PRÉCAUTIONS A PRENDRE
breux de l'histoire de la fulguration qui réclament de nouvelles observations.
2'' L'atmosphère oppose une certaine résistance au passage de l'étincelle; si elle est raréfiée dans un point, l'étincelle s'y précipite ; il est donc dangereux, ajoute-t-on, en temps d'orage, de courir à pied, à cheval, car on laisse derrière soi un espace où l'air est raréfié. Mais l'observation directe ne prouve nullement que cette légère et toute locale raréfaction de l'air ait jamais eu quelque notable influence sur la direction de la foudre. Parmi les très-nombreuses histoires de fulguration que nous avons analysées, nous ne voyons pas que le météore ait souvent frappé des individus qui couraient à pied ou à cheval; les faits de ce genre sont au contraire fort rares. Les voitures publiques, les chaises de poste roulent continuellement sur les routes, traversent les orages sans précaution et sont cependant très-rarement atteintes par la foudre. Bien plus, si la raréfaction de l'air, derrière un corps en mouvement, attirait sur eux la foudre, nous verrions le météore frapper souvent le dernier v^agon des trains de chemin de fer; et cependant nous ne connaissons pas encore un seul fait de ce genre. Nous sommes fort disposés à croire que l'homme peut, en toute sécurité, courir pour se mettre à l'abri de l'orage; et que les très-légers courants d'air qui s'établissent à la surface du sol, dans les maisons, entre les portes et les fenêtres, n'ont aucune action sur la marche de l'étincelle foudroyante.
Arago n'est pas cependant tout à fait de cet avis. « Tout » ce qui amoindrit la densité de l'air en un point donné, dit-il, » tend, peu ou prou, à y appeler la foudre. Or, un homme qui » court par un temps calme laisse derrière lui un espace où, » mathématiquement parlant, l'air est raréfié. A parité de » circonstances, cet espace sera donc celui où les coups de » foudre deviendront le plus imminents. »
B. S'éloigner des murs et des objets métalliques. — Il est prudent de se tenir à une certaine distance des murs de la chambre, et d'éviter les objets métalliques qu'elle renferme; tels sont : les lustres, les glaces étamées, les lambris dorés, les tringles, les cordons de sonnettes.
Les fils métalliques des sonnettes ne doivent pas pendre perpendiculairement le long du chambranle de la cheminée, ni contre la paroi voisine du lit ; il faut que ce dernier soit non conducteur et par conséquent en soie. Il serait même bon de prolonger le fil métallique horizontal au-delà de sa destination, afin de donner issue au courant en dehors des lieux où l'on a l'habitude de se tenir.
C. Eviter les grandes réunions, — Les rassemblements de personnes, au bal, au café, au spectacle, à l'église sont des lieux moins sûrs qu'une chambre où l'on est seul ou en petite société. Il faut éviter aussi les rassemblements d'animaux, les étables.
D. Situation à prendre. — Les coups de foudre qui frappent le crâne sont de tous les plus dangereux ; la mortalité est alors des 2/3, tandis qu'elle n'est plus que de i /6 quand l'étincelle n'atteint pas celte région (Voyez Pronostic). Il est donc de bonne précaution, une fois menacé par le météore, dans une maison comme en rase campagne, de ne pas rester debout, de prendre au contraire une position horizontale, sur des chaises, un lit ou un matelas, ou sur le sol lui-même.
E. Eviter d'accourir sur le lieu même qui vient d'être foudroyé. — En quelque lieu que la foudre tombe, dans une maison, dans une rue ou en rase campagne, gardez-vous de vous y transporter immédiatement, à moins que ce ne soit pour y porter secours ; car, maintes ibis déjà, la foudre a coup sur coup, ou à quelques minutes d'intervalle, frappé précisément le même point, et suivi exactement le même trajet, ainsi que nous en avons cité plusieurs exemples.
F. Influence des vêtements et de leurs métaux. — Des vêtements mouillés sont-ils préférables à des vêtements secs? Nollet redoute les premiers comme attirant le fluide électrique, et Bergman se demande comment des vêtements mouillés peuvent préserver l'homme, puisque l'étincelle des machines et la foudre tuent les poissons dans le sein des eaux.
Mais Franklin pense que des habits mouillés, en transmettant immédiatement au sol la matière fulminante, préservent mieux que des habits secs, et nous partageons entièrement