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Importance de ses collections et de sa bibliothèque

248. — Il y a en France trois observatoires nationaux : deux sont situés à Paris et le troisième à Marseille.

Le grand Observatoire de Paris a été fondé par Louis XIV. Le second fut établi à l'Ecole militaire par Louis XV. Devenu inutile, surtout depuis que

les bàtimens ont été transformés en caserne , son local va être remis au ministre de la guerre , qui l'a réclamé.

En 1790, par la loi des 3-19 septembre , l'assemblée constituante ordonna que tous les instrumens d'astronomie appartenant à la nation seraient réunis à l'Observatoire. Il en devait être dressé un inventaire , dont copie , signée du directeur de l'Observatoire , serait remise aux archives nationales. La dépense de l'Observatoire fut réglée , par cette même loi , à 8,700 livres , savoir : 2,700 livres au directeur ; 3,ooo livres pour trois élèves ; 2,400 livres pour entretien d'instrumens , et 600 livres pour la bibliothèque.

249. — La loi du 7 messidor an 3, ayant formé un bureau des longitudes, statua qu'il aurait dans ses attributions l'Observatoire national de Paris et celui de la ci-devant Ecole militaire ; qu'il indiquerait aux comités d'instruction publique et de marine , pour en faire rapport à la Convention nationale, le nombre des observatoires à conserver ou à établir au service de la république ; enfin qu'il correspondrait avec les autres observatoires , tant de la république que des pays étrangers.

Les deux observatoires de Paris et celui de Marseille sont donc dans les attributions du bureau des longitudes

250. — Ce bureau est chargé : i° de publier, chaque année, aux frais de l'état, la connaissance des temps à l'usage des navigateurs ; 20 de perfectionner les tables astronomiques et les méthodes des longitudes ; 3° enfin de s'occuper de la publication

aes observations astronomiques et météorologiques (i).

Un membre du bureau des longitudes doit faire chaque année un cours d'astronomie. On sait qu'un de nos plus illustres sa vans , M. Arago, a donné à cet enseignement une sorte de vogue mondaine, grâce à son admirable talent de rendre la science attrayante et accessible à ceux mêmes qui y sont le plus étrangers par leurs études.

Le bureau des longitudes se compose de dix membres, de six adjoints et de six employés ou gens à gages.

D'après la loi du 7 messidor an 3 , le bureau des longitudes nomme aux places vacantes dans son sein et à celles d'adjoints.

Voici quel est le personnel :

1 o Deux géomètres , \ 10 ,000 fr.

Quatre astronomes, f , r r , N 20,000

^ . ' > a 5,ooo fr. (2),

Deux navigateurs, i 10,000

Un géographe , ) 5, 000

Un artiste membre, à 4>°°0

i° Quatre astronomes adjoints (3) , à

4?ooo fr., 16,000

À reporter. 65 ,ooo

(1) Chaque année, le bureau des longitudes publie, au prix modique de 1 franc, son Annuaire, qui est destiné à mettre à la portée du public les documens astronomiques et météorologiques les plus usuels. On trouve aussi dans ce volume des notices scientifiques sur des points d'un intérêt général.

(2) La loi d'institution avait fixé le traitement de chacun des membres à 8,000 fr.

(3) 06 1$16 à 1832, i! y a eu un cinquième astronome adjoint, que le

Report. 65,ooo(r.

Deux artistes adjoints (i), à 2,000 fr., 4>00°

3° Un bibliothécaire secrétaire , à 1 ,8co

Deux calculateurs, à 2,900 fr., 5,, 80a

Un agent , à 1^000

Un portier garçon de bureau , à 54o

Un concierge, a 720

Les dépenses du personnel pour le bureau des longitudes et pour l'Observatoire de Paris s'élèvent ainsi à 78,860 fr.

Il est de plus alloué une somme de 19,400 fr. pour dépenses du matériel , c'est-à-dire pour achat d'instrumens et entretien , frais du cours d'astronomie, de chauffage, d'éclairage, achats de livres, abonnemens et frais d'administration. Mais cette somme , ou du moins une partie y reçoit une autre destination.

Le bureau des longitudes a trouvé récemment qu'il était indispensable, pour soutenir l'Observatoire de Paris à la hauteur des principaux observatoires de l'Europe , de créer des places d'élèves astronomes. Ces élèves sont chargés, sous l'inspection d'un membre du bureau, qui a le titre de

gouvernement avait nommé d'autorité. La place a été supprimée, vu décès du titulaire.

(1) Dans l'origine, il n'existait qu'un seul artiste membre. A la mort du premier titulaire, le bureau des longitudes, dans l'intérêt de la science, crut devoir proposer au gouvernement de partager cette place en trois, destinées à un horloger, à un opticien et à un mécanicien. Le premier nommé de ces trois artistes devait avoir le titre de membre, et jouir de toutes les prérogatives qui y sont attachées. Le gouvernement approuva cette proposition : le traitement de l'artiste membre fut fixé à 4,000 fr. , cl c*>lui des deux artistes adjoints, à 2,000 fr.

directeur de l'Observatoire, de toutes les recherches astronomiques , météorologiques et physiques auxquelleson cl oit pourvoir , de jour comme de nuit. Leur traitement est pris sur les fonds accordés pour le matériel.

Les dépenses de l'observatoire de Marseille sont évaluées : pour le personnel (qui comprend un directeur astronome , un adjoint et un concierge), à 5,ioo fr., et pour le matériel , c'est-à-dire pour frais d'entretien, à 2,100 fr.; en tout, 7,200 fr.

Les dépenses du bureau des longitudes et des observatoires s'élèvent donc à 106,000 fr.

251 . — Le bureau des longitudes possède une belle collection d'instrumens et d'appareils astronomiques , plus une bibliothèque.

La collection d'instrumens vient d'être renouvelée dans ces dernières années. A des instrumens vieillis, d'origine anglaise , on a substitué des instrumens sortis des ateliers français , et qui ne le cèdent pas en précision à ceux dont le gouvernement anglais a doté le célèbre observatoire de Greenwich (1).

(1) Depuis l'établissement du bureau des longitudes, tous les instrumens de l'Observatoire ont été renouvelés, à l'exception du grand-quart de cercle mural exécuté en Angleterre par John Bird, d'une petite lunette de Dollond et d'un grand télescope de sept mètres de long , construit jadis pour le cabinet de Louis XVI, à la Muette.

Les instrumens nouveaux sont :

1° Une grande lunette méridienne de seize centimètres d'ouverture et de deux quarts de mètre de foyer, construite par M. Gambey ;

2° Un grand cercle mural de Fortin, d'environ deux mètres de diamèi re ;

3° Un grand quart de cercle mural, dont il a déjà été question ;

4° Un grand et magnifique équalorial avec mouvement d'horlogerie, ayant deux cercles d'un mètre de diamètre : il a été construit par H. Gambey;

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