‹ De la Félicité publique, ou, Considérations sur les sort des hommes dans les différentes époques de l'histoireChapitre 54 sur 63 · TOME ii. i · texte numérisé non relu

TOME ii. i

aïo DE LA FÉLICITÉ

fermiers du Mogol ou de ses Nababs , s'enrichissent à la vérité dans cette affaire; mais si les choses continuent sur le pied où elles sont , on ne peut envisager cette fortune comme appartenant au commerce , ou même aux colonies; ce ne sera jamais qu'un établissement précaire, soumis aux révolutions habituelles de Tlndoustan , et dépendant de la première invasioii des Marates , ou des entreprises d'un autre Thamas-Kouli-kan (0. Si 9 au contraire , les Anglais, à force d'hommes , de combats et de dépenses , acquièrent dans ce pays une véritable propriété , nul doute alors qu'ils ne soumettent l'Inde , et même la plus grande partie de l'Asie ; mais cet établissement rentrera dans la classe des colonies de l'Amérique, à cette différence encore que l'autorité y sera d'autant plutôt méprisée, qu'on en sera plus éloigné, et qu'on habitera un pays abondant en toutes sortes de productions. Dans tout cela je ne vois rien qui doive alarmer la France ou l'Espagne. Peut-être les Hollandais pourraient-ils en prendre quelque ombrage , mais ils possèdent des îles d'un difficile accès, et des forteresses en état de défense ; et puis , quelle apparence que les Anglais , à portée de piller l'Asie , aillent épuiser leurs forces contre Batavia? *

(/) Ouvrez la négociation du roi d'Angleterre avec U MogoL

1 Les Anglais auront beau prospérer dans les Indes , ce ne sera jamais qu'avec des peines excessives qu'ils y entretiendront dix mille hommes de troupes européennes : il est

En traitant de la situation politique des royaumes de France et d'Angleterre, nous croyons avoir examiné les véritables sources de la guerre; car l'Allemagne ne peut pas la faire long-temps sans les subsides de ces deux puissances. Si nous voulions cependant porter un jugement particulier sur cette partie de l'Europe , nous dirions que les troupes autricliiennes et prussiennes font trop bien l'exercice pour que la guerre soit prête 2f recommencer entre elles. Deux maladroits, le fleuret à la main, se portent des bottes au hasard : deux maîtres les remplacent; ils se mesurent des yeux, se tâtent, se menacent, font de fréquens appels, et sont long-temps avant de se compromettre.

vrai que c'en est assez pour conquérir l'Inde; mais, s'ils perdaient seulement trois ou quatre mille hommes dans une guerre contre les Hollandais , ils s'exposeraient à voir reprendre le Bengale et tout ce qu'ils possèdent sur ces cotes.

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