PERFECTIONNEMENTS DUS A A. PERROT
» rent pendant l'intervalle de temps qui séparait deux coups
)) successifs (1). »
« 1° Le toit métallique d'un édifice, communiquant ou non » avec le paratonnerre, ne préserve pas, comme on l'admet, » les planchers métalliques inférieurs de l'inlluence électri^
que du nuage orageux. Chacun de ces planchers, s'il est » en relation avec le paratonnerre qui reOoit le coup de » foudre, lance des étincelles foudroyantes aux corps conduc- » teurs environnants.
» 2« Par conséquent, si l'on veut éviter, dans un édifice, » où il entre surtout beaucoup de fer, les accidents analo- D gues à celui du 2 août (2) dernier dans la caserne du » Prince-Eugène, munie de sept paratonnerres, accident » qui pouvait être si désastreux, il est indispensable de mettre » le paratonnerre à l'abri de tout coup foudroyant, résultat « que l'on peut obtenir à l'aide des simples modifications que » que j'ai proposées et qui ont reçu l'approbation de MM. les » professeurs Gavarret et Barrai et depuis celle de M. Ba- » binet.
» A distance explosive d'un disque simulant un nuage et » en relation avec la machine électrique, est placée une tige )) métallique communiquant au sol et représentant le para- » tonnerre destiné à être foudroyé. Parallèlement à ce )) disque, et à quelque distance, sont disposées plusieurs » feuilles ou grilles métalliques éloignées de quelques centi- » mètres l'une de l'autre. Ces feuilles, dont le rôle est de » représenter le toit métallique et les divers planchers » placés au-dessous, peuvent à volonté être mises en com- » munication entre elles ou avec le paratonnerre.
» Maintenant, les feuilles métalliques étant isolées du » paratonnerre foudroyé, l'étincelle et la commotion ressen- » ties par la main qui touche ces feuilles seront peu sensi- » bles. Mais si l'une de ces feuilles est mise en communica- » tion avec le paratonnerre, elle donnera, à l'exclusion des » autres, une étincelle et une commotion très-vives. Il en
(1) Comptes rendus, l. LIV(1862).
(2) Voir le Moniteur universel du 4 août 1862.
» sera de même pour chaque feuille. Si enfin toutes commu- » niquent avec le paratonnerre, toutes donneront l'étincelle » et la commotion, chaque fois que le paratonnerre sera » foudroyé.
» Si, pour rendre le résultat plus comparable à l'accident » de la caserne, on fixe à l'une des feuilles foudroyantes une » tige métallique représentant le tube à gaz qui pénétrait » dans le corps de garde foudroyé, on remarque que l'étin- » celle qui éclate à l'extrémité de cette tige est plus longue » que les autres et que la main qui s'en approche devient » une cause déterminante du coup foudroyant sur le para- » tonnerre (1).
» Expérience tendant à prouver que lorsquun paratonnerre » ordinaire est foudroyé, son conducteur devient foudroyant » pour les corps voisins.
>) Première proposition. — Le conducteur du paratonnerre )> ordinaire présente à l'eau du sol dans lequel il est plongé » une surface de contact tellement insuffisante pour le prompt » écoulement de l'électricité d'un coup de foudre, que ce » paratonnerre ne peut être foudroyé sans que son conducteur » ne foudroie en même temps les objets les plus rapprochés.
» Deuxième proposition. — La surface immergée du conduc- » teur du paratonnerre ordinaire, excessivement trop petite » dans le cas précédent, est cependant assez grande pour » livrer passage à un courant constant d'électricité capable » de neutraliser l'électricité contraire du nuage orageux qui » s'approche.
» Troisième proposition. — Il suffit donc, ainsi que le pen- » sent MM. Babinet et Gavarret, pour mettre le paraton- » nerre ordinaire à l'abri des coups foudroyants, toujours » dangereux aux corps voisins du conducteur, d'armer la » tige de ce paratonnerre de pointes longues, divergentes, » nombreuses, effilées et très-conductrices.
» L'auteur de ces propositions fait remarquer combien » est faible la conductibilité de l'eau pure, puisqu'elle est » 6,734 millions de fois moindre que celle du cuivre, et
(1) M. Pcrrot, Comptes rendus, l. LV, p. 46S et p. 361.
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» qu'on ne saurait par conséquent trop multiplier la surlace » de contact du conducteur aveclc sor(l). »
Il ne suffit point d'armer un édifice de nombreuses tiges métalliques effilées pour le préserver de la foudre, il faut encore que ces tiges soient en communication intime avec la profondeur du sol. On comprend que cette communication puisse avoir lieu également par l'intermédiaire des colonnes métalliques sur lesquelles reposent tant d'édifices modernes et par des conducteurs spéciaux se rendant dans un sol humide. C'est à tort que M. l'abbé Ginaud a pensé que généralement des pointes suffisaient à la surface des édifices, c'est à tort que l'on cite le temple de Salomon, puisque, ainsi que nous l'avons exposé (2), une immense quantité de colonnes et d'objets métalliques mettaient le toit en rapport intime avec le sol (3).
(1) M. Perrot, Comptes rendus, t. LVI, p. 397(1863).
(2) Voir ce volume, p. 433 et suivantes.
(3) Consultez encore sur ce sujet M. Perrot, Comptes rendus, t. LX, p. 450 et suiv. (186)).