CHAPITRE IX
IEN ne se peut mieux accorder avec la nature d’une certaine chose, que d’autres individus de même espèce. Par conséquent {par le Chapitre VIT) il n'est rien de plus utile à l’homme, pour conserver son être, et pour jouir de la vie raisonnable, que l’homme qui est conduit par la raison.
En second lieu, comme, entre les
1. Il est bien certain, n'en déplaise aux thaumaturges et aux théophages, que, dans aucun cas, l'homme ne peut espérer recevoir d’aide sérieuse et de secours efficace sur le globe où il accomplit sa destinee, que de la part d'êtres semblables à lui, c'est à savoir de la part d’autres hommes ; et, parmi ces êtres semblables a lui, ou ces autres hommes, que de ceux-la surtout qui sont conduits par la raison; car l'assistance qu'il recoit alors, outre qu'elle est rétléchie, outre qu’elle a l’intelligence pour guide, est presque toujours sincère,
choses particulières, nous ne connaissons rien de plus excellent que l’homme, qui est conduit par la raison, en nulle affaire donc personne ne peut mieux montrer ce qu'il vaut, commeartet comme intelligence, qu'en élevant les hommes
effective, désinteressee et prêtée par le noble sentiment du devoir.
Vouloir donc, comme plusieurs le prêchent, vouloir tenir en dédain le secours si précieux et indispensable des hommes, et l'afficher même en mepris, se croiser beatement les bras, regarder piteusement en l'air, marmotter machinalement, dans une langue qui ne se parle plus, des mots que l'on ne comprend pas, ct s’imaginer que, lorsqu'il en sera le plus besoin, il vous descendra on ne sait d'où, apporté par des êtres qui n'auront rien d'humain, et contrairement à l’ordre immuable des lois universelles de la Nature, une assistance matérielle, ct mème spirituelle, pour vous aider dans votre détresse, pour favoriser votre lèche inertie, et vous épargner la peine de vous secouer, de vous roidir, de tendre vos muscles, de dresser l1 tète, de donner le branle à votre intelligence, de mettre en plein exercice votre activité, c'est assurément le comble de l'ignorance et le dernier degre de la sottise.
de telle sorte, qu’ils vivent enfin d’après le commandement propre de la raison.
Pror. XXXV. (Éthique part. IV).
Tant que les hommes vivent d’après la conduite de la raison, ils s'accordent toujours nécessairement par nature.
CoROLLAIRE I.
Il n'y a aucune chose particulière, dans la nature des choses, qui soit plus utile à l'homme, que l’homme, qui vit d'après la conduite de la raison. Car ce qui est utile à l'homme, sur toutes choses, c'est ce qui s'accorde le mieux avec sa nature, c’est à savoir l’homme.
Or l’homme agit absolument selon les lois de sa nature, quand il vit d’après la conduite de la raison; et c’est seulement alors qu'il s'accorde toujours nécessairement avec la
nature des autres hommes. Il n’y a donc rien de plus utile à l’homme, parmi les choses particulières, que l’homme qui vit d’après la conduite de la raison.
œ——…— me mens