‹ De la gastronomieChapitre 53 sur 53 · LES PRIVATIONS ÉLÉGIE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

LES PRIVATIONS ÉLÉGIE HISTORIQUE

Premiers parents du genre humain, dont Îa gourmandise est historique, qui vous perdites pour ? . .

une pomme, que nauriez-Vous pas fait pour une dind les? mais il n'était dans | ki inde aux truf es ! mais 11 n était dans le parads terrestre ni cuisiniers ni confiseurs.

Que je vous plains !

Rois puissants qui ruinâtes la superbe Troie, votre valeur passera d'âge en Âge ; mais votre table était mauvaise. Réduits à la cuisse de bœuf et au dos de cochon, vous ignorâtes toujours les charmes de la matelotte et les délices de la fricassée de poulets.

Que je vous plains |

Aspasie, Chloé, et vous toutes dont le ciseau

des Crecs-cterniwa lesstormes pour le désespoir les d'aujourd'hui, jamai re boucl des belles aujourd hui, jamais votre ouche LA . . .

charmante n aspira la suavité d’une meringue à la vanille ou à la rose ; a peine vous élevâtes-vous . » . .

jusqu au pain d'épice.

Que je vous plains

Douces prêtresses de Vesta, comblées à a fois de tant d'honneurs et menacées de si horribles supplices, si du moins vous aviez goûté ces sirops aimables qui rafraichissent l’âme, ces fruits confits qui bravent les saisons, ces crêmes parfumées, merveilles de nos jours |

Que je vous plains |

Financiers romains qui pressurâtes tout l'univers connu, jamais vos salons si renommés ne virent paraitre ni ces gelées succulentes, délices des paresseux ; mi ces glaces variées, dont le froid braverait la zone torride.

Que je vous plains l

Paladins invincibles, célébré par des chantres gabeurs, quand vous auriez pourfendu des géants, délivré des dames, exterminé des armées, jamais, hélas ! jamais une captive aux yeux noirs ne vous présenta le champagne mousseux, le malvoisie de Madère, les liqueurs, création du grand siècle ; vous en étiez réduits à la cervoise ou au surêne

herbé.

Que je vous plains

Abbés crossés, mitrés, dispensateurs des faveurs

du ciel ; et vous, Templiers terribles, qui armâtes

vos bras pour l’extermination des Sarre zins, Vous ne connûtes pas Les douceurs du chocolat qui restaure ou de la fève arabique qui fait penser.

Que je vous plains |

Superbes châtelaines, qui, pendant Le vide des croisades, éleviez au rang suprême vos aumôniers et vos pages, vous ne partageâtes point avec eux les charmes du biscuit et les délices du macaron.

Que je vous plains ]

Et vous enfin, gastronomes de 1826, qui trouvez déjà la satiété au sein de l'abondance, et rèvez des préparations nouvelles, vous ne jouierez pas des découvertes que les sciences préparent pour l'an 1900, telles que les esculences minérales, les liqueurs résultat de la pression de cent atmosphères ; vous ne verrez pas les importations que des voyageurs qui ne sont pas encore nés feront arriver de cette moitié du globe qui reste encore à découvrir ou à explorer.

Que Je vous plains |

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Achevé d'imprimer le 3 juin 1926 par l'Imprimerie Fontaine-Dupont à Montreuil-sur-Mer (Pas-de-Calais)

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