‹ De la fortune publique en France et de son administrationChapitre 38 sur 59 · Crédit spécial pour le jardin botanique d'Ajaccio · texte numérisé non relu

Crédit spécial pour le jardin botanique d'Ajaccio

240. — Cet établissement a commencé par un jardin de plantes médicinales , de peu d'étendue , que Louis XIII fonda , en 1 635 , d'après les conseils de son médecin , Guy-Labrosse. Un cabinet de curiosités naturelles fut joint à ce jardin. Dans le courant du i8e siècle, et principalement par les soins de Buffon , l'établissement acquit une importance réelle. En 1789 , sa superficie était de 43 arpens ; il y avait une ménagerie et des collections d'histoire naturelle ; de plus , on y professait trois cours sur cette partie des sciences.

241 . — Lorsque la Convention entreprit de refaire tout le système de l'instruction publique en France , elle ne pouvait négliger cette institution. Une loi spéciale lui fut consacrée , c'est celle du 1 o juin 1793.

D'abord les noms de Jardin des plantes et de Cabinet d'histoire naturelle furent remplacés par celui de Muséum d'histoire naturelle.

Le but principal de l'établissement dut être l'enseignementpublic de l'histoire naturelle prise dans toute son étendue et appliquée particulièrement à l'avancement de l'agriculture , du commerce et des arts.

Pour cet enseignement il fut créé douze cours , savoir :

r° Un cours de minéralogie ;

1° Un cours de chimie générale ;

3° Un cours des arts chimiques ;

4° Un cours de botanique dans le Muséum ;

5° Un cours de botanique dans la campagne ; 6° Un cours d'agriculture et de culture des jardins , des arbres fruitiers et des bois ;

7° et 8° Deux cours pour l'histoire naturelle des quadrupèdes , des cétacées , des oiseaux , des reptiles , des poissons , des insectes , des vers et des animaux microscopiques ;

9° Un cours d'anatomie humaine ; i o° Un cours d'anatomie des animaux ; 1 1 ° Un cours de zoologie ;

ii° Un cours d'iconographie naturelle, ou l'art de dessiner ou de peindre toutes les productions de la nature.

Les matières de l'enseignement dans ces différens cours , la nécessité de les accorder avec les saisons que plusieurs d'entre eux exigent , et tous les détails relatifs à l'organisation particu lîère du Muséum devaient être l'objet d'un règlement que les professeurs étaient chargés de rédiger, et qu'ils devaient soumettre au comité d'instruction publique de la Convention.

Une loi du 1 1 frimaire an 3 établit un treizième professeur.

242. — Le Muséum d'histoire naturelle compte aujourd'hui quatorze chaires; mais il y a, en outre, deux peintres chargés de l'enseignement de l'iconographie : l'un pour les plantes , l'autre pour les animaux. Les quatorze chaires sont celles de botanique , zoologie , géologie , minéralogie , reptiles et poissons, botanique rurale, culture , chimie appliquée , animaux articulés , anatomie comparée \ chimie générale , anatomie humaine , mollusques et zoophytes, physiologie comparée.

Dix-huit cents personnes environ suivent annuellement les leçons.

243. — L'administration de l'établissement est confiée aux professeurs eux-mêmes ; ils choisissent parmi eux un directeur, qui est chargé uniquement de faire exécuter les réglemens et les délibérations de l'assemblée des professeurs dont il est président.

Le directeur est nommé pour un an , et il ne peut être nommé qu'au scrutin et pour une année seulement.

Sous l'ancienne monarchie, il y avait un intendant du Jardin des plantes et du Cabinet d'histoire naturelle. Maislaloi du 10 juin 179^ a supprimé cette place, « afin , y est-il dit , de conserver l'égalité entre des hommes que l'Europe savante met sur le même rang. »

Le Muséum a un trésorier pris également parmi les professeurs , et nommé par eux.

C'est le trésorier qui est chargé des recettes et des dépenses de l'établissement.

Lorsqu'une place de professeur vient à vaquer par mort , démission ou autrement , les professeurs du Muséum présentent un candidat , l'Académie des sciences en présente un autre , et le gouvernement choisit parmi ces candidats. D'après la loi d'institution y la nomination devait avoir lieu au scrutin , par les professeurs.

Les traitemens des quatorze professeurs figurent au budget pour la somme de 70,000 fr. , à raison de 5,ooo fr. chaque professeur.

Les professeurs du Muséum ont près d'eux des aides-naturalistes et des préparateurs qui les assis-

lent dans leurs leçons et dans le classement et la conservation des collections.

IL y a , en outre, un bibliothécaire pour la bibliothèque spéciale d'histoire naturelle, dont la loi du 10 juin 1793 a ordonné la formation.

Enfin il y a des employés pour les diverses parties de l'établissement.

Les traitemens du bibliothécaire , des deux maîtres d'iconographie , des aides-naturalistes , des préparateurs et employés de diverses parties de l'établissement sont portés au budget pour la somme do j 3 5,ooo fr.

Une somme de 3, 000 fr. est , en outre , réservée pour être distribuée en gratifications à ceux des employés qui ont moins de 1800 fr. de traitement.

Le personnel des fonctionnaires et des employés au Muséum d'histoire naturelle coûte donc une somme de 208,000 fr.

On pourrait peut être comprendre dans ce personnel huit naturalistes qui voyagent, pour le compte du Muséum et dans le but d'accroître ses collections, dans le Chili , le Brésil , la Guiane, le Sénégal , à la côte de Guinée , dans l'Arabie , dans les mers de l'Inde et dans i'Océanie. Il est alloué au budget, pour le traitement des voyageurs, une somme de 25,ooo fr.

Ce qui porterait les dépenses du personnel à 233,ooo fr.

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