SECTION VI. - ARTICLE UNIQUE. - ABSENCE DE LÉSIONS
Jusqu'ici les cadavres des foudroyés nous ont présenté des désordres intérieurs d'ailleurs très-variables dans leur siège et dans leur gravité : il nous reste à signaler plusieurs nécropsies dans lesquelles on n'a trouvé, dit-on, aucune lésion, si du moins nous faisons abstraction de la distribution parfois inégale du sang dans les vaisseaux et de l'état de ce liquide.
Parmi les observations que nous allons rapidement citer, plusieurs ont été recueillies , il y a déjà un grand nombre d'années, à une époque où la science anatomo-pathologique était bien moins avancée qu'aujourd'hui ; et plusieurs autres laissent beaucoup à désirer sous le rapport du nombre et de la qualité des détails.
En 1666, les docteurs Wallis, Mellington et Lower, ayant fait l'ouverture d'un jeune homme tué par la foudre, ne découvrirent aucune lésion ; le cerveau et ses vaisseaux étaient légèrement injectés, les poumons" et le cœur avaient leur couleur ordinaire et ne paraissaient en rien altérés; il n'est pas fait mention des organes abdominaux, sans doute parce qu'ils n'ont également présenté aucune altération ; car il est difficile d'admettre qu'ils n'aient pas été examinés.
Gœritz rapporte qu'un homme ayant été foudroyé en 1727, on ne trouva aucune lésion ni dans le cerveau, ni dans le cœur, ni dans les poumons : le sangetaitliquide.il n'est pas non plus fait mention des organes abdominaux, sans doute aussi parce qu'ils étaient intacts; car cette ouverture cadavérique nous paraît avoir été faite avec soin.
Pitcairn, s'étant trouvé à Edimbourg présent à l'ouverture du corps d'un jeune homme tué par la foudre, ajoute nihil prœter morem mit morte dignum quod esset reperiri potuit excepta miro ptihnonum collapsu.
En 1772, à l'ouverture du corps d'une sentinelle foudroyée, le docteur Fougeroux de Blaveau « na rien trouvé d'endom-' mage, »
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En 1775, Kastner et plusieurs médecins examinèrent les organes intérieurs d'un foudroyé, et « ne purent découvrir la cause de la mort, »
Le docteur Tilloch affirme que le fluide électrique ne produisit aucun effet extérieur ni intérieur visible, sur un homme qu'il frappa de mort instantanée; seulement le cerveau répandait une odeur sulfureuse, Cette observation date de 1800.
En 1840, un canonnier fut tué à bord de la Bellone, le docteur Minonzio dit qu'on ne trouva à l'autopsie rien d'extraordinaire que l'engorgement des vaisseaux du cerveau et du canal vertébral.
Les observations suivantes ont été recueillies sur des animaux :
En 1785, un cheval fut tué à Rambouillet; l'abbé Teissier l'ayant fait ouvrir, dit qu'on trouva Fintestin distendu par des gaz et un engorgement des vaisseaux du cou et de la tête ; l'auteur aurait certainement signalé les lésions qu'on aurait trouvées.
Plusieurs bêtes à cornes ayant été tuées par le même coup de foudre, Tobias affirme qu'on ne trouva aucune lésion intérieure; seulement le système veineux était gorgé de sang noir et liquide.
En 1842, huit chevaux ayant été tués en même temps à Tarbes; dans la cour de la caserne, les vétérinaires du corps, dit M. Guyon, ne rencontrèrent, à l'ouverture des cadavres, aucune lésion appréciable.
Voici enfin les résultats de quelques expériences faites à l'aide de l'électricité des machines.
A l'ouverture des cadavres tués par l'électricité, on ne trouve, disent Troostwyk et Krayenhoff, ni rupture de vaisseaux, ni épanchement de sang, ni aucun vice mécanique intérieur ou extérieur.
Priestley ayant dirigé sur un rat la décharge de deux jarres contenant chacune trois pieds carrés de verre garni, l'animal mourut sur-le-champ, après avoir éprouvé une convulsion universelle au moment de la commotion. Au bout de quelque temps, on le disséqua avec soin, mais on n'aperçut « aucun dérangement intérieur, » surtout point de sang épanché oi
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dans l'abdomen, ni dans la poitrine, ni dans le cerveau.
Priestley foudroya au moyen d'une batterie de 36 pieds carrés une musaraigne ; pour toute lésion, il ne trouva que du poil du front qui avait reçu la décharge en partie grillé, en partie arraché. Il n'y eut aucune extravasation sanguine, bien que la décharge fût énorme pour un si petit animal. Ce fait, dit Priestley, lui fait soupçonner quelque erreur dans les cas ou l'on prétend que de plus grands animaux ont eu tous leurs vaisseaux sanguins rompus par une force bien inférieure.
Un pigeon fut tué par l'étincelle d'une batterie de douze pieds carrés dirigée sur la tête ; quarante minutes après, il fut disséqué avec soin, mais, dit Marat, on n'aperçut aucune lésion intérieure, aucune extravasation sanguine, ni dans le cerveau, ni dans la poitrine, ni dans Tabdomen ; on trouva seulement le péricrâne parsemé de taches Kvides.