FIN DE LA TABLE
AVANT-PROPOS
On a publié, depuis quelque temps, de très-beaux écrits sur l’organisation des sociétés, des écrits qui semblaient appelés à réussir par leurs imperfections elles-mêmes; c’est ainsi qu’en parlant de la propriété, et en passant sous silence le droit divin qui la constitue, on a flatté par cette prétérition
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volontaire ou involontaire l’esprit rationaliste de notre époque.
Cependant, depuis que ces écrits ont paru, le droit de la propriété et de la famille n’a pas gagné du terrain; au contraire, le prétendu droit d’abolition de la famille et de la propriété a fait des progrès; à tel point qu’on peut nous demander : A quoi bon un livre de plus? A quoi bon? Nous allons le dire. La plupart des écrivains qui ont défendu l’ordre social se sont appuyés sur des considérations d’utilité au lieu de s’appuyer sur des principes ; ils ont voulu démontrer, à ceux qui ne possèdent rien, que leur bienêtre était dépendant et solidaire du bienêtre de ceux qui possèdent beaucoup.
C’était opposer des calculs aux calculs de MM. Proudhon et Pierre Leroux, mais c’était accepter un point de départ commun,
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c’était nier les conséquences, en admettant le principe; c’était faire, sans le vouloir, du socialisme éclectique.
Nous ne nous exposerons pas à une semblable méprise; nous oserons attaquer en face le principe du socialisme, et proclamer hautement les vérités sur lesquelles doit reposer l’ordre social.
Nous agirons de même à l’égard des ques-
tions politiques : nous remonterons jusqu’aux premières sources de l’erreur; nous n’attaquerons pas la révolution dans les désordres matériels que tout le monde blâme, ni même dans les égarements que l’expérience a plus ou moins condamnés; nous attaquerons les principes que l’on trouve bons, et dont on croit n’avoir à redouter que les abus; nous pénétrerons jusque dans le sanctuaire de la révolution, à travers les
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illusions généreuses qui en défendent l’accès, et nous déchirerons les voiles qui cachent de trop réelles infirmités.
Nous ne nous faisons pas illusion au point de croire que nos paroles puissent exercer nue influence quelconque sur les opinions des ennemis de l’ordre. Notre ambition n’est pas d écrire pour eux ; la Providence seule a le bras assez fort pour diriger la charrue sur un terrain que les préjugés ont rendu rebelle au travail de l’homme, et pour enterrer sous ses généreux sillons les herbes vénéneuses que l’orgueil y a semées et que l’aveuglement y récolte.
Le champ que nous venons amender est celui des amis de l’ordre, celui où les laboureurs imprévoyants ont semé l’ivraie et veulent recueillir le froment. Nous n’avons pas la prétention d’être l’ouvrier intelligent qui
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viendra faire éclore le bon grain à la place du mauvais; nous voulons seulement sarcler, d’une main hardie, le fond où la révolution et le socialisme ont pris naissance, et, Dieu nous venant en aide, préparer à notre malheureux pays une meilleure moisson.