‹ De la foudre, de ses formes, et de ses effets (volume 2)Chapitre 102 sur 156 · MOYENS INTERNES · texte numérisé non relu

MOYENS INTERNES

— Le malade éprouvait de la céphalalgie, des vertiges; le pouls était lent, faible et dépressible ... Vingt-quatre sangsues furent appliquées en deux fois derrière les oreilles et des sinapismes placés sur les membres inférieurs. — Au bout du second jour, ces moyens n'ayant pas amené d'amélioration sensible, on appliqua un grand vésieatoire à la nuque, et, dès ce moment, un mieux sensible se prononça, à tel point que le 6" jour la vue était complètement revenue.

Enfin, Poilroux cite un cas où la pajalysie des membres inférieurs fut heureusement combattue par des vésichtoires sur les mollets et par des frictions sur toute la longueur de la colonne vertébrale avec l'alcali volatil fluor.

De la Prade recommande fortement les vésicatoires.

ART. 4. — iMOYENS INTERNES.

Aux moyens que nous venons d'examiner, il sera bon, dans certains cas, d'associer quelques remédias internes dont le choix dépend d'ailleurs, comme on le comprend, d'une multitude de circonstances. Nous trouvons sur ce sujet une multitude de prescriptions et de recommandations; mais nulle part, ou à peu près, nous ne voyons d'observations concluantes. Les uns veulent qu'on s'en tienne aux substances excitantes et toniques, d'autres aux calmants et aux antispasmodiques ; d'autres conseillent les sudorifiques ou bien les acides, ou bien le quinquina, etc. Nous allons rapidement passer en revue les opinions des auteurs les plus recommandables.

Toniques et stimulants. — Vollmar, voulant opérer une dérivation vers l'extérieur, et « provoquer le mouvement des » humeurs vers la peau, » après avoir conseillé les friclions, les bains chauds des extrémités, les lavements de tabac, recommande fortement les cordiaux, les sels volatils, la thériaque, les diverses essences et teintures excitantes ou stimulantes. — Kirling prescrit les cordiaux, les céphaliques et les nervins. « Si l'asphyxié, dit Van Mons, donne des signes

» de vie, on doit à l'instant Jui couvrir le corps, en le laissant » loutetbis à l'air libre et en continuant de lui administrer >» des moyens doucement irritants. On lui fera avaler un peu » de vin mêlé avec de l'eau froide, une potion tonique dans » laquelle on fera entrer de l'esprit de corne de cerf ou de la liqueur d'iïolïmann ; on lui chauffera les pieds et les mains; » enfin on lui administrera les divers secours de l'art que » son état peut réclamer. » — Camerarius veut qu'on introduise dans la bouche des cordiaux ou des excitanls, tels que la tliériaque, l'alkermès, l'eau de mélisse avec du vin, l'eau de cannelle, etc. — Une jeune lille que tout le monde regardait comme morte fut ranimée sur-le-champ par deux cuillerées d'eau spiritueuse (Cummeni). — Reimarus, Rosbach, Struve, Richard s'accordent pour recommander les mêmes moyens.

Purgatifs. — Cette classe de médicaments a dû être fréquemment employée, car nous savons déjà que parmi les accidents consécutifs à la fulguration, on trouve assez souvent une constipation plus ou moins opiniâtre ou bien des troubles gastriques assez marqués. Aussi, dans bon nombre de cas, les purgatifs, et surtout le sulfate de soude, ont-ils été mis en usage et avec succès contre ces accidents. Dans une observation rapportée par Godfrey, il a fallu recourir aux drastiques qui seuls peuvent triompher de l'inactivité du canal intestinal. — Fabrice de Hilden proscrit les purgatifs, mais non absolument : il excepte le cas de circonstances particulières.

Calmants, antispasmodiques. — Ces deux sortes de remèdes, conseillées par plusieurs auteurs, n'ont été quepeu employées ; du moins nous n'en avons trouvé que de rares exemples: encore ne contiennent-ils pas le moindre détail. Il est cependant plus que probable que l'opium ou les antispasmodiques habilement maniés pourraient être fort utiles dans certains cas spéciaux.

Sudorifîques. — Kirling, Camerarius, etc., recommandent les sudorifiques dans le but de débarrasser le sang des principes délétères que la fulguration peut y avoir laissés. Rappelons à ce propos combien les sueurs ont été avantageuses

MOYENS INTIÎRNKS

dans les cas que nous avons cités en ctudianl l'empoisonnement par la foudre.

Alcalis. — C'est dans ces mêmes cas que le docteur Gaultier de Claubry avait employé l'ammoniaque et le sous-carbonate de potasse. Nous avons dit alors que le chlore et les chlorures alcalins sont inlhiiment préférables.

Quinquina. — L'écorce du Pérou a été conseillée par Hoffmann, pour combattre la gangrène, fortiOer les nerfs, corriger les mouvements désordonnés. Chez un individu, cité par Montferrat, des accidents qui survinrent plusieurs jours de suite furent combattus avec succès par le sulfate de quinine.

Vomitifs. — Les vomitifs ont été quelquefois utiles contre des phénomènes bilieux qui avaient résisté aux purgatifs; nous avons cité un fait de ce genre à propos de la saignée. Nous croyons que c'est à peu près le seul cas où l'on doive en faire usage. Il ne faut pas oublier, en effet, que ces agents ébranlent fortement l'organisme et pourraient être dangereux chez des malheureux dont la vie ne tient qu'à un fil.

Enfin les acides, les antiseptiques, etc., ont été aussi recommandés; mais ils sont d'une utilité tellement secondaire que nous ne nous y arrêterons pas. — Mais nous mentionnerons la strychnine qui, dans un cas de mouvements convulsifs accompagnés de paralysies partielles, a produit d'excellents résultats. M. Girault, auteur de cette observation, l'avait fait absorber par la conjonctiVe.

Quant à nous, nous pensons que les indications peuvent être très-variées et que, par suite, les médications peuvent varier de même. Il n'est donc pas possible de recommander l'une d'elles à l'exclusion des autres. Cependant nous ferons remarquer que les toniques et les excitants, par leur action propre, conviennent parfaitement pour achever de ranimer les individus au sortir de l'état de mort apparente et pour accélérer chez eux le retour des forces, à moins cependant qu'il n'y ait menace de congestion cérébrale.

Du reste, les états morbides consécutifs à la fulguration et n'offrant pas de danger immédiat comme l'état de mort apparente, n'ont rien qui leur soit spécial et le médecin saura tou^

jours appliquer à chaque cas le remède qui lui convient. Nous ne nous étendrons donc pas davantage sur ce sujet.

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