INFLUENCE DE LA LOCALITÉ
qu'il est impossible d'évaluer exactement viennent compliquer la question et s'opposer au dégagement d'une loi parfaitement nette et précise. Cependant, malgré ces complications et ces incertitudes, l'inspection des chiffres qui précèdent nous autorise à conclure d'une manière générale que la mortalité proportionnelle causée par un coup de foudre est d'autant plus petite que le nombre des personnes frappées est lui-même plus grand.
ART. 4. — INFLUENCE DE LA LOCALITÉ SUR l'iSSUE HEUREUSE ou FUNESTE DE LA FULGURATION.
Il est généralement plus dangereux d'être foudroyé en rase campagne, sur une route que sous un arbre, et surtout dans l'intérieur d'une habitation.
Les résultats suivants, obtenus par l'analyse de 437 observations, méritent de fixer notre attention, surtout au point de vue de la prophylaxie; rappelons avant de les exposer que, laissant de côté tous les individus qui n'ont subi qu'à distance Vinfluence du fluide électrique, nous ne mentionnerons ici que des personnes qui ont été réellement et directement frappées de la foudre,
A. — Sur 79 individus foudroyés dans des lieux découverts, la mortalité prise en masse a été des 3/4 environ.
Ces personnes forment quatre groupes :
1'^ Sur celles qui ont été frappées dans les champs, la mortalité a été des 2/3 environ.
2° Sur les piétons atteints sui- une route, la mortalité est encore des 2/3 environ.
3° Sur les cavaliers atteints sur une route, la mortalité est encore des 2/3.
4° Sur les personnes atteintes sur d'autres lieux découverts, tels que la berge d'une rivière, le sommet d'une montagne, la mortalité n'a été que de la moitié.
B. — Sur 143 personnes foudroyées lorsqu'elles étaient sous un arhre, à F abri d'un buisson ou d'une meule de foin, de paille, la mortalité prise en masse a été de la moitié environ.
En examinant en particulier les trois circonstances que nous venons d'indiquer, nous trouvons quelques différences dans le résultat du foudroiement.
1° Sur les personnes atteintes sons un arbre ^ la mortalité a été de 1/2 environ.
2*^ Sur les individus atteints sous un buisson ou une haie vive, elle n'a été que de 1/3 environ.
3° Mais sur les personnes réfugiées sous une meule, la mortalité s'est élevée aux 2/3.
C. — Sur 215 personnes foudroyées dans une maison, sur le pas de la porte, ou sur wi banc près de la porte, la mortalité prise en masse n'a plus été que de 1/5 environ ; mais encore ici elle a été différente suivant les circonstances.
1^ Sur les personnes frappées étant à la fenêtre ou près d'une fenêtre ouverte ou fermée, la mortalité a été de 1/5 environ.
2^ Sur les personnes foudroyées près d'uiie cheminée ou d'un poêle, elle a été de 1/4 environ.
3^ Sur les personnes atteintes dans leur lit, la mortalité s'est élevée à 1/2 environ.
4° Elle est encore de 1/2 sur les personnes foudroyées sur le pas de leur porte.
5*^ Enfin, sur les personnes frappées sur un banc, devant leur porte, nous ne voyons aucun cas mortel dans les observations que nous possédons.