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Notre dernier mot s'adressera aux amis de la paix. Nous les conjurons d'y penser : s'ils veulent arriver au but qu'ils se proposent d'atteindre, ils doivent commencer par élever leurs enfants autrement qu'on ne le fait aujourd'hui, leur mettre entre les mains des livres dans lesquels l'histoire réelle leur soit montrée sous son véritable jour, et ne confier le soin de former leur esprit et hur CDCur, qinn I il leur est impossible
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de s'en charger eux-mêmes, qu'à des maîtres éprouvés et très-ferinement dévoués à l'œuvre de Tabolition de la guerre. L'éducation actuelle est en contradiction perraanenle avec nos principes. Elle n'est nullement propre à inspirer aux jeunes gens des sentiments pa-r citiques. La poésie et tous les autres arts contribuent à altérer leurs dispositions bienveillantes, en leur faisant admirer les exploifs militaires, dont ils ne leur montrent que le côté brillant, leur en dissimulant toujours les côtés odieux. Ils fascinent leurs regards par des trophées étincelants et charment leurs oreilles par des chants de triomphe, quand il faudrait frapper leur imagination de ces spectacles affreux qui se montrent à chaque pas sur les chaujps de carnage. Les divins accords de l'art le plus doux, de celui qui dispose le plus les êtres doués de sensibilité à se rapprocher et à s'entr'aimer, sont employés à exalter la plus dure et la plus farouche des passions et mis au service de la science de la destruction. Que de jeunes gens, rien qu'en regardant parader un régiment au son d'enivrantes harmonies, se sont cru une vocation pour la profession des armes, et ont ainsi laissé détourner de leurs fins et déplorablement égarer leur activité et leur énergie ! Quel désenchantement lorsqu'en un jour de bataille ils n'ont plus entendu d'autre musique que l'effroyable tonnerre de la canonnade et des feux de pelotons, mêlé aux gémissements des mourants, et lorsque ces beaux uniformes et ces armes qu'on avait fait scintiller à leurs yeux éblouis ont été
souillés de sang et couverts des entrailles jaillissantes de leurs compagnons d'infortune ! Disons enfin qu'en cette matière les auteurs grecs et latins abondent en exemples et en principes mauvais, tout en étant, sur d'autres sujets, pleins de beaux exemples et de bons préceptes. A Dieu ne plaise que je propose de les exclure de Tinstruciion classique ! Mais je voudrais qu'on ne les fit servir à l'éducation qu'accompagnés d'enseignements destinés à en prévenir les dangers. La philosophie a pour mission d'enseigner que la véritable gloire, pour les individus comme pour les nations, consiste à faire du bien aux hommes, en améliorant leur condition matérielle et surtout en faisant progresser leur intelligence et leur moralité, et non à ajouter toutes sortes de fléaux aux maux inévitables qui sont naturellement attachés à la condition humaine. Mais sa tâche est rendue plus difficile quand déjà les études historiques et estliéliques ont imhu les jeunes gens de faux principes. Il faut donc que 1 histoire leur soit enseignée désormais avec plus de saine critique, et que leur éducation littéraire se fasse dans un nouvel esprit. Encore une fois, si les amis de la paix tiennent à être conséquents à leurs principes, ils doivent écarter avec le plus grand soin de l'éducation de leurs enfants tous les enseignements et tous les exemples qui y sont opposés. Cet avertissement de notre part ne leur semblera point trop sévère, s'ils veulent bien considérer que nous le leur devions pour (jue nous eussions la conscience d'avoir rempli enverS
iQO . TROISIÈME PARTIE
tous le rôle de sainte direction que nous avons osé prendre ici, en consultant peut-être plus l'ardeur de notre foi que la mesure de nos forces.