‹ De la guerre et des armées permanentesChapitre 28 sur 36 · SUISSE · texte numérisé non relu

SUISSE

J^arrive enfin à ime nation qui, par le système d'organisation de sa force publique et d'administration de

ses finances, aussi bien que par la simplicité et l'austérité de ses mœurs et le vif sentiment de son indépendance,serait digne de servir de modèle à la plupart des autres nations européennes. Ce n*est pas que je me dissimule les progrès que , sur plusieurs points , la constitution des cantons a encore à accomplir : dans la troisième partie, j'en dirai quelques mots seulement, n'ayant point à en traiter spécialement dans cet ouvrage; mais, telle qu'elle est, elle me parait, au moins sous le rapport qui nous occupe ici, bien préférable à beaucoup d'autres. Elle ne permet point d'entretenir une armée permanente : c'est le seul État de TËurope qui donne aux autres cette bonne leçon de sagesse et d'économie. En cas de guerre, les cantons doivent fournir ensemble un contingent d'environ 87,000 hommes, avec une réserve et une landwehr qui seraient ensemble de 11S,000 hommes. L'armée active pourrait ainsi être portée à plus de 200,000 hommes. Les cantons s'imposent alors extraordinairement. Mais, en temps de paix, qui est devenu l'état presque habituel de la Suisse, l'armée ne coûte presque rien, car * les soldats restent dans leurs foyers. Chaque citoyen étant soldat de 20 à 44 ans, et personne ne l'étant de profession, il n'y a pas à tenir compte ici de la somme correspondante à la perte du produit du travail d'une armée permanente. La Suisse n'a pas d'ailleurs de dette publique. On voit dès lors que la dépense militaire se borne presque à la somme que représentent les frais d'administration et d'entretien d'un cadre permanent de 694 ofBciers de tous grades, et l'intérêt

STATISTIQUE DES ÉTABUSSEMENTS MlUTAIRES 24S

de la valeur de quatre places fortes et du matériel de Tartillerie, valeur estimée environ 25 millions de francs.

Francs.

L'intérêt de cette somme, à 4 pour 100,

est de !,000,000

La dépense pour rentretien du matériel, les frais d'administration et autres menus frais, est de 3,147,800

Total général annuel de la dépense militaire 4,147,800

Le budget en recettes étant de 19,781,961 fr., cette dépense ne s'élève pas au quart du chiffi*e de la recette totale du budget de l'État. C'est le seul exemple ^e ce genre que j'aie eu à signaler dans toute l'Europe.

Les documents détaillés qu'on vient de lire sont résumés dans le tableau suivant, qui en reproduit les éléments principaux et qui permet de voir d'une vue d'ensemble le bilan général de la guerre et des armées permanentes européennes, en même temps qu'il rend les comparaisons plus faciles et plus promptes entre les effectifs et les dépenses des divers États.

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