CHAPITRE II
Des troubles qui surviennent chez la femme après la castration
Nous croyons avoir suffisamment prouvé, en nous appuyant sur les données de l'anatomie pathologique et de la clinique, que la femme atteinte de salpingoovarite n'était pas un être voué nécessairement à linfécondité, et par avance, condamné au pointde vue fonctionnel.
L'étude des troubles qu’amène chez la femme la castration bilatérale fera l’objet de ce chapitre.
Nous étudierons tour à tour les modifications anatomiques, les fonctions génitales, l’état général et enfin la mentalité de cet être incomplet qu'est la femme castrée.
À) C'est Keppler (1) qui a étudlé avec le plus détails et de précision les modifications anatomiques que présente le corps de la femme privée de ses ovaires. L'auteur allemand a fait cette étude d’après 46 castrations.
Pour lui :« le diamètre conjugué du détroit supé-
(1) Keppler. Xe Congrès international de médecine de Berlin, 1890. Annalesde gynécologie, 1890, p. 312.
Sp
| La 38 — JR A ü
“rieur S 'est raccourci peu à peu, d'autant plus ne le sujet était plus jeune @ x TE dy utérus s’est également atrophié et d’une manière continue de 8 à 2 centimètres en l'espace de 10 années ; pareillement Je vagin. est devenu plus court et plus étroit, et sa. muqueuse plus pâle; les grandes lèvres se sont amincies. À ne Les seins sont devenus plus petits, semblables aux seins des hommes,
« Les pigmentations brunes du mamelon, de
. l’aréole, etc., ont complètement disparu, aussi bien. que les p attone pigmentaires pathologiques. La peau
k no est devenue remarquablement bianche.
NF:
© Pas Ni du système pilaire, ni de la
voix +
«€ La Vote à ns. généralement Si= |gualée n'existe pas.
Ce sont là, somme toute, les modifications de la | ménaupose et. linvolution sénile prématurée. | Sokoloff : (#) considère les ovaires comme les centres trophiques de la couche musculaire de l'utérus et
Den ainsi l’atrophie de celle-ci à la suite de la
s castration.
L'adipose, te très thadiieote existerait dans un tiers des cas environ, liéé à des troubles de ia nu-
@ Tout récemment (Congrès de Laryngologie, mai 1896) Casteæ est revenu sur les rapports de la voix avec la castration. 11 conclut de la mème façon que Keppler, l’action lui ayant paru nocive seulement une fois sur ses observations. L'opération pourrait cependant nuire à la! voix par les autres troubles qu’elle entraîne (congestions diverses, dyspepsies, hypochondries, ete).
(2) Sokoloff. Influence de la castration “ovarienne sur la structure. de l'utérus,
“Arch. £ Gyn., 1896, p. 51.
trition (1). C’est la conclusion de Jayle, citée par Lissac (?). D’autres fois, au contraire, l’amaigrissement a été noté. |
Perrin (*) prétend que la suppression des ovaires expose les femmes au cancer de l’utérus. Son opi- ‘nion appuyée sur une statistique assez considérable à été d'ailleurs énergiquement combattue. :
B) Ce sont naturellement les fonctions génitales qui sont le plus directement atteintes par la castration.
Nous n'insisterons pas sur la fécondation qui est irrémédiablement sacrifiée; c’est là-dessus que nous nous sommes basés, surtout, pour plaider en faveur des interventions moins radicales. Péan (©), traitant cette question, fait la comparaison avec l'ablation unilatérale et constate la facilité avec laquelle la fécondation s'exécute dans ce dernier cas. «Chez quelques-unes, dit-il, qui avaient été jusquelà stériles, l’ablation de l'ovaire malade a facilité la fécondation. »
La ménaupose artificielle, la suppression plus ou moins brusque, plus où moins complète de la menstruation est, sinon le premier, au moins le plus apparent des symptômes fonctionnels de la castration.
(1) Lissae, Traitement des troubles conséculifs à la castration chez la femme. Opothérapie ovarienne, thèse de Paris, juin 1896.
(2) Grammatikati, Vratch, 1831, n° 1.
(3) Perrin. Pheladelph. obst. Soc. in American gyn. and Obst, Journ. Janvier 1896.
(4) Péan. Vie génitale de la femme après ablation des tumeurs du ventre. Gazette médicale de Paris, 1880.
On Lors de la première jépoque qui suit l'opération, la menstruation se produit cependant d'ordinaire. Elle reparaît dans quelques cas, une seconde fois, le
plus souvent. Tout se borne là, et sauf quelques
pertes sanguines, accidentelles, irrégulières, -on ne note plus rien qui rappelle la menstruation périodique (1). |
Dans certains cas cependant la persistance anormale de la menstruation à été notée : l'explication de ce fait demeure indécise.
Pour Engelmann (?) ils’agit le plus souvent d’une ablation incomplète: « La persistance de la menstruation après ablation double est due à des restes du stroma ovarien laissé in situ.
Si petites soient-elles, ces portions, que les trompes de Fallope soient ou non enlevées peuvent conserver leur activité et remplacer les fonctions de l’organe entier.
On pourrait encore trouver une explication dans la possibilité de l’abandon d’un ôvaire surnuméraire (De Sinétv) (?) ou. de cotylédons accessoires (Hermann) (#. Cette dernière disposition n’est pas
| d’ailleurs d’une extrème rareté, Beigel l'ayant ren-
contré 8 fois sur 350 cas().
Enfin dans les cas ou lopérateur « a eu dans les mains les trompes et les ovaires bien complets »
(4) Lecaze. Résultats physiologiques de la castration totale. Thèse de Bordeaux,
(2) Engelmann. South. surg, and Gyns assoc. Nashville.
(3) De Sinéty ovaire surnuméraire. annales de gyn. t. VII.
(4) Hermann. Ovaires accessoires. Wien. méd. Woch, 1877.
(5) Beigel. cité in L. Tait Maladies de l'ovaire 1886.
Re (Richelot) la persistance de la menstruation ne peut s'expliquer que par cette habitude de lorgane qui résiste même en l'absence de l'excitation périodique de l'ovulation. |
Cette dernière hypothèse est d’ailleurs d’accord avec ce fait que l'abolition du flux menstruel s'effectue en général progressivement. L’habitude de l'organisme suffit pendant quelque temps au maintien de la fonction, puis l’ovulation, cause excitatrice, continue à faire défaut, la menstruation s’arrête d’une façon absolue.
L'influence de la castration sur l'appétit génital de la femme a été diversement interprèté par les auteurs.
Disons cependant que la plupart ont constaté la diminution ou même la perte des désirs chez leurs malades. C'était même là un des arguments des adversaires de L. Tait qui lui, basait son opinion contraire sur ce fait que chez la femme bien plus que chez les animaux, les manifestations de l'instinct génésique sont indépendantes de l’ovulation.
Il ne faudrait cependant pas exagérer dans ce sens, Sous peine d'arriver aux conclusions vraiment excessives de Keppler (!), qui prétent que la castration ne crée aucun obstacle au mariage et qui considère le mariage avec une femme castrée comme le type idéal du mariage malthusien.
L'opinion modérée nous parait ici la plus sage et
(1) Keppler. loc, cit.
RTE CREME
-uous admettrons que, si la plupart du temps surtout -chez les femmes d’un certain âge (Keppler) l'appétit -Sexuel est complètement aboli, parfois chez les malades jeunes en particulier, il persiste seulement diminué ou même absolument intact ; il est exagéré chez quelques-unes. Les conclusions sont lesmême pour le plaisir éprouvé (#).
C) Les troubles généraux consécutifs à la castration ont été peu étudiés. À peine signalés par quelques chirurgiens, ils sont complètement passés sous silence par les autres qui ne paraissent pas y attacher grande importance. +
Jayle (?) cite comme exemple le cas d’une malade qui, aprés ovarectiomie double « éprouve des troubles nerveux assez prononcés, des bouffées de chaleur, plusieurs fois dans la journée, accompagnées de maux de tête l’empêchant de se livrer à ses occupations, elle a peu de sommeil la nuit; elle est réveillée par des bouffées de chaleur et des sueurs abondantes; elle présente de l'agitation; il lui est impossible de rester en place; dyspnée et vomissements depuis quelque temps. » Ces divers phéno- mènes, auxquels un examen approfondi eut sans doute permis de joindre quelques autres, n'empèchent pas de citer la malade comme « complètement guérie. »
(1) les statistiques de ce genre sont forcément sujettes à caution. C’est -cependant une opinion intermédiaire qui.se dégage de la plupart. Nous ne citerons que la statistique toute récente de Jayle (in thèse Lissac) qui porte sur 21 cas.
(2) Jayle. Troubles consécutifs à la castration traités par l'oothérapie ovariene Presse médicale 9 mai 1896,
FE PRQTRE
Cette différence dans la manière d'observer, explique suffisamment la diversité des appréciations sur les résultats éloignés de la castration chez la femme.
Les troubles qu’on rencontre le plus souvent sont
les bouffées de chaleur, les céphalées, la rachialgie, des congestions viscérales éloignées, des hémorragies supplémentaires, parfois régulières et à rythme mensuel, des troubles circulatoires.
« Les bouffées de chaleur constituent assurément le phénomène le plus constant. Très fréquentes chez certaines opérées, revenant plusieurs fois dans la journée ou dans la nuit, elles se rencontrent plus raremént chez d’autres et tendent alors à affecter un rythme mensuel, apparaissant à l’époque présumée des règles.
« Chez certaines femmes, c’est une rougeur à peine sensible et passagère qui monte au visage. Chez d’autres le corps entier semble congestionné et secrète une suèur abondante pendant un temps qui peut excéder dix minutes.
.« Chez le plus grand nombre, la crise dure deux ou trois minutes. La femme est prise subitement d'un sentiment de vertige, le visage se congestionne, les mains deviennent brülantes et la sueur perle sur toute [a surface du eorps. La malade est obligée d'interrompre son travail elle se sent comme menacée d’une syncope, elle dénoue sa chevelure et dégraffe ses vêtements, car il lui semble qu’elle étouffe.
€ La crise terminée, elle reprend son travail pendant une heure, une demi-journée, un jour une semaine etc.. sans être incommodée de nouveau.
PNR 0 Er
« Les crises semblent s’atténuer avec le temps, mais peuvent durer des années. » (Thèse Lissac).
L'étude des congestions viscérales ne présente pas moins d'intérêt. Lissac cite l'observation très curieuse d’une opérée chez laquelle tous les mois apparaissait une bronchite caractérisée par des ràles sibilants très nombreux et très forts. On a signalé : des laryngites, des trachéites ; des poussées congestives du côté du foie (Baudron) (‘)et des seins (Baudron. Pinesse) (?).
La périodicité fréquente de ces phénomènes permettent de les rapprocher des hémorragies à type supplémentaire, épistaxis, hématémèses, hémoptysies, hémorroïdes, rapportés par de nombreux auteurs.
On a même signalé des cas d’éruptions périodiques de purpure coïncidant avec le moment présumé des règles.
« Tous ces troubles, dit Doléris (#), peuvent s'exagérer aux époques ordinaires des règles, attestant les habitudes déjà contractées par l'organisme tout entier, solidaire de la vie utérine, et dont le retentissement s'exerce même sur les organes qui paraissent en ètre le plus indépendants. La femmie a acquis un besoin de la spoliation sanguine, à laquelle elle s’est habituée, et, parfois l'établissement spontané d'hémorroïdes ou l'emploi rationnel des purgatifs à
(1) Baudron. De l’hystéractomie vaginale appliquée au traitement chirurgicale des lésions bilaterales des annexes. Thèse Paris 1894.
(2) Pinesse Résultats éloignés de l'ablation bilatérale des annexes par la
laparotomie. Thése Paris 1894.
(3) Doléris. — Nouvelles Arch. d'Obstétrique. 1893, p. ‘193.
ADN
époque fixe ont pu faire rentrer dans l’ordre tous les. troubles auxquels nous venons de faire allusion. »
Nous n’aurons garde de passer sous silence les troubles du système nerveux.
La céphalée sans être très violente est continuelle, caractérisée par de la lourdeur de tête, parfois accompagnée de bourdonnements d'oreille, de vertiges.
L'insomnie est fréquente. Le sommeil est troublé: par des cauchemards.
Baudron à signalé des crises de strangulation spasmodique.
L’asthénie neuro-musculaire se rencontre souvent. Les malades sont comme annéanties, leurs jambes ne peuvent les supporter et elles éprouvent des fourmillements, des sensations de chaleur ou de froid, parfois même de vives douleurs dans les membres. On a signalé des névralgies faciales ou lombaires.
Le caractère est souvent modifié, les opérées deviennent irritables, méchantes, impatientes.
La mémoire est généralement diminuée (Jayle cité par Lissac). |
Si nous ajoutons à ce tableau les troubles dyspeptiques qui ne sont pas rares, et les palpitations cardiaques, nous pourrons avec Lissac, le considérer comme un de ces états neuwrasthéniformes avec SsyMmp— tômes organiques et psychiques étudiés par MM. Levillain (1) et Veuillot (?).
Ce sont bien là les troubles qui surviennent au
() Levillain. — La neurasthénie, 1891.
(2) F. Veuillot. — La neurasthénie et les états neurasthéniformes. Thèse de Paris. 1896. :
moment de la ménaupose naturelle, avec la prédominance marquée des phénomènes congestifs, mais ces troubles tantôt à l’état isolé, tantôt réunis au complet chez une seule opérée, sont ici singulièrement exagérés. Il est à noter qu'ils sont bien plus fréquents et plus accusés chez les opérées qui n’ont plus aucun écoulement sanguin.
Leur intensité peut parfois être telle, que la vie de la malade en est profondément altérée.
D) Passons à l’état mental des femmies castrées. Nous avons déjà effleuré la question, en énumérant les troubles du système nerveux. Que ces troubles s’exagèrent, deviennent prédominants, et. l’hystérie ou Ja psychose sont bien près d’être constituées.
C'est là, un point sur lequel l’accord est loin d’être fait. Voici de quelle facon Régis () expose l’état de la question : « En Amérique, nous nous trouvons provisoirément, dit-il, en présence de deux opinions absolument contradictoires : 14° d’une part, celle du D' Alice Bennet (de Norristown) qui, sur six cas récents d’ablation des annexes par section abdominale, aurait obtenu : dans trois cas, la guérison physique et une amélioration mentale très marquée avec proz babilité de guérison ; dans un cas d’épilepsie d’origine puerpérale, l’amélioration des accidents convulsifs sans amélioration mentale correspondante; dans un cas enfin, la mort survenue par péritonite, six. Jours après l’opération.
« 2 D'autre part, Popinion du D' Thomas Morton
(1) Régis. — Cas de folie consécutive à une ovaro -salpingectomie. Nouv. archives, de gynéc. 1893, p. 556.
qui soutient, non seulement que l’oophorectomie est incapable d’avoir un effet salutaire sur un trouble mental préexistant, mais encore qu’elle peut, chez des personnes saines jusqu'alors, déterminer l'éclosion de diverses névroses et même la folie. Il existe, en effet, déjà d'assez nombreux cas de ce genre, cités par les gynécologistes (1). Le professeur Deboove () a rapporté un cas d’hystérie développée chez une femme ovariectomisée et, après lui, Desnos déclare avoir observé deux fois l’aliénation mentale à la suite d'ovariectomies. Il s’ensuivrait que l'ablation chirurgicale des annexes chez les femmes, serait une arme à deux tranchants, disposant suivant les cas le bien ou le mal, rendant aux unes la raison, et provoquant chez les autres la folie. »
Le malade dont Kégis rapporte l'observation n’était pas exempte d’hérédité. Elle fut prise de folie huit jours après une ovaro-salpingectomie double par laparotomie, et très améliorée par des injections de suc ovarique.
Denis (1885) (3), Lecaze (1895) (*), dans leurs thèses font une excellente revue générale de la question et signalent quelques statistiques.
Keith donne 10 0/0 de malades comme présentant des troubles moteurs après la castration. Coe ()
(1) Vène. — Étude sur les délires post-opératoires. Th. de Paris. 1892,
(2) Deboove. — Société médicale des hôpitaux de Paris, 18 nov. 1892.
(3) Denis. Psychoses consécutives aux opérations sur les organes génitales de la femme, {thèse de Montpellier, 1889.
(4) Lacazc. Loc. cit.
(5) Coe Readings of New-York’s, Ac, of med, mai-avril, 1890.
trouve cette assertion eXagérée; Tait affime n'avoir rencontré qu'un seul cas sur 271, et encore chez une prédisposée.
La communication la plus intéressante est certainement celle de Werth (de Kiel) (1), qui rapporte six nouveaux cas de folie consécutive à des opérations pratiquées sur l'appareil génital de la femme : hystérectomie, castration, ovariotomie, Pour trente-deux extirpalions totale de matrice. deux cas de psychose ; pour cent’ soixante ovariotomies, deux cas; pour trente-six custrations, deux cas. Cinq fois, il v eut : mélancolie, une fois manie. En ce qui concerne l'époque de son apparition, la maladie s’est montrée une fois au troisième jour après l'opération, une fois au huitième jour, deux fois au bout de trois et de cinq semaines et deux fois après la sortie des malades qui avaient quitté la Clinique, l’une vingt-quatre Jours, l’autre trente-huit Jours après l'opération. La durée de la maladie était variable. Dans trois cas, la guérison suürvenait au bout de quinze Jours, de quatre mois et de six à huit mois. Dans deux cas, il y a eu amélioration; une malade s’est suicidée trois mois et demi après l’opération. Dans le cas où la guérison S’est effectuée au bout de quinze jours, il s'est produit une violente éxaltation avec délire. Trois des opérées avaient des antécédents héréditaires de folie et trois avaient dépassé la ménaupose longtemps avant l'opération.
Werth a recueilli à ce propos, dans la littérature, vingt-quatre cas analogues aux siens.
(1) Werth. Archiv. f. Gyn., 1888, n° 32.
NU
Etant donné l’âge avancé de trois de ses malades Werth élimine comme cause les troubles fonctionnels dûs à la mutilation des organes sexuels.
C'est au contraire la seule explication que donne Landau de ces troubles psychiques. C’est aussi lopinion de Furstner (!) qui à vu une femme hystérectomisée par Herm Lossan, prise d’aliénation mentale au moment où elle attendait ses règles,
Furstner rattache cette manie aux troubles cireu-
latoires du cerveau qui surviennent, grâce à l'impossibilité de l'organisme, d’évacuer la quantité de sang périodique habituelle.
. Ce fait, que la disparition de la menstruation produit souvent, en dehors de tout traumatisme, d’une façon évidente des psychoses à marche rapide et aiguëe, semble bien en faveur de cet opinion, qui met chez les femmes castrées les troubles moteurs sous la dépendance de la suppression de cette importante fonction.
L'idée que toute grossesse est désormais impossible peut encore bien jouer un certain rôle dans l'apparition d’altérations mentales chez des femmes jeunes désirant ardemment avoir des enfants.
Quant au traitement des psychoses et de l’hystérie par la castration, il paraît condamné.
Un des derniers cas publiés est celui de notre maître, le D' Pamard, au Congrès français de chirurgie de 1895. Il s'agissait d’une religieuse cloitrée présentant des phénomènes hystériques d’une grande intensité avec vives douleurs pelviennes, ayant résisté à
(1) Furstner. Berlin. klinische Wochenschrift, 23 août 1880.
ISA TS ADS
tous les traitements. L’ablation des deux ovaires microkystiques fut suivie d’une amélioration de quelques mois, puis les troubles reparurent aussi marquées qu'avant l'opération. Dans une seconde intervention énergiquement réclamée, le chirurgien réséqua une portion de l’épiploon adhérente à la cicatrice. Cette fois encore l’accalmie ne dura que peu de mois. ,
Terminons en rappelant ce fait constaté par tous les auteurs que les troubles que nous venons d’étudier sont beaucoup plus fréquents et plus intenses chez les femmes jeunes que chez celles qui approchent à la ménaupose. Or, nous savons que les interventions pour suppurations pelviennes portent dans l'immense majorité des cas sur des femmes jeunes.
Dans ces derniers temps, l’injection de suc ovarien (oopothérapie) a paru donner d'excellents résultats contre les troubles de la castration.