LA PREMIÈRE ÉDITION
u moment où la Philosophie, cette À science sacrée des principes, sans la connaissance et la pratique desquels il ne peut y avoir, dans un Etat quel qu’il soit, ni vraie justice, ni saine morale, ni bonne politique, ni paix réelle, ni prospérité véritable, est tenue ouvertement en dédain par ceux-ci, qui, malheureusement, et pour eux et pour nous, n'en aperçoivent ni la grandeur, ni l'importance capitale; et vouée publiquement au mépris par ceux-là, qui comprennent trop bien, au contraire, que, du criomphe ec de l'application des idées philosophiques, résulterait infailliblement l’avénement de la vérité, La déroure AEhmiine
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des superstitions et du mensonge, et, par voie de conséquence, la consommation de leur propre ruine; en un tel moment, disonsnous, il nous a semblé utile et curieux, tout ensemble, d'extraire des œuvres du plus grand des philosophes, d’un sublime et doux penseur, à peine connu, pour ainsi dire, dans notre France, ou connu, seulement, par les basses calomnies perfidement répandues sur ses écrits et sur sa mémoire, une sorte de petit Traité précieux de morale commune, à la portée de toutes les intelligences.
A la lecture de ce petit livre, par la méditation de ces courts chapitres, les. cœurs sincères, les honnêtes gens, les hommes de bonne foi de tous les partis pourront voir aisément, nous en avons l'assurance :
1° Si la philosophie est décidément une occupation vaine, creuse, inutile et stérile ;
. Et 2° de quel côté se trouvent les vrais disciples du Christ, les véritables amis de leurs semblables, les soutiens de la justice; les défenseurs des faibles et dee nnnrimés :
S'ils habitent les palai tes
Éminences qui, pour conserver au détriment de tous, leur haute position et leurs monstrueux priviléges, tendent tous leurs efforts à réveiller, en plein xrx® siècle, les passions éteintes des âges barbares, soufflent les haines, allument les discordes, fomentent les factions, harcèlent les gouvernements de leurs vœux liberticides; ou bien, si par hasard, ces vrais disciples du Christ, ces amis de la justice et de leurs semblables, ne demeureraient pas plutôt sous la tente modeste des philosophes, dont la vie, perpétuel sacrifice au juste, au vrai, au bien, se passe à prêcher la liberté de conscience, la paix, la concorde, la solidarité entre tous les citoyens d’une même patrie, aussi bien qu'entre tous les hommes de races et de religions différentes.