FOUDROYÉS
Toutes choses égales. d'ailleurs, la foudre qui se dirige sur un groupe d'individus atteint celui qui par sa stature ou par sa position dépasse le niveau des autres. Nous pouvons parfaitement ainsi nous expliquer plusieurs de ces cas où des femmes et surtout des enfants ont été épargnés à côté d'hommes adultes tués ou grièvement blessés.
L'observation suivante est peut-être un exemple de l'influence dont nous parlons :
Le 12 mai 1781, pendant un orage, MM. d'Aussac, de Gautran, de Lavallongue étaient à cheval et marchaient de front, au grand trot, sur une route près de Castres, lorsqu'un coup de foudre renversa hommes et chevaux. Ceux-ci furent tués roides. — M. d'Aussac resta également mort sur la place, le crâne mutilé. L'étincelle atteignit M. de Gautran entre les épaules et traça un sillon le long du dos jusqu'aux peins. Le dessus de la cuisse, sur presque toute sa longueur et le gras de la jambe droite, à son contact avec le cheval, furent aussi brûlés; cependant le blessé revint bientôt à lui. — Enfin M. de Lavallongue seul ne fut pas blessé et se remit promptement de son étourdissement.
Or, les circonstances suivantes expliquent assez bien ces différents effets de la foudre : ces messieurs, avons-nous dit, allaient de front. M. d'Aussac, âgé de 46 ans, était le plus grand, se tenait fort droit sur son cheval et était placé ati milieu du chemin très-bombé; il fut frappé sur la tête et tué. — M. de Gautran, âgé de 26 ans, convalescent et atteint d'obstructions, était à la gauche du précédent et se tenait fortement courbé sur l'encolure du cheval : il fut blessé entre les deux épaules. — Enfin M. de Lavallongue, sexagénaire, qui était le plus petit de la troupe, n'éprouva qu'une forte commotion. — Chacun d'eux fut donc frappé en raison <le sa moindre distance du nuage électrique.
SIO STATISTIQUE
Il est cependant une autre circonstance qui, dans ce cas, diminue cette influence de la grandeur; c'est que MM. d'Aussac et Gautran portaient l'un, une épée, l'autre, un couteau de chasse qui furent partiellement fondus; tandis que M. de Lavallongue était sans armes.