‹ De la foudre, de ses formes, et de ses effets (volume 2)Chapitre 127 sur 156 · ART. 9. — PARATONNERRES MULTIPLIÉS SUR TOUTE UNE RÉGION. PARAGRÉLES · texte numérisé non relu

ART. 9. — PARATONNERRES MULTIPLIÉS SUR TOUTE UNE RÉGION. PARAGRÉLES

§ L — Paratonnerres déjà décrits. — Différentes dispositions ont été données à ces paratonnerres multipliés ; ainsi :

On a proposé en Hollande de distribuer un certain nombre de tiges de distance en distance avec des conducteurs allant

(1) VonBlitzableit.,i>. LUI (1778).

PARATONNliRRES DIVERS

des unes aux autres, à l'entour et au travers d'une ville entière.

Suivant Guden, on placerait sur les murailles d'une ville, à certaines distances, des tiges de fer avec conducteurs aboutissant aux fossés.

M. B. Cook (I) voudrait qu'on élevât des paratonnerres à différentes stations par tout un État, à cinq ou six milles de distance, ou plus près, suivant la nature du terrain, sur les points les plus élevés.

Dans les campagnes, on pourrait multiplier sans doute avec avantages les paratonnerres sur arbres.

Les paragrêles proprement dits, doivent nécessairement être mentionnés ici. Ceux employés dans plusieurs pays, consistent chacun en une perche de bois dont la grosse extrémité, en partie brûlée, est enfoncée dans la terre; l'autre extrémité est munie d'une pointe de métal, de cuivre surtout, mise en communication avec un fil métallique pour lequel on a creusé sur toute la longueur de la perche une rainure oii il est maintenu à certaines distances par de petites attaches. Ce fil se termine en bas à une pièce de fer qui est enfoncée dans le sol. La perche est couverte d'un enduit et souténue, si on le veut, par un tuteur ou défendue par des épines. Suivant M. Mermet, cette perche aurait 30 à 46 pieds de long ; la pointe métallique serait en cuivre, d'une ligne et demie de diamètre et de 3 à 4 pouces de longueur. Ces perches seraient placées dans les champs, à une distance les unes des autres égale au double de leur hauteur.

Les gaules des hoiiblonnières sont assez généralement remplacées en Angleterre par des tiges en fer aussi hautes que ces gaules et terminées en pointe, et plusieurs fois déjà on a cru remarquer l'influence heureuse que les tiges à houblonnières ont exercée sur les nuées orageuses.

§ n. — Paratonnerres en paille. — On a essayé de préserver non-seulement de la foudre, mais aussi de la grêle, au moyen de paratonnerres en paille.

(l)Nichols, Joum., l. XXIX, 306 (1811).

PARATONNERRES MULTIPLIÉS SUli UNE RKCION S41

Il est prouvé qu'une batterie assez chargée d'électricité pour tuer un bœuf est immédiatement déchargée sans étincelle et sans explosion par un bout de paille, n'eût-il que trois centimètres de long.

Pour construire ce paratonnerre, il suffit de fixer, avec un fil de laiton, une corde de paille le long d'une perche de bois blanc, au bout de laquelle on enfonce une pointe de cuivre. Cet appareil, installé sur dix-huit communes des environs de Tarbes, les a préservées, non-seulement de la foudre, mais aussi de la grêle. C'est à M. Lapostolle (d'Amiens) que l'on doit les premières expériences sur la conductibilité électrique de la paille et son emploi comme paratonnerre (1).

I m. — Électro-subtracteur de M. Dupuis-Delcourt. — Cet aéronaute a publié, le 8 juin 1850, dans l'Illustration, une longue notice sur son appareil et y a joint un dessin qui le fait encore mieux comprendre.

L'appareil consiste en un cylindre long et étroit, garni de pointes métalliques, et terminé par deux formes coniques; rempli de gaz hydrogène, il s'élève à 1000 ou 1500 mètres de hauteur, quelquefois plus ; et il est retenu captif par une ou plusieurs cordes semi-métalliques, établissant, à la façon des paratonnerres, la communication libre et non interrompue du fluide électrique entre l'atmosphère et la terre. Toute autre forme que celle de cylindre terminé par des cônes pourrait être employée. L'instrument est réuni aux cordes . par un système de suspension libre et articulée, et grâce à ce système, il pivote librement sur son axe, comme le fait une girouette. Les cordes de soutènement sont passées en double, dans des anneaux fixés à la quille et aux autres parties soUdes de la machine, de manière à se régler d'ellemême. La quille est une tringle en bois fort et léger, de 5 à 7 centimètres de largeur, régnant à la base du cylindre sur toute sa longueur et servant à relier entre eux les cercles en bois qui le revêtent et le divisent extérieurement. L'instrument peut être construit en métal ou en carton, en tissu

(1) Journ. le Cosmos, 1859.

FAHATONNRRHKS DIVERS

verni ou enduit de caoutchouc, suivnut les dimensions qu'on veut donner à l'appareil. L'articulation qui relie l'électrosubtracteur aux cordes de retenue qui établissent la communication entre l'atmosphère et le sol, est une pièce analogue à celle qui termine le porte-mousqueton.

Nous n'entrerons pas dans les autres détails de l'appareil de M. Dupuis-Delcourt, nous ferons cependant remarquer qu'il doit agir à la fois comme paratonnerre et comme cerfvolant électrique : si donc on peut l'élever à 1500 mètres, comme le paratonnerre préserve de la foudre les objets qui se trouvent à une distance égale à deux fois sa hauteur, le terrain préservé serait un cercle dont le diamètre aurait 6000 mèlres. Chaque appareil coûterait environ 30 mille fr.; mais s'il est vrai que chaque année la grêle détruise une valeur de 30 à 40 millions de récoltes, on comprend qu'il y aurait un profit considérable à établir des appareils comme ceux que nous venons de décrire brièvement, après que leur efficacité aurait été démontrée sur une une assez grande étendue de territoire (1).

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