Altérations du Crâne
- Crâne d'Idiotes,
Les idiotes ont presque toutes le crâne ■vicieusement conformé , sous un ou plusieurs rapports. 1.° ha. forme la plus ordinaire de cette partie , est celle-ci : le front est déprimé d'un côté a l'autre ;, aplati de haut en bas, et au lieu de s'élever plus ou moins perpendiculairement au-dessus de la racine du nez, il s'en va très-obliquement, quelquefois presqu'liorizontalement en arrière, ce qui donne alors a ces êtres beaucoup de ressemblance avec les animaux. On rencontre néanmoins des fronts bien conformés. D'autres fois ils sont trop développés , et s'avancent de manière à former un angle facial de plus de quatre-vingt-dix degrés ', la partie supérieure avance , et fait paraître la racine du nez et les sourcils, comme renfoncés. Les parties latérales et postérieures, sont ordinairement très-développees relativement au front, et souvent même absolument parlant; j'en ai rencontré dont le diamètre latéral était plusét. ndu que l'antéro-postérieur; le front avait, chez une de ces idiotes , plus de six pouces de large. 2.° Le volume général du erâné est tr^s-variable. Il est quelquefois ex-
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trémement petit; j'en al mesuré qui n'avaient pas plus de seize, dix-sept , ou dix-liult pouces de circonférence. Ceux de seize pouces ressemblaient à peine à une tête humaine. D'autres fois il est très-volumineux 3 les liydrocépliales peuvent avoir des têtes énormes et bien ossifiées y on en a observé qui présentaient plus de trente-six pouces de circonférence ; je n'en ai pas vu qui en eussent plus de vingt-tx'ois. 5.° Beaucoup de crânes d'idiots sont épais; j'en ai trouvé qui avaient près d'un demi-pouce d'épaisseur. MM. Pinel, Esquirol, Gall, rapportent des exemples semblables. 4.° La capacùé delà ca' vite crânienne , doit varier en raison des cii*constances que nous venons d'indiquer 3 elle est en général petite, sur-tout vers le front. Il faut bien se garder de vouloir la f .r autrement que par approximation , du Avant des individus, car on pourrait se tromper étrangement, l'épaisseur très-grande des os pouvant la diminue!* de beaucoup ; en outre, les idiots étant presque tous scropliuleux , la peau de la tête est engorgée et souvent très-épaisse. 5." Chez plusieurs idiotes paralytiques , dont une moitié du cerveau était atrophiée et réduite des deux tiers , le même côté du crâne était revenu sur lui même , d'une manière frappante.
ébo RECHERCHES
Crânes d'aliénées.
Ce n'est pas seulement en faisant l'ouTerture des corps , que j'ai pu examiner cette partie du corps ; j'ai eu encore a ma disposition la collection de M. Esquirol, qui se compose de plus de cinqcents têtes préparées avec soin-, en sorte qu'il m'a été très-facile de faire les comparaisons les plus multipliées. Les observations que j'ai faites, m'ont conduit aux seuls résultats qui suivent : la moitié des crânes n'offre rien de remarquable ; ils paraissent aussi réguliers, aussi bien conformés que dans les autres circonstances de la vie. L'autre moitié présente des particularités dans la forme , la régularité de la boîte osseuse , dans l'épaisseur, la densité , l'organisation des os qui la composent. 1.° On remarque des crânes développés inégalement , l'un des côtés étant plus fort, plus bombé que l'autre ; c'est le côté droit que j'ai ordinairement rencontré avec cette disposition. Quelques-uns sont comme contournés , de manièi'e que l'une des moitiés est plus en avant, et l'autre plus en arrière. Il en est qui n'ont pas le diamètre antéro - postérieur plus étendu que le latéral ; leur voûte s'élève alors beaucoup , sur-tout postérieurement. Les cavités de la base du crâne présentent
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aussi des inégalités ; celles d'un côté sont quelquefois plus grandes que celles de l'autre. 2.° Greding et le docteur Gall , disent avoir trouve les crânes des fous beaucoup plus épais que ceux des autres individus -, l'assertion est trop générale ()n peut compter que le dixième seuleoiC it de notre moitié , ce qui ne fait que le vingt! .^me du total, offre cetle particularité. 11 en esl d'extrêmement épuis , j'en ai vus qui avaient près de cinq lignes ; sans pouvoir déterminer au juste l'épaisseur des autres^ il est facile de la constater. J'ai souvent observé le coronal seul, avec cette augmentation nutritive Ircs-forte , les autres os paraissant dans l'état ordinaire. 5.° Une autre altération plus fréquente que la précédente, el <^|ui existe souvent en même temps, est la di parition du diploë ; les os sont très - durs , très -blancs , et ressemblent à de l'ivoire; ils sont alors d'une densité très-remarquable. 4.° Quelques-uns , au contraire , presque entièrement convertis en diploë , sont d'une légèreté extrême.
Ces altérations se remarquent sur-tout cliez les m.alades anciennes: elles s'observent éijaiement dans tous les genres de délire. M. Gall assure que tous les suicides ont le crâne épais et éburaé ; j'ai eu souvent occasion de rencon~ trer des preuves du contraire. Le docteur
Falreta aussi très-bien démontré^ dans un mémoire sur ce sujet, que le penchant à se détruire ne pouvait dépendre d'une seule cause, et variait selon une foule de circonstances.
Piéjlexions .
Chaque appareil organitjue se compose de deux parties distinctes j l'une est essentielle et destinée à l'exercice immédiat de la fonction , et l'autre n'est qu'accessoire et sert a mettre la première dans des conditions convenables pour cet exercice. C'est ainsi que le poumon est protégé , servi par le thorax , le cerveau , par le crâne et les ménynges. C'est pour la partie essentielle qu'existe la partie accessoire ; dans l'ordre naturel et sain , si celle-ci n'est pas toujours inlluencée par celle-là dans sa conformation , sa nutrition, au moins l'est-elle gouvent , tandis que la partie essentielle ne l'est jamais par ses accessoires , excepté dans l'ordre pathologique. Le crâne , loin d'exercer une action sur le cerveau , reçoit au contraire sa forme de cet organe j il n'est encore que membraneux quand celui-ci est déjà très-bien développé, et à la naissance, les os qui le constituent offrent encore entr'eux des intervalles non ossifiés , ils sont très-mobiles les uns sur les autres. 11 suit de-lk , que dans PidiolÏQf ce n'est point ie crâne qui a empêclié le cer-
veau de se développer, et que c'est au contraire cet organe qui n'a point réagi sur lui. 11 pourrait néanmoins arriver que les os venant à s'épaissir fussent la cause primitive du défaut d'intelligence. De même dans la folie, les altérations que nous avons remarquées doivent s'être opérées lentement, par suite des progrès de l'affection cérébrale. Dans tous ?es cas , en mettant de côté les causes et les efFsts, la forme, la capacité du crâne , nous indiquent la forme et le volume du cerveau ; cette rcgie ne souffre que très-peu d'exceptions.
Par la capacité , ia iorme du crâne des idiots, nous remontons facilement a la cause de l'oblitération de l'intelligtnce chez ces individus. Tantôt le cerveau est trop petit , les parties antérieures sur-tout, siège principal des facultés supérieures de l'euîendement , sont à peine développées", d'autres fois , le volume ex' cessif de cet organe compare à la faiblesse et au peu d'activité de ses fonctions , annonce assez qu'il a une constitution scrophuleuse ; ou bien enfin il est distendu , comprimé par de l'eau , chez les liydrocépiiales.
Les altérations que nous avons remarquées sur les crânes des aliénées , ne sont pas sans intérêt. On doit, je pense , les attribuer , au moins en partie, à l'influence pathologique du
cerveau j le changement vital qui s'est opéré dans cet organe doit nécessairement se faire sentir à la longue sur ses enveloppes, comme sur le reste de l'économie. Quand un poumon reste atrophié pendant très- long-temps , le thorax s'affaisse du même côté -, l'orbite se rétracte quand on en a extrait l'œil cancéreux , les alvéoles disparaissent après l'extraction des dents. Je crois donc que l'épaississement des os , leur transformation éburnéeou spongieuse, sont des suites de l'affection cérébrale; qu'il en est de même de l'affaissement d'un côté de la cavité crânienne cjui suit l'atrophie du lobe correspondant , et que Greding a commis une erreur très-grande , en considérant ces dispositions osseuses comme des causes de la folie. Je ne sais si les irrégularités dans la forme générale du crâne , les inégalités de développement des fosses de sa base , sont primitives ou consécutives -, si nous jugeons par induction , nous pencherons pour ce dernier avis, qu'elles résultent de la diminution lente et insensible des différentes parties cérébrales -, néanmoins , j'ai vu une rachitique présenter, dès en entrant dans l'hospice , un développement osseux bien plus considérable du côté droit que du côté gauche. Bichat pensait que les deux moitiés du cerveau devaient être tout-à-fait pareilles, pour
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que i'iiiteiiigence fat énergiqu.e et saine j cet auteur ne consulta probablement qu'un petit nombre de faits pour émettre cette opinion, et sa propre organisation était une preuve bien évidente du contraire.
3.*' Altérations de [''encéphale , du prolo/igement rachidlen et des ménynges.
Nous ferons à l'égard de ces organes , la même chose que pour le crâne ; nous coinmencerons par dire que sur la moitié au moins des cadavres , on ne peut découvrir, apprécier dans leurs dispositions physiques , dans leur organisation, absolument aucun changement sensible. En général , et même presque toujours , ce n'est que dans les vieilles démences , dans les complications de paralysie, que nous observerons des altérations organiques \ non pas qu'elles soient constantes dans ces cas , mais elles y s,ont beaucoup plus fréquentes que dans tout autre; les aliénées qui succombent trop promptement , sans arriver a ces terminaisons de leur maladie mentale , ne présentent ordinairement rien de remarquable.
Chez les malades qu'on envoyé comme aliénées et qui meurent peu de temps après leur entrée, de fièvre ataxique, d'arachnitis ou de céphalite , on rencontre souvent des
traces de ces affeclions , telles que la rougeur, l'injection sangLiine de i'ar «cKnoïde , une exsudation séreiiStr , trouble , puruleate ou couëiineose entre cett3 membrane et la dure-mère, la suppuration, le ramolïisseaient , l'afFaissement gangséneux de quelque partie cérébrale, (jn se gardera bien de considérer ces altérations organiques, comme appartenant à des sujets aliénés.
Ményîîges.
J'ai rarement rencontré des lésions bien sensibles de la dure-mèrg fménynge) j quelquefois elle était extrêmement adhérente au crâne, elle paraissait plus épaisse qu'a l'ordinaire ; j'ai trouvé sur trois individus, des points d'ossification dans son grand repli ( grande faux ) 5 l'un d'eux avait dix-huit lignes de long d'avant en arrjère , environ quatre de large, et une d'épaisseur. L'arachnoïde et la pie mère (ményngi oe j j sont plus souvent endommagées *, on trouve presque toujours alors , des traces de phiegmasie ^ ciiroïiique ; la surface extérieure de la première laisse voir ça et Fa des plaques rouges ou grisâtres et inégales, presque toujours couënneuses et légèrement adhérentes a la dure-mère , situées ordinairement sur les parties supérieures et latérales de cette membrane. La seconde est très-rouge, ses vaisseaux ainsi injectés de sang
semblent durs et tendus -, l'une el l'autre , trèsadliérentes entr'elles , sont parfois engorgées , épaissies bien visiblement. Une autre altéra-<s; tion assez fréquente , c'est l'infiltration du tissu cellulaire qui unit ces deux membranes ', il en résulte une couche aqueuse d'une ligne ou plus sur toute la surface du cerveau, et plus particulièrement sur les lobes ou liéaiisplières, et qui s'étend rarement entre les circonvolutions.
Cerveau,
Nous allons examiner cet organe sous le rapport , 1.° de sa forme et de son volume ; 2.° de sa consistance générale-, 3.° de l'état de ses circonvolutions et de ses cavités intérieures } 4.° de son organisation.
Forme et volume. Ces deux propriétés physiques du cerveau n'ont été examinées que d'une manière relative , et d'après les dispositions du crâne j il serait très-facile de s'assurer du volume absolu , en plongeant l'organe dans un vase rempli d'eau, et gradué. Il est bien certain que la masse encéphalique est moindre chez les idiots a petites téies , et doit être diminuée avec l'épaisissement des os. Chez les aliénés , on remarque quelquefois qu'elle semble plus petite que paraît ne le comporter la cavité qui la contient. Lorsque le front
n'existe presque ])as, les lobes antérieurs sont très-minces et comme tronqués; quelque chose d'analoi^uc arrive quand le frontal seul de- Tient trcs épais, sans que le front en paraisse moins bie a conformé.
Consistance générale. Quelcjiies cerveau?^ sont très-fermes , même plusieurs jours après la mort -, on les coupe avec dilîiculté. Quelquefois la substance blanche est comme glutioeuse , élastique, et prête long temps avant de se laisser iiiviser. Un plus grand nombre sont extrêmement mous \ si on ôte les membranes qui les enveloppent , et qu'on les place sur leur face inférieure , ils s'affaissent , se déforment , les circonvolutions s'écartent les unes des autres , le méso lobe (corps calleux) se déchire, et il devient impossible de retrouver les dispositions des parties intérieures. Dans plusieurs de ces cas 5 la substance blanche tire sur le jaune ou le blanc sale , et la grise est blafarde , jaunâtre , en sorte que l'une et l'autre semblent presque se confondre par la couleur, et un peu par la consistance.
CirconA'ohilions . Tantôt ces plicatures cérétbrales sont larges et bien développées , et d'autres fois , surtout lorsque les crânes paraissent très-épais , elles sont pelltes, rapprochées. Quelcfiiefois ces deux dispositions existent sur le
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même individu , dans des endroits différens. Je ne parle point ici du cas d'atrophie partielle du cerveau.
Cavités intérieures . Les ventricules latéraux, le plus souvent de grandeur ordinaire , paraissent néanmoins dans certains cas , ou extrêmement vastes , spacieux , ou bien rétrécis , diminués dans tous les sens ; quelquefois l'un est beaucoup plus grand que l'autre ; il n'est pas très - rare de les trouver oblitérés , ou au moins offrant des adhérences postérieurement, et notamment dans ce qu'on nomme cavité de la corne d'Ammon. Chez un très grand nombre de sujets, on rencontre les trois ventricules cérébraux remplis d'une sérosité ordinairement très-claire et très-limpide, rarement troublée par des flocons et des parcelles albuminiformes. Les deux supérieurs en contiennent fréquemment plusieurs onces chacun. J'ai trouvé trois ou quatre fois les feuillets de la cloison qui les sépare , distendus en avant par une petite quantité d'humeur aqueuse, et offrant dans cet endroit la forme d'une grosse noisette. Je n'ai pas été a même d'ouvrir d'idiots hydrocéphales, dont le cerveau contînt davantage de sérosité. Les cas ne sont pas très -rares, où l'on en a trouve plusieurs livres.
Les plexus choroïdes sont presque toujours
vides de sang et décolorés •, ils contiennent souvent un grand nombre de vésicules hydatiformes remplies de sérosité , à\in volume variable depuis un grain de millet jusqu'à celui d'un pois.
La glande pinéaie {conariwn) présente rarement des particularités remarquables ; M. Esquiro! l'a trouvée manquante sur un cadavre. Quelquefois les graviers qu'elle contient sont nombreux , et quelques-uns plus gros que des grains de millet.
Organisation. Les altérations d'organisation , les vices de texture de la substance cérébrale que j'ai observes , se réduisent aux suivans : 1 .° PiamoUisscmens partiels : ils sont fréquens dans les paralysies •, ils existent alors toujours du côté opposé a la maladie musculaire \ ils se rencontrent soit dans les couclies optiques, les corps striés , ou dans plusieurs ou un grand nombre de circonvolutions. La partie ramollie, quelquefois réduite en putrilage, ordinairement sans altération des formes , a changé de couleur j la substance blanclie est devenue jaunâtre, blanc sale ; la grise, se rapproche de la première , et ressemble par fois presque à de la gélatine. 2.'* Atrophie partielle : c'est surtout, et presque exclusivement chez les idiots paralytiques, qu'on observe cette lésion organique j
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elle occupe presque toujours tout un liémisplière , celui du côté opposé a la paralysie , et souvent est encore plus étendue. La portion affectée est réduite plus ou moins , depuis un tiers jusqu'à deux tiers j les circonvolutions sont alors petites, peu nourries, serrées les unes contre les autres. En général, le centre de la partie atrophiée est dur, et quelquefois comme cartilagineux, et l'extérieur est ramolli. J'ai vu le cerveau d'une idiote complète , sourde et aveugle , frappé presque généralement de cette désorganisation. 3.° Erosions , ulcérations de V intérieur des 'ventricules • lorsque la sérosité que contiennent ces cavités est trouble et iloconneuse , leur surface est moins lisse , inégale , rugueuse ; j'ai observé une fois sur l'une des couches optiques , une ulcération de la largeur d'une pièce d'un franc, ressemblant assez , quant a la forme , à un ulcère vénérien. 4.° Carcinome: deux ou trois fois , j'ai trouvé des tumeurs qui avaient tout l'aspect carcinomateux j elles étaient grosses com^me une noisette ou une noix , dures , difficiles a diviser , d'un blanc grisâtre , et entourées de substance ramollie presque liquide.
Mésocéphale ( Protubérance annulaire , )
Une seule fois , chez une paralytique, j'ai
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rencontré une altération remarquaLle de cette partie ; je ne sais si c'était un ancien épancheinent sanguin. Le centre de l'organe, dans un rayon d'environ deux lignes, était d'un rouge livide, légèrement verdâtre, aussi consistant que le reste -, il devenait jaunâtre en s'éloignant veî's la circonférence ; il n'existait pas de séparation entre cette substance et les autres parties du mésocéphale.
Cervelet,
11 est ordinairement moins consistant que le cerveau , excepté quand celui-ci est extrêmement mou. Plusieurs fois le cervelet s'est trouve' ramolli plus ou moins généralement , et presque réduit en putrilage, sur-tout vers les extrémités de ses lobes.
Prolongement rachldien.
Cet organe est rarement altéré j on le trouve dans certains cas de paralysies qui sont survenues en même temps des deux côtés du corps, ramolli en quelques endroits j chez une de ces malades , j'ai observé le tiers moyen ou la portion dorsale, beaucoup moins consistante que les deux autres tiers , et réduite en une espèce de bouillie, qui empêchait qu'on pût suivre les dispositions fibreuses de la substance blanche.
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RéfLeocions.
L'observation de ces altérations organiques de l'encéphale et de ses enveloppes membraneuses, nous conduit à l'exaueiî de ces deux questions , savoir : si eiies constituent la cause prochaine de l'aliénation mentaie , et si elles ont du rapport avec cette même cause ? L'une et l'autre me semblent faciles à résoudre-
il est hors de doute ({ue l'oblitération de l'intelligence, chez les idiots, provient du défaut de développement du cerveau , et notamment de ses parties qui sont placées au front chez les individus qui présentent ce vice de conformation, et de la compression exercée par l'eau sur cet organe , chez les hydrocéphales. Très-probablement aussi , l'atrophie d'une moitié ou plus de l'encéphale qui date de la naissance, comme l'annonce Fetat paralytique C[uia toujours existé, est ia cause immédiate du faible exercice de cette fonction. Maintenant, il n'est pas moins évident que les altérations organiques que nous a offertes l'ouverture des corps des aliénées , ne constituent nullement la cause prochaine de la folie j car , i.° on ne les i'encontre jamais lorsque cette maladie ne dure que depuis peu de temps j 2.° Elles ne sont même pas constantes dans les cas qui semblent le plus
favorables à leur production -, on trouve eh effet des paralytiques et de vieilles démences, où l'encéphale paraît dans un état sain- Ces deux raisons suffisent pour démontrer la vérité de notre assertion.
Reste à examiner les rapports de ces altérations avec la cause organique de la folie. Quoique nous ne puissions pas apprécier la nature de cette cause , nous avons démontré , d'après les principes de la pathologie, qu'elle existe dans le cerveau organe d-js facultés lésées et siège des symptômes principaux et caractéristiques. Elle doit presque toujours consister en de bien légers dérangemeqs de l'organisation 3 car, d'un cote, l'exercice de l'intelligence se fait sans beaucoup de mouvement dans les fibres cérébrales, et de l'autre, s'il en était autrement, cette maladie ne serait pas susceptible de guérison , la substance nerveuse une fois altérée à un certain degré , ne revenant que très-difficilement, ou même presque jamais à l'état sain. Il n'est donc pas étonnant que dans le principe , nous ne reconnaissions pas la cause prochaine des désordres intellectuels. Mais lorsqu'aucun traitement n'a pu la faire disparaître , si elle reste stationnaire quelque temps, elle finit toujours par fdre des progrès en mal \ c'est une loi générale de l'organisme ,
que suivent toutes les maladies dans leur marche. Aux symptômes primitifs, s'en joignent d'autres, qui a eux seuls peuvent constituer des maladies nouvelles ; c'est ainsi que nous voyons naître l'atonie générale , l'irritation cérébrale chronique, la démence , la paralysie, etc. , de même que la phthisie consiste d'abord en des tubercules crus qui gênent peu la respiration , et s'accompagnent a la fin, d'irritation pulmonaire , d'excitation de l'agent de la circulation , de phlogose et d'ulcérations intestinales.
Ainsi donc, si ces altérations n'ont pas produit la folie , nous pouvons les regarder comme des suites de cette maladie, soit que le cerveau y ait été seulement dispose par elle, ou que ce ne soient que des transformations successives du dérangement organique primitif. L'une et l'autre origine sont très-faciles à concevoir j un organe affaibli par une maladie, est toujours plus facilement accessible à l'action des sgens destructeurs de la vie , et on voit beaucoup de ces transformations pathologiques*, le cancer n'a pas commencé par avoir ce caractère; il a consisté d'abord dans une irritation , qui a passé a l'état d'inflammation lente , puis d'induration , d'engorgement , etc. Ces altérations cérébrales sunt la cause prochaine des affections secondaires qui accompagnent la fin de
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raliéiiation mentale; lesquelles affections sont extrêmement fréfjuentes cliez les aliénés, beaucoup plus que dans toute autre classe de malades.