DES AGGLOMÉRATIONS D'HOMMES OU D'ANIMAUX
grande difficulté, descendre ce malheureux et le porter jusqu'au-dessous du premier pont, que le troisième coup Tatteignit et le tua sans blesser les deux hommes qui le tenaient sous les bras.
Nous rapprocherons de ce cas l'observation suivante , pAque ici la personne blessée par un premier coup n'ait Hé que fortement étourdie par le second : Au rapport de IRice, le 1^ juillet 1851, la foudre atteignit, à deux reprises et à trois minutes d'intervalle, la maison de M. Draper àAhleboro (Massachussets). M. Draper, qui était alors près d une vieille horloge, fut blessé et renversé au milieu de la chambre; aucune des autres personnes qui se trouvaient autour de lui ne souffrit le moindre mal. On venait de le transporter dans une autre pièce pour lui donner du secours, lorsqu'un second coup éclata, Tétourdit fortement sans le blesser, mais renversa et blessa les trois personnes qui l'entouraient.
Les diverses circonstances qui ont présidé à ces fulgurations réitérées des mêmes personnes n'ont pas été sufl^mment analysées pour que nous puissions nous-mêmes nous faire la plus légère idée de l'influence que l'organisation physique propre à ces personnes a pu jouer ici.
ART. 10. LES GRANDES AGGLOMÉRATIONS d'hOMMES
ou d'animaux S0NT-*ELLES DANGEREUSES?
Plusieurs observations portent à croii-e ou du moins à soupçonner que les grandes réunions d'hommes ou d'animaux ' sont dangereuses. Nollet a tout spécialement fait remarquer que le danger d'être foudroyé dans une église augmente avec le nombre des personnes qui y sont réunies. Des troupeaux entiers ont été foudroyés avec leurs bergers. Ces masses mantes jouissent d'un pouvoir conducteur considérable, et la colonne de vapeur qui s'en élève peut transmettre la fondre plus facilement.
Nous allons enregistrer ici un certain nombre de coups de (ofidre remarquables par le grand nombre des personnes qu'ils ont frappées.
Églises. — * Le 11 juillet 18K7, trois cents personnes étaient
m STATISTIQUE
réunies dans l'égtise de Grosshad, petit village situé sur une hauteur dépendant de l'Eifel, à deux lieues de Diiren, quand la foudre vint la frapper ; six hommes vigoureux furent tués, et cent autres personnes ftirent blessées : trente d'entre elles furent obligées de garder le lit (V).
Le 10 août 1842, la foudre tomba sui" l'églisede Saint-Laurent d'Urec, canton de Saint- André de Gubzac, le jour de la fête et au moment des ofiSces ; une trentaine d'individus furent blessés, un plus grand nombre d'autres furent renversés (2).
Le 14 septembre 182S, la foudre tomba dans le chœur de l'oratoire de Roucole (Piémont) et y tua quatre prêtres et deux séculiers (3).
Le l*' mai 1700, sept personnes furent tuées dans une église bâtie au sommet du mont Saint-Ursule, en Styrie ; le docteur J.-B. Werloschinigg fut lui-même témoin de cet événement.
Le 28 mai 1767, le tonnerre tomba sur l'église de Villa di Stellone (Piémont) ; il tua sept personnes et en blessa plusieurs autres (4).
Lé 31 mars 1778, le tonnerre tomba, à deux lieues d< Valence en Dauphiné, tua deux jeunes gens qui sonnaient el en blessa neuf autres (5).
Le 10 avril 1781 , le tonnerre tomba sur le clocher du villagi de Puttelange (Moselle) où quinze ou seize personnes étaieo occupées à sonner alternativement les cloches. L'une d'elles fu tuéetoutesles autres furent dangereusement blessées (Mengin)
Les personnes tuées ou blessées par l'explosion ont él plus nombreuses dans les observations suivantes :
Le 26 juin 1783, la foudre tomba sur l'église de Villars-le Terroy, dont on sonnait les cloches, tua onze personnes e en blessa treize (VerdeiH.
Le 2 juillet 1717^ la roudre frappa une église à Seiden* bergi pràs de Zittau, pendant le service : quarante-huit per sonnes furent tuées ou blessées (6).
(I) FolUn, Pathologie externe, 1. 1, p. 851, d'après ladc.
(t) VlMtUm, t X, p. 889.
(8) Méoi. de rÀead.deBru9eUe$, t. V, p. a».
(4) Richard. Bût. de Voir, U VIII, p. 341.
(5) Gîte p«r Neêdham, Mm. p. 61.
(0) E«lmti«i» BmL toMRl. (1717).