PRÉFACE
Parmi les maladies qui forment l'objet de mon enseignement au Val-de-Gràce, il en est deux qui dominent la morbidité et la mortalité des soldats : la phthisie et la fièvre typhoïde.
Mes çbservations personnelles m'ont permis d'exposer autrefois (1), le rôle, dans la pathologie militaire, de la première de ces affections.
Aujourd'hui, grâce non-seulement à mes recherches, mais grâce surtout aux observations d'un grand nombre de médecins de l'armée, je crois pouvoir aborder, avec l'espoir d'être utile, l'étude de la seconde ; étude plus encourageante, puisqu'il s'agit d'une affection contre laquelle le médecin et l'hygiéniste se sentent beaucoup moins désarmés (2).
(1) Etudes cliniques de médecine militaire. Paris, 1864.
(2) Cette élude a paru pour la première fois dans le Recueil de mémoires de médecine militaire. Paris, septembre et octobre, 1877.
Dans les travaux de ce genre, le danger est souvent de s'isoler trop facilement des faits, et de s'égarer dans des conceptions doctrinales où l'observation finit par ne plus jouer qu'un rôle secondaire.
La lecture des rapports adressés au Conseil de santé des armées, rapports basés sur des faits précis, dont ils constituaient, à vrai dire, les procès-verbaux, a suffi pour me maintenir ou me ramener, à chaque page, au sentiment de la réalité.
Qu'il me soit permis d'exprimer ma profonde reconnaissance à M. l'inspecteur Legouest, président du Conseil de santé, qui a bien voulu me confier ce travail, et mettre à ma disposition les relations de mes savants collègues de l'armée.