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Glandes intérieures

Je désigne ici sous le nom que leur a donné Meyen, et qui me paraît le plus convenable, des glandes situées dans le parenchyme des feuilles des Aurantiacées, des Rutacées, des Hypéricinées, etc.

Guettard semble avoir, le premier, décrit ces organes sous le nom de glandes vésiculaires; Schrank les nomma glandes déprimées ; pour de Candolle et Auguste de Saint-Hilaire, ils n’étaient que de simples réservoirs.

Les glandes des feuilles de l’Oranger (t) sont immédiatement situées au-dessous de l’épiderme et formées d’un nombre variable de cellules polyédriques renfermant des gouttelettes d’huile essentielle; peu à peu ces cellules disparaissent de façon à constituer un. large

(1) Pour tout ce qui a trait au développement et à la structure de ces glandes, Voy. Bâillon, De la famille des Aurantiacées (Thèses de la Facullê de Médecine de Paris, 1855).

méat tapissé par des cellules jaunes très-fines et très-serrées, c’est-àdire par des cellules glandulaires (Bâillon). D’après M. Martinet, cette lacune une fois formée ne serait plus tapissée par des cellules glandulaires, et cependant cet auteur compare ce phénomène à la desquamation épithéliale dont les culs-de-sac glandulaires des animaux sont le siège. Je crois que dans l’état actuel de nos connaissances, il faut être très-sobre de comparaisons entre le jeu des organes sécréteurs des animaux et le fonctionnement des parties qu’on désigne sous le même nom chez les végétaux; mais quand on se croit autorisé à le faire, il est au moins prudent de ne pas apporter des arguments absolument contradictoires: les culs-de-sac glandulaires étant, en effet, constamment tapissés par des cellules épithéliales qui se succèdent au fur et à mesure de leur évolution, on pourrait d’après les faits cités par M. Bâillon, leur comparer les glandes internes des Citms; avec les idées de M. Martinet, un tel rapprochement me paraît bien discutable, et cependant cet auteur compare cette résorption des glandes des Aurantiacées à la desquamation épithéliale des glandes mammaires et des glandes gastriques ; il l’assimile même volontiers à cette disparition progressive du thymus encore si peu connue.

Plusieurs Hypericum et en particulier le Millepertuis commun (H. perforatum ) présentent sur leurs feuilles de nombreuses taches noirâtres dues à des glandes intérieures « qui, au point de vue de leur « structure, sont analogues à celles des autres parties de la plante, « mais qui en diffèrent en ce que leur contenu est coloré en violet ». (Martinet). — M. Clos a montré que ces glandes n’offraient pas toujours cet aspect opaque et étaient fréquemment translucides; il a établi, en outre, que sur les feuilles de plusieurs Hypericum {H. montanum surtout), il existe, auprès de ces glandes intérieures ou immergées, des glandes noirâtres et stipitées, lesquelles se montrent principalement au voisinage des fleurs et occupent le bord même des organes appendiculaires qu’elles rendent ciliés (1).

(1) Clos, Des glandes dans le genre Hypericum (Mémoires de l'Académie des sciences inscriptions et belles-lettres de Toulouse, 1868, p. 257 et suiv.).

C’est probablement aussi parmi ces glandes intérieures qu’il faudrait ranger les glandes de l’urne du Nepenthes, que M. Faivre décrit comme « très-rapprochées de la surface épidermique et entourées de « cellules verticales en palissade ». (Faivre, loc. cit.)

Glandes cristalligènes. — D’après E. de La Rue, le parenchyme de la feuille de YHoya carnosa présenterait, dans ses cellules, un grand nombre de glandes cristallines presque toujours rattachées à la paroi utriculaire par des filaments simples ou bifurqués et de longueur variable (1).

(1) Eug. de la Rue, Ueber Kryslalldrusen bei einigen Pflanzen (Bot. Zeit., 1869, p. 337-339).

Les feuilles de diverses Graminées offrent parfois une gouttelette aqueuse & leur extrémité ; les Bananiers et plusieurs Aroïdées sont aussi dans ce cas. Les recherches de M. Duchartre ayant montré que ces phénomènes étaient dus h un mode particulier ou exagéré de la transpiration, il ne saurait en être question ici. (Voy. Duchartre, Bull. Soc. Bot., t. V, p. 267).

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