autres termes, la compressibilité est d’autant plus grande que la solution est plus éloignée de son point de saturation ;

4° La compressibilité des solutions salines va en augmentant avec la température ;

3° La compressibilité d’une solution de chlorure de sodium est trèspeu différente aux températures 18° et 39°. Cela tient probablement à ce que la solubilité du chlorure de sodium, variant très-peu avec la température, cette solution se trouve à peu près aussi éloignée de son point de saturation à 18° et à 39°.

Pour le chlorure de calcium, au contraire, la solubilité augmentant rapidement avec la température, une solution de ce sel à 41° est beaucoup plus éloignée de la saturation que cette même solution à 1 S°8. En opérant à 41°, on se trouve dans les mêmes conditions que si l’on opérait sur une solution beaucoup moins concentrée, aussi la compressibilité est-elle beaucoup plus forte.

M. Grassi n’a pu trouver une relation précise entre les comprossibilités des divers sels et leurs densités respectives. On peut dire seulement que, pour diverses solutions d’un même sel, la compressibilité est d’autant plus grande que la densité est plus faible, ce qui s'accorde avec ce fait que la compressibilité augmente à mesure que la solution s’éloigne de son point de saturation. Cependant il ne nous semble pas que, la compressibilité étant en raison inverse de la densité des solutions salines, elle soit en même temps inversement proportionnelle à la quantité de sel contenue dans ces solutions, car, ainsi que nous l’avons dit plus haut, nous rejetons le principe de la proportionnalité de la densité et du poids de la matière saline dissoute. Si la compressibilité d’une solution saline va en diminuant à mesure que sa densité augmente, il

(I) Annales de chimie et de physique, 3 e série, tome XXXI. page 4S4.

n’en est plus de même pour des solutions de sels différents ; car, pour ne citer qu’un exemple, une solution d’iodure de potassium, dont la densité est égale à l ,694, a pour compressibilité 0,0000266, nombre plus grand que 0,0000218, compressibilité d’une solution de chlorure de calcium, dont la densité 1,417 est plus faible.

Dans ses expériences, M. Grassi a employé le piézomètre de M. Régnault, à l’aide duquel on détermine en même temps et la compressibilité du liquide et celle de l’enveloppe même qui le renferme.

Diffusion des solutions salines. — Lorsque, dans un verre, on verse une dissolution saline, puis qu’on y ajoute avec précaution de l’eau distillée, les deux liquides restent superposés en vertu de la différence de leur densité, mais bientôt ils se traversent et se diffusent l’un dans l’autre ; il faut alors admettre que leurs parties constituantes se repoussent ; qu’elles sont , soumises à une force du même genre, mais d’une intensité incomparablement plus petite que celle qui sollicite les gaz à occuper un volume plus grand que celui qui les renferme. Dans le cas particulier qui nous occupe, la solution saline s’étend d’eau, et l’eau dissout du sel ; cette diffusion s’effectue de proche en proche, et, au bout d’un certain temps, le liquide contenu dans le verre offre une constitution homogène. Cette force agit encore quand les deux liquides sont séparés par une cloison poreuse quelconque, animale, végétale ou minérale ; les pores de la cloison s’emplissent d’eau, et la communication entre les liquidos placés des doux côtés ne se trouve point interrompue.

Supposons deux liquides différents convenablement choisis et séparés l’un de l’autre par une membrane, une lame de bois ou d’argile poreuse ; une portion des deux liquides traverse la cloison, mais l'un passe plus abondamment que l’autre, de manière que le niveau s’élève d’un côté de la cloison et s’abaisse de l’autre. Dutrochet, qui a fait une étude spécialo de ce phénomène, exprime ce résultat en disant qu’il y a endosmose , du liquide qui passe le plus rapidement, à l’autre liquide, et qu’il y a exosmose, de ce dernier au premier. Il est assez difficile de se représenter ce double courant, et il est préférable d’admettre avec M. Graham (1), quelo mouvement d’exosmose est un simple phénomène de diffusion, s’effectuant à travers la membrane poreuse. Dans cette

(t) Annales de chimie et de physique, 3« série, tome XLV, page 8.

manière de voir, ce n’est pas la totalité de la dissolution saline qui traverse la membrane, ce sont uniquement les particules du sel ; l’eau qui les tient en dissolution est entièrement passive. Cette hypothèse est d’ailleurs en accord parfait avec l’idée de dilution telle que nous l’avons exposée. Nous avons dit qu’il semble que les molécules salines soient repoussées par les molécules de l’eau ; mais on pourrait encore expliquer la diffusion en admettant qu’au contraire les molécules aqueuses attirent les molécules salines qu’elles se partagent également. Nous remplaçons donc l’idée de répulsion par celle d’attraction ; toutes deux expliquent également bien la diffusion à travers les cloisons poreuses et la diffusion de deux liquides superposés, mais nous pensons que l’idée d’attraction est plus en rapport avec celle que l’on se fait de l’affinité dissolvante de l’eau pour les sels, quelle que soit d’ailleurs la nature de cette affinité. Quant à l’endosmose, elle paraîtdue à un véritable courant susceptible d’entraîner les masses ; il reste à en trouver la cause. M. Graham désigne ce transport sous le nom d 'osmose et il appelle force osmotique la cause qui le produit. Cette force a une grande intensité, elle peut faire équilibre à une colonne d’eau de plusieurs pieds de hauteur, ainsi que l’ont montré les expériences bien connues de Dutrochet; les naturalistes lui attribuent un rôle important dans les phénomènes d’absorption chez les animaux et les végétaux.

M. Graham a reconnu que l’osmose paraît se manifester particulièrement avec les dissolutions étendues. Pour la plupart des substances, elle est maximum quand la matière dissoute ne dépasse pas L du poids de l’eau. Avec le sel marin, l’osmose est maximum quand la solution ne renferme que 0,00123 de sel ; elle diminue rapidement et peut même devenir négative quand la proportion atteint et dépasse 0,0t. Le chlorure de potassium présente des particularités analogues.

Les sels solubles peuvent se partager en trois classes :

1° Dans la première classe se trouvent les sels qui agissent chimiquement sur la cloison poreuse. L’osmose est d’autant plus prononcée que l’action chimique est plus énergique. Le plâtre, le charbon moulé, le cuir tanné n’ont pas de pouvoir osmotique avec les dissolutions salines qui ne les attaquent pas. L’argile blanche plastique ne donne que de faibles résultats, tandis que la même argile, modifiée par la cuisson, est attaquée et donne des effets prononcés. Une plaque calcaire renfermant de l’alumine présente, pour une solution de carbonate de potasse,

un pouvoir osmotique bien supérieur à celui d’une plaque de marbre pur.

Les membranes sont aussi attaquées ; elles sont sans cesse en voie de décomposition, leur poids diminue depuis 20 jusqu’à 40 0/0 du poids primitif, et l’on trouve, après l’expérience, des principes organiques dissous dans les liquides intérieur et extérieur.

2° La deuxième classe comprend les sels qui n’agissent pas chimiquement sur les cloisons. L’osmose est alors très-faible, présente tous les caractères d’un phénomène physique, et semble due à l’échange par diffusion d’une certaine quantité de la substance dissoute, contre une certaine quantité d’eau. Le sel marin appartient à cette classe.

3° La troisième classe comprend les substances telles que le sulfate neutre de magnésie, avec lesquelles l’osmose, assez médiocre, semble due en même temps à une action chimique faible et à un effet de diffusion.

Il reste à expliquer comment une action chimique, différente sur les deux faces d’une cloison, peut déterminer le passage de l’eau à travers cette cloison. On sait qu’un courant d’électricité passant à travers une cloison, do chaque côté de laquelle il y a de l’eau, détermine un semblable transport de liquide. On sait aussi que les actions chimiques sont accompagnées d’un dégagement d’électricité ; partant de ces principes, JV1. Graham rattache l’osmose aux phénomènes de transport produits par l’électricité. L’eau passe du côté des substances alcalines, do même qu’elle suit l’hydrogène et les alcalis dans le transport par le courant électrique. Enfin, la chaleur favorisant les actions chimiques, on comprend facilement pourquoi elle favorise les expériences d’osmose.

Action des solutions salines sur les gaz. — Quand on met les solutions salines en présence d’un gaz comme l’oxygène, l’acide carbonique ou l’air, on remarque qu’elles en absorbent des quantités différentes de celles qu’absorberait l’eau pure ; en outre, ces quantités semblent le plus souvent se soustraire complètement aux lois de la dissolution proprement dite. Ces actions ont été étudiées par M. E. Fernet, dans certains cas particuliers. Voici quelques-uns des résultats obtenus :

Dans l’action des gaz sur les solutions salines, on remarque qu’il n’y a pas là un simple phénomène de dissolution, car la solubilité ne varie pas proportionnellement à Ja pression ; cependant cette solubilité n’est

pas non phls un simple phénomène chimique, car elle n’est, pas complètement indépendante de la pression. Il est donc permis de décomposer le Volume de gaz absorbé en deux parties : l’une de ces parties est proportionnelle à la quantité de sel dissous et est indépendante de la pression ; l’autre, au contraire, décroît à mesure que la quantité de sel augmente, et est proportionnelle à la pression.

Il résulte : 1 0 que si le gaz n'est pas susceptible de se combiner chimiquement avéc le sel dissous, l’absorption est toujours moindre que dans l’eau et suit, d’ailleurs, la loi de la dissolution : tel est le cas de l’oxygène ou do l’air mis en contact avec des solutions de chlorure de sodium. ‘2° Au contraire, si le gaz peut se combiner en proportion un peu considérable avec le sel, l’influence de la pression sur la quantité de sel dissous devient presque insensible ; tel est le cas des solutions de phosphate ou de carbonate de soude, mises en contact avec l’acide carbonique ; bien que ces sels diminuent la solubilité propre du gaz, leur présence doit être considérée comme augmentant très-notablement le pouvoir absorbant total du liquide, et comme rendant l’absorption presque indépendante do la pression. Enfin, dans d’autres cas, les deux actions sont du même ordre de grandeur, et alors la présence du sel, tout en modifiant la loi du phénomène, n’en change pas beaucoup l’intensité.

Ces faits sont importants à connaître pour l’explication de certains phénomènes naturels. Los eaux des sources, des rivières, des lacs, des mers, tiennent on dissolution des sels très-différents et en proportions très-diverses ; cette influence doit donc s’ajouter à celle de l’altitude, pour faire varier beaucoup la quantité de gaz qu’elles absorbent et leurs qualités comme boisson. De là, résulte aussi que ces diverses eaux no sont pas également propres à fournir les gaz nécessaires à la respiration des poissons et des autres animaux aquatiques; on sait, d'ailleurs, que toutes les eaux ne peuvent être habitées par les diverses espèces de ces animaux. Le sang, en présence de l’air, se comporte évidemment comme un liquide contenant des matières salines en dissolution ; son pouvoir dissolvant et, par suite, l’activité respiratoire, doivent donc varier avec la quantité de sel qu’il contient. Il doit en être de même pour la sève chez les végétaux.

Température de solidification de Veau des solutions salines. — Les sols

dissous dans l'eau abaissent au-dessous de 0° la température de la solidification de ce liquide ; cet abaissement est sensiblement proportionnel à la quantité de sel anhydre tenu en dissolution dans l'eau (Rüdorff) (1); il ne dépend pas de la solubilité du sel et paraît augmenter avec le nombre qui représente l’équivalent chimique de ce sel. Ce phénomène peut s’expliquer par l’inertie des molécules de la dissolution que le sel épaissit d’autant plus que sa densité est plus grande. Ces molécules sont, les unes par rapport aux autres, dans un état d’équilibre instable rendu permanent par la viscosité du liquide qui les empêche de se déplacer les unes par rapport aux autres, pour prendre les positions qui correspondent à l’état solide. C’est de la même manière, du reste, que l’on explique le phénomène de la sur fusion, c’est-à-dire l’abaissement de la température d’un liquide pur, à l’abri de tout ébranlement. On sait que, dans ces deux cas, des vibrations, qui déplacent les molécules les unes par rapport aux autres, leur permettent de céder aux forces qui tendent à les grouper régulièrement, tandis qu’une agitation trop vive, imprimée à une grande partie de la masse, les déplaçant toutes en même temps, peut aussi empêcher la congélation. M. Despretz (2) a constaté ce fait sur l’eau pure et sur les dissolutions de divers sels dans l’eau. Avec une dissolution dè potasse renfermant 0,617 de cette substance, la température peut être maintenue, pendant l’agitation, à plus de 20" au-dessous du point de congélation. Ce que nous avons déjà dit de la séparation du sel et de l’eau, lors déjà congélation de ce liquide, nous dispense d’insister plus longtemps sur ce sujet.

Maximum, île densité des dissolutions salines. — L’eau qui contient un sel en dissolution possède un maximum de densité, [de même que l’eau pure, ainsi qu’il résulte des recherches de M. Despretz. L’abaissement au-dessous de -f 4° du point où l’on observe ce maximum de densité est, comme celui du point de congélation, proportionnel à la quantité de matière dissoute dans l’eau; mais, pour un même poids de matière dissoute, la température du maximum baisse bien plus que celle de la congélation. Il en résulte que ce maximum a souvent lieu à une tempé-

(I; Monatsbaiche der Akademie der Wissensohaff'icn zu Berlin , 1860, page 427, et Annales de chimie et de physique, tome I.Xllf, 3“ série, page 489.

(2) Comptes-vendu? de l'Académie des sciences, tome V, page 49.

rature qui est inférieure au point de congélation de la dissolution. Dans ee «as, pour constater le maximum de densité, on place la dissolution dans les conditions où elle se maintient liquide au-dessous de sou point ♦le congélation.

Température d'ébullition des solutions salines. — Les sels dissous élèvent toujours la température à laquelle l’eau bout, et cela d’autant plus qu’il y a plus de sel. Ainsi de l’eau contenant 0,1, 0,2, 0,3, 0,4 de sel marin, bout à 101° S ; 103° S ; 105* 8 et 108°. Selon M. Legrand, la température d’ébullition des dissolutions non saturées s’élève peu à peu, à mesure qu’elles se concentrent par l’ébullition, et devient fixe quand elles arrivent à saturation. En représentant les retards do l’ébullition par les ordonnées d’une courbe dont lès abscisses représentent les quantités de sel dissoutes dans 100 parties d’eau, il a trouvé deux classes générales de courbes : les unes n’ayant qu’un sens de courbure tantôt convexe, tantôt concave, vers l’axe des abscisses, et les autres ayant un poids d’inflexion, les ordonnées croissant toujours avec les abscisses. Du reste, le retard du point d’ébullition de l'eau ne dépend pas seulement de la quantité do sel dissous, elle paraît principalement due à l’affinité du sel pour l’eau.

Quand on veut avoir la température de l’ébullition d’une dissolution saline, on ne doit pas prendre celle à laquelle le sel commence à se déposer, mais celle qui a lieu pendant qu’il se dépose. En effet, malgré ( agitation du liquide pendant l’ébullition, le point de saturation est dépassé et la température s’élève de plus en plus ; mais, dès que le dépôt du sol a commencé, cette température descend et ne varie plus. Par exemple, M. Legrand a vu une dissolution de carbonate de potasse atteindre 440‘ sans déposer de sel; puis, tout à coup une grande effervescence se manifesta, accompagnée d’un dépôt abondant; la température descendit à 13o° et ne varia plus.

M. Legrand a encore remarqué que l’ébullition d’une dissolution saline dans des vases de verre est d’abord régulière, mais qu’elle se fait ensuite par des soubresauts quand l’air dissous a été chassé. l.)< s parcelles métalliques lui rendent sa régularité. Il y a des sels qui, ajoutés, même en petite quantité, à l’eau, déterminent la production des soubresauts : tel est le tartrate neutre de potasse; d’autres, au contraire, les empêchent.

Le tableau suivant donne les points d’ébullition d'un certain nombre de dissolutions salines. Ces solutions peuvent être avantageusement/

employéés pour former des bains à température fixe.

Poids de sel

Sels en dissolution.

dans 100. p. d’eau.

Point d’ébullition.

Chlorure de sodium.

Chlorure de potassium. . . .

Chlorure de barium.

Carbonate de soude.

Posphate neutre de soude. . .

Chlorate de potasse.

Azotate de soude.

•12 l°ft

Azotate d’ammoniaque. . . .

infini

18,0’fO

Chlorhydrate d’ammoniaque.

Chlorure de strontium. . . .

Chlorure de calcium.

Oxalate neutre de potasse. .

Carbonate do potasse. ....

Azotate de chaux.

Acétate do soude.

Acétate de potasse.

Force élastique des vapeurs émises par les dissolutions satines.

M. Régnault et M. Wulner ont mesuré la tension des vapeurs fournies par les dissolutions de divers sels dans l’eau ; ' le premier employait l’appareil qui lui servit à mesurer la tension de la vapeur d’eau aux diverses températures; M. Wulner (1) a suivi la méthode de M. Magnus. L’avantage (ju’ollo présente est de ne pas altérer d’une manière'sensible la concentration de la dissolution. Le liquide est introduit dans la branche fennec d’un baromètre tronqué, où il s'élève au-dessus du mercure et donne naissance à des vapeurs. Eu faisant communiquer la branche ouverte de ce baromètre tronqué avec un réservoir d'air à pression variable, on peut déterminer la formation de la vapeur à des tempéra tures très-diverses et, par suite du volume peu considérable de l’espace où les

(I) Poggeadurff's Annulen, tome l’.HT, page. 829.

vapeurs peuvent se développer, la quantité de liquide qui se vaporise est toujours insensible par rapport à la masse totale. On peut d’ailleurs, expérimenter sur plusieurs dissolutions à la fois, en les faisant toutescommuniquer en même temps avec le même réservoir à pression variable. M. Wulnera ensuite simplifié cette méthode, en remplaçant la mesure direqte des tensions par la comparaison de ces tensions avec la tension delà vapeur émise par l’eau pure.

Les sels sur lesquels il a expérimenté sont au nombre de six :

Chlorure de sodium.

Azotate de soude.

Sulfate de soude.

Chlorure de potassium.

Azotate de potasse.

Sulfate de potasse.

Four tous ces sels, en opérant sur des dissolutions également concentrées, il a reconnu que la diminution de la tension de la vapeur émise par une dissolution est exactement proportionnelle à la quantité de sel dissoute dans un poids d'eau constant.

Remarquons, en passant, que c’est sur cette diminution de tension que Cay-Lussac s’est appuyé pour graduer l’hygromètre à cheveu.

Il est intéressant de rapprocher la loi précédente do celle analogue que M. Rudorfï a déduite de ses expériences sur l’abaissement du point de congélation des dissolutions salines. L’eau à l’état solide ou à l’état de vapeur ne pourrait dissoudre les sels, il semble que, dans une dissolution saline, leur affinité pour l’eau contrebalance la tendance de ce liquide à perdre sa chaleur latente de liquidité ou à s’emparer de sa chaleur latente de vaporisation.

La valeur absolue de la diminution de tension de la vapeur émise par une dissolution saline dépend de la température et est d’autant plus grande que cette température est plus élevée. La loi de cette diminution peut d’ailleurs se représenter par des formules empiriques assez simples, si l’on prend pour variable indépendante, non pas la température, mais la tension de la vapeur de l’eau pure. Soient / Cette tension,

la diminution qu’elle éprouve pour chaque unité de poids du sel dissous dans 100 unités de poids d’eau; on a les formules empiriques suivantes :

Sél marin. .. f = 0,00601 f

Sulfate de soude. 3 — 0,00236 f

Nitrate de soude. ... 3 - 0,00315 / -h 0,000000907 f 1

Chlorure de potassium. 3 — 0,00390 f -+- 0,000000538 /*

Sulfate dépotasse. ... 3 — 0,00383 / — 0,000001900 f 1

Nitrate de potasse. . . 3 — 0,00l96 / 4- 0,000001080 /*

A propos de la solubilité des sels, nous avons dit que le sulfate de soude qui se trouve en dissolution à une température supérieure à 33' est anhydre, tandis que celui qui est dissous à une plus basse température possède 10 équivalents d’eau de cristallisation. Cependant nous devons faire remarquer que cette opinion paraît incompatible avec <*« fait que la force élastique des vapeurs d'une dissolution de sulfate de soude n’éprouve pas de changement brusque à 33°. D’après M. Wulner, ce n’est que pour cristalliser que ce sel s’unit à l’eau et forme des hydrates dont la composition varie avec la température. Ce même physicien a étendu ses recherches à d’autres sels, en un met, il a cherché si ces sels avaient, dans les dissolutions, la même composition que lorsqu’ils viennent à cristalliser (1).

Chlorure de calcium. — Trois dissolutions ont été étudiées; elles contenaient pour 1000 p. d’eau.

300 parties de chlorure de calcium Ca Cl..

Les diminutions de tension, produites par la présence des quantités de spl, ont été proportionnelles aux nombres :

Et ces nombres eux-mêmes sont proportionnels aux quantités de Ca Cl., C1IO que, dans chaque dissolution, on peut concevoir ajoutées à 100 p. d’eau. Cependant le chlorure Ca Cl-t-6IIO s’effleurissant à 40° ou 30" dans le vide sec, et donnant naissance à Ca Cl-t-2110, il est difficile de concevoir la présence, dans la dissolution, du premier hydrate.

’ (1 ) Poggendor/f's Annalen, tome XC, page 374, août 1860, et Annales de chimie et physique , tome CK, page 243.

Il y a donc, dans ce cas, comme dans celui du sulfate de soude, quelque chose d’anormal qui n'a pas encore été expliqué.

Quoiqu’il en soit, la diminution de tension produite par l’addition de I p. d’hydrate Ca Cl., 6HO à 100 p. d’eau peut se représenter par la formule empirique :

Phosphate neutre de soude. — PhO s , 2NaO, HO.

Sulfate de nickel. —

Nitrate de chaux. —

Chlorate de soude. —

Les diminutions de tension que ces sels font subir à l’eau, dans laquelle on les dissout, sont proportionnelles aux ^quantités de chacun de ces sels anhydres ajoutées à 100 p. d’eau.

Température des vapeurs émises parles dissolutions salines .

On sait que Rudberg(l) a démontré qu’un thermomètre placé dans la vapeur émise par une dissolution saline bouillante marque la même température que dans la vapeur d’eau distillée bouillante. M. Régnault a expliqué ce fait en faisant observer que la vapeur se condense sur le thermomètre et que l’eau qui provient de cette condensation entre en ébullition lorsque le thermomètre a atteint une température suffisante.

Rüdorff a eu l’idée d’introduire dans la vapeur un thermomètre porté d’avance à une température supérieure à celle de la dissolution saline bouillante. Par cetartifice la condensation de la vapeur qui accompagne l’immersion d’un thermomètre froid se trouve écartée et l’instrument, n’étant plus recouvert d’une couche d’eau pure, peut indiquer la température variable de la vapeur.

Les expériences de Rudberg prouvent clairement que les vapeurs émises par une dissolution saline, bouillant sous la pression atmosphérique, ont toujours une température supérieure à 100°, mais elles n’établissent pas que cette température soit égale à celle du liquide.

Les expériences que nous venons de citer ne sont pas les premières qui aient été faites sur ce sujet. Gay-Lussac affirme, dans des observa-

(I) Annales de chimie et de physique, tome LX1I, page 470, et Poggendorff s Annal on

CXH, page 408.

tions jointes à une note de M, Faraday (1), publiée dans les Annales de chimie et de physique , que, d'après le témoignage irrécusable de l'expérience, la température de la vapeur fournie par un liquide quelconque , sous une pression quelconque, est exactement celle de la couche liquide immédiatement en contact avec la vapeur.

M. Faraday annonça ensuite, dans le Quarterley, journal of science, de 1823, qu’il avait confirmé l’assertion deGay-Lussac, mais que, pour obtenir des résultats certains, il avait dû faire bouillir le liquide dans un vase à deux parois concentriques et se servir d’un thermomètre ehaufl'é à l’avance.

Diathermanéité des dissolutions salines. —M. Franz, qui a étudié longtemps cette question, a opéré sur des dissolutions qui toutes, à l’exception de celle de sel marin, étaient colorées.

La présence du sel marin dissous dans l’eau diminue notablement le pouvoir absorbant de ce liquide; ainsi que le montre le tableau suivant :

Chaleur transmise.

A travers l’eau distillée. A travers la solution de sel maria.

Si l’on désigne par 100 la chaleur transmise par l’eau distillée, la chaleur transmise par la dissolution est 141.

Dissolution bleue de sulfate de cuivre. — La dissolution concentrée de ce sel est à peu près entièrement diathermane pour les rayons émanés d’une lampe d’Ârgant, et on ne peut faire d’expériences que sur les dissolutions très-étendues. Ces dissolutions étendues de sulfate de cuivre sont fort peu diatherinanes.

Chaleur transmise.

Par une dissolution de sulfate de cuivre.

(1. p. solution concentrée et 9 p, eau).

(I) Annales, *2" série, tome XX, page315.

Par l’eau distillée.

Chaleur transmise.

Par une dissolution de sulfate de cuivre.

Par l’eao distillée. (i0goutt.desolut.eonoent.dans 300 gr. d’eau.)

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