EFFETS DIVERS DE LA POUDRE
mente qui recouvraient la partie supérieure du corps déchirés en lambeaux qui pendaient autour de lui et, à partir de la ceinture, les vêtements étaient complètement enlevés et éparpillés sur le sol.
Un jeune homme cité par Ralph Thoresby fut complétemeot dépouillé de ses vêtements, à l'exception d'une petite portionde sa chemise, ({ui lui restait autour du c^u, et d'une irès-petite portion d'un bas sur le pied. De la manche de Uiîï habit, il restait tout juste de quoi entourer le poignet. Les souliers avaient été chassés des pieds ; l'un de ces sou* liers était fendu et on ne put retrouver l'autre. — On ne retrouva pas non plus le chapeau. Quant aux vêtements, ils étaient réduits en lambeaux et disséminés loin les uns des autres.
Les vêtements d'un homme cité par Schulter furent déchirés d'une manière bien remarquable. Ainsi, le chapeau de feutre noir était divisé en plusieurs morceaux irréguliers et brûlés en partie. La cravate de soie noire et les bretelles en toile étaient en lambeaux ; l'habit de laine bleue, orné de chaque côté de dix boutons en argent (1), était déchiré au dos et sur les côtés. La culotte de velours noir était déchirée sur le devant et arrachée complètement des jambes ; il en était de même des bas dont il ne restait plus que de petits fragments qui pendaient aux orteils. — Les souliers en cuir étaient réduits en mille morceaux. — Enfin, les lambeaux de tous ses vêtements se trouvaient à dix pas de là, dispersés par l'action de la foudre et peut-être aussi du vent.
Le 43 mai 1803, un berger fut tué par la foudre près de Fehrbellin. On le trouva étendu et tout à fait nu. La plupart de ses vêtements étaient déchirés en petits morceaux et dispersés à 30 ou 40 pas autour de lui ; la culotte présentait un très-grand nombre de déchirures dont les fragments tenaient cependant encore ensemble, en sorte que l'on ne pouvait comprendre comment ce vêtement avait été enlevé. Les bras de la veste étaient seuls entiers. — Les souliers tenaient
(1) Voyez plus loin, art. 5. Objets métalliqttes.
encore aux pieds, ayant l'empeigne intacte, mais la semelle fort déchirée. — Ajoutons que son bâton, sa pipe et son carnier portaient également les traces du passage de rélincelle (I).
C. Parfois enfin, la dénudation du corps résulte à la fois de la combustion et du déchirement des vêtements, comme Neale en a cité un exemple que nous avons dijà signalé (2) .
§ II. — Projection de portions de vêtements.—
Nous^avons déjà vu plusieurs cas de projection de vètemenls à une distance plus ou moins grande ; nous y ajouterons les suivants, qui nous ont paru remarquables.
M. Biot dit qu'un chapeau fut lancé à dix pas, bien qu il n'y eût pas un souffle de vent.
Dans un autre cas, cité par Thoresby, on ne put retrouver le chapeau.
Un ouvrier était assis sous un pavillon en rotonde couvert de chaume ; la foudre Tatteignit ; on trouva les morceaux de son chapeau incrustés au plafond (Ârago).
Une boucle de ceinture, en fer, fut projetée à 40 mètres.
Un berger, qui se mouchait dans la rue, a eu son mouchoir emporté et n'a pu découvrir ce qu'il était devenu (Chapsnh.
Une robe est enlevée des mains d'une femme et projette au plafond (I)ecerfz).
Une jeune fille, citée par Wendt, fut tuée par la foudre : on retrouva disséminées sur la prairie, des boucles de si s cheveux et une multitude de petits morceaux de ses vêtements.
Oi,
"'•^^Wïl — Objets tenus à la main. — A. Les objets
.rerï^Wcfrte à la main, sont quelquefois enlevés et lancés
^î^^tiWJ^bfieïéY^^ë^ un buveur fut enlevé de ses mains i?f iîèlf¥e,âtfn^',Bna^<io^ sans être cassé et sans que le buveur
jn'MiiiioJ aïoilijoa 8oJ — .diuiJu'J ».
(1) Voyes p. 337, art. S. ( IV. — VèUmmit arrachés eomplétement
(2) Art. i. 1 1. — Fétemen/#,(H(Wi^,p.i349;i* <: jk ...
OBJETS METALLIQUES S09
Un jeune homm^ de 18 ans chantait Tépltre ; le missel lui fut arraché des mains et mis en pièces.
Uoe cravache fut enlevée des mains d'un cavalier et projetée au loin.
Près de Burgel, la foudre arracha des mains d*un homme la corde avec laquelle il tenait des bœufs.
Une autre fois, c'est une faux qu'elle enlève aux mains fune femme.
Deux dames tricotaient, leurs aiguilles leur furent enle- Tées.
B. D'autres fois, ils subissent des altérations variables, ^uivanf les cas et suivant leur nature.
Une jeune fille foudroyée avait enveloppé dans son tablier une bouteille de grès, contenant un gallon (4 litres et demi) <)e rhum ; la bouteille fit sans doute explosion, car on trouva <les morceaux à une distance considérable.
La foudre mit le feu à un bâton qu'un voyageur tenait à la main.
ART. 5. — OBJETS METALLIQUES.
1 1. — Objets métalllcpies appartenant aux votements. — A. Fil de fer des chapeaux, — Le fil de fer qui soutient certaines parties de la coiffure des femmes, sert quelquefois de conducteur à l'étincelle foudroyante et pré- >ente des phénomènes dignes d'être mentionnés. Ainsi :
Madame Boddington portait un chapeau soutenu à son lH)rd par un fil de fer entouré de coton. La foudre atteignit ce (il métallique, en avant, au niveau de l'œil gauche et brûla le recouvrement en coton à partir de ce point vers la droite jusque derrière le cou ; tandis que chez une personne, <^tée dans Voigfs Magazine, le fil de fer du chapeau fut iondu en partie sans que le papier gris qui entourait ce fil eût été brûlé;
Enfm, au moment du foudroiement qui la tua, une jeune paysanne de Bruhl portait un bonnet en laine noire dont la doublure en coton contenait plusieurs couches de papier ; le
Sbstiik. 11 — 14
tout était soutenu, aux bords, par un 61 de fer eaveloppt' d'un ruban noir. Ce iil avançait sur le front et se prolongeai! jusqu'aux oreilles. Or, la foudre le fondit dans toute sa longueur, à l'exception d'une petite portion de huit lignes dan> le voisinage des oreilles. En plusieurs endroits, le ruban (|u! renlourait, et aussi la laine, la doublure en coton et le> feuilles de papier furent brûlés ; cependant le visage de ia jeune fille ne fut pas atteint (Hemmer).
B. Boucles de souliers. — Les boucles de souliers sont souvent atteintes par l'étincelle; tantôt elles ne présentent qut^ de simples dépressions; tantôt elles sont brisées en deux od en un plus grand nombre de fragments ; plus souvent elli ^ sont fondues en partie, et, dans un cas de ce genre, on n trouvé dans le soulier même les globules résultant de la tusion du métal. — Parfois cependant les boucles sont seulement arrachées avec une portion du cuir de la chaussure 1 1 lancées à de grandes distances. Et, chose singulière, on t vu, dit Larmoy, le cercle de fer qui hait le sabot d'un iiuli vidu foudroyé sous un arbre, être porté sur une braluli' élevée de cet arbre et y rester accroché.
C Boutons métalliques des vêtements et agrafes. — Les bou tons métalliques des vêtements ou d autres parties des vélo ments sont quelquefois arrachés et dispei'sés au loin. Ovà nairement ils sont altérés de diverses manières et souvi i. rétolTe qui les avoisine reste intacte. — Les faits suivai)! nous paraissent intéressants à conserver.
Un rayon de foudre, s'étant porté sur un bouton de cui\r qui fermait la culotte d'un individu, on trouva ce bouton dni le soulier gauche, dont le quartier était déchiré.
Chez un homme blessé par la foudre, les vêlements étai déchirés. L'habit était orné des deux côtés de dix boutons < argent : ceux du côté gauclie restèrent intacts; mais cei; de la rangée droite furent arrachés en partie et dispersés m. le sol. Plusieurs montraient des traces de fusion ou était i dégarnis de leur argenture; la plupart étaient courbés < bosselés (Schulter) .
Chez un vieillard, qui ne fut que blessé par ia foudre et (]r se rétablit, les boutons de cuivre des habits, une chaîne d
OBJXTS MÉTALLIQUES > 37i
iDootre en acier, une clef et ua canif qui étaient dans une poche furent en partie fondus (T. Curry).
L'observation suivante, qui mentionne les altérations d'upa ^rafe, est intéressante sous plusieurs rapports :
Le 30 août 1778, dit Heinmer, un soldat de la garnison de Mannheim et une femme se réfugièrent sous un arbre lieodant un prage. La femme ne fut frappée qu'au pied sans êire renversée. Le soldat levait la tète pour reconnaître si les •euilles et les branches de l'arbre étaient assez touffues pour 'tô défendre contre la pluie, lorsqu'il Ait atteint par la foudre et jeté à tepre sans connaissance. Le rayon électrique, après avoir brûlé les cheveux, avait frappé une grosse agrafe tn tombac du collet. Cette agrafe portait des lésions dont la ilisposilion était très-remarquable. Ainsi elle était fondue à ^n angle supérieur et externe dans une étendue de 4 lignes. In peu plus loin, en allant vers Tangle opposé, on trouvait jualre taches, dont une anguleuse et trois arrondies. — LaDgle inférieur et interne était encore plus endommagé ; ii présentait, à sa marge, cinq taches dont une avait 6/10 de ligne de diamètre. — Du bord inférieur, la foudre se porta sur ie bouton qui servait à la réunion du fermoir. Une partie de ce bouton fut fondue et le trou qui y fut creusé était beaucoup plas profond que sur les autres portions de Tagrafe ; il préentait une largeur de 9/10 de ligne. — La surface du fermoir était couverte d une enveloppe noire qui ne se détachait pas quand on la frottait avec un linge mouillé. — On voit doQc que la fusion n'a porté que sur les parties supérieure et inférieure du corps de l'agrafe et que la portion intermédiaire est restée presque intacte; nouvelle preuve que l'effet du niyon électrique se manifeste surtout à son point d'incidence et à son poiqt d'émergence. Le bouton du fermoir a été plus proFoodément altéré que les autres parties de l'agrafe, parce que le rayon électrique a sauté de là sur une surface relativeaient peu conductrice, à savoir : le cou du soldat.
D. Galmis métalliques. — Les galons métalliques des vôteotents sont quelquefois atteints par la foudre. Le fil métallique peut être seulement noirci ; d'autres fois il est fondu; tandis que la soie reste ordinairement intacte, et le métal
oxydé et volatilisé trace parfois sur le vêtement des t^ainée^ noires ou colorées, -r- Il importe de remarquer que, si minre> et si étroits qu'ils soient, ces galons qui s'étendent de haut er bas ont peut-être, en divisant et conduisant Tétinceile, sauv la vie au foudroyé. — Voici les faits que nous croyons util' de consigner.
Lorsque, en 1670, la foudre pénétra dans Tégiise do Straisund, pendant une prédication, un des assistants eut sdii habit, sa veste et sa chemise percés sans recevoir aucuiit' \ blessure. Or, sa veste était de taffetas et bordée d*un gahm d or qui se trouva tout taché même jusqu'autour du coi (Ditharding).
En 1749, la foudre pénétra dans Téglise de Sagan; le prêtre qui officiait et qui resta sain et sauf, eut le galon d'<r du bas de sa robe en partie noirci, en partie dépouillé de soij or; la soie était d'ailleurs intacte.
Lorsque, le 11 juillet 1819, la foudre tomba dans l'église de Chàteauneuf-les-Moutiei*s, au moment de l'office, elle y attei- 1 gnit, entre autres personnes, le curé, qui fut renversé s^-^hn i connaissance. On s'empressa d'éleindre la flamme de son surplis et Ion vit que Tétincelle avait touché fortement li partie supérieure du galon d'or de son étole, l'avait sui\i jusqu'au bas et avait enlevé le soulier, qui fut porté à l'extré- 1 mité de l'église. Le siège sur lequel il était assis avait é{^ brisé. Ce digne«ecclésiastique présenta sur plusieurs partit > de son corps des eschares qui ne furent cicatrisées que de*j\ mois après l'événement (Trencalye).
Le 25 juillet 1769, à Rendsburg, un officier du génie, q\i \ avait Tépaule droite appuyée contre un pilier, fut renvers<' et légèrement blessé par la foudre. Or, presque tous les gallons métalliques de son uniforme furent noirci^ et, çà et In, l'or et l'argent étaient entièrement fondus (Âckermann).
Un individu, dont parle Ebell, avait une redingote de dvii\ bleu bordée d'un galon d'argent de la largeur d'un tuyau iUpaille, avec des boutons recouverts du même drap et entourés d'une petite broderie également en argent. La foudre suivit le galon de la redingote alors boutonnée, jusqu ci l'extrémité de la jupe, ainsi que le galon qui entourait U\
OBJETS MÉTALLIQUES 37a
patte de la poche. Sur toutes les parties du galon parcourues par le courant électrique, le fll d'argent avait été fondu et enlevé, tandis que la soie était restée intacte. Le long du trajet vertical du galon, on voyait sur le drap des traces des* ttodantes noirâtres d'un demi-pouce à un pouce de largeur; ab avaient de 8 à 13 pouces de longueur sous le galon hori- 3i)tal des pattes de la poche. Les broderies en argent de^ iwtoDs ne furent pas touchées , quoique très-voisines du .lion.
E. Corset. Buse. — Sur une servante, dont parle du Tour, et ijui avait été atteinte par la foudre, les petites boucles de fer i{ui attachaient son corset furent presque toutes brisées et IMe fut noircie à leurs points d'attache. Une chaîne de cuivre, qui lui servait de ceinture, avait également marqué sa place en noir sur le vêtement et avait été brisée en morceaux.
Entre autres phénomènes intéressants observés sur madame fiûddington, nous signalerons l'état du buse : l'étincelle perça, en avant, l'enveloppe de papier gris de ce buse, vers ^1 extrémité supérieure. Cette extrémité fut super&ciellesent fondue dans une étendue d'un quart de pouce où elle présentait un aspect de vésication. L'extrémité inférieure offrait la même lésion et le papier gris y laissait voir égalei&ent un trou, mais du côté opposé ou interne. Quant à la partie du buse et du papier gris qui séparait les deux extré- ■nilés atteintes, on n'y trouvait aucune altération, pas même îa moindre modification dans la couleur. Les vêtements qui ^pondaient aux parties atteintes du buse, soit en avant, soit <^u arrière, étaient brûlés et troués; le buse était aimanté.
Le professeur Powel a montré à la société Ashmoléenne DQ buse en fer provenant du corset d'une femme qui a été If^ppée par la foudre sans être blessée. Ce buse était partielliment fondu à son extrémité supérieure et était fortement aimanté.
f' Bandage herniaire. — Un charretier portait un bandage ^tiné à contenir une hernie inguinale du côté gauche. Au ornent du foudroiement, il sentit une vive pression dans ^^^ région, comme si le bandage s'était fortement serré. On
trouTa le cuir de la pelote en partie décousu et même un peu brûlé. Un bouton qui servait au sous-cuisse était dépoli. comme par un commencement de fusion, tandis que Tautr^ bouton qui sert à la ceinture du bandage était resté intact. quoique placé seulement à un centimètre au-dessus du premier, circonstance qui trouve peut-éti*e son explication en r> que ce dernier bouton faisait partie d'une ligne presque horizontale, l'autre se trouvant sur le trajet vertical de la foudr — Vers l'épine iliaque, on trouva une eschare et de la rougcm eu scrotum, tandis que le pli de l'aine en était exemp (Moynier).
§ II. — Ornements. Bijouz. — A. Chaînes dé montre. - Il n'est pas rare de voir les chaînes de montre briséc>. fondues en partie et presque en totalité, jusque dans 1^ poche qui les contient.
Une chaîne d'argent, suspendant une montre, fut bris< et quelques anneaux furent soudés ensemble (Oswald).
Une chaîne en tombac (cuivre et zinc), qui était enfernit dans le gousset, fut fondue dans presque tous ses anneau (Ebell).
Une chaîne de montre en acier fut en partie fonda (T. Curry).
Une chaîne de fil de fer tressé, qui suspendait une nionti d'argent, fut presque entièrement fondue (Petit).
La foudre fondit en un seul morceau la chaîne et la monlr dans la poche d'un homme tué à bord d'un bateau passai: (Tor. Nelson) .
Le 17 mai 1852, un jeune homme fut atteint par la déchar. électrique dans la rue de Grenelle-Saint-Germain. L'élince . porta plus spécialement sur une chaîne qui, accrochée à un boutonnière du gilet, retenait une montre placée dans l| poche de ce gilet et supportait plusieurs breloques. La pocl.| du gilet fut percée de part en part, à son fond, d'un trou passer deux doigts et dont les bords paraissaient à la fui brûlés et déchiquetés. — La chaîne n'offrait, dans toute ^ longueur, aucune trace du passage du fluide électrique. Son lement ses deux derniers chaînons inférieurs disparurent ave
le poKe-mousqueton qui retenait la montre. Un anneau brisé, en or, qui retenait plusieurs breloques, avait été .coupé en cinq morceaux ; la clef de montre en acier, recouverte sur le canon d'une feuille d'or, avait été complètement emportée, à l'exception de cette feuille d'or qui demeura intacte. Une petite boussole en argent avait eu ses pôles intervertis. Près de la montre étaient encore un petit médaillon en fer de Berlin, cerclé d'or, et une petite clef de meuble également en or : ces deux objets disparurent complètement, emportés vraisemblablement avec le porte-mousqueton par le trou fait à la poche du gilet. — Nous dirons ailleurs les changenients qui survinrent dans les mouvements dé la montre; celle-ci d'ailleurs n'eut aucun mal (Biot).
B. Chaînes du cou, — Les chaînes métalliques que l'on porte au cou sont assez fréquemment atteintes par la foudre; tantôt elles sont brisées ou divisées en un plus ou moins grand nombre de fragments ; tantôt elles sont partiellement Tondues ou oxydées, et la peau sous-jacente est diversement colorée suivant la nature du métal oxydé. Citons quelques faits.
Une chaîne mince en argent ftit fondue et divisée en cinq parties (Troubler).
Une chaîne mince formant trois rangs autour du cou fut divisée en cinq portions de la longueur du doigt ; quelques fragments présentaient des signes de fusion et furent emportés plus ou moins loin .
Une chaîne en or, garnie d'un crucifix, eut ses anneaux dispersés ; on ne retrouva intacts que le crucifix et un fragment de chaîne d'environ un décimètre (Bermoild).
Une chaîne formée de grains d'argent fut rompue et les grains furent noircis et répandus sur le sol (Behrens).
Une chaîne d'or fut fondue et oxydée, et tout le cou était coloré d'une bande noire dentelée.
Une dame portait un collier de perles d'or; la place de chaque perle était distinctement marquée sur le cou par une tache noire et le nombre de ces taches correspondait eiactement à celui des perles, qui étaient devenues noires (Wcc).
C. Autres ornements. — Les épingles à cheveux» les boucles d*oreilles, les bracelets, les anneaux et même les pierres précieuses présentent parfois diverses altérations curieuses.
Les épingles qui retenaient des boucles de cheveux furent fondues ; le foudroyé, blessé sur diverses parties du corps, perdit connaissance pendant plusieurs heures; mais il se rétablit. Ce fait se passa en 1794.
Une dame anglaise portait des boucles d'oreilles en or au moment où elle fut atteinte par la décharge électrique. La boucle gauche présentait une tache semblable à celle que produirait un acide fort sur du cuivre; elle paraissait noire et corrodée (Rice). Remarquons que lor anglais n'ayant pas de titre légal peut être fort impur.
Un rayon de foudre ayant atteint, une jeune (îlle assise devant une croisée» la renversa à terre en ne lui occasionnant qu'une légère brûlure à la pointe de l'oreille. Mais l'anneau qu'elle y portait fut fondu en partie ; on ne put du moins en retrouver que la moitié (Oswald).
Une dame aurait eu ses bracelets d'or fondus sans être blessée. Hausmann, qui rapporte ce fait, dit l'avoir lu quelque part.
Suivant Dolœus» des anneaux d'or auraient été fondus sans .que les doigts eussent été lésés.
Enfin la foudre» ayant pénétré dans la salle de spectacle de Mantoue où 400 personnes étaient réunies» aurait brisé les diamants que portaient deux dames de haut rang (Howard;. — L'authenticité de ces trois derniers faits nous parait loin d'être établie.
S IIL — Objets métallicpies non atteints. — Il importe cependant de remarquer que les objets métalliques appartenant aux vêtements ou portés par les foudroyés ne sont pas toujours atteints par l'étincelle. Ainsi :
Dans un cité par Keyser» les habits étaient déchirés en plusieurs endroits et cependant les boulons en métal n'étaient pas attaqués.
Un individu, noté par Ebell, fut atteint au-dessus du genou
OBJETS MËTALLIOUES 377
droit ; la partie inférieure de la culoUe et le bas fureot troués, déchirés ou roussis. Mais la montre en or, sa chaîne d'acier, l'argent, les boucles et les boulons d'acier de Thabit restèrent intacts.
Chez un individu, cité par Henly, les vêtements furent forteaieDt brûlés, sans que les boucles des genoux, ni les boutons métalliques de Thabit et du gilet, ni un sheUing 'fâcé dans la poche gauche de la culotte, ni les fermoirs sélalliques d'un livre de prières, qui étaient dans la poche de "iiabit, fussent altérés.
I IV. — Armes et objets métallicpies divers. —
A, Glaives. Épées, Sabres (1). — Il n'est pas très-rare de voir la lame d'une épée ould'un glaive partiellement fondue par la foudre. La fusion porte ordinairement sur la pointe, quelquefois sur les bords de l'arme. On a vu, ce qui est beaucoup pius rare, la lame trouée par l'étincelle. Les observations suivantes sont à conserver.
Fabrice de Hilden cite un individu qui fut blessé par la iHidre et dont l'épée eut sa pointe fondue comme si elle avait été de plomb.
Ristelhueber rapporte qu'une épée, suspendue près d'une fenêtre par où la foudre sortit, eut sa pointe fondue.
Fiedier dit avoir vu, en 1844, à l'arsenal de Venise, la lame d'an sabre court d'abordage qui avait été atteinte par l'étinceWe à bord, d'une frégate ; la partie épaisse de cette lame était percée de deux trous voisins l'un de l'autre, régulièrement ronds, de trois millimètres de diamètre, avec des gouttelettes d'acier fondu sur les bords.
L'observation suivante offre un vif intérêt par les détails minutieux qu'elle contient; nous y verrons la lame et le fourreau altérés de diverses manières. Dans le foudroiement qui atteignit, le 12 avril 1781, d'Àussac, de Gautran et de Lavallongue, alors à cheval, et dont les effets ont été décrits par Garipuy fils, nous voyons que d'Àussac, tué sur le coup,
(l) • L'irgent se fond dans la bourse sans qu'elle soit endommagée. Uêpie ge » fcmd dont le fourreau qiUre$le entier, le fer des piqueê eouU le long du bot», • qmi demeure inlo^... > (Senéque, QueeL nai , liv. Il, chap. ixxi).
portait uneépée; la pointe en était fondue dans sa surface sur un demi- pouce de longueur ; le bout en fer du fourreau était également fondu dans sa surface et percé d'un trou oblong dans lequel on aurait passé la lame d'un canif plat et large. La lame de l'épée était fondue au tranchant du dessus , à un pied de la poignée, sur trois lignes de longueur et une ligne et demie de hauteur; le fourreau était percé vis-à-vis la partie fondue, sans avoir été brûlé; ce trou avait une ligne de diamètre. La coquille avait également deux petites parties fondues, Tune dessus, l'autre dessous.
Quant à de Gautran, il portait un gros couteau de chasse d'argent à manche d'ivoire; une petite chaîne d'argent qui pendait du pommeau à la garde était fondue près de celle-ci et en avait été détachée par la fusion. Le pommeau de cette garde était fondu en dessus sur une surface carrée de trois lignes et dans toute l'épaisseur de la feuille d'argent qui, du du reste, était très-mince. Le tranchant inférieur de la lame et le bout en argent du fourreau, avaient été fondus, vis àvis l'un de l'autre, sur une ligne et .demie en carré, à la jonction du fourreau avec le bout; le fourreau avait été percé entre les deux fusions, sans avoir été brûlé. Le crochet d'acier destiné à suspendre le couteau était également uu peu fondu à l'aplomb de la garde. — Lorsque le couteau de chasse fut soumis à l'examen des membres de TAcadémie de Toulouse, on constata que les parties de la lame frappées par la foudre ne présentaient point d'encoches, comme on les ferait d'un coup de marteau, mais qu'il y avait, sur les bords, des gouttes de métal formant des éminences, preuve que la fusion avait été complète. On reconnut également que le fourreau n'avait pas été brûlé.
Nous avons déjà signalé (voyez Action de la foudre sur h ffiétaux) plusieurs exemples d'épées fondues partiellement, tandis que le fourreau restait intact.
Il arrive parfois que la lame n'est pas fondue» mais brisée en un plus ou moins grand nombre de morceaux. Le phénomène n'a encore été constaté, à notre connaissance du moins, que sur des lames de couteau.
B. Parapluies. — Ombrelles. — Quelques auteurs ont avancé
OBJETS MËTALLIQUKS 379
que des parapluies en soie pouvaient préserver Thomme des atteintes de la foudre; mais les faits suivants nous montrent la soie des parapluies trouée ou brûlée par le fluide électrique.
Noggerath rapporte que la foudre a pratiqué un trou à la soie d'un parapluie déposé dans le coin d'une chambre.
Au rapport de M"® Marsh, la foudre, ayant pénétré dans un cabinet où se trouvait une ombrelle dont le bout était en cuivre et les baleines reliées par un fil du même métal, coDsuma presque entièrement la soie, le manche et les* baleines.
Rice parle d'un parapluie qui était dans une chambre et qui fut mis en feu. Aucune de ses garnitures ne fut fondue. L'observation suivante constate que de deux parapluies» dont l'un était en soie et Tautre en coton, celui-ci a souffert bien plus que le premier. Toutefois, les deux personnes qui les portaient ont été blessées presque aussi gravement l'une que l'autre : M. et M""^ Boddington se trouvaient assis sur le siège de derrière de leur calèche, tenant chacun un parapluie, lorsqu'ils furent foudroyés. Le parapluie de M. Boddington était en soie; il ne fut que fort peu endommagé; une petite partie de la soie, à l'endroit où elle s'insère sur la tige, fut seule déchirée, et aucun des ressorts ni des fils de fer ne fut mis hors d'état de servir. Le parapluie de M"*^ Boddington était vieux et en coton ; il avait perdu la pointe de fer dont le bout est ordinairement muni. Les fils de fer qui soutenaient les baleines furent cassés et l'étoffe fut littéralement réduite en lambeaux.
C. Bourses. — Monnaie. — Les pièces de monnaie sont quelquefois en partie fondues par la foudre, mais nulle part je ne vois qu'elles aient totalement disparu, comme quelques auteurs l'ont affirmé sans preuves suffisantes. — Parfois la Tasion ne porte que sur la monnaie d'argent sans atteindre la monnaie de cuivre ; la bourse dé soie, reste quelquefois intacte malgré la fusion des pièces qu'elle contient; mais les fils métalliques qui entrent dans sa texture sont fondus, tandis que les fils de soie sont épargnés.— Les individus sur lesquels on a observé ces singuliers phénomènes ont été tués ou seule-
ddO EFFETS DE LA FOUDRE SUR LES VÊTEMENTS
ment blessés et, dans un cas, la fusion de l'argent s'est opérée sans que l'individu ait été même blessé. Inscrivons ici quelques Taits :
Plutarque cite un homme endormi que la foudre atteignit sans lui faire aucun mal; dans sa ceinture elle fondit plusieurs pièces de monnaie (1).
PitcairUi atteint par la foudre, eut une pièce d'un demiécu fondue sur lui.
Un homme, cité par Heinrich, ayant été tué par Tétincelle, avait sur lui une montre et de la monnaie d'or (carolins) en partie fondue.
Le Voigt*8 Magazine mentionne deux hommes également tués par la foudre et dont la monnaie fut partiellement fondue.
Rosinus Lentilius rapporte qu'un boucher de Waldbourg fut très-gravement blessé par la foudre, qui fondit dans sa bourse une pièce d'argent, sans que la bourse fût endommagée.
M. Desormery cheminait à cheval, en Auvergne, lorsqu'une effroyable commotion électrique le jeta à terre, ainsi que son cheval. Revenu à lui, il reconnut qu'il n'était pas blessé, mais en ouvrant sa bourse, qui était en soie, un peu usée et même percée sur un point, il trouva toutes ses pièces blanches soudées ensemble et les traits des figures comme fondus et effacés. Les pièces de billon d'un décime étaient restées parfaitement intactes. Des fils minces d'argent, entremêlés aux fils de soie dans les glands, avaient complètement disparu, sans que ces derniers fussent endommagés. M. Desormery n'avait éprouvé aucune sensation ni aucune trace de lésion sur la partie du corps correspondant a la situation de la bourse.
Parfois cependant l'altération porte plus spécialement sur la bourse et sur ses ornements ; ainsi :
Dans un cas cité par de la Prade, les coulants d*or d*une bourse furent fondus et transportés sur les boucles du soulier en forme de perles parfaitement sphériques.
(1) Sfmpoiiaquêi, li?. IV, qaest. S.
Ufle bourse que M. Roaldès portait dans la poche droite de son gilet fut fortement déprimée contre les c6tes et ses ornements en chrysocale furent bronzés (de Quatrefages).
Terminons ce rapide exposé par l'observation suivante, dont l'authenticité cependant n'est peut-être pas irréprochable. Mûsschenbroek rapporte que la foudre ayant atteint un kmp Sétain (sorte de vase dont on fait usage pour l)oire), dans lequel on avait placé des écus d'argent enveloppés d'un linge, fondit les écus ; le linge ne parut pas brûlé, mais il était réduit en poussière.
D. Clefs. — Tabatières. — Pipes. — Forte-crayon. — Contentons-nous, pour le moment, de citer quelques faits :
Au rapport de Howard , la foudre qui. tomba dans le tbéâtre de Mantoue, au moment d'une rnprésentation^ fondit partiellement les ciels de quelques gardiens sans les blesser.
Un individu, cité par Bertholon, portait deux clefs dans la poche de son habit lorsqu'il fut atteint par la foudre; elles furent endommagées en trois endroits qui présentèrent des (races de fusion. La poche qui les contenait ne fut d'ailleurs nullement brûlée.
Un homme, cité par le docteur Girault, avait la main posée sur la clef d'une porte d'entrée lorsqu'il fut atteint par la foudre; la clef fut trouvé tordue.
Reuchenius rapporte qu'une femme très-âgée se trouva dans une cuisine séparée par ua passage d'une chambre où la foudre pénétra; elle ne fut pas blessée, elle ne sentit pas <le violente commotion, et cependant, à son grand étonnement, elle découvrit que le couvercle de sa tabatière d'argent était marqué de points noirs. — Il semblerait donc que le courant électrique principal enverrait à distance un grand nombre de petits rayons.
Parmi les nombreux phénomènes observés dans la catastrophe d'Everdon, Morton rapporte qu'on trouva une tabatière d'acier, contenue dans un sac, percée en deux ou trois endroits; les bords de la tabatière avaient été fondus et le métal en fusion avait formé comme des vésicules. — Suivant Walhs, qui a donné l'histoire du même événement, une taba-
sas EFFETS DE LA FOUDRE SUR LES VÊTEMENTS
tière en cuivre offrait un petit trou rond qui la traversait; une petite quantité de métal était fondue et avait coulé près de là.
Ebell raporte qu'un homme avait dans la poche de son vêtement un tuyau de pipe de baleine entouré de fils d'argent faux etenveloppé dans du papier. — Le tuyau lui-même, la tête de la pipe et sa monture en argent ne furent pas endommagés , mais le fil du tuyau était à moitié fondu ; Tintérieur de la poche était noirci, sans cependant présenter aucune perforation; le papier d'enveloppe, en partie noirci, présentait des dessins jaunes et violets.
Enfin un porte-crayon en or, que portait M. Doddington, fut fondu à Tune de ses extrémités et la poche du gilet fut trouée aux deux points correspondant à ces extrémités.
Rappelons enfin qu'il est parlé dans Plutarque d'un soldat qui fut frappé par la foudre dans un temple où il était en sentinelle ; la foudre fondit sur lui des boites d'argent renfermées dans des étuis de bois qu'elle laissa intacts (1).
§ V. — Montres. — Les montres, frappées par la foudre directement ou soumises seulement à son action à distance, sont souvent modifiées dans leur marche. Sans parler des cas où cette marche devient irrégulière, elles sont assez fréquemment arrêtées à l'instant même du coup. Citons-en quelques exemples.
Les montres des passagers à bord du bâtiment de la douane, le Chichester^ frappé de la foudre (sous la forme d'une boule de feu) s'arrêtèrent à l'instant même et l'aimantation des boussoles fut détruite (2).
La foudre qui fracassa plusieurs planches du pont du schooner VEagle n'atteignit aucun des passagers et cependcgfit toutes leurs montres s'arrêtèrent au moment même du choc (3).
L'observation suivante est fort intéressante au point de vue
(1) S\fmpo9iaqumt Ut. IV, quest. t.
{t) Nautic. Mag., t. IX. p. 387.
(3) IM„ t. VIU, p. 110.
du mécanisme particulier en vertu duquel l'arrêt a eu Heu : Un jeune homme, dont parle M. Biot, fut légèrement touché par la foudre, dans la rue de Grenelle-Saint-Germain. Sa fflootre n'offrait aucun signe extérieur de détérioration, pas même ^ l'anneau d'où le porte-mousqueton de la ciialne avait élé arraché. Mais bien qu'il ne fûtq/ie 11 heures un quart, les aiguilles marquaient 4 heures trois quarts et le mouveiDent ne marchait plus. Dans la persuasion que le grand ressort ou quelque autre pièce était brisé» le jeune homme laissa cette montre sur sa table en se proposant de l'envoyer chez l'horloger. Mais, le lendemain matin, s'étant avisé de la monter pour vérifier jusqu'à quel point elle était détraquée, il vit« avec non moins de satisfaction que d'étonnement, les aiguilles se remettre en mouvement avec une marche fort régulière qui n'a point varié jusqu'au jour où cette obser- Tntion a été communiquée; on aurait pu penser que la foudre, en même temps qu'elle déplaçait les aiguilles, avait débandé le ressort moteur et l'avait conduit brusquement à l'extrémité de sa course.
Ce n'est pas seulement l'étincelle foudroyante elle-même qui arrête le mouvement des montres : un changement brusque et considérable dans l'électricité atmosphérique, sans éclairs ni lonncrre, parait pouvoir donner lieu au. même phénomène. Ainsi :
Le 14 juin 1852, MM. Quételet et Bouvy (1) se livraient, à l'observatoire de Bruxelles, à des recherches sur rélectricité statique, sur l'électricité dynamique de Tair pendant les pluies et les orages, lorsque, après le passage au zénith de la partie la pins sombre d'un nimbus et l'arrivée d'une nouvelle pluie, l'électromètre passa brusquemment 4^ 0 à 75 degrés. M. Quételet voulut en ce moment prendre rheure, mais il s'nperçut avec étonnement que sa montre s'était arrêtée. Celle de M. Bouvy, qui observait le galvanomètre, s'arrêta presque en même temps que celle de M. Quételet, c'est-à-dire au moment où se faisait le changement brusque dans le signe de l'électricité atmos-
(1) Atad. roy. de Belgiqufi, 3 joiUet iSI».
phérique. — Pendant le temps que durèrent ces observations, on n'entendit pas un seul coup de tonnerre, on ne vit pas le moindre éclair. — Doit-on rapporter ces faits au fluide électrique ou à une simple coïncidence? C'est ce qu'il serait difficile de dire. — M. Quételet se borne à les signaler. ,
Il est digne de remarque que parfois une montre reçoive extérieurement de graves lésions, sans s'arrêter pour cela, comme nous en citerons bientôt un exemple.
Si la foudre suspend souvent la marche des montres, il parait qu'elle produit parfois un effet contraire :
Beycr rapporte que l'étincelle ayant pénétré dans une chambre et enfoncé l'angle d'une glace, donna le mouvement à une montre qui depuis longtemps s'était arrêtée.
11 est à regretter qu'on n'ait pas toujours examiné avec attention l'intérieur des montres soumises à l'action de la foudre ; tout ce que nous savons à cet égard, c'est que les pièces d'acier de quelques-unes d'entre elles ont été plus ou moins fortement aimantées. En voici des exemples :
En 1769, à Rendsburg, un oflQcier du génie fut blessé par l'étincelle; Sa montre, sans présenter aucun dommage extérieur, alla si mal à partir de cette époque qu'on ne put la réparer; lorsqu'on enleva le ressort, on le trouva évidemment magnétique (Ackermann).
La montre de M. Boddington eut plusieurs de ses parties fortement aimantées ; le balancier, en particulier, eut des pôles si bien définis que, placé sur un flotteur, il put servir de boussole.
Lorsque le vaisseau de ligne français le Golymin fut frappé dans Ja nuit du 21 au 22 février 1812 et eut son mât d'artimon brisé, toutes les pièces de la montre du lieutenant restèrent aimantées; lui-même avait été superficiellement touché. Vingt-sept ans après» cette aimantation durait encore.
Enfln plusieurs montres à bord du paquebot le New-York présentèrent la même altération. (Voyez Chronomètres).
La boUe des montres présente assez souvent des traces de Aision; tantôt elles sont superficielles. Ainsi :
OBJETS MÉTALLIQUBS 38»
La dreonférenoe de la montre d'argent d'un individu, cité par Petit, avait éprouvé un commencement d4 fusion. Les endroits fondus offraient une couleur jaune sulfureuse que Ton remarque parfois sur les métaux altérés par la foudre. Une chaîne de fil de fer tressé qui suspendait cette montre était presque entièrement fondue. .
La boite de la montre en or de M. Eugène Bermond, blessé
pièTement à bord de FHélèney avait été dépolie dans une
ye de points, comme si elle avait été attaquée par du iwrcure.
Tantôt la fusion est profonde , quoique partielle ; par aiemple :
La montre de Pitcairn eut son verre brisé en mille moraux et sa boite en argent fondue en partie.
Sur un homme tué par la foudre, on trouva une montre et des carolins (monnaie d'or) en partie fondus.
Le 24 juin 4822, à Hayingen (Wurtemberg), un berger ht tué par la foudre; on trouva sa montre à cinq pas de là, kisée, et le cadran d'émail fondu.
Lorsque, le 17 septembre 1780, à East*Bourn (Sussex), idair fut renversé et blessé par la foudre, sa montre d'or mi sa boite fondue en trois endroits. L'anneau auquel la thalne était attachée et cette chaîne même, qui était en acier, étaient partiellement fondus et soudés ensemble. La montre s'arrêta immédiatement (Brereton).
Parfois aussi la boite est trouée. En voici deux exemples :
Un individu, cité par M. Oswald, portait une montre d'or i double cuvette suspendue à une chaîne d'argent. La chaîne ht brisée et quelques anneaux soudés ensemble. La cuvette pràentait une ouverture et l'or fondu était répandu dans la poche du gilet. La montre elle-même n'avait subi aucune «Itération.
Une montre d'or avait sa boite extérieure trouée entre le cadre et le verre ; celui-ci était cassé. La chaîne en tombac, enfoncée dans le gousset, était fondue dans presque tous ses anneaux, et cependant le mouvement de la montre n'était ni endommagé, ni arrêté, ni troublé dans sa marche (Ebell).
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Mais, dans certains cas, la fusion atteint la plus gra partie de la botte; peut-être même s'étend-elle jusq mouvement.
D'après Jos. Nelson, la foudre fondit en un seul bloc i; montre et sa chaîne dans la poche d'un des hommes tué^ bord d'un bateau passager, le 16 juillet 1708, à 18 m N.-E. de Goichester.
Au rapport de M. 6.-W. Spence, le màt d'un bateau pit . cheur des îles Shetland ayant été brisé par la foudre, ii individu qui était appuyé contre ce màt, et qui d'ailleurs nf reçut aucune blessure et n'eut ses vêlements aucunerii endommagés trouva, dans sa poche, sa montre fondue en .> seule masse (fused into one mass).
Parfois enfin, la montre n'est plus fondue, elle est b^\^< par la décharge électrique.
Au mois de juin 1853, un homme d' Aigrement (Gard ii tué par la foudre, sa montre en argent fut trouvée dans n^ gousset entièrement broyée.
§ VI. — Armes A feu. - Les armes à feu sont as^ fréquemment frappées par la foudre, et les désordres qu'eiu présentent alors sont très-variés. Notons plus particulier^ ment une fusion superficielle et plus ou moins étendue .i alTecte la pointe de la baïonnette, l'extrémité libre du c^'i la longueur de celui-ci à l'extérieur et même à l'intén i du canal ; quelques parties de la platine, de la sous-gir : des ferrures de la crosse. — Le bois de l'arme, de la en surtout, est parfois fendu ou brisé en éclats. — La t terie ou quelque autre pièce métallique peut être arrachée lancée à distance.
Mais il est une circonstance qui doit spécialement \v ici notre attention : c'est que tantôt les armes à feu part au choc de la foudre et que tantôt elles ne parlent pas. tons quelques faits :
Le 4 juin 1810, pendant un violent orage, M. Cowe fermier à East-Thrislon, entrait dans la cuisine de sa m son, accompagné de son chien, au moment où la foudn* ; pénétrait. Son chien fut tué; lui-même ne reçut aucir
Vti
OB!IKTS MÉTALLIQUES 987
aUdole; mais il aurait pu être tué ou blessé par ia charge d'un fusil qui partit à ses eôtés (HOMrard).
Le 27 juillet 1721 , le météore tomba sur une des guérites du fort Nicolai, à Breslau, et en perça le sommet pour atteindre la senlinelle et son fusil. Le canon de Tarme fut noirci et ia crosse fut brisée et lancée à une certaine distance. Le coap était parti et la balle avait frappé le plafond de la gué^ liie. — La foudre» de son côté, avait percé le plancher d'un \m de la grandeur d'un écu, ainsi que la paroi postérieure, lires du sol. En passant du canon sur. la batterie amorcée, elle avait pu enflammer la poudre. -^ Quant à l'homme luiioéme, il fut renversé sans connaissance ; quelques minutes après, il revint à lui, mais paralysé du membre supérieur et du Qiembra inférieur gauches ; probablement il tenait l'arme de la main gauche. La cuisse et la hanche du même côté l^rnseotaient quelques taches d'un bleu rougeàtre. — Le 3' jour, il put, quoique en boitant, se rendre à l'église (Brest. Sa»Mfi/.).
Nous n'avons pas besoin de faire remarquer tout ce que de parais faits ont d'intéressant au point de vue de ia médecine légale.
Parfois les armes chargées ne partant pas, quoique directement atteintes par l'électricité.
Le fait a été observé une fois à Lich, en 1771 (Guden).
A Prifling, la foudre pénétra dans la chambre d'un gardechasse et aucune des nombreuses armes à feu qui s'y trou* valent suspendues ne partit. Entre chaque fusil, la muraille était endommagée. Un canon de fusil était debout dans un coin de la chambre : le mur était lésé au niveau de son extrémité inférieure et, sous son extrémité inférieure, on voyait un trou dans le plancher (Steiglehner).
Les deux observations suivantes, la seconde surtout, sont fort remarquables :
Au rapport de Guden, le 1^' juin 1761, près de Nimburg, la foudre pénétra dans la maison d'un garde à cheval ; un de ses rayons atteignit, au rez-de-chaussée, une carabine chargée et obliquement appuyée contre la muraille. Après ravoir légèrement fondue près de l'orifice, l'étincelle descen-
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dit le long dti canon sur la batterie et sur sa garniture qui furent en quelques points soudées entre elles; puis elle pénétra dans le magasin de la crosse où Ton trouva cinq balles fondues et soudées et leurs bourres assez fortement brûlées. Le fer et les ressorts avaient également éprouvé quelque fusion ; et cependant, malgré tous ces désordres û rapprochés de la lumière et du tonnerre de l'arme, celle-ci n'était pas partie.
Au rapport de MM. Bischof et Nôggerath, un fusil chargé fut atteint par la foudre. L'étincelle, ainsi que le constate l'un de ces deux auteurs, avait suivi en dehors et en dedans toute la longueur du canon, y laissant une ligne étroite de fusion ; et, chose à peine croyable, quoique la fusion s'étendit jusqu'à la poudre, l'arme ne partit pas. Elle put d'ailleurs servir plus tard.
Les armes à feu dont l'homme est porteur paraissent attirer la foudre sur lui. Cette proposition résulte de l'examen de plusieurs faits, que nous avons cités ou que nous signalerons bientôt, et auxquels nous ajoutons les deux suivants:
Une sentinelle chargeait son fusil à bord d'un navire; tai foudre, après avoir suivi la chaîne du paratonnerre, se jeta sur l'arme, l'enleva des mains du factionnaire et rompit la baguette (Hawherworth).
Un soldat en sentinelle à bord d'un navire était, pendant un orage, appuyé contre le bordage, dans la construction duquel entre, comme on le sait, une grande quantité de fer; il tenait à la main sa baïonnette, lorsqu'il fut frappé de la foudre (Pétrie) .
Les effets du météore sur l'homme seront sans doute alors différents suivant la manière dont il portera l'arme. SU est au port d'armes, l'arme au bras, ou l'arme à volonté, en d'autres termes, si la crosse, dirigée en bas, se trouve à certaine distance du sol, l'étincelle passera très-probablement de l'arme sur l'homme lui-même qu'elle blessera ou tuera. — Si des soldats en marche, pendant un orage accompagné de pluie, portent, comme c'est l'ordinaire, l'arme sous le bras, la crosse en haut, souvent alors protégée par la capote, IVtincelle aura sans doute moins de tendance à se jeter sur
OBJfBTS MÉTALLIQUES 368
ruine, et, si elle Fatteint, ce sera pour ea suivre le canon, puis par un léger saut, pénétrer dans le sol en épargnant pro* bablement rhomme. Ces diverses circonstances expliquent peut-être en partie la rareté du foudroiement des soldats en ioarche pendant les orages. — Qu'une sentinelle enfin ait hrm au pied, rextréniité du canon appuyée sur Tépaule» la foudre se jettera sur l'arme, la suivra jusqu'au sol en lais- ^t ordinairement Thomme intact ou à peu près, comme le }rm\e Tebservation suivante :
Le major Thomas Lewell, de l'armée du Bengale, rapporte, •|uen 1844, pendant un violent orage qui avait éclaté sur Calcutta, une guérite située sur le rempart du fort et bâtie Nûlidement en briques et en mortier, fut frappée à son sommet. En ce moment le factionnaire s'y trouvait, à Tabri dé la pluie, la crosse de son fusil au pied, la baïonnette et le bout (lu canon appuyés sur l'épaule. L'étincelle atteignît et endommagea la pointe de la baïonnette dans la longueur d'un pooee et demi et descendit le long du canon jusqu'à la crosse eu bois qu'elle brisa avant de se perdre dans le sol. — Le seul dommage que le factionnaire éprouva fut une légère trûlure à l'endroit où le fer était en contact avec l'épaule ; et, phénomène fort remarquable, le bras et la main, qw reposaient sur le dos de l'arme, ne furent pas touchés* Trois ou quatre jours après, le blessé avait repris son service. Une excellente précaution serait, en temps d'orage, de ^'éloigner des armes à feu, chargées ou non ; de placer celles qui sont chargées de telle sorte que Texplosiofi ne puisse causer aucun malheur ; enfin, si l'on ne peut s'en éloigner, de Ure en sorte qu'elles reposent sur le sol.
I VU. — Appendice. — Selles. — Harnais, etc. — Il 9e nous semble pas inutile d'étudier ici les effets de la foudre Hir les harnachements des animaux domestiques, à cause des apports si fréquents de l'homme avec ces animaux. Les faits ^ ce genre n'ont été recueillis qu'en très-petit nombre ; ^ous nous contenterons de citer le» suivants :
En 1783, à Ciaret, en Provence, la foudre a débftté un àne sans lut faire de mai et a emporté le bat (Toaldo).
Une selle fut mise en mille pièces ; la hanche et Tépaule du cheval furent brûlées et contusionnées (Neale).
Dans l'accident décrit par le docteur Garipuy, le quartier de la selle d'un des chevaux tués fut percé comme d'un coup d'épée et la boucle de l'étrivière, auprès do trou de h selle, fut un peu fondue. — Sur un autre chevaK le quartier et l'arçon gauche du devant de la selle, d'un cuir vieux el sec, furent percés, à l'extrémité inférieure de l'arçon, d'un petit trou de la grosseur d'une forte épingle. Aucune |iartie des ferrures de la selle ne parut marquée de la foudre.