\RT. 1. — PARATONNERRE ACTUEL A TIGE POINTUE
Le paratonnerre à tige pointue se compose de quatre parties : In pointe, la tige, le conducteur, et le pied du conducteur.
Nous allons examiner successivement chacune de ces diverses parties.
- 1 1. —Pointe du paratonnerre. — En France, la tige du paratonnerre se termine par une seule pointe. En Allemagne, en Angleterre, en Suisse, on emploie fréquemment des pointes multiples (1).
On dispose circulairement à la base de la pointe verticale plusieurs pointes très-divergentes et diversement inclinées sur l'horizon, de telle sorte que l'une d'elles se présente toujours perpendiculairement à la nuée orageuse.
Guden conseille l'usage d'une couronne de pointes.
La pointe est souvent triangulaire comme celle d'une baïonnette. Glïtle recommande la pofnte en fer de lance; suivant lui, elle n'aurait jamais été endommagée, privilège qu'elle doit à sa plus grande surface.
La pointe ne doit pas être en fer, car elle serait bientôt
(i) A Fribourg en Brisgau, on voit sur l'établissement pénitencier (Grosherzog. Bad. Strafanstalt) des tiges de paratonnerres de 2 mètres de hauteur au plus, armées de cinq pointes dorées. .
A Saint Georges, près de Fribourg, on voit une maison armée de deux tiges de paratonnerre, d'un mètre et demi de hauteur, reliées entre elles par une barre métallique, et portant chacune trois pointes divergentes d'un a deux décimètres de longueur.
émoussée par la rouille, et sa dorure serait promptement enlevée. Le nickel a été proposé par Kaslner (1).
Robert Patterson proposa en 1790 des pointes en carbure de fer ou plombagine, comme très-peu fusibles.
Valliage des monnaies d'argent, l'argent, l'or, le palladium pourraient encore être employés. Mais le cuivre rouge doré ou non, et le p/ariwe sont généralement adoptés aujourd'hui. Le platine ne s'oxyde pas et n'est que très-difficilement et très-rarement fondu par la foudre. Les métaux précieux sont employés soit en cône massif soit en capsule conique.
Quant à la pointe en fer aimanté, adoptée par quelques constructeurs, l'aimantation est, comme le remarque Arago, de nul effet.
L'aiguille de platine qui termine le paratonnerre français a seulement cinq centimètres de longueur, on la soude à une tige de laiton de 55 centimètres, au moyen de la soudure d'argent, et pour qu'elle ne puisse point s'en séparer, on renforce l'ajustage par un petit manchon de cuivre.
La tige de cuivre est réunie à la tige de fer au moyen d'un goujon qui entre à vis dans toutes deux; il est d'abord fixé dans la tige de cuivre par deux goupilles à angle droit, et on le visse ensuite sur la tige de fer, dans laquelle il est aussi maintenu par une goupille.
Si la pointe élancée et très-aiguë a l'avantage de faciliter l'écoulement de l'électricité et de le rendre plus abondant, elle est exposée à être tordue, brisée, fondue, à cause de sa faible masse. Dans le supplément à l'instruction, il est recommandé de ne pas trop amincir l'aiguille terminale de la tige. On recommande de ne pas donner à l'extrémité supérieure du fer moins de 3 centimètres carrés de section, et d'adapter à son extrémité, sans l'intermédiaire d'une tige de cuivre, un cône de platine de 4 centimètres de hauteur et de 2 centimètres de diamètre à la base, l'angle d'ouverture à la pointe aiguë étant de 30" environ. Le cône de platine est plein, il se visse comme un écrou sur la tige de fer, et afin de constituer avec elle un tout bien compacte, on les soude à la soudure lorte.
(l) Kastner's Arch. t, VU, p. :<20 (1826).