‹ De la gastronomieChapitre 29 sur 53 · LE PLAT D'ANGUILLE · texte numérisé non relu

LE PLAT D'ANGUILLE

Il existait à Paris, rue de la Chaussée-d Antin, un particulier nommé Briguet, qui, ayant d'abord été cocher, puis marchand de chevaux, avait fini par faire une petite fortune.

Il était né à Talissieu, et ayant résolu de sy retirer il épousa une rentière qui avait autrefois été cuisinière chez Mademoiselle Thevenin, que tout Paris a connue par son surnom d’'As de pique.

L'occasion se présenta d'acquérir un petit domaine dans son village natal ; il en profita, et vint sy établir avec sa femme vers la fn de 1791.

Dans ces temps-la, les curés de chaque arrondissement archipresbytéral avaient coutume de se réunir une fois par mois chez chacun d’entre eux tour à tour, pour conférer sur les matières ecclésiastiques. On célébrait une grand messe, on conférait, ensuite on dinait.

Le tout s'appelait la conférence, et le curé

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chez qui elle devait avoir lieu ne manquait pas de se préparer à l'avance pour bien et dignement recevoir ses confrères.

Or, quand ce fut le tour du curé de Talissieu, il arriva qu un de ses paroissiens Jui fe cadeau d'une magnifique anguille prise dans les eaux limpides de Serans, et de plus de trois pieds de

longueur.

DS Ce pren.

Ravi de posséder un poisson de pareille sou-

ct

che, le pasteur craignit que sa cuisinière ne fût

» ? 4 pas en etat d apprêter un mets de SL haute espeé-

su

entiers

trance ; il vint donc trouver Madame Briguet, et rendant hommage À ses connaissances supérieures,

| la pria d'imprimer son cachet à un plat digne

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