PRÉCAUTIONS A PRKNORK DANS LA CAMPAGNE
se plaçant sous leur ventre. Nous pourrions citer plusieurs observations à l'appui de celle remarque.
Le ^^6 août 1853, un violent orage éclata sur la commune de Saint Remy-mal-Bâti. (Nord). Le sieur Blampain, domestique de ferme, labourait avec une charrue attelée de trois chevaux ; pour se mettre à l'abri de l'averse, il arrêta ses chevaux, leur tourna la tête du côté opposé au vent et se plaça sous eux. Il voulut alors allumer sa pipe, mais la violence du vent l'en empêchait. Il quitta le singulier abri qu il avait choisi et courut se placer sous un chêne entoure d un buisson. A peine y était-il qu'un effroyable coup de tonnerre se lit entendre et qu'il vit ses chevaux s'abattre subitement. Blampain, échappé miraculeusement au danger, essaya de secourir son attelage, mais tous ses soins et ceux des personnes que l'événement avait attirées furent sans succès.
A la campagne, plus peut-être que dans les maisons, il n'est pas sans danger de porter sur soi des objets métalliques. On évitera surtout de porter des instruments de fer, tels que fourche, pelle, râteau; etc. Nous en disons autant des armes blanches et des armes à feu. Il sera prudent de les déposer et de se placer à la distance de quelques mètres.
Une excellente précaution que nous recommandons trèsfortement, malgré ses inconvénients est de se coucher sur le sol, dans un fossé, ou dans un sillon, jusqu'à ce que le plus grand danger de l'orage soit passé.
Si l'on craint de se coucher tout de son long, au moins serait-il prudent de s'asseoir, ou de se mettre à genoux, la tête fortement inclinée en avant. On diminuerait de cette manière de beaucoup la saillie du corps au-dessus du sol.
Il faut éviter aussi le voisinage des fils télégraphiques. On a vu ces fils parcourus par la foudre donner lieu à des décharges latérales qui ont blessé les personnes qui étaient trop rapprochées (1).
(1) Comptes rendus, 19 août 1861.