‹ De la foudre, de ses formes, et de ses effetsChapitre 50 sur 72 · LENTZ · texte numérisé non relu

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Argent.

Cuivre.

Or.

Laiton.

Étain.

Fer.

Plomb.

l Platine.

M. Pouillet (1) a donné des résultats qui diffèrent un peu de ceux que nous venons d'énoncer ; il a surtout fait remarquer que la moindre quantité d'un métal étranger changeait considérablement la conductibilité. C'est ainsi que, d'après M. Pouillet, le cuivre pur a une conductibilité représentée par 3838, le platine par 855, et le laiton une conductibilité qui ne dépasse pas 900, le mercure ayant une conductibilité représentée par 100.

(1) Traité de Phys. et de Météor., t. I, p. 607, 7« édit,

Sestier. i

Le plomb étant pris pour unité, la conductibilité des autres métaux, d'après M. ITarris, serait : Élain =- 2

— fer - 2,4

— zinc ■== 4

— cuivre =12

Un conducteur oxydé est beaucoup moins puissant que celui qui ne l'est pas, il court plus de risques d'être rompu parla décharge foudroyante. On a remarqué que leievation de la température des illsdefer et d'acier dmimue considérablement leur conductibilité.

Le courant fulminique se dissémine dans toute 1 étendue du conducteur métallique. Le pouvoir conducteur d une tige est en raison directe de sa section; de là une plus grande condensation de l'électricité dans les parties étroites d'un conducteur, un échauffement plus considérable et des dangers plus grands de voir le conducteur fondu et brise dans

ces points. ^, ,^ ,,. ,

Le pouvoir conducteur d'une tige ou d'un fil métallique est en raison inverse de sa longueur; c'est-à-dire que cette Mge conduira d'autant moins bien qu'elle sera plus longue bi donc elle est destinée à conduire au loin la matière, tulminique, il conviendra d'augmenter son épaisseur et mieux vaudra conduire la foudre au sol par le plus court chemin

possible. - f o«

Le pouvoir conducteur d'une masse métallique n est en aucune manière modifié par la forme donnée à cette masse. Qu'elle soit une tige arrondie ou carrée, une plaque ou une corde composée de plusieurs fils, son pouvoir conducteur sera le même ; car cette masse conduit l'électricité par toutes ses particules. On pourra donc donner au conducteur des paratonnerres diverses formes, en prenant toute ois s il s'agit de cordes métalliques, les précautions destinées a reiulre conducteur chaque fil de la corde. ^

Toutelbis plus le conducteur aura de surtace, moins grande sera pour lui l'intensité du courant, et moins violents se on aussi les effets mccamqucs la décharge. ^ surface d'une masse métallique, on n augmen e donc pas sa force conductrice, mais on diminue l intensite du choc et

EFFETS DE LA FOUDRE SUH LES MlÎTAUX 27."

son action mécanique. Il sem])lo que dans une tif/e compacte, les particules électriques soient en quelque sorte pressées les unes contre les autres, tandis que dans une lame de quantité métallique équivalente, les particules électriques ont plus d'espacé, un jeu plus facile et plus indépendant (Harris).

Une tige métallique conduira mieux si elle est libre que si elle est serrée entre des corps résistants et mauvais con- ^ ducteurs, comme l'avait déjà montré Franklin.

Une ligne métallique n'est bien conductrice qu'à la condition d'être continue. Son pouvoir conducteur est d'autant moins grand qu'elle est plus souvent interrompue, que les interruptions sont plus longues, et que les corps intermédiaires, tels que l'air, le bois, la pierre, sont eux-mêmes moins bons conducteurs.

Pour être bonne conductrice une ligne métallique doit communiquer largement avec le réservoir commun.

Jl résulte de tout ce qui précède que de deux lignes métalliques la foudre choisit et suit celle dont le métal est le meilleur conducteur, celle qui est la plus épaisse, la moins longue, la plus continue et qui communique le plus complètement avec le sol.

Lorsqu'une ligne métallique est formée de plusieurs espèces de métaux dont le pouvoir conducteur est différent, la foudre passe aisément de l'un à l'autre.

Pour un conducteur hétérogène, composé de métaux de différentes natures soudés bout à bout, l'intensité du courant reste la même dans tous les points du conducteur et la résistance totale est égale à la somme des résistances partielles.

Lorsqu'une ligne métallique, tout en conservant sa continuité, se divise et se subdivise en plusieurs branches, aboutissant toutes m réservoir commun, la foudre se divise et se subdivise aussi en plusieurs rayons dont chacun a nécessairement moins de puissance que la décharge totale. — On voit ainsi la foudre se diviser en suivant les arêtes, les gouttières, les conduites métalliques des bâtiments et s'affaiblir en gagnant le sol.

Si une ligne métallique continue est suffisamment puissante,

■276 KFPETS DE LA FOUDKR SUli LKS .MÉTAUX

la foudre, en la suivant, ne lance pas d'étincelles latérales aux corps métalliques voisim, pourvu que ces corps soient isolés. C'est ainsi qu'on a vu la foudre suivre une lige métallique qui passait entre des cloches, sans se laisser attirer par ces énormes masses de métal.

Mais si ces corps métalliques voisins de la ligne conductrice communiquent avec le sol, il peut se faire que la foudre se divise et suive en partie ou peut-être même en totalité ces circuits additionnels.

La foudre peut quitter une ligne métallique dans sa longueur: 1° si l'extrémité inférieure de cette ligne est isolée et s'il existe près de là un conducteur même moins épais mais qui communique avec le réservoir commun; 2" si cette ligne est trop longue, fait de trop longs détours pour aboutir au sol et s'il existe tout près de là une autre ligne plus courte communiquant égalemejit avec le sol; 3' si la ligne est trop mince par rapport à la masse de la décharge foudroyante et surtout s'il existe auprès un conducteur de section plus forte.

Il importe enfin de remarquer que des fils métalliques peuvent être fondus, volatilisés par la foudre et lui servir cependant de conducteurs. C'est ainsi qu'on a vu 'le météore suivre des fils de sonnettes tout en les volatilisant. Le coup de foudre qui fut assez violent pour détruire et jeter au loin la charpente de 21 mètres de haut qui formait le sommet de la tour de Newbury, fut presque tout entier conduit, dans l'étendue verticale de 6 mètres, par un fil qui joignait le marteau de la cloche aux rouages de l'horloge. Il est vrai que, dans cette étendue, le fil fut fondu en plusieurs points: mais dans cette même étendue l'édifice resta parfaitement mlact.

Effets de la foudre sur les cloches, les horloges, les pendules. — Les horloges des clochers sont assez fréquemment atteintes par la foudre.

A. Les cloches sont rarement frappées, parce que suspendues dans l'atmosphère, elles ne peuvent servir de conducteurs faciles à la foudre pour gagner le sol. Nos observations nous montrent une cloche cassée, peut-être indirectement par une

EFFETS DE LA FOUDRE SUR LES MiÏTAUX 277

pierre détachée du clocher, et une autre cloche qui présenta un léger creux par fusion.

On a vu une cloche atteinte par la foudre ne présenter aucune lésion et pourtant son timbre était considérablement modifié, au point qu'on l'a crue fêlée (1).

Le 26 juillet 4786, la foudre frappa la tour de l'église de Wachenheim près de Mannheim, et les supports de la cloche furent tellement recouverts d'étain qu'on ne put plus la mettre en branle (Hemmer).

B. Les fils de fer et de cuivre et les chaînes qui font partie des horloges sont souvent fondus par la foudre ; on les voit fondus sur toute leur longueur ou en certains points seulements ; des scories sont à leur surface surtout aux extrémités des fragments. On a observé que la foudre suivait de préférence les chaînes et les fils non rouillés. ^Les exemples de ces faits sont très-communs.

C. La foudre fond quelquefois les rouages et les coussinets des horloges, mais dans d'autres cas elle leur fait subir une torsion énergiquç.

Le 17 juillet 1717, la foudre frappa le clocher d'Epperies (Hongrie), suivit le fil de fer qui fait communiquer les cloches avec le mouvement de l'horloge, brisa une roue de fer, se jeta sur l'aiguille du cadran et la tordit.

La foudre ayant frappé le petit clocher au-dessus du chœur de l'égHse d'Argenteuil avait fondu les plombs, dispersé les ardoises, puis s'était jetée sur le gros fil de fer, miparti tige continue, mi-parti chaîne, qui unit le marteau de la cloche servant de timbre au mouvement de l'horloge située à l'intérieur au sommet du chœur, et par l'intermédiaire duquel le mécanisme de la sonnerie frappe les heures : le fil a été fondu en grande partie et séparé en morceaux dont plusieurs sont terminés par des pointes aussi aiguës que celles que l'on pourrait produire avec une lime très-fine : l'horloge s'est arrêtée brusquement, mais ses rouages sont restés intacts. Du fil de fer vertical, la foudre semble s'être élancée sur une longue barre cylindrique de fer qui suit l'a-

(1) Elect. mag, — Biblioth. univ, — L'Inslitut, l. XV, |). 184),

j ôte médiane de 1q voûte sui* toute la longueur du chœur. Il est probable que c'cstdansce changement de direction, dans le passage du fil vertical au fil ou tirant horizontal qu'une partie de la décharge s'est condensée pour s'échapper sous forme de boule et tomber sur le pavé. L'autre portion de la décharge, après avoir suivi le tirant et percé la voûte, est venu descendre au dehors par le tuyau de descente des eaux du toit; un homme aurait vu ce tuyau illuminé des couleurs de l'arc-en-ciel. Il est remarquable que la châsse en cuivre doré, du poids de 350 kilog., qui était élevée sur une estrade au milieu du choeur n'ait point été frappée par la foudre (I).

Le 25 janvier 1757, la foudre tomba sur le clocher de Lestwithiel (Cornwallis). Au sommet de la lanterne se trouvait une cloche destinée à sonner les heures : elle était suspendue à une barre de fer transversale, tenant elle-même à une poutre placée en travers de la tour. Or, la barre de fer fut ployée et la cloche abaissée au point qu'il s'en fallait de plus de deux pouces que le marteau ne pût la toucher.

Le fil de métal qui tirait le marteau disparut complètement. Les quatre cloches pour le service religieux étaient suspendues dans la partie carrée de la tour, au-dessous de la lanterne, superposées deux par deux ; les roues de chacune d'elles étaient brisées en morceaux, ce que l'on ne saurait attribuer à la chute des pierres. Plusieurs autres pièces étaient tordues ou fondues. Enfin la muraille offrait un anneau ombré d'une couleur noire, comme si un pistolet chargé de poudre eût été tiré contre elle.

Les horloges de chambre ont été souvent notées dans les observations que nous possédons, mais le plus souvent on signale l'arrêt simple, que l'on pourrait attribuer, dans quelques cas, à rébranlement et la fusion de la tige du pendule, ou à l'aimantation des différentes pièces d'acier.

Parmi les nombreux elTetsdu coup de foudre qui atteigiiit une maison d'Attleboro (Massachussets), le l^'Muillet 1851, M. B. Rice signale le suivant : un des rayons foudroyants pénétra dans les rouages d'une vieille horloge, dont une par-

(I) Abbc Moigiio. Cutmon, t. XIV, p. 67;i (1859).

liFFETS DK LA FOUDRE SUR LES MÉTAUX 279

lie de la boîte fut brisée et jetée sur le parquet (deux rouages). Elle descendit le long du balancier de fer, le verre fut cassé, et cependant l'horloge ne fut pas arrêtée.

Le clocher de l'église de Newbury (Nouvelle-Angleterre) était une tour carrée de bois, élevée de 70 pieds depuis le sol jusqu'cà l'endroit où la cloche était suspendue. Au dessus s'élevait une pyramide aussi de bois, haute de plus de 70 pieds jusqu'à la girouette. Près de la cloche était attaché un marteau de fer pour frapper les heures ; du haut du manche descendait un fil d'archal par un petit trou de foret dans le plancher au-dessous, et de même au travers d'un second plancher. Sous le plafond en plâtre de ce second plancher et très-près coulait horizontalement le fil d'archal jus- ([u'auprès d'une muraille de plâtre le long de laquelle il descendait à l'horloge, qui était à 20 pieds au-dessous de la cloche. Ce fil d'archal n'était pas plus gros qu'un lacet ordinaire. Or la foudre, au rapport de Franklin, qui en constata lui-même les effets, frappa la pyramide de ce clocher et la mit en pièces. Les éclats en furent lancés de tous les côtés sur la place oii l'église était bâtie, en sorte qu'il ne resta rien au-dessus de la cloche. Le météore passa ensuite du marteau à l'horloge, sur le fil d'archal, sans offenser les planches, dont il ne fit qu'agrandir un peu les trous de foret sans endommager les murailles de plâtre ni aucune partie du bâtiment. Puis, de l'extrémité du fil d'archal, il suivit la tige du pendule de l'horloge, qui était de la grosseur d'une plume d'oie. De l'extrémité de cette tige jusqu'au sol l'édifice était fendu et excessivement endommagé, et même des pierres avaient été arrachées des fondements et jetées à la distance de 20 à 30 pieds. Le petit fil d'archal avait été entièrement volatilisé, à l'exception d'un bout de 2 pouces, qui pendait au manche du marteau, et d'un autre bout de môme longueur, qui était attaché à l'horloge. On voyait seulement le long du plafond et de la muraille, dans la direction qu'affectait le fil, une trace noire et sale, plus obscure dans le milieu de sa largeur que vers les bords.

Cette observation est précieuse sous plusieurs rapports. Nous n'en ferons ressortir ici que cette circonstance ; savoir

qu'une masse fulminante assez intense pour disperser en éclats une pyramide en charpente de 70 pieds de hauteur, endommager gravement la tour en bois qui la soutenait , arracher des pierres des fondements et les lancer à 20 et 30 pieds, fut parfaitement conduite, sans causer le moindre dégât, non-seulement dans le sens vertical, mais encore dans le sens horizontal, par un fil d'archal qui n'était pas plus gros qu'un lacet ordinaire. Il est vrai que ce fil fut presque entièrement volatilisé; mais un autre fil, celui du pendule, qui était de la grosseur d'une plume d'oie, résista et ne fut ni fondu ni volatilisé. H paraît donc plus que probable que si un fil d'archal semblable eût été tendu depuis la verge de la girouette jusqu'au sol, la foudre n'eût causé aucun dommage au clocher, quand même le fil eût été détruit.

Effets produits sur les glaces et les miroirs.

— L'amalgame d'étain et de mercure qui forme le tain des glaces et des miroirs peut, en raison de sa surface parfois considérable, exercer, sur le courant électrique, un certain pouvoir d'attraction. Parmi les observations qui nous paraissent le mieux démontrer cette influence, nous choisirons la suivante, citée par Molyneux :

Le 9 août 1707, dans une localité d'Irlande, la foudre atteignit le sommet d'une cheminée, descendit le long des parois de son canal, et, arrivée au niveau d'une glace, troua la muraille contre laquelle elle était appuyée et la brisa en mille fragments.

Un autre fait noté parBeyer présente quelque analogie avec le précédent. L'an XI, la foudre tomba sur une cheminée d'une maison de camfjagne à Clichy-la-Garenne, pénétra dans son canal garni de plusieurs barres de fer et mit en pièces une glace de la chambre du premier étage et une autre glace, dans la pièce juste au-dessous, au rez-de-chaussée. Elles étaient toutes deux placées sur l'entablement de la cheminée. Le trumeau de la dernière fut détaclié et lancé à l'autre extrémité de la chambre. Y a-t-il eu ici, comme précédemment, quelques ouvertures pratiquées à la paroi même du canal, ou bien le rayon électrique n'a-t-il agi que

par influence? C'est ce que nous ignorons, faute de détciils

' Le tain est un conducteur le plus ordinairement insuffisant; aussi le verre qu'il tapisse est-il souvent brisé en mille

pièces. • j 1 1

\lors l'étincelle passe diagonalement d'un coin de la glace à l'autre, et la ligne de son trajet est indiquée par de nombreuses fractures, comme le professeur Olmsted en cite un exemple. D'autres fois, la glace est tellement brisée qu on en retrouve à peine des vestiges (1). Une des glaces du paquebot le New-York fut réduite en atomes, et cependant le cadre resta intact.

Les fragments sont quelquefois lancés au loin avec une grande violence: dans le cas cité par Molyneux et dont il a déjà été fait mention, les fragments dont les plus gros étaient de la dimension d'une demi-couronne (petit écu) furent en certain nombre fichés comme des grêlons dans une porte en chêne, en face de la cheminée.

Les fragments portent quelquefois des traces de feu, et sont môme partiellement fondus , ainsi plusieurs de ceux dont parle Molyneux présentaient à leurs bords et à leurs angles une légère teinte couleur de flamme.

Les deux angles opposés d'une grande glace du château d'Upsal avaient été fondus, et cependant le verre était sans aucune fente (Bergman).

Lorsque, le 27 octobre 1803, la foudre atteignit sur la côte de Malabar le navire anglais le Trident, de 64, un de ses rayons pénétra dans une chambre, et cinq ou six glaces y furent, dit-on, complètement fondues, à ce point que le verre pendait comme- des chandelles de glace (2).

Le tain lui-même présente divers états : parfois il est fondu sans que le verre soit affecté ; le fait suivant, rapporté par Mar. Vasalli, nous paraît en être un exemple :

Un rayon de la foudre qui tomba sur l'observatoire du marquis Graneri ayant pénétré dans une chambre ornée de nombreuses dorures, en enleva quelques-unes et fondit le

(t) Ricc. Voigt's mag.

(3) Nantie magaz, t. XII, p. 742.

282 liFFETS DE LA KOUDHE SUR LES MÉTAUX

tain des miroirs enchâssés dans les parties latérales d'une porte.

Parfois le tain disparait en vapeur. Au rapport de Sage, le 2 juillet 182 1 , la foudre tomba à Paris, sur le quai, visà-vis l'île Louviers; elle détruisit le tain d'une grande glace qui était sur une cheminée; l'amalgame exhala une fumée qui se répandit dans la chambre ; le verre ne fut pas endommagé.

Dans le cas suivant, cité par Noggeralh, le tain fut projeté au loin :

Une glace d'un pied carré ayant été brisée par la ibudre, les fragments répandus dans la chambre furent trouvés dépourvus de leur amalgame; celui-ci, sous forme de parcelles de 1 à 3 lignes de grandeur , avait été projeté à une distance de 15 pieds; il n'était d'ailleurs nullement changé dans ses proportions chimiques.

Quant aux cadres et aux trumeaux, ils sont parfois déplacés, brisés et même troués.

Dans un autre cas, tandis que le cadre d'un miroir pendu à un poteau avait été brisé; le verre ni le tain ne paraissaient avoir reçu aucune atteinte (Rice).

Le 20 juin 1822, la ibudre tomba à Edge-Hill et pénétra dans une chambre; le cadre d'une grande glace y fut percé comme par une balle de pistolet. Autour du trou la dorure présentait des raies de suie disposées régulièrement en rayons. La glace elle-même ne fut pas cassée (Howard).

Dorures. — Les dorures sont très-fréquemment atteintes par le fluide électrique, le métal prend une teinte pourpre; il revêt d'autres teintes et il noircit, s'il est allié. Très-souvent aussi la dorure est enlevée seule ou avec une partie de l'objet sur lequel elle est appliquée. Cotte remarquable prédilection du courant électrique pour les dorures est démontrée par de très- nombreux exemples.

Plusieurs Ibis déjà les chilïres dorés des cadrans d'horloges ont été norcis ou enlevés. Souvent aussi la foudre, après avoir pénétré dans les églises, s'est portée sur les dorures do la chaire et surtout sur celles de l'autel ; ainsi :

KFFETS 1)K LA FUUUHK SUR LKS MKTAdX 2«â

En 1763, la dorure du tabernacle de l'église des Capucins, ■là La Fère, en Picardie, fut dégradée; chose digne de re- I marque, un voile de soie qui la recouvrait ne fui nullement r endommagé, non plus que le linge de l'autel (Nollet).

La foudre qui pénétra dans l'église de Sagan, en 174.», alt taqua toutes les dorures des images des statues du chœur et , de la chaire, les noircit et les fondit (llemmer).

Parmi les nombreux exemples des elïets de la foudre sur Iles dorures des appartements, nous ne citerons que les deux ; suivants :

Le météore ayant pénétré, le 3 juin 18^26,, dans la maison , de madame Marsh, les dorures d'un grand nombre de cadres • qui décoraient plusieurs chambres furent enlevées. La couleur pourpre substituée presque partout à l'éclat de ce métal donnait aux appartements une apparence des plus extraordinaires; d'autant plus que les papiers de tenture dont les couleurs variées étaient métalliques, avaient été noircis ou avaient pris une teinte différente.

La foudre qui , en 1773, envahit les appartements de l'hôtel de lord Tilney, à Naples, au moment où quatre a cinq cents personnes s'y trouvaient rassemblées, n'en blessa aucune et se dissémina sur les dorures de la grande corniche qui entourait les plafonds, sur les dorures des baguettes servant de cadre aux tapisseries, sur celles des cadres des tableaux, des sofas, des chaises, mais seulement de celles qui étaient contre les parois ; quant aux dorures des chaises et des autres meubles placés au milieu des appartements, quant aux nombreuses pièces d'or étalées sur les tables de jeu, elles ne furent pas touchées. Les dorures suivies d'une manière si singulière par les rayons électriques étaient noircies, fondues, écaillées ou enlevées en parcelles. Bientôt, en effet, on s'aperçut que les tables et les habits étaient couverts d'une poussière brillante que l'on reconnut pour être le produit des écailles de la dorure et du vernis qui la recouvrait (De Saussure).

Les dorures des porcelaines ne sont pas même toujours épargnées; ainsi, dans l'histoire du foudroiement de la maison Mursh , nous voyoris que le fluide | courut 1 à l'entour d'un serviée dê pôrcêlainc et éti èiileva 16S dé-

rures; et, dans l'accident observé à Antony, par Beyer, la bordure en or d'une soucoupe fut fondue e\ resta incrustée dans la porcelaine même.

La tendance de la foudre à attaquer les dorures, déjà démontrée par les faits qui précèdent, est encore plus frappante dans le cas suivant : lors du foudroiement de la maison rue Plumet, en 1707, entre plusieurs cadres qui étaient dans une chambre, le fluide électrique ne se porta que sur un seul qui était doré; tous les autres ne furent point touchés. (Rigaud).

L'or enlevé est quelquefois transporté dans une certaine dij'ection et déposé sur tel ou tel point. Nous en avons déjà signalé des exemples.

Fils métalliques des sonnettes. — Les eiïets de la foudre sur les fils métalliques des sonnettes sont fort intéressants à connaître. Examinons d'abord les lésions variées dont ces hls sont le siège ; nous étudierons ensuite ces mêmes fils comme conducteurs de Tétincelle foudroyante.

Parfois les fils de sonnettes restent intacts, quoique ayant servi de conducteurs au fluide électrique. C'est lorsque, par exemple, l'étincelle, très-faible, est une subdivision de la décharge primitive, ou lorsque le fil lui-même est d'une épaisseur insolite. Ainsi Naumann rapporte qu'une portion de fil de sonnette ne fut pas fondue parce qu'elle était plus épaisse que le reste, elle avait en effet presque une ligne de diamètre.

Quelquefois aussi ces fils paraissent intacts ; mais lorsque plus tard on veut les utiliser, ou s'aperçoit qu'ils se brisent avec la plus grande facilité. Mountaine cite un exemple de ce phénomène dû sans doute en partie à Foxydation du métal et plus probablement à quelque modification dans l'arrangement de ses molécules.

Et d'abord la coloration du fil que l'étincelle a suivi, présente parfois dans une certaine longueur une remarquable diversité. Ainsi, dans un cas observé par M. Fusinieri, un fil de cuivre offrait sur une partie de sa longueur de brillantes couleurs disposées dans l'ordre suivant : jaune vif, jaune

EFFETS DE LA FOUDHE SUK LES Ml-^TAUX m

timoins brillant, rouge, violet foncé, violet plus clair et un wert extrêmemement beau. Ces couleurs sont évidemment -celles des lames minces, mais beaucoup plus vives que celles ,.]qu'on obtient artificiellemenL; elles seraient dues aux molécules du métal emportées par le courant et oxydées au conitact de l'air.

Les fils sont quelquefois brisés en un plus ou moins grand inombre de fragments. — Quant à leur fusion, elle présente t divers degrés. Parfois ils sont seulement ramollis et peuvent :ialors se souder avec les corps métalliques qui les touchent. lUne observation fort singulière trouve ici sa place; elle a été i recueillie par le pasteur Leitch.

Le 11 août 1849, le tonnerre tomba sur une ferme à Momiemail, près Cupar-fise. Entre autres phénomènes, on vit ideuxflls de cuivre de sonnette fondus adhérer fortement l'un ià l'autre par deux faces planes qui se répondaient très-exacttement. Les deux fils étaient attachés à la même équerre et (couraient parallèlement l'un à l'autre; le fait, comme le re- I marque M. W. Thomson, est en dehors de la classe ordinaire t des phénomènes électriques et peut-être le seul de ce genre I qui ait été observé.

Le plus souvent les fils sont fondus en globules; dans une t étendue d'ailleurs très-variable et parfois considérable. ' Quelquefois cependant la fusion n'a lieu que de distance en distance, et les fils sont divisés en un plus ou moins grand nombre de fragments, ainsi que Hemmer l'a observé dans le château du comte de Wieser, ou bien elle n'affecte que lesextrémités attachées au tourniquet (Pazumot) . — Les globules sont parfois de si petit volume que, pour les découvrir et les recueilhr il faut employer l'aimant, comme Nairne l'a mis en pratique en 1782, dans la maison de M. Parker. — Rarement ils sont creux à l'intérieur. Les uns sont friables et les autres encore malléables. — Ces globules tombent par leur propre poids ou sont lancés avec force et peuvent s'incruster dans diverses substances, mettre le feu au bois, à la paille, et même brûler les vêtements de l'homme ou le blesser plus ou moins grièvement, phénomènes variés dont nous allons rapporter quelques exemples.

L'abbé Richard a vu des globules d'un fil de fer de sonnette qui étaient tombés dans des tasses à café en porcelaine, et faisaient corps avec la porcelaine, sans qu'elle en fût autrement altérée.

Dans un cas observé par M. Fusinieri, les portions du fil de fer qui avaient été fondues avaient été lancées dans l'appartement sur différents meubles qu'elles avaient bridés en partie.

C'est au docteur Ebell que nous devons l'observation suivante : En 1769, le 31 mai, un coup de foudre frappa une maison à Hanovre. Entre autres effets, une sonnette de cuivre de 3 pouces de diamètre et de 2 pouces et demi de hauteur, présenta deux trous ronds, l'un au-dessus de l'autre, de 3 lignes et demi de diamètre, sans trace aucune de fusion et comme percés à l'aide d'un marteau. Au bord de la sonnette se trouvait une petite excavation également ronde, mais avec légère trace de fusion. En dedans de cette même sonnette, d'un seul côté, on voyait une petite quantité de verre verdàtre provenant de la vitrification de la terre glaise qui recouvrait une poutre voisine (1). Presque tout le fil de fer de la sonnette avait disparu : on n'en trouvait pas un fragment long d'une ligne; il avait été fondu en d'innombrables globules, dont les plus gros avaient un tiers de ligne de diamètre. Quelques-uns étaient creux à l'intérieur. Les uns, de la grosseur de graines de pavot, étaient arrivés liquides sur la sonnette,'à une distance de 3 pouces, et y étaient restés suspendus comme de petites gouttes. D'autres, à 2 pieds du fil, étaient incrustés dans [un ustensile de zinc. A 3 pieds et demi, ils s'étaient incrustés, en le brûlant, dans du bois de sapin, jusqu'à une ligne de profondeur. Enfin, à 11 ou 12 pieds, ils avaient pénétré dans le plancher en y faisant des trous d'un quart de ligne de profondeur et de 2 à 3 lignes de diamètre. Dans un trou d'un pouce de diamètre, par lequel le fil passait d une chambre à fautre, on trouva encore de la terre glaise vitrifiée à sa surface, pt les plus gros des globules dont nous avons parlé.

Il arrive fréquemment que les globules métalliques ont

(i) Voy. FulgurUfs.

liFFETS DE LA FOUDRK SUK LEà M^iTAUX . Sâ7

I produit quelques lésions à l'iiommc. Pnzumot rapporte que 'sept (lomosliqucs placés au-dessous d'un fil de sonneUc fu- I rent brûlés supernciellemcnt.

Franc.-Maria Stella rapporte que dans une nuit du mois I d'août 1789, la foudre loniba sur la maison des seigneurs 1 Liruti, à Udine. Elle détruisit différentes pièces de la toiture, vint dans une chambre, et volatilisa un fil de sonnette sur une longueur de 7 pieds et demi. Une servante avait les bras levés en ce moment pour se peigner, et reçut sur le bras une pluie de globules incandescents qui lui brûlèrent le bras superficiellement.

La foudre, suivant toujours le même fil, pénétra dans une autre chambre, et, continuant son action destructive, lança sur un jeune homme couché les globules provenant de la fusion du fil de sonnette, lui brûla le visage, l'épaule et le flanc gauche, et mit le feu à la paillasse. Continuant sa route, elle vint volatiliser le fil de fer dans une troisième pièce et blesser le père du jeune homme de la même manière.

Assez fréquemment les fils des sonnettes sont complètement volatilisés dans une étendue parfois considérable (Beyer, Naumann, Lathrop).

Le métal volatilisé dessine quelquefois sur le plafond ou sur la muraille qui l'avoisine des images dont on peut reconnaître la nature par différents procédés (aiguille aimantée, réactifs).

Les empreintes dont il est question sont très-variables dans leur couleur, leur forme et leur étendue. Citons en quelques exemples :

La foudre ayant suivi un fil de fer de 50 pieds de longueur, imprima presque partout sa trace en noircissant fortement les murs sur une étendue de plus de 10 pouces, à droite et à gauche, au-dessus et au-dessous du fil (Pazumot).

Le 14 février 1809, la foudre étant tombée sur la maison de M. Badenier, à Antony, près Paris, volatilisa huit décimètres (environ 2 pieds) de fil de fer de sonnette, et laissa sur le mur une empreinte de près de 2 mètres de longueur sur 1 mètre 2 décimètres de largeur (6 pieds sur 4); véritable image de l'éruption d'un volcan.

•IW EFFETS DE LA FOUDRE SUH LES MÉTALX

Les filsdes sonnettes sont, comme nous l'avons vu, conducteurs de la foudre et de ses rayons.

La foudre tomba à Marseille sur une espèce de campanille ou de ciel ouvert, et se jeta sur une grosse sonnette à laquelle étaient fixés deux fils d'archal entre lesquels elle se partagea. Elle suivit l'un des fils dans trois étages, et pénétrant dans une chambre, elle arriva au tourniquet auquel était appendu un cordon de soie, qu'elle quitta pour la bordure d'une glace qu'elle suivit jusqu'au bas, et vint enfin éclater sur l'appui de marbre de cette cheminée.

La foudre qui suivit le second fil pénétra dans une chambre, puis descendit deux étages, atteignit enfin une chambre où se trouvait le tourniquet. N'ayant plus de fil à suivre ni d'objet métallique sur qui s'élancer, elle se jeta sur une armoire et sur une tapisserie qu'elle endommagea gravement (1).

Pazumot, de Saussure, Beyer, Rigaud, W. Ghild, Hemmer, Bergman, Reimarus, etc., etc. ont cité des faits plus ou moins analogues aux précédents, et montré que la foudre avait pu suivre des longueurs parfois très- considérables de fil de sonnette, de préférence à tout autre objet.

C'est le plus ordinairement après avoir déjà pénétré dans l'habitation de l'homme et en se portant le long des murailles et des cloisons que la foudre rencontre les fils de sonnettes. Cependant, et c'est ici une circonstance importante à noter, ces fils favorisent l'entrée même du rayon foudroyant. Ainsi,' dans un cas cité par M. Fusinieri, la fouxlre fit un trou à un mur, tout près d'un fil de sonnette sur lequel elle se jeta. Dans un autre cas, elle descendit sur la paroi du canal d'une cheminée, paroi qu'elle traversa au niveau d'un fil de sonnette. — Une circonstance peut favoriser ce mode d'entrée ; c'est que le tourniquet des sonnettes est souvent fixé à la muraille vers le chambranle de la cheminée par des clous assez volumineux qui pénètrent profondément.

La foudre, une fois saisie d'un fil de sonnette, le suit dans tous ses détours ; et faisons remarquer ici la facilité avec laquelle elle se meut horizontalement malgré sa tendance habi-

(1) Communiqué à Le Roy de TAcad. des se. par le marquis de Baussel.

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ituelle à gagner le sol par le plus court chemin. Elle passe s souvent alors par les trous fort étroits destinés aux fils métalliques à travers les murs et les cloisons. Si elle rencontre un fil plus volumineux, elle se porte sur lui, surtout s'il la coniduit plus directement au sol, ainsi que Fusinieri en cite un .exemple. Et, dans ce trajet, deux autres circonstances ssont à noter ; la première, c'est que les fils des sonnettes, I malgré les fractures, la fusion, la volatilisation môme, dont lilssont atteints, n'en servent pas moins à conduire l'étincelle, eet parfois si complètement, qu'un homme qui dormait dans i.un lit, quatre pieds au-dessous d'un fil de sonnette suivi par IJe fluide électrique, n'en fut pas sensiblement affecté (Henry). [Remarquons en second lieu que les fils métalliques, en subildivisant le fluide, diminuent pour l'homme le danger de ses aatteintes. Toutefois l'étincelle, ne trouvant dans ces fils Ljqu'un conducteur en quelque sorte incommode par son petit liiiamètre, a une grande tendance à les quitter, si elle ren- Lcontre tout près de là des conducteurs métalliques plus voluimineux et l'homme lui-même. Cet effet sera immanquable si, îsn ce point, le fil conducteur est interrompu.

Mais si les fils des sonnettes introduisent parfois la foudre idans l'intérieur de nos maisons et la dirigent par de longs et nombreux détours, ils servent parfois aussi à ïéconduire •sous les portes cochères, dans les cours et jusque dans la •rue. Ebell en cite un cas. Et, dans un autre cas, observé à V^ntony par Beyer, la foudre suivit dans la maison des fils de ^sonnettes, arriva ainsi jusqu'à la porte cochère et se jeta sur une chaîne qui pendait au dehors, et qui servait à tirer la "ionnette d'entrée.

On voit donc, en résumé, que les fils des sonnettes sont utiles, en conduisant, en divisant l'étincelle et même en Lui donnant une issue au dehors ; mais que, d'une autre part, l:Is sont dangereux, parce qu'ils introduisent quelquefois la 'budre dans l'intérieur de nos habitations qui ne lui olfrent irop souvent qu'un conducteur interrompu ou insuffisant.

Quelques précautions sont donc à prendre à l'égard de ces iSls. 11 serait peut-être plus convenable de les rendre plus volumineux que d'ordinaire. Ils ne devront jamais être inter-

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rompus dans les chambres et les corridors, mais seulement aux endroits où leur cessation est presque sans danger.^ On évitera surtout de laisser pendre le long du chambranle d'une cheminée ou sur la paroi voisine du ht un hl de fer ou de cuivre attaché en haut à un tourniquet. Ce hl sera invariablement remplacé par un cordon ou un ruban de soie. Enfin, en temps d'orage, on devra s'éloigner des Uls de sonnettes.

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