ART. 2. — PARATONNERRES POUR LES ÉGLISES
Le paratonnerre recommandé par l'Académie des sciences est applicable à toute espèce de bâtiments, aux tours, aux dômes, aux clochers et aux églises, avec de très-légères modifications.
Sur une tour, dit l'Instruction, la tige du paratonnerre doit s'élever de 5 à 8 mètres, suivant l'étendue de sa plate-forme.
Les dômes et les clochers dominant ordinairement de beaucoup les objets circonvoisins, un paratonnerre placé à leur sommet en tire un très-grand avantage pour étendre son influence au loin, et n'a pas besoin, pour les protéger, de s'élever à la même hauteur que sur les édifices terminés par un toit très-étendu. D'un autre côté, l'impossibilité d'établir solidement des tiges de 7 à 8 mètres sur les dômes et les clochers, sans des dépenses considérables, doit faire renoncer à en employer dans ces dimensions. Nous conseillons donc, pour ces édifices, et surtout pour ceux dont le sommet est d'un accès difficile, de n'employer que des tiges minces, s'élevant d'un à deux mètres au-dessus des croix qui les terminent. Les tiges étant alors très-légères, il sera facile de les fixer solidement à la tête des croix sans que la forme de ces dernières paraisse altérée de loin et sans que les mouvements des girouettes, qu'elles portent ordinairement, en soit gêné.
Nous pensons même que, pour peu qu'on éprouve des difficultés à placer les tiges sur un dôme ou sur un clocher, on peut les supprimer entièrement. Il suffira, pour défendre ces édifices des atteintes de la foudre, d'établir, comme pour les cas où ils sont armés de tiges, une communication très-in-
(1) Comptes rendus, t. LV, p. 445 (1862).
Sestïer si — 38
o04 PARATONNERRES A TIGES ACTUELLEMENT USITES
Lime entre le pied de chaque croix et le sol, et d'armer les bras delà croix de pointes nombreuses. Cette disposition, qui est très-peu dispendieuse et qui offre également une trèsgrande sûreté, sera surtout avantageuse pour les clochers des petites communes rurales.
Quand les églises ne seront pas protégées par le paratonnerre de leur clocher, il sera nécessaire de les armer avec des tiges de 5 à 8 mètres de hauteur, comme celles des autres édifices.
ART. 3. — PARATONNERRE POUR LES CONSTRUCTIONS NOUVELLES, COMPOSÉES EN GRANDE PARTIE DE FER, DE FONTE, DE ZINC...
« Autrefois, dit M. Pouillet (1) (supplément à l'Instruction), » dans les constructions ordinaires, l'emploi des métaux était » restreint presque exclusivement aux faîtages, aux gout- » tières, aux tirants de consohdation ; ce n'était que bien )) rarement, et comme par exception, que l'on rencontrait » soit une charpente de fer, soit une couverture de plomb, » de cuivre ou de zinc, tandis que maintenant le métal pré- » domine de plus en plus. On le met partout, et, ce qui est » un point important, on le met en grandes superficies et en » grandes masses : couvertures de métal, charpentes de mé. » tal, poutres de métal, croisées de métal, colonnes de mé- » tal et quelquefois peut-être murailles de métal. Alors les » nuages orageux décomposent, par influence, des quantités » d'électricité décuples ou centuples de celles qu'ils auraient » décomposées sur les corps moins bons conducteurs, comme » l'ardoise ou la brique, le bois, la pierre, le plâtre, le mor- » tier et tous les anciens matériaux de construction
» Ces constructions attirent la foudre et ren-
» dent ses coups plus désastreux.
» Deux édifices, pareils par la grandeur et la forme, étant » situés sur le même sol et disposés de la même manière par
(1) Consultez pour plus amples développements ; Comptes rendus, t. XXXIX, p. 1142 (1854j.
PARATONiNERRES POUR LES CONSTRUCTIONS 595
» rapport à un nuage orageux, l'un construit en pierres et » bois d'après l'ancien système, l'autre en pièces métalliques » d'après le nouveau système; si les paratonnerres man- » quent, et que les conditions soient telles que la foudre » doive éclater, elle frappera toujours ce dernier et jamais » le premier, celui-ci se trouvant protégé par son voisin, » dont les fluides sont influencés plus vivement. 11 arriverait » là ce qui arrive quand on présente en même temps aux » conducteurs d'une machine électrique, à la même distance » et de la même manière, une boule de pierre ou de bois et » une boule de métal ; c'est toujours celle-ci qui reçoit Tétin- » celle dès qu'on l'approche assez près pour qu'elle éclate. )) Les paratonnerres sont donc d'autant plus indispensables » que les édiiices contiennent de plus grandes superficies » et de plus grands volumes de substances métalliques. »
Le rapport conclut en émettant le vœu que toutes les pièces métalliques des toitures et des planchers de tous les étages soient mises en communication entre elles et avec les conducteurs voisins, et que cette communication soit rendue aussi intime que possible par une soudure métallique.
Les expériences de M. Perrot ne confirment point cette manière de voir ; nous allons les résumer.