ART, 1. — PROPORTION DES MORTS ET DES GUÉRISONS
Dans quelle proportion les personnes frappées par la foudre survivent-elles ou succombent-elles à l'accident?
Pour répondre à cette question, il faudrait qu'on eût tenu, pendant une période plus ou moins longue, un compte exact de toutes les personnes foudroyées, en notant aussi bien celles qui ont survécu que celles qui ont succombé. Ce relevé n'ayant pas été fait et les auteurs ayant probablement plutôt cité les cas funestes que ceux dont l'issue a été favorable, nous ne pouvons admettre, comme l'expression de la vérité absolue, le résultat suivant que donna le dépouillement des observations de notre collection.
Sur 601 personnes directement atteintes par la foudre et dont les observations ont été recueillies en des pays et en des temps divers, 351 ont survécu et 250 ont succombé : la mortalité a donc été de 41 pour cent.
Si nous ne tenions compte que des observations dans lesquelles les coups de foudre ont atteint chacun plusieurs personnes à la fois, nous éviterions en très-grande partie du -moins la cause d'erreur que nous venons de signaler, mais
DIVERSES QUESTIONS DE PRONOSTIC â83
alors nous en retrouverions une autre ; car, ainsi que nous le verrons bientôt, la proportion de mortalité, lorsque les coups de foudre frappent simultanément plusieurs personnes, est moindre que pour les coups qui n'atteignent chacun qu'une seule personne.
Les circonstances qui influent sur l'issue de la fulguration chez l'homme et chez les animaux sont de plusieurs ordres.
Les unes sont relatives à la foudre elle-même, ainsi : le trait qui atteint l'homme arrive sur lui entier ou déjà plus ou moins divisé ; l'issue de la fulguration est plus souvent funeste dans le premier cas que dans le second, il est inutile d'insister sur ce point.
D'autres circonstances qui influent sur l'issue de la fulguration dépendent de conditions physiques, telles que la situation des individus, la localité où ils ont été frappés.
D'autres enfin se rapportent aux hommes et aux animaux eux-mêmes, nous allons bientôt étudier ces diverses particularités,