‹ De la foudre, de ses formes, et de ses effets (volume 2)Chapitre 90 sur 156 · ART. 1. CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES SUR LES · texte numérisé non relu

ART. 1. CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES SUR LES

RAPPORTS DES LÉSIONS DES VÊTEMENTS ENTRE ELLES ET AVEC CELLES DE LA SURFACE DU CORPS.

1 1. — Effets variables de la foudre sur les effets d'un même individu. — Les vêlements présentent assez souvent, sur le même individu, des lésions qui semblent appartenir à des agents différents. Ainsi, les vêtements du jeune Politi, qui consistaient en une veste de coton, un pantalon de toile et un gilet, de piqué, furent les uns déchirés, les autres brûlés.

Entre autres faits de ce genre, en voici un des plus intéressants : M. Boddington ayant été foudroyé, une vieille capote de marin d'une grande épaisseur fut mise en pièces; l'habit fut fendu; le gilet fut troué en deux points correspondants aux deux extrémités d'un porte-crayon; le pantalon et le caleçon furent mis en feu.

I II, — Rapports entre les lésions des vêtements et les lésions de la surface du corps.— Trèssouvent les lésions produites par la foudre atteignent à la fois

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la surface du corps et les vêtements; le plus ordinairement ces lésions sont de même nature et de même forme. C'est, par exemple, une brûlure d'étendue variable qui a son siège sur la surface de la peau et sur les vêtements correspondants; ou bien les vêlements sont déchirés et la peau égratignée ou incisée ; ou bien encore ils sont criblés de trous et la peau est atteinte de nombreuses petites plaies faites comme par des grains de plomb. — On a même vu des fleurs de Liclitenberg tracées à la fois sur la peau et sur la face interne du vêtement. — Mais cette similitude de lésions n'existe pas toujours. Assez souvent, au contraire, la nature apparente de la lésion est différente sur la peau et sur le vêtement, et la foudre agit ainsi différemment sur deux objets qui se touchent mais dont la texture est différente.

Un des individus dont l'intéressante histoire est rapportée par Tilésius, eut les manches de son habit et de sa chemise déchirées comme par le passage rapide d'un pointe acérée, sans atieun signe de brûlure, et cependant la peau était réellement brûlée dans les endroits correspondants.

Chez un homme, cité par Brereton et J. Adair, la manche droite de l'habit, du gilet et de la chemise, ainsi que la cuisse droite de la culotte, étaient entièrement ouvertes à la partie interne des membres ; le pied du bas droit et le soulier étaient déchirés en plusieurs places ; toutes ces lésions ne présentaient aucune trace de brûlure; et cependant ici encore la peau, dans les régions correspondantes, était le siège de brûlures profondes et étendues.

§ m. — Vêtements intacts avec lésions de la surface du corps. — Un phénomène non moins remarquable, c'est de voir les vêtements rester intacts, tandis que la surface du corps est atteinte de lésions diverses. — Tantôt ces lésions sont graves par leur étendue ou par leur profondeur; tantôt elles sont légères et de peu d'importance. Nous n'insisterons que sur le premier de ces deux cas.

Sur un homme atteint par la foudre, la plus grande partie de la peau de la région antérieure de la cuisse et de h

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jambe avait été arrachée et les vêtements étaient intacts (Hooper).

Un jeune garçon eut la poitrine, les genoux et les jambes gravement brûlés ; les habits ne présentèrent aucune trace de lésions (Volger). ■

Une vaste brûlure avait atteint une partie de la poitrine, de l'abdomen, ainsi que l'aine et la cuisse du côté gauche, sans que les vêtements présentassent la moindre trace de brûlure ou de déchirure (Beuttenmiiller).

Une femme fut brûlée depuis les mamelles jusqu'à l'ombilic, sans que la chemise et les autres vêtements rapprochés du corps eussent été atteints. Toutefois le manteau fut brûlé CQmme par la poudre à canon (TreuDler).

Dans les observations suivantes, la lésion extérieure du corps était plus étendue et plus grave et cependant les vêtements étaient encore épargnés.

Un homme eut presque tout le côté droit brûlé, depuis le bras jusqu'au pied, comme s'il eût été exposé longtemps sur un brasier ardent, sans que sa chemise, son caleçon et le restedeseshabitsfussentaucunement endommagés par le feu.

Un homme à bord de YEagle fut brûlé noir sur tout le corps et cependant sa chemise de laine ne fut pas lésée.

Presque toute la surface du corps d'un individu était le siège de plaies nombreuses et étendues ; la foudre n'avait respecté que les bras et le visage ; cependant les habillements n'avaient nullement souffert du fluide électrique ; le cha|)eau seul avait reçu quelque brûlure, et l'un des souliers était déchiré vers la boucle (Poilroux).

Chez un charretier, la foudre perça entre les épaules, l'habit, la veste et la chemise, puis se glissa sous la chemise, à droite et à gauche, le long du tronc et des membres inférieurs, grillant sur toute cette vaste étendue les poils et l'épiderme; cependant la chemise, la culotte, les jarretières et les bas ne furent point endommagés. Mais les souliers furent trouvés à dix pas de là brûlés et coupés en morceaux (Henry).

Les deux faits suivants sont reniarqùables, non par l étendue, mais [)ar la profondeur de la lésion.

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Th. Neale cile un cas où les mains auraient été brûlées iusqu'aux os dans les gants reslés intacts !

L'abbé Pinel rapporte qu'un homme eut, entre autres lésions, le pied droit très- profondément déchire, le pied gauche étant resté intact. Or, le sabot droit ne fut pomt endommagé, tandis que le gauche fut brisé. . , -1

Après l'exposé succinct que nous venons de présenter, ii nous paraît inutile d'insister sur les cas nombreux ou des lésions légères ou peu élendues (maculatures, stries, eccnymoses, érythème, etc.) ont atteint la surface du corps sans que les vêtements aient été touchés par le tluide électrique, ei nous renvoyons aux observations d'Alexander, de Hcmmer, de FiUeau, de Marcorelle, de Felbiger, d'Orioli, de Rice, de Volger et de plusieurs autres.

8 IV — Vêtements altérés sans lésions extérieures du corps. — Un des effets les plus remarquables de la foudre sur l'homme consiste en ce que les vêtements, même les plus rapprochés du corps, sont altérés, déchires, troués ou brûlés sans que la surface de la peau soit esee. Nous connaissons plusieurs exemples de ce curieux phénomène. — Le plus ordinairement on ne l'observe que sur une petite étendue du tronc ou des membres; ainsi :

Dans l'événement de Stralsund, un homme eut sa culotte et son caleçon en partie déchirés ou troués, en partie brûles; la chemise elle-même offrait plusieurs petits trous et cependant la peau ne reçut aucune blessure.

Une jeune fille eut ses vêtements brûlés à la partie antérieure de l'épaule et n'en souffrit aucunement.

L'étincelle enleva à un matelot une bande de deux pouces de large de la manche de la chemise depuis l'épaule jusqu'au poignet sans le blesser (Harris).

Un homme eut la doublure de sa culotte et la face interne de son bas roussies sans lésions de la peau.

C'est surtout aux jambes et aux pieds que le phénomène dont nous parlons a été constaté.

Lorsque la foudre tomba, en 1747, dans l'église des Grands-Augustins, k Paris, une jeune fille de 18 ans

eut son bas entier brûlé sans que la peau fû( endomrna-ée 1 lusieurs fois les souliers ont élé arrachés, déchirés, troues, etc., et cependant la peau est restée intacte.

Un homme eut la semelle de son soulier arrachée sans être blessé (Bridgman).

La botte gauche d'un foudroyé avait été tellement lacérée qu elle était presque réduite en charpie et pourtant aucune trace de brûlure n'apparaissait sur le pied.

Chez un troisième individu les souliers et les bas furent déchirés sans que les jambes fussent endommagées; un nied seulement fut ble>sé (de la Prade).

Une personne, atteinte de la foudre dans l'église de Stralsund, eut la moitié d'un soulier déchiré, la semelle percée comme par une petite balle, un grand morceau du pied du bas emporté, sans recevoir aucune sorte de blessure à la jambe m au pied. Celui-ci resta seulement engourdi pendant quelques jours.

Parfois cependant, tandis que les vêtements sont gravement altérés, on trouve sur la peau quelques lésions, mais si légères et si peu étendues, que c'est à peu près comme si elles n'existaient pas, d'autant plus qu'on ne les observe même pas toujours là où le vêtement est le plus gravement atteint ; ainsi •

Un homme cité par Lichtenberg eut ses habits coupés comme par la pointe d'un couteau depuis l'épaule gauche jusqu'à la pointe du pied, sans présenter aucune blessure, à l'exception d'une petite plaie au pied, sous la boucle du soulier.

Un homme, foudroyé sur le sommet du Righi, eut son chapeau percé et déchiré, sa cravate, soutenue par un fil de métal, déchirée en avant, son pantalon de nankin déchiré et brûlé du côté droit, sa chaussure lacérée en mille morceaux. Cependant, pour toute lésion extérieure, on ne trouva que des cheveux brûlés du côté gauche et quelques marques de brûlure au cou.

Un homme eut ses habits déchirés en atomes, sans présenter à la surface du corps aucune trace de l'action du fluide électrique, à l'exception d'une légère marque sur le front (Howard).

DES DIVKHSKS KSFECliS DE LÉSIONS DES VÊTEMENTS 347

Un orand cliène de la commune de Vallières (Loir-et-Cher) tut atteint par la foudre; deux énormes branches furent coupées et lancées à 30 ou 40 mètres. Un vieillard qui s'était réfu-'ie à trois mètres de là, sous un petit chêne, dit avoir vu u^n globe de feu se glisser rapidement le long de l'arbre et une épaisse fumée qui ne lui permit plus de rien voir. Il avait enveloppé son cou et ses épaules de son bissac dans lequel était sa gourde, et, chose singulière, le bissac resta intact et la gourde offrait un trou de trois centimètres de diamètre. Ce vieillard ne ressentit d'autre effet de la foudre qu'une surdité qui persista toute la journée (i).

j^RX, 2. DES DIVERSES ESPÈCES DE LÉSIONS DES

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