CHAPITRE XXX
INs1 donc, comme les choses bonnes À ce sont celles qui aident les diverses parties du corps à s'acquitter de leurs fonctions, et comme la joie consiste en ceci que la puissance de l’homme, en tant qu’il est composé d’un corps et d’une âme, est favorisée ou augmentée, sont bonnes conséquemment toutes les choses qui apportent de la joie!.
1. C’est pourquoi parmi les plaisirs utiles, nécessaires, capables de favoriser et d'augmenter la puissance de l’homme, nous comptons les théâtres, trop plaisamment qualifiés par la doctrine catholique de « Pompes et œuvres de Satan ».
Oui! les théatres, ce divertissement favori de la démocratie athénienne, ce delassement raffiné, moralisateur, si puissant pour adoucir les plaies de l'âme et pour polir les natures incultes; les théàtres, cette récréation d’elite si éminemment propre a faire naître au cœur des hommes, sans dom-
Cependant, comme les choses n’agissent point dans le but de nous causer de la joie, comme leur puissance d'agir ne se règle pas d’après notre utilité, et, enfin, comme la joie, la plupart du temps, se rapporte de préférence à une seule partie du corps; les passions de la joie, et conséquemment les désirs qui en naissent, si la raison et la vigilante ne font bonne garde, fort souvent sont sujettes à l'excès.
Joint à cela que, sous l'empire de la passion, ce que nous considérons tout d’abord, c'est ce qui nous est agréable dans le présent, et que nous ne pouvons envisager l'avenir avec une force égale.
mage pour personne, cette joie saine et sereine qui augmente toutes les réalités d'un être, et lefait passer à une perfection plus grande ; les theàtres, sous un bon gouvernement, dans une.République sagement organisée, doivent être multipliés autant que possible, édifiés et aménagés d’une maniere splendide, et mis à la portée des plus humbles bourses.
(Voyez le Scholie de la Proposit. XLIV, et le Scholie de la Proposition LX, partie IV, de l’ Ethique).