PUTRI^FACTION DES CADAVRES
PcuL-clrc coiislaterail-on plus souvent ces odeurs variées, si l'attention était plus éveillée sur ce point.
Suivant quelques physiciens, la matière fulminique ellemême, sans la coopération de matières étrangères, pourrait agir sur les papilles nerveuses du sens de l'odorat de manière à lui faire percevoir des odeurs. Mais il ne faut pas oublier que le plus souvent la présence d'une fumée, d'une vapeur doit faire rejeter cette hypothèse.
L'odeur que la foudre laisse après elle, souvent pendant un temps assez long, est fréquemment le résultat des molécules pondérables qu'elle enlève aux arbres, au sol, aux. métaux qui entrent dans la construction des navires, des maisons et des édifices qu'elle a déjà rencontrés. D'ailleurs l'atmosphère renferme quelquefois des matières sulfureuses d'ofigine volcanique ou autre, que l'on a fréquemment reconnues à l'air libre ; cela expliquerait la formation de sulfures sur les métaux frappés par un rayon de foudre qui n'aurait encore jusque-là traversé que l'atmosphère.
L'ozone, l'acide nitreux dont la formation dans l'atmosphère a surtout lieu pendant les temps d'orages peuvent ajouter leur propre odeur à celle que la foudre apporte avec soi et à celle qu'elle produit sur place.
M. Boussingault a vu sept fois la foudre frapper des arbres en sa présence, il a vu un nègre tué sous ses yeux ; à Zupia, sa maison a été incendiée; en Europe, le tonnerre est tombé dans sa chambre tout près de lui, et jamais il n'a senti l'odeur de l'acide sulfureux. H compare l'odeur qu'il a observée à celle que dégage le bois que l'on distille, et il pense que si les observateurs parlent presque toujours de l'odeur de soufre, c'est à cause de l'habitude que l'on a de désigner ainsi toutes les odeurs fortes et nauséabondes qu'on ne peut rapportera aucune cause connue.