SQUELETTE DU GENOU
Quatre os ou parties d’os concourent «à former le sfjueleile du genou: 1° la rotule tout entière; 2" le cinquième inférieur du fémur; 3’ l’extrémité supérieure du tibia; 4® l’extrémité supérieure du péroné.
1" l{olu/e. Développée dans l’épaisseur du tendon du muscle droit antérieur, la rotule est un véritable os sésamoïde ; elle a la forme d’un triangle dont le base est en haut et le sommet en bas. Sa face anlérienre , toute sa circonférence et une portion de sa face postérieure, sont plongées dans les libres du triceps, recouvertes par une couche épaisse de tissu libreux et par la peau. I.a face postérieure est lisse, revêtue de cartilages ; une saillie verticale la divise en deux parties, en allant de la base au sommet du triangle. On a ainsi deux facettes, dont l’une, externe et plus large, articulée avec le condyle externe; l’autre, interne, moins profonde, plus étroite, en rapport avec le condyle opposé. Cette dernière est souvent subdivisée elle-même en deux facettes
secondaires. L’articulation de la rotule avec le condyle externe est immédiate, la surface de la rotule se moulant pour ainsi dire sur celle du condyle correspondant du fémur. I.a face interne, presque plane, qui même (juelquefois présente une arête sur sa partie moyenne, est loin de s’appli(juer aussi exactement sur le condyle avec lequel il est en rapport. — Bords. Ils sont au nombre de deux , latéraux et obliques. C’est sur eux que s’insère l’aponévrose fémorale, ainsi qu’un grand fiombre de libres tendineuses appartenant aux portions externes et internes du triceps. De ces bords, l’externe est mince, et l’interne est épais; il en résulte que celui-ci fait une saillie au-dessus du condyle interne, ce qui l’expose bien plus que l’autre aux violences extérieures. Celte saillie est d’autant plus marquée, que l’extension e.st plus. complète , mais elle disparail dans la flexion. Or, en considérant, d’une part, la saillie interne du bord de la rotule, d’autre part, l’écartement des surfaces articulaires du même côté, on conçoit qu’il en résulte une plus grande aptitude aux luxations delà rotule en dehors , et une difficulté très-grande, au contraire, pour la production de ces affections, lorsque le membre est dans la position fléchie. La base donne insertion au tendon du muscle droit antérieur et le sommet aux ligaments rotuliens.
Développement. — La rotule, extrêmement spongieuse, se développe par un point d’ossification qui apparaît, dans la troisième année, au centre du ten-
flou (lu riiüsclc Irlcops; ce (endoii s’implarilail jiisfju’albrs sur le tibia. Cet os étant apparu, le leitclon se trouve divisé en deux parties : l’une, supérieure, end3rasse, pour ainsi dire, la rotule et Forme le ligaluent rolulien supérieur; l’autre va dii sommet de la rotule au sommet du tibia et Forme le üj^ament rotulleti inférieur.
§ 2. — Exirémilé inférieure du fémur.
Elle est volumineuse, très-écliancrée en bas et en ar^ière, et forme une rorle de poulie limitée de cba- (jue C(jlé par deux éminences considérables, l’une externe, l’autre interne, auxcjuélics on donne le nom dé Londijlcs.
I.e condyle interne est plus saillant et descend aussi plus bas que l’externe. On comprend que si ces deux condyles reposetU à la fois sur Un plflfj liorizonlal, le fémur s’incline de dedans eii dehors et de bas eii liant; c’est ce qui arrive au genou, quand les deux condyles reposent sur le tibia. L’inclinaison que nous venons d’indiquer est l’inclinaison riormalë de la cuisse sur la jambe, plus grande chez la femme que chez l’homme, par suite de l’écartement des cavités cotyloïdes. Mais une disposition analogue peut se rencontrer chez certains individus, soit naturellement, soit pathologiquement, et constituer une déviation, c’est-à-dire une difformité.
Chaque condyle présente trois faces : une inférieure, une inlerne, et une cxiei ne. 1° La face iufé-
riëure de chaque condyle est lisse, revêtue de cartilages, verticale en arrière, où elle répond à un fibro-cartilage sphérique qui prolonge, dans ce sens, la surface articulaire du tibia ; horizontale en bas, où elle se superpose à cette surface, et oblique en avant, où celle d’un côté se réunit à celle du côté opposé pour former une sorte de poulie sur laquelle glisse la rotule. 2” La face interne du condyle externe et la face externe du condyle interne sont intra-articulaires et recouvrent l’insertion des ligaments croisés; en se réunissant, elles forment, en arrière, l’échancrure nommée intercondylienne. 3° Les au- Ires faces, qui sont la face externe du condyle externe^ la face interne du condyle interne, offrent chacune une saillie appelée tubérosité. L’externe est le point de départ du ligament latéral externe de l’articulation ; et l’on remarque au-dessous une petite fossette où s’insère le tendon du muscle poplité. L’interne, à laquelle vient en montant se terminer la branche interne de bifurcation de la ligne âpre, donne attache, en haut, au tendon de la longue portion du grand abducteur, et, en bas, au ligament latéral interne. C’est à cette éminence, désignée sous le nom de tubercule du troisième abducteur, que le genou doit de former chez quelques sujets une saillie très-prononcée en dedans.
Quand on considère ainsi la partie inférieure du fémur par sa face antérieure, le condyle interne paraît beaucoup plus volumineux que l’externe; et c’est le contraire, lorsque l’on regarde sa face postérieure
La plus (Tramie largeur du fémur correspond aux deux tubercules dont nous avons parlé, et qui surmontent les coridyles : elle varie, selon les sujets, de 85 à 95 millimètres.
i^ous devons encore signaler en avant, au-dessus de la troclilée, une dépression oblique en bas et en (ledar)s, que M. Malgaigne appelle creux sous-condijlien, destinée, selon lui, à recevoir la rotule dans l’extension complète de la jambe. M. Richet croit cette assertion inexacte; la partie supérieure de la rotule ne dépassant jamais, d’après cet auteur, dans les plus fortes contractions du triceps, la saillie de la portion articulaire du condyle externe.
Développement. — La partie inférieure du fémur est formée de tissu spongieux, et se développe par un point d’ossification particulier.