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CHAPITRE PREMIER

Exposé historique.

On doit distinguer, dans l'histoire des opinions émises sur la fe'condation des végétaux phanérogames, trois périodes, pendant lesquelles l'esprit humain a successivement soupçonné l'existence , puis reconnu les organes , et enfin pénétré le mécanisme de cette fonction.

S 1er. — L'observation de quelques faits vulgaires força certains écrivains de l'antiquité à concevoir une idée confuse de la sexualité des végétaux, et de l'influence exercée par les sexes l'un sur l'autre. Il est question dans Hérodote (t) des Dattiers mâles et femelles , et d'une sorte de

(1) Liv. i, S 193.

fécondation artificielle que les Babyloniens pratiquaient sur ceux-ci. Aristote , à la fin du premier livre de son Traité sur la génération des animaux, trace un parallèle entre eux et les végétaux, chez lesquels il reconnaît des sexes en vertu de certaines considérations spéculatives. Théophraste parle aussi des Palmiers, et tombe à leur sujet dans des contradictions et des erreurs fort remarquables : tantôt (1) il expose que les fruits de ces arbres sont portés soit par des mâles , soit par des femelles , et présentent dans ces deux cas certaines différences ; tantôt (2), revenant à des idées plus saines, il dit que les fruits ne peuvent se développer sur le Palmier femelle , à moins qu'on n'ait secoué sur lui la poussière des fleurs mâles. C'est ce que Pline a développé dans le passage suivant (3), copié par plusieurs auteurs du xvie siècle :

« Arboribus, immo potuis omnibus quae terra gignat, her- « bisque etiam, utrumque sexum esse diligentissimi naturœ «tradunt : quod in plénum satis sit dixisse hoc loco : nullis «tamen arboribus manifestius. Mas in palmite floret , fe- «mina citra florem germinat tantum spicae modo.... Cetero a sine maribus non gignere feminas sponte edîto nemore «confirmant : circaque singulos plures nutare in eum proanas blandioribus comis. Illum erectis hispiduin afflatu «visuque ipso et pulvere reliquas maritare : hujus arbore «excisa viduas post sterilescere feminas. »

Dans le me ou ive siècle de notre ère , Cassianus Bassus exprime des idées analogues (4). Voici la traduction de ce

(1) Hist. plant., éd. de Stapel, p. 91.

(2) De Causis , lib. m, cap. xxm.

(3) Hist.natur., éd. de Hardouin , 1741, t I,p.fi«3.

(4) Lib. x, cap. iv.

passage , telle que la donne Stapel , commentateur de The'ophraste :

« Palma ipsa amat et quidem ardenter alteram palmam , «velut Florentinus in Georgicis suis tradit, neque prius «desiderium in ipsa cessât, donec ipsam dilectus eonso- «letur Medela igitur amoris est, ut agricola frète qu enter masculam contingat, et manus suas amanti ad- « moveat . et maxime ut flores de capite masculœ ademptos «in caput amantis imponat; hoc namque modo amorem « mitigat »

Les poètes ont plusieurs fois célébré les amours des plantes. On lit dans Claudien (In nupt. Honor. et Mar., v. 45):

Vivunt in Venerem frondes, omnisque vicissim Félix arbor amat ; nutant ad mut.ua Palmse Fœdera

Un peu après l'époque de la renaissance des lettres , en 1505, le poète Jovius Pontanus a décrit en vers élégants les amours de deux Palmiers qui vivaient de son temps à Brindes et à Otrante , et dont le mâle a fécondé la femelle lorsque l'un et l'autre sont parvenus à une hauteur suffisante pour s'élever au-dessus des arbres qui les entouraient.

J'interromprai un instant l'ordre chronologique pour rapprocher de ces observations celles de Prosper Alpin et de Boccone. Prosper Alpin avait observé en Égypte la fécondation artificielle des Dattiers ; il en parle dans les termes suivants (1) : «Hœc arbor alternis tantura annis co-

(1) Hist. nat. ^Egypt., II , p. 14-15.

«piosiores fructus edit, neque, qwod dictu valde mirabile «videtur, feinina: concipiunt ac fruclificant ni in ramis « maris feminœ ramosaliquîs promiscuerit ac se quasi oscu- « lari permiserit. Plerique feminas ut fecundent non ramos «sed pulverem intra maris involucrum inventum supra

«feminarum ramos.... spargunt Ni eliam TEgyptii hoc

« fecerint , sine dubio feminœ vel nullos fructus ferent, vel «quod ferent non retinebunt , neque hi maturescent. »

Guilandinus avait déjà rapporté, en 1557, des faits analogues. Boccone, près de cinquante ans plus tard, vit pratiquer en Sicile la fécondation artificielle d'un Pistachier ; il remarqua qu'on ne faisait pas cette opération quand les arbres de sexe différent étaient voisins; et il ajoute : « Vento enim pulverem fecundantem advehi(l). »

Ces citations suffisent pour prouver que les auteurs anciens avaient admis le principe de la fécondation végétale. Reste à savoir comment on le concevait. On va voir par quelques exemples combien cette conception était confuse.

Césalpin , après avoir nié l'existence de sexes différents dans les plantes, revient sur sa première opinion, et s'exprime ainsi (2) :

«Sunt etiam herbœ quœdam, in quibus amentaceum quid « oritur sine ulla spe fructus ; stériles enim omnino sunt. «Quae autem fructum ferunt , nonflorent, ut Oxycedrus, « Taxus, et in génère herbaceo Mercurialis, Urtica, Can- «nabis; quorum omnium stériles mares vocant, feminas « autem fructiferas : quod ideo fieri videtur, quia femina;

(1) Musco di piante rare , p. 282; 1697.

(2) De Planlis, lib. î, p. 15; 1583.

« materia temperatior fit , maris autem calidior ; quod eniin «in fructura transire debuisset , ob superfluam caliditatem «evanuit in flores. In eo tamen génère femînas melius pro- «venire et fecundiores fieri aiunt, si juxta mares ferantur, «ut in Palma est animadversum , quasi halilus quidam ex cmare efflans débitent feminœ calorem expleat ad frucli- «ficandum. »

Je n'ai pas pu consulter l'ouvrage de Patrizio , contemporain de Ce'salpin, et qui, d'après De Candolle (1), a aussi soutenu l'existence des sexes dans les plantes ; mais j'ai e'té assez heureux pour trouver dans la Bibliothèque Delessert, qui abonde en livres pre'cieux, un exemplaire du traité de Zaluzianski , qui élait resté inconnu à De Candolle. Dans ce livre, intitulé Methodi herboriœ libri 1res, et imprimé à Prague en 1592 , il existe un chapitre spécial de Sexu plantarum. Ce chapitre n'est guère qu'une paraphrase du passage de Pline cité plus haut; cependant on y trouve quelques indications de plus, et notamment celle des plantes hermaphrodites. « Quaedam enim singulse et per se aliud «generandi facultatem habent permistis maris et feminœ «principes, idque optimo naturœ consilio. Cum enim ge- «neratio proficiscatur ab agente in patientem, natura operi «suo plantarum, cui motum negasset, actionis hujus et pas- «sionis primordia proportionalia conjunctim indidit , ut in

«se lœtent et concipiant In aliorum génère non nisi

«bina) simul générant, quai divictauntur in marem et femi- " nam, etc. »

Ainsi, jusqu'à la fin du xvii'' siècle, tout ce que l'on trouve touchant notre sujet dans les auteurs les plus accrédités ,

(1) Physiologie végétale , II , 500.

Fouruier.

c'est l'observation de la fécondation artificielle des Dattiers et des Pistachiers , et d'une poussière possédant des propriétés fécondantes. Malpighi n'a pas connu les sexes des végétaux ; il croit que les étamines ne servent qu'à l'élaboration et à la dépuration des humeurs ; il regarde les fleurs comme une sorte d'émonctoire , et c'est à ce point de vue qu'il en compare les exhalaisons aux menstrues.

S II. — C'est en 1682 que l'on trouve pour la première fois, dans l'ouvrage de Grew(l), l'indication des fonctions du pollen. Toutefois il faut ici distinguer entre les diverses opinions de l'auteur. Dans le premier livre de son ouvrage, il ne reconnaît à la poussière pollinique d'autre utilité que de servir à la nourriture de certains insectes. Mais dans le livre iv, chap. 6, p. 171, On the use of the attire, il rapporte le sentiment du professeur Sir Thomas Miliington , d'après lequel le cœur des fleurs doit remplir les fonctions de mâle. Il développe ensuite une théorie fort curieuse. Il étudie particulièrement les fleurons des Composées (Tanaisie, etc.), et pense que chaque fleuron doit être considéré comme un appareil femelle avant de s'ouvrir , et comme un appareil mâle après son épanouissement ; et cela, dit-il, à cause de la forme des organes, car le style ne ressemble pas mal à un petit pénis , entouré de sa gaine préputiale. Or cette gaîne est précisément le tube qui porte les anthères soudées, anthères dont il compare les loges à

(l) The Anatomy of plants, éd. de ftawîins. C'est à la même époque que Bobart, directeur du Jardin botanique d'Oxford, montra, par des expériences sur le Lychnis dioica, la nécessité du concours du màlc et de la femelle pour la formation des graines.

des testicules, et le pollen au sperme. Dès que le pénis est exsert, ajoute-t-il , ou que les testicules' s'ouvrent , cette poussière tombe sur l'ovaire , et la fe'condation a lieu. Nous croyons nécessaire de citer encore in extenso ce passage :

«And as the young and early attire before it opens, «answers to the menses in the femal ; so it is probable that «afterward when it opens or cracks, it performs the office «of the maie. This is hinted from the shape of the parts. «For in the florid attire, the blade dolh non unaptly re- « semble a small pénis, with the sheath upon it, as its prœ- «putium. And in the seed-like attire, the several thecee «are so many little testicles. And the globulets and other «small particles upon the blade or pénis, and in the thecœ, «are as the vegetable sperme, which, so soon as the pénis «is exerted, or the testicles corne to break, falls down «upon the seed-case or womb, and so touches it with a «prolifick virtue. »

Plus loin , l'auteur ajoute qu'il ne faut pas s'étonner si les éléments spermatiques ne pénètrent pas dans la cavité femelle , et il rappelle ce qui se passe dans l'imprégnation des poissons.

Ray rapporta , en la soutenant , l'opinion exprimée par Grew sur la fécondation du pollen (1); il cite, parmi les végétaux à fleurs unisexuées , les Palmiers , les Saules , le Houblon, le Chanvre, le Theligonum Cynocrambe, la Mercuriale, l'Ortie, l'Épinard. Ces documents attestent «les progrès sérieux dans l'observation. Quelques années plus tard , dans la préface de son Sylloge slirpium extra Brilannias nascentium, il ditexpressémenl(lG£M) :« Apices

(1) Uisl. i>lani., t. I, p. 17; 108(3.

« fLoris principua pars suntcum pollinem conlineant, nostra «sententia spermati aoimalium analogum, vi prolifica do- «natum et seminibus fecundandis inservientem. » Christophe Sturm , en 1687, avait déjà donné quelques réflexions sur ces faits , que reprend , en les développant , Rod.-Jac. Camerarius, professeur à Tubingue , dans une dissertation célèbre publiée sous forme de lettre, où plusieurs auteurs ont vu le premier germe de la théorie sexuelle. Il y publia des expériences intéressantes. Il a enlevé les étamines du Ricin avant leur déhiscence, et n'a pas vu la graine se former ; il a fait une expérience analogue sur le Maïs ; il distingue très-bien les plantes hermaphrodites des monoïques et des dioïques ; enfin , après s'être exprimé comme les auteurs précédents au sujet des étamines, il est plus exact sur les organes femelles, qui consistent pour lui dans l'ensemble du pistil : « Hos uti apices «seminis masculi officinam, ita séminale vasculum cum «sua plumula sive stylo partes génitales, femino sexuicom- «petentes, plantae pariter exhibent.» Plus loin : «Cum flo- «ridi apices omnes , quemcunque etiam respectuin habeant «ad stylos, conveniant in aspersione globulosi pollinis su- «per ipsos, natura autem superficiarium geniturœ et ovi «contactum sufficientem pro fecundatione hujus evidenti «modo exemplo demonstraverit , quis vitio vertet vagum «floris pollinem destinari seminum vesiculis fecundandis.» Il raconte ensuite que le Pyrus dioica ne porte pas de graines , parce qu'il manque d'anthères , et qu'ayant cultivé des pieds femelles de Chanvre bien séparés de tout pied mâle, il a été fort étonné de leur voir porter des fruits. Nous reviendrons sur ce sujet dans la suite de ce travail.

Quelques années plus tard, les fonctions du style sont plus nettement indiquées encore par Burckardt (1), qui s'exprime ainsi : « Nolo in recensenda istarum partium « confirmatione multus esse , nec ostensurus sum quomodo «per partes istas contingat , sive quomodo vel ipsius «plantae rudimentum e vesiculis seminalibus ministerio «pollinis, ceu seminis fecundantis , per stylum, tanquam avaginam, in capsulam seminalem , veluti ovarium , dece feratur. »

L'existence des sexes dans les végétaux est dès lors généralement reconnue par les naturalistes ; si elle rencontre encore quelques incrédules, comme Tournefort, qui nie presque la fécondation (2).j cependant elle est professée publiquement, dès 1717 (3), par Sébastien Vaillant au Jardin du Roi , confirmée par les expériences de Blair en 1720 (4), et de Bradley (5) en 1724 , et ne peut être sérieusement ébranlée par la théorie de Pontedera. Ce dernier botaniste prétendait que le pollen ne va point sur le stigmate, mais que les sucs formés dans les anthères reviennent par les filets jusqu'au fruit. 11 explique l'action des Palmiers mâles par les insectes attachés sur leurs rameaux et la compare à la caprification des Figuiers (6).

Enfin la théorie sexuelle, célébrée poétiquement par

(1) Epistola ad Leibnitzium de caractère plantarum naturel i , ed. J, 1702, p. 20.

(2) Jnslit, rei herb,

(3) Séb. Vaillant, Sermo de structura florum , etc., 1718.

(4) Bot. essays. London, 1720.

(5) New cxpcrimenls and observations, relating to the génération of plants. London, 1724, in-8.

(g) Anthologiat sive de jloris nalura libri très, plurimis invenlis obseivationibusuue ac œneis tabulis ornati, 1 720, in-4.

Lacroix (1), admise par Tremblay dans ses thèses sur la végétation (Genève, 17 34), est solidement établie par Linné, en 1735 , dans ses Fundamenla bolantca , et lui sert, en 1737, à édifier son système sexuel, dont il n'est pas de notre sujet de rappeler l'importance et le succès. Les expériences de Spallanzani sur la production de graines sans fécondation préalable, plusieurs fois répétées depuis avec des résultats divers , et qui seront appréciées dans un chapitre particulier de cette thèse, n'ont rien prouvé contre la généralité de la fécondation, pas plus que les expériences de M. de Siebold sur les Abeilles et les Pucerons n'ont détruit l'idée qu'on se faisait de la reproduction des animaux. Quant aux théories obscures de Schelver (181*2), de Henschel (1820) et de quelques autres auteurs , c'est à peine s'il est besoin aujourd'hui de les rappeler. Schelver (2), que Gœthe honora d'un suffrage peu mérité, prétendit que le pollen, en tombant sur le stigmate, exerçait sur lui une action délétère, et faisait refluer vers les ovules des sucs qui auraient pu prendre. une autre roule, ce qui en amenait le développement. Henschel (3) écrivit sur le même sujet un livre fort obscur où l'on voit qu'il partageait les étranges opinions du précédent auteur. Treviranus (4) publia un travail spécial pour les réfuter tous deux, et la doctrine de l'existence des sexes, après avoir triomphé dans cette polémique, ne rencontra plus guère de contradicteur que Turpin.

(1) Connubia Jlorum lalino carminé dcmonstrala. Paris, 1728.

(2) Krilik der Lehrc von dcn Gcschlec.htem der P fiante. Hei delberff, 1812.

(3) Von den SexualiUli der PJlanzen, 1820.

(4) Die Lehrc von Gcschlcchlc der PJlanzen. Bremen, 1 822.

Cet auteur expose, dans son Iconographie, que le pistil, dans lequel on a cru voir l'organe femelle , n'est qu'un bourgeon entièrement analogue à celui qui se rencontre à l'aisselle des feuilles; que l'étamine est un pistil rudimentaire, le filet un gynophore , et chaque grain de pollen un ovule ste'rile. Heureusement cette e'trange hypothèse n'arrêta pas les progrès de la science, que lesAmici et lesBrongniart étaient en train de fonder sur les observations microscopiques les plus minutieuses.

S III. — Il est extrêmement intéressant de suivre les progrès successifs de la science dans l'étude du pollen et de son action. Bien que cette action fût reconnue généralement en principe , sinon dans son essence intime , au commencement du xvme siècle , cependant l'autorité de Leeuwenhoek faillit entraîner les esprits hors de la bonne voie. Ce physiologiste croyait , comme on sait , avoir trouvé dans les spermatozoïdes des animaux l'origine de leur embryon. Cette opinion fut transportée au règne végétal, et, dès 1703, Samuel Morland(l) avança que les grains de pollen pénétraient eux-mêmes dans le canal central du style, et venaient se loger dans l'ovule, pour y donner naissance à l'embryon. Cette opinion était fondée sur une observation bien curieuse. Morland avait reconnu dans certaines Papilionacées , et notamment sur les Fèves , la trace d'une ouverture par laquelle, selon lui, le grain de pollen avait dû pénétrer dans la graine quand elle était jeune. C'était cette ouverture que Turpin devait, plus d'un

(1) Trans. phil., I703,n° 287, p. 1 474 ; et Act. erudit., 1 705, p. 275.

siècle après , décrire sous le nom de micropyle. L'opinion de Morland fut bientôt renversée; on vit que le canal stylaire central n'existe que dans un petit nombre de plantes, et que le plus souvent on ne trouve au-dessus de l'ovaire aucun [canal propre à transmettre des corps aussi gros que des grains de pollen. On revint alors à une opinion plus rapprochée de la vérité. Geoffroy (1), Hill (2), et plusieurs auteurs de la même époque , admirent que la partie la plus subtile du pollen seule parvenait jusqu'aux ovules pour y former l'embryon (3). Antoine de Jussieu, en 1721 (4), et Needham , en 17 59 (5), virent sortir des grains de pollen mouillés une traînée de globules; Needham dit que ces globules pénètrent jusqu'à l'ovule pour y former l'embryon. Gleichen(6), en 1764, fait les premières observations sur le développement du pollen, et partage l'opinion de Needham. Viennent ensuite Kœlreuler (7)

(1) Mémoires de l'Académie des sciences de Paris, 1711. p. 272.

(2) Ouilines of a system of vegetable génération. London ,

(3) Vaillant va même jusqu'à soutenir que le pollen ne peut pénétrer jusqu'aux ovules, bien que ceux-ci existent avant la fécondation , parce qu'ils sont clos de toute part par un tégument particulier.

(4) Dissertatio de analogia inler plantas et animalia. Londi ni , 1721, in-4.

(5) Observations upon the génération , composition and decomposition of animal and vegetable substances. London, 1 749, in-4.

(6) Das Neuste aus dem Iïeichc der Pflanzen oder mikroscopisc/ie Untersuckungcn und Bcobachtungen der gehehnen Y.cugungsthciic der Pflanzen, etc. Nuernbcrg, 1 76 î .

(7) Vorlœujige Nac/iric/il von einigen das Gcsclilecht der

et Gœrtner (1), lesquels, malgré les succès qu'ils avaient obtenus dans les fécondations artificielles, croient que la fovilla disparaît dans le grain de pollen arrivé à une maturité complète.

Nous arrivons enfin à l'époque moderne , où l'observation exacte fait justice de toutes les observations erronées que nous venons de rapporter, et qui s'ouvre brillamment, au point de vue qui nous occupe , par la découverte du tube pollinique, due au savant Amici (2), dont les observations , contredites par Guillemin (3), furent confirmées bientôt par le mémoire si connu de M. Ad. Brongniart(4) et par les travaux de Robert Brown (5). D'après Amici, le tube pollinique se met en contact avec l'ovule; M. Brongniart n'adopta pas cette opinion , et pensa que le tube , après un trajet plus ou moins long , éclatait au milieu du tissu conducteur , de telle sorte que les granules de la fovilla, mis à nu, descendaient jusqu'aux ovules par les méats intercellulaires. Cette manière de voir dut être abandonnée après des recherches subséquentes, et le contact du tube

PJlanzen belreffenden Fcrsuchcn und Beobachlungen. Leipzig",

(1) De Fructibus et seminibus planlarum, 1788, p. 29.

(2) Ann. se. nat., lre série, t. Il, p. 65.

(3) Id. id., t. IV, p. 352.

(4) Mémoire sur la génération et le développement de l'embryon dans les végétaux phanérogames ; Ann. se. nat., lrc série, t. Xll , p. 14, 145, 225.

(5) A bric/ account of microscopical observations made in t/ie months of Junc, July and August. 1827, on t/ie partiales containcd in the pollen of plants ; and on the gênerai existence of active molécules in organic and inorganic bodies. London, 1828 ; et Ann. se. nat., lro série, t. XIV, p. 341.

polliuique avec l'ovule , et spécialement avec le nucelle , vers lequel il s'insinue par le micropyle, fut généralement reconnu. Cela une fois admis, les observateurs se partagèrent encore. Les uns reproduisirent, en la perfectionnant , l'ancienne théorie de Leeuwenhoek , qui attribuait à l'élément mâle l'origine de la formation embryonnaire. Le célèbre Agardh , cité par A. de Saintiiilaire(l), disait que les grains de pollen n'étaient pas autre chose que des embryons germant sur le stigmate. Horkel (2), et surtout son neveu Schleiden , inventeur de la théorie qui porte encore son nom, pensèrent le prouver. Suivant Schleiden , et d'après des observations faites d'abord sur le Phormium tenax (3), le tube pollinique, parvenu jusqu'au nucelle, pénètre dans ce dernier en s'insinuant entre les cellules', parvient au sac embryonnaire , le repousse, et refoule sur elle-même la membrane qui le ferme ; bientôt l'extrémité du tube pollinique, cachée dans le sac embryonnaire, se renfle et se développe en embryon. Plusieurs observateurs, au nombre desquels il faut compter MM. Wydler, de Martius, Meyen (4), Griffith (5), Gélesnow (6) et M. Tulasne confirmèrent cette théorie dès son

(1) Leçons de morphologie végétale, p. 58 I .

(2) Historische Darslcllung von (1er Lehre von den Pollcnschlauckcn(Monastbcricht der Berl. Akadcmie, 1836).

(3) Nova acla nat. cur., t. IX, 1839, n° 38; et Ann. se. nat., 2e série, t. XI , p. 134.

(4) Uebcr den Befruchtungsact und die Polfembryonie;Beflin, 1840; et Ann. se. nat., 2e série, t. XV, p. 212.

(.5) Sur le développement des ovules du Santàlum, Ann. se. nat., 2e série, XF.

(G) Bildung des Embijo und Scxualitœl der Pflamen ; in Bot. Zeit , 1843, p. 841,

début et en principe , tout en différant de M. Schleiden sur des détails importants. Ainsi M. Wydler, qui réduit les sexes des végétaux à un seul , le sexe femelle , n'a jamais pu voir, dans aucune des soixante familles sur lesquelles il a fait ses observations, le sac embryonnaire refoulé sur lui-même ; mais il lui a semblé , dit-il , que ce même sac était ouvert à sa partie supérieure, et communiquait par un canal étroit avec le micropyle. M. de Martius a pensé aussi que le tube ne refoule point le sac, mais trouve dans le nucelle une cellule prédisposée à le recevoir. Le système enibryogénique de M. Endlicher, et les vues particulières émises autrefois par M. Unger sur le même sujet, se rattachent également à la doctrine de Schleiden , qui consiste essentiellement dans la formation de l'embryon aux dépens du tube pollinique; seulement Endlicher voulut voir dans le pollen l'agent féminin de la reproduction végétale, phénomène dans lequel les papilles stigmatiques ou l'humeur qu'elles sécrètent joueraient peut-être le rôle d'organe mâle (1). D'autres botanistes étaient complètement opposés au principe même de la théorie nouvelle, notamment Amici, dont les belles observations furent confirmées par M. Hugo von Mohl (2), M. C. Mueller (3), et surtout M. Hofmeister (4), qui s'est fait depuis ces vingt dernières années le chef de l'école opposée. Le principal défenseur de la théorie de Schleiden fut, en Allemagne, M. le professeur Schacht, son élève, qui engagea une lutte personnelle et souvent

(1) Grundz. ciner n. Theor. der Pjlanzcnzcug., 1 838.

(2) Enttvickclung des Embryo von Orchis Morio , Bot. Zcit., 1847, p. 46.5.

{Z)Enl(vichelung des Vjlanzcncmbryo J Iiot. Zcil., 1 847, p. 737. (4) Befruchtung der OEnotlicren, Bot. Zeit., 1847, p. 785.

très-vive avec M. Hofmeister; son grand ouvrage sur ce sujet fut couronné en 1850 par l'Académie d'Amsterdam (1), mais une réserve expresse fut faite par l'Académie sur la valeur des conclusions de l'auteur. On peut lire dans le Flora de 1855 un exemple des discussions qui eurent lieu entre les chefs des écoles rivales, à propos d'une préparation obtenue par M. Th. Deecke sur le Pedicularis sylvatica, et déjà décrite par cet observateur l'année précédente (2). M. Schacht y attaque vivement (3) M. Hofmeister, qui répond non moins vivement dans le n° 17 du même recueil ; enfin , dans le Botanische Zeitung de la même année, 1er juin, n° 22, M. Hugo von Mohl, trouvant la préparation de M. Deecke insuffisante, proteste aussi contre M. Schacht et contre la théorie de Schleiden. Celleci d'ailleurs perdait du terrain. M. Tulasne l'avait abandonnée dès 1849 (4) ; en 1856 , M. Ludwig Radlkofer (5), élève de M. Schleiden, publie des observations dont les résultats sont entièrement contraires à la doctrine de son maître, et dont le célèbre professeur d'Iéna est obligé de reconnaître l'exactitude. Enfin M. Schacht lui-même, dans un travail sur le Gladiolus Segelum, envoyé par lui de Madère à l'Académie de Berlin (6) , reconnaît l'erreur dans

(1) Entwicklungsgeschichtexles Pfianzenembryo.

(2) Entwicklungsgeschichte des Embryo von Pedicularis {Àbhandl. des Gescllschaft su Hall, II, p. 657).

(3) Flora, 1855, nos 10 et 11.

(4) Études d'embryogénie végétale. Ann. se. nat., 3e série, t. XII, p. 24.

(5) Die Bejruchtung der Phancrogamen ; ein Beitrag zur Entscheidung des dartueber beslchenden Strei(es.ln-A° de 3G p.; Leipzig, 185G.

(6) Der Voigang der Befruchlung ^r/ Gladiolus Seçetuni.

laquelle il était en soutenant la théorie horkelienne. «En effet, dit-il, ce n'est pas dans le tube pollinique, comme je l'avais cru jusqu'à ce jour, que se forme la première cellule de l'embryon ; mais celle-ci naît sous l'influence de ce tube, et d'une manière tout à fait particulière, d'une matière granuleuse, sans membrane, qui existait dans le sac embryonnaire avant la fécondation. » La théorie de M. Schleiden s'écroulait en perdant son dernier défenseur, et il paraît que son auteur même, d'après un demi-aveu fait à M. Radlkofer, n'y tient plus guère aujourd'hui. On est universellement d'accord sur l'origine de l'embryon, et l'on ne dispute guère que sur des points secondaires, comme par exemple sur la question de savoir si la vésicule embryonnaire préexiste ou non à la fécondation ; M. Hofmeister a eu gain de cause , et ses beaux travaux , auxquels nous ferons de fréquents emprunts dans le cours de cette thèse, sont généralement considérés comme l'expression la plus exacte de la science contemporaine sur la fécondation des Phanérogames.

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