‹ De la foudreChapitre 54 sur 174 · LÉSIONS DES CENTRES ITBRVEUX SI · texte numérisé non relu

LÉSIONS DES CENTRES ITBRVEUX SI

doute si ia qualité de maître chirurgien juré de celui qui l'a observée ne nous inspirait confiance ; d'ailleurs nous signa-ieroos encore d'autres cas de perforation d'organes. NousTeroos refliarquer que la nécropsie ayant eu lieu le jour même deTaccident, on ne peut mettre sur le compte de la putréfadion l'état de bouillie du cerveau.

Dans Tobservation suivante, la pulpe cérébrale est profon- Énent altérée, mais sans perforation du crâne.

Un homme très-âgé fut tué par la foudre. L'oreille gauche était déchirée en plusieurs sens et ne conservait plus que de itères adhérences; à ces désordres, le docteur Phayre swpçonnant que le fluide électrique était entré par le conduit auditif de ce câté, ouvrit le crâne, et après avoir divisé ies membranes, il vit que Thémisphère gauche du cerveau était entièrement désorganisé, qu'il formai! une masse homogène presque liquide, d'une couleur grisâtre, sans vestiges de sa structure normale, à l'exception d'une petite partie du corps strié qui avait conservé son apparence et sa situation. D'ailleurs, point d'extravasation de sang, point de lésion des vaisseaux ni des méninges; aucune lésion non plus des parois osseuses.

Le fluide électrique semblait avoir borné son action à la nnâse cérébrale ; une circonstance sur laquelle nous fixerons bientôt notre attention, c'est que le poumon gauche était le siège d'un foyer apoplectique diffus.

Il est à regretter que l'auteur n'ait pas donné de plus nombreux détails sur l'état de la substance cérébrale ; comme la lésion était bornée â l'hémisphère gauche, on est conduit â rejeter l'idée que la putréfaction ait joué ici quelque rôle ; d'autant plus que l'ouverture cadavérique a été faite peu de temps après la mort. Il est â remarquer que, malgré l'énorme désordre dont tout un hémisphère cérébral a été le siège» les parois du crâne et les méninges sont restées intactes.

Cette lésion diffère essentiellement de celle où la substance et les vaisseaux du cerveau, en quelque sorte broyés par la décharge électrique, ne présentent qu'un amas informe de saogetde pulpe nerveuse: il s'agirait donc d'un ramollissement grisâtre, en quelque sorte analogue par son aspect à celui

180 LÉSIONS liËS ORGANES INTERNES

qui se développe spontanément chez Thomme. Le fluide électrique concentré aurait-il donc, entre autres propriétés, celle de ramollir et de dissoudre la substance cérébrale?

El par opposition à cette propriété, aurait-il aussi celle d'indurer subitement ce même tissu ? Cette question nous est suggérée par le fait suivant :

Le D^ Schulter affirme, dans la relation que nous avons déjà citée, avoir trouvé la masse entière du cerveaii et du cervelet plus dure et plus compacte qu'il ne Vavait jamais observée, surtout dans Thémisphère cérébral droit qui correspondait à la région même du crâne atteinte par la foudre.

Cette sorte d'induration de la pulpe cérébrale, si réellement elle a existé, aurait été peut-être antérieure au coup de foudre ; on ne peut cependant l'aftirmer ni se refuser à admetti-e^ d'une manière absolue, qu'une pareille lésion n»' puisse être l'effet d'une violente décharge électrique donl nous sommes loin de connaître toute l'influence possible sur l'économie animale.

Nous ajouterons que la foudre était tombée à côté d'um* jeune tille do 17 ans ; il s*ensuivit une perte de coniiaissann: et de mouvement, à laquelle succéda une surexcitation céirbrale caractérisée par des cris incessants; quelques jouis après la malade succomba : on ne trouva, à Touverture cadavérique, aucune lésion dans le ventre ni dans la poitrine, seulement le eerveaiiparut comme tasse' et plus consistant qn< dans l'état naturel. La partie supérieure de la moelle épinière. qui fut seule examinée, ne présenta rien de particulier (Pereyra).

Voici les résultats de nos recherches sur les animaux :

Priestley tua un assez gros chat, par l'étincelle d'une batterie de 33 [lieds carrés, et trouva pour toute lésion une tache rouge du péricrâne, sur le point atteint par la décharge.

Veratrus ne trouva pas de lésion cérébrale sur des grenouilles tuées par des étincelles dirigées sur la tête, entre les yeux. Il en fut de même sur des moineaux, des chardonnerets, des tourterelles ; mais il trouva sur chacun de ces animaux un trou excessivement rouge sur la peau qui avait

LÉSIONS DBS ÇENTHfiS NERVEUX IM

nça l'étincelle, mais ce trou était si fin qu'il aurait échappé à rœil non armé dun instrument grossissant.

Marat tua un chat en faisant passer de la tète à la queue deux étincelles d'une batterie de 36 pieds carrés. En rjBsant les poils, il vit une très-petite tache rouge au péricràne, à l'endroit qui avait reçu le choc, puis une tache pareille, mais plus étendue^ au point correspondant de la dure-mère ; il y avait en outre plusieurs petites taches rougeâtres le long des membranes de la moelle épinière, jusqu'au point où Ton soupçonna le fluide électrique de s'être échappé. Le poumoji gauche et sa plèvre étaient enflammés {sic) ; toutes les autres parties étaient saines.

Il tua un chien de basse-^cour avec la même batterie ; les phénomènes se montrèrent sur le péricràue et sur la durer mère.

Un pigeon reçut de la tête à la queue la décharge d'une batterie de 44 pieds carrés, qui le tua. Le péricrène. la duremère, le poumon et la plèvre offrirent les mêmes phéno-r mènes que ceux que nous avons déjà rapportés à propos du chat.

Carmon tua plusieurs oiseaux : hirondelles, pigeons, poulets, canartJis..., par une ou plusieurs étincelles, et à certains intervalles; chez tous, sans exception» il trouva le cerveau et ses annexes parraitement sains, sans déchirure ni changement de couleur, il n'y avait aucune extravasation ; mais le crâne et ses téguments ont maintes fois présenté quelques lésions. Ainsi :

Un chapon tué par une série de décharges avait la tête et particulièrement l'endroit touché très-enflé, meurtri et noi-^ râtre. Une incision en fit sortir une eau sanguinolente ; la paroi osseuse était parfaitement entière, mais si dure qu'on ae put l'enlever sans endommager la substance du cerveaUi. Chez ce même animal les deux yeux étaient crevés et le§ humeurs écoulées.

Trois fois l'auteur a vu des fractures du crâne, bien que ee genre de lésions fût rare, et bien des fois des ecchymoses et des extravasations dans le tissu cellulaire.

Si nous résumons Pétat de nos eonnanaancfs sur las lésions

SSl LÉSIONS DES ORGANES INTERNES

du cerveau, du cervelet et des membranes, nous trouvons 19 observations. Dans 17 observations le cerveau était absolument sain, et dans 2 autres il était ramolli.

Cinq fois le cerveau, le cervelet et leurs membranes ont été trouvés intacts.

Cinq fois le cerveau était sain, mais ses vaisseaux, ceux de ses membranes étaient fortement injectés d'un sang ordinairement liquide.

Le cerveau étant sain, on a trouvé deux fois un épanchemenl dans le tissu cellulaire sous-arachnoïdien, et dans quelques autres cas des taches sur les méninges ayant la' couleur et l'odeur du soufre ; on a trouvé cinq fois un épanchement entre la paroi du crftne et la dure-mère, dans la cavité de Tarachnoïde ou dans le tissu cellulaire sous-arachnoïdien ; dans deux de ces cas, cet épanchement était accompagné de fractures.

Dans deux cas, au dire des observateurs, il y aurait eu induration de la masse cérébrale.

Dans le plus grand nombre des cas les sujets avaient été frappés par la foudre sur la tète.

Il convient aussi de remarquer que 16 de nos observations sur 19 ont été recueillies sur l'homme, les 3 autres l'avaient été sur unA chienne, sur un groupe de chevaux et sur un groupe de vaches.

S II. — Lésions de la moelle allongée. — Dans toutes les observations nécroscopiques parvenues à notre connaissance et dans lesr|uelles il est question de l'état du cerveau, la moelle allongée, ce centre vital dont la lésion expliquerait si facilement l'instantanéité de la mort par la foudre, n*est presque jamais nominativement désignée et cependant tout nous porte à croire qu'elle a été examinée, puisque à l'ouverture d'un cadavre, il est facile de l'enlever en même temps que la masse cérébrale elle-même.

Si donc les auteurs nous disent avoir constaté que la masse cérébrale était saine, il nous parait très-probable qu'il en était de même de la moelle allongée.

Or, tout ce que nous savons sur les lésions de cet organe,

j LÉSIONS DBS CENTRES NERVEUX 253

j » fédoit à une observation fort incomplète de Charieton. Cet auteur dit avoir trouvé, sur un individu tué par la ibudre, la moelie allongée déchirée ( tnedulkm oblongatam lace^ nùm).

Sur ce même sujet, la membrane du tympan avait été mchée de son cercle osseux et l*ou voyait autour du méat aoditiC une plaie remplie d'ossicules ; Charieton n'entre (failiears dans aucun autre détail sur la lésion de la moelle ailoagée.

§111. — Lésions de la moelle épinière. — Dans le petit nombre de cas où la moelle épinjère a été examinée» elle s'est montrée à Tétatsain, sans déchirure, sans ramol- 'iâsement; parfois seulement ses membranes étaient le siège d une injection vasculaire plus ou moins marquée.

Aiosi, dans l'intéressante observation que nous devons au docteur Gabrielli, la moelle épinière était saine, ainsi que ses membranes; ses réseaux vasculaires étaient distendus comme pendant la vie, et le microscope ne fit découvrir dans cet organe aucun changement .

Et sur un homme cité par Minonzio, les vaisseaux du

eaoal rachidien et les sinus de la dure-mère étaient gorgés de

jaog.

Chez les bêtes à cornes examinées par Tobias, la structure ^t la densité de la moelle épinière et de ses enveloppes, ne paraissaient en rien altérées.

Chez une chienne disséquée avec le plus grand soin par %er, la moelle épinière de consistance ferme était modéré- <^Dt injectée et d'ailleurs tout à fait intacte.

Enfin, chez les chevaux cités parBlondeau» les enveloppes de la moelle épinière étaient gorgées de sang ; il en était de iQème des membranes du cerveau et des sinus de la duremère. ^

Quant à la sérosité rachidienne^ elle n'est que fort rarement mentionnée; nous voyons seulement qu'en soulevant le cadavre d'un homme, il s'écoula de la cavité du rachis deux onces ^ liquide ( Schulter ) et que, sur un autre cadavre, cette V^tilé fut considérable.

Page 1