DIGESTION
Chez un jeune homme, à l'ouverture de l'abdomen, l'estomac et l'intestin distendus considérablement s'échappèrent au dehors. Krebs dit qu'une jeune femme avait l'alDdomen distendu jusqu'à éclater.
Nos observations ne nous apprennent point l'époque précise de l'apparition de ce phénomène ; dans le cas suivant, nous voyons le météorisme survenir peu de temps après la mort : il s'agit de huit chevaux tués par le même coup de foudre au mois de septembre, qui, immédiatement après Tac* cident, n'offrirent aucune distension de l'abdomen, et qui, quatorze heures après, avaient un abdomen considérablement ballonné.
Ce ballonnement de l'abdomen par des gaz peut être quelquefois le résultat de la putréfaction, mais en est -il toujours ainsi? Nous la voyons signalée presque immédiatement après la mort, ou dans un délai qui n'aurait pas permis son développement.
D'ailleurs, sur un cheval tué à 6 heures du matin, et examiné peu de temps après par l'abbé Teissier, les gaz qui s'échappèrent des intestins distendus n'avaient aucune odeur infecte, puisqu'ils n'avaient pas séjourné sur des matières putrides.
D'ailleurs, la tympanite s'est montrée, pendant la vie, sur une jeune fille foudroyée, dont parle Garnmann. Revenue de l'état de stupeur dans lequel elle avait été plongée, elle offrit une distension considérable de l'abdomen, qui ne disparut que le troisième jour, après un traitement composé de liniments alexitères et de carminatifs.
Chez les anciens, on croyait assez généralement que la foudre entrait souvent par le nez ou par la bouche, pénétrait dans les conduits respiratoires, dans l'œsophage et dans l'estomac, y produisait des brûlures ou des lésions plus ou moins graves ; aussi recommandait-on de fermer la bouche quand on se voyait menacé de la foudre.
Cette marche de l'étincelle est évidemment fort rare, à en juger par les cas peu nombreux que nous en avons recueillis, et que nous rappelons ici.
Un vigneron fut tué roide par la foudre^ on aperçut quel-
ques marques noires dans l'intérieur de la bouche ; sa nécropsie ne fut pas faite (Defay) .
Une vache, ayant été foudroyée, on trouva une moitié de la langue dépouillée d'épithélium , l'épiglotte enlevée ; le voile du palais et la partie postérieure de la trachée fendus du haut en bas comme par un instrument tranchant.
Sur plusieurs chevaux foudroyés dans une écurie, la membrane pituitaire et la muqueuse du pharynx et du larynx présentèrent une rougeur foncée et une tuméfaction considérable. Par contre, la membrane muqueuse de la bouche était d'une pâleur insolite; ici l'étincelle foudroyante avait pénétré par les fosses nasales et agi sur le larynx et le pharynx , comme on la voit brûler partiellement le tégument externe.
L'étincelle, après avoir pénétré dans l'intérieur du corps, et y avoir parcouru un trajet plus ou moins long, parviendrait=elle jusque dans la bouche comme pour sortir de l'économie? Ce curieux phénomène paraît avoir eu lieu chez un homme observé par Devaux. Ici la foudre aurait percé le crâne à son sommet, aurait traversé toute l'épaisseur du cerveau, perforé obliquement la base du crâne, de l'os sphénoïde à l'os palatin ; arrivée dans la bouche, elle aurait brisé deux canines et lésé profondément le muscle orbiculaire des lèvres que l'on aurait trouvé « tout noir et corrompu au dedans ».
Aucune de nos observations ne mentionne quelque lésion de l'œsophage; il est vrai que cet organe nous paraît avoir été rarement examiné.
Plusieurs fois l'estomac a été trouvé parfaitement sain ; 'parfois seulement son réseau vasculaire était plus injecté que d'habitude, mais il est deux lésions présentées par ce viscère sur lesquelles nous devons un instant ilxer notre attention.
Chez un jeune homme, la face antérieure et l'extrémité gauche de l'estomac étaient sillonnées de taches rouges qui contrastaient avec l'état de décoloration de ce viscère. M. Gabrielli paraît disposé à croire que la foudre l'avait atteint directement.
Cette atteinte aurait été bien autrement sérieuse chez une femme observée par Ouvrard; ici, l'estomac aurait été per-