DEUXIÈME LETTRE
Conseils pratiques et généraux sur les études possibles A un
homme du monde.
Mon ciiEh ami,
Je vous ai montré dans ma première lettre combien de gens ne travaillent pas, ou pas assez, dans le monde et dans les diverses carrières sociales, et combien pourraient et devraient travailler davantage.
Mais, pour (Mre juste, je dois l'ajouter, mon ami, ce n'e.sl pas toujours la bonne volonté qui manque, ni le désir de triivaîller et de faire quelque chose. Il faut en convenir, avec les distractions inévitables de la vie du monde, et dans risolerocnt où Ton s*y trouve d'ordinaire pour le travail, il y a pour des études sérieuses, bien conduites, de réelles
LBTTR8 II. — CONSEILS PRATIQUES. tS
difficultés; beaucoup moindres copendanl qu*on ne se limaginc. Ce que nous allons diro le montrera surabondamment.
Uu*cst-ce qui, dans le monde, arrête tout (ral)ord (|tiand «n voudrait $e tnettre enfln sérieusement h travailler? Lo Noici. Cesl que d*ordinairc on n*a ni une excitation puissante, ni un but prochain, ni surtout, Ct? qui importe tant, ini bon plan, une bonne mélhoiic.
On ne sait pas m^mo quelquefois ce (tu'il faut étudier, ni ics livres qu*on pourrait lire.
On sait encore moins la manière de lire et dVtudicr avec :ruii.
Travailler ainsi dans le silence, seul et sans guide, et faire un travail suivi, et ne pas éparpiller ses éludes, ses fusais, mais s*attachcr à un plan qui coordimno et ramène A limité tous les efforts, & une méthode qtû permette do Urer profit de tout ce qu'on lit, voilfc le difllrile. Voilà ce dont la bonne volonté même ne peut venir & bout. Que de ■'Ms j'ai reçu sur ee point des contUlone.es désolée» \ Couil'ien n*ai-Je pas vu de jeunes hommes, ou d'honunes déjà mrtrs, venir à moi et me dire avec triste.v.se : « Vous voulez 'lue je travaille! mais que faire? Travailler! mais comment? yuelestleplan, la méthode, les livres? »
U y a longtemps que, préoccupé du désir do venir en aidoàcebon vouloir, attristé en vosanteriie déperdition 'l«' tantde talents, cette inutilité de tant de vies, j'avais son^é .: cxposor (iuel(tues-unes de mes pensées sur les éludes qui conviennent aux iol.sirs d*un homme du monde, et mémo <'^Na\é de tracer un plan, une méthode facile et pratique l'oiir chaque branche de ces études, -• ('/est mémo dans ce l'iii, mon ami, vous le savez, que j*ai fondé & Orléans, à <'»ié de celles qui existaient déjh, une nouvelle société liltéraire, votre Académie de Saintc-Ooix. J'ai dit à vous, et à quelques hommes sérieux et studieux comme vous : « Vous
ti lETTRc» k IN nom m: »vmu
réunisse f-voos, format un c^nlw qui vous nûlk»^ «m tbwr qui TOUS M)aa(îi^ainf$od(M(^ d^auni^ cl d>«ttul<^ iravàilUiTi: chacun selon sson ctvAt et $e« aptitudes^ se <\>ininiEimqiiar; leurs travaux dans des Mimions p^ruviiques ies SMWnewan: à une critique «nutuelleei bi«iTCi liante. »
Il n'ii paru que c>uii U un moyen eToeUcnt M Aïolf pour tirer les esprits de HM^lcment qui jvaralyse^ 1<^ <*icciier Ifis nns par les autnws et cT>^er. dans \n)e vUic ^%3à uni d>lcments pour une soci^i^ de ce jjenïy» se ïy*nci>nira>eni^ mu acuf mouvement dYiudes. unenoWe en\s»nde ^wniUiiiot pour des^rieun travawv lùu^rain'^s.
Nais ce n^est )vas tout« mon ami; po))rtout )v<^mnne qn. veut ^ludier^ je le disais towi à Theure^ ce qui est n^c<c^5SJiirf avant toutn c^est un plan dViudcs^ une Kx^ne mcibv^ dr travail; etc^'est par là qu'il faut c*Nmmcn%vr. ♦ t>s:j*<»nUc;, ^ di^ijt à son ^Is le chancelier d'X^^esseau^ ««4 4<^ voii^ • former d>K>T>d un plan ^n^ral des eiudes qnc xwits Mcv c< sur )e point d>ntTy^prendT>^^ de s\u\t>^ ce plan axyv' <*r4ri a ti fidclne^ cî surtoui de ne |v>n>i vous ci>a\"cr ^e î4,^r « ^tesndoe. Oc n'est >v>nu un rouN^^^-i^ d'on >N«r n* )in/»P^"^ « à^ne année; mais^ quelque lon^ quM )*^\unsc ^i^e^ ^ x^nr* « ôw exact à en exécuter toos les >Nur> une ^vam^s vo<j> « 5i«rey comme ceu\ qui^ dans les travaux qu'ils i^xm ftiii^
< $uivennot\ioursunhonplan>sa«sjama>schar^^r a A*nn»«'
< ils ne perdent point de \ewps> ils wcuenl à ^M\Nf\i i4Mîîf r la dépense qu'ils font. Inscn>vhlement^ V<Nh(ice ^cu'va, « }» ouvrages savancent^ cIn quelque lent quV>* ^*4< \t ^ proiï^ on arrix^e to\\iouT^ à U tin quVn ^e yvr«e^\*r, t ponrm que l\vn manche constamment s\^r )a m^^f^N^ )i|rne ^ « qu on lie peràe jamais de vue le plan que 1\npi ^\^ t îTBce une feis. •
Gespamte4e d'Ajtuesseau sont le Wn yen>N ui*^«^ . «a fTîdenî qn^l n>r a r^n à faxw^ quand on n'îiqv^*^ |^
26 LETTRES A UN nOVIIB l»U MONDE.
Cesl môme celle muUlplioiti^ dVliuios, entre lesquelles ils ne savent pas choisir, qui en arriMe plusieurs, ou qui annule leurs efTorts en les dispersant. On ne sait laquelle prendre de toutes ct^s voies; on h(!'siie,on u\tonne,ou revient sur ses pas, on perd son temps et sa peine, et llnaloiuenton se décourage.
En plaçant sous vos yeux, mon ami, et en présentant il tous ceux qui voudront bien me lire celte variété dVludes possibles, je ne conseille qu'une chose: cVst que, parnu toutes ces études, chacun choisisse celles qui vont le nùe«\ à son esprit et auxquelles ses éludes anlérieuros le préparent, celles en un mot pour lesquelles il se sent plu? d'attrait et d'aptitude. — « Mais, me dira t ou peut-éirt\ je ne me sens un goût prononcé pnur rien : je n'ai point de spécialité. » — « Vous vous trompez, répondraije, chacun a ses aptitudes propres. Les vôtres sont latentes peut«éin\ ignorées de vous-même; mais elles existent, et cVst lo travail, c'est une étude assidue et sérieuse, qui bienliM von> les révélera. » Que de spécialilés IVlude a ainsi fait surgir» qui périssaient dans Toubll et Tignorance dVlles•ménle^ ' Après quelque temps de travail, pénible peut étri^ au i\>m mencement, infructueux en appareiuM% sans lumière^ sar.^ charme, tout à coup des horizons s'ouvrent à la pensée, un attrait naît dans Tâme. On s'est découvert soi-même, et la vocation de sonespril. Je mets ce mol ici il dessein» Tré> souvent, pour donner à un homme toute sa valeur perst>n nelle, il suffit de lui faire trouver ce que j'appelle /«t VtKûti.'u de son esprit. C'est en effet ce qui décide tout.
Je me borne donc à offrir ici, selon la diversité dos osprits, diverses branches d'éludés ; je ne préiends pas le> imposer toutes à tous; et, sauf la lleligion, qui est pour tous l'étude nécessaire, j'incline simplement chacun du côte où il penche, je demande à chacun dentrer dans >;) voie.
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2* Mais ce que Je conseille sans hésiter tout d'abord, et à tous sans exception, et ce qui n*est pas d'un grand travail, et ce qui serait d*un immense protlt, c'est de revoir ce qu'on 8 déjà vu» c'est do reprendre ce qu'on a su, c'est àv pour* suivre ce qu'on a commencé. Vous avez passé de longues années à étudier les langues anciennes ou modernes» l'histoire, Id géographie, les sciences. — Ilélasl peu de temps a suffi pour emporter une partie de ce que vous aviez laborieusement appris. On oublie si vite les faits, les détails, la pure science! La vérité est que tout cola s'etïace et se perd; il n'y a qu'une chose qui reste» le talent, In force acquise par l'étude; le goût, le style, la grande forme littéraire. — Eh bien! Je ne voudrais pas qu'on InissAt rien perdre ainsi de ce qu'on a possédé; Je voudrais qu'on commençât par reprendre, d'un point de vue supérieur, les études auxquelles on s>st déjà livré. < Ave7.-vous fait vos humanités? dirai-Je à un Jeune homme qui veut entrer dans la voie du travail mile. £h bien! revenez-y: moins difllcile que vous ne croyez sera cette seconde élude; et avec combien de fruit et de charme les retrouverez-vous, ces anciens auteurs, ces illustres génies; et combien do choses que vous n'y aviez Jamais soupçonnées peut-être, vous y admirerez, y revenant éclairé» mûri par Tûgc, les étudiant» non plus par fragments, mais dans leur ensemble, en homme, non plus en enfant! »
De tous les conseils que Je me propose d'offrir ici, celuici est peut-être le plus utile tout à la fois et le plus facile à suivre, A lui seul, ce conseil suffirait pour att(3indre en grande partie le but que Ju propose, pour occuper avec
honneur et proilt les loisirs d'un homme du monde, et lui
donner une distinction d'esprit peu commune assurément.
d'' J'ajouterai aussi un conseil d'une utilité capitale pour quiconque veut ordonner sa vie dans un travail sérieux, et
laire de*, f îuàe> cl. .l: ri^r^f iriil c'esï cjc^. f*i:*. tvjsn; wm»» savoir iirt: cbuse f»îu> nrf cc\'^ï: nt j^^Ttue^ «JiVAir îi^<* c esi-inij'^ im^ ooe it inclure îhv; i:vt eioàt^ XiX.\t H %"***lAt : lire er Tair. ce tcsJ net ; V.re au*^T*t;vow)<*r.l, x^iij, *^ qni seul iiif>De i queJcoe cbvtse; î.re> M T)or« *>$M;)f«M'iii *:*/ ce qu'il laoï. ex ie lire Avec îoi.je, ; .:s«)a'âi: K>;;U tirar iîi; îà-*^ quand or Ta commeDce^ to;iî> enrone î:ne 3v^wv^mw^tiU *^t.^ preapiiaîicm, se DOûrrissâni de sa Wuîtt . L/i ir/ ^v/wb i,-
dii OL BBcien.
La vraie àeciuTe^ la voilà : c'est ceîle «^îh Un jva^sw^r i^m** amsi dire les cbdses dans notre sutistanoe^
Mais pour cela il faut rêûiViiir en U$ant, et liM\ji>«rs r**-. sDBier sa k»ctnre, s>n rendre un compl<^ eitaou àt t^ r sorte qii'iç»rès avoir lu un livre, on le possMe; H jvar cwtï séqnent il fai^t lii^ l\ tlime a tx iikin, habitude :j^Mive raine; noter, rédiger, pour les pWsiser ol le$ H\er^ se« n^ fleûons : autrement, tout est \*ague oi sVvanouit.
Et aasâ faire des extraits qu^on retrouve au l>e$oin«
Voilà ce que f entends par savoir lire, et u>ilà ce qui nVNl pas commun. Comme le disait M. de Talloyrand. on aimo ■ûenx lire paresseusement quWrire, admirer en quelque sorte passiTement le Trai^ le beau, le ^raud, que r^A^ir 9^ur sa lecture^ y appliquer éner^^iquem^nt son esprit, apprN^ier ce qu'on a la, s'en rendre maitre par un Jui^omout ferm^» ei définitif. — Rien de plus contraire au diH*oloppemenl do llnteUîgence qu'aune telle disposition»
Cest par Tactiviiè et la rt^aotion qu'on prolUo, ^{ quNui fortifie son esprit. Auurement^ il demeure lAoho et par^x senx^et reste pauvre^ quelle que soil sa riohoHAe apparet\te.
En an mot^ on est riche que do ce qu'où poKH^de» et on ne possède intellectuellement que ce qu'on a n'^KUtut^ |uir écrit, défini, recueilli, et par là mémo cIhhhi^ et raiiK^ daut» ga tète avec un jugement <|ui Tu fait «loUt
LBTTRB II. — CONSEILS PRATIQUBd. ^d
Lire, LA PLUMB A L4 MAIN, 681 absolumeot nécessaire poar les plus humbles comme pour les plus grands progrès. Quiconque ne fait pas cela, ou n^est pas décidé à le faire, ne fera jamais rien, n*arrivera jamais à rien. Vous vousplaignei de ne savoir pas écrire, de n'avoir pas de style, de ne pouvoir formuler, rédiger vos pensées sous une forme conveoable; d'être disirait, inaltentif; d'oublier. Eh bien! lisez u PLUMB A LA MAIN, et Cette excellente habitude, non^seuleaient vous empêchera d'oublier, fixera les dissipations de votre esprit, mais de plus vous apprendra à écrire, et formera peu à peu et très-efficacement votre style, parce qu'elle vous apprendra à réfléchir sur ce que vous aurez lu, à le goûter, Tadmirer, Timiter, ce qui est tout.
U PLUME A LA main! Il est probable que dans tout le cours de ce livi*e, je ne donnerai aucun conseil plus utile, plus elBcace, plus décisif. Sera-t-il suivi? Je veux rospérer.
4* Inutile de redire que je n'ai pas la prétention de tracer ici un plan absolu ni de tout indiquer; je ne cherche pas le moins du monde à être complet, mais à être pratique. Je ne conseillerai guère en chaque genre d'étude que les chefsd'œuvre et les ouvrage nécessaires ou de très-grande utilité. Paaci, sed bonL
Ni la même méthode, ni les mêmes études, ni les mênies livres, ne conviennent à tout le monde ; les uns peuvent plus, les autres moins. J'entends simplement ici ouvrir une route, et offrir, pour d'utiles travaux, quelques moyens entre beaucoup d'autres.
Gela dit, arrivons au détail, et commençons par les études qui paraissent les plus attrayantes et les plus faciles pour un homme du monde : je veux dire les études littéraires. Ce sera, mon ami, l'objet de ma prochaine lettre.
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TfiOISIÈÏE lETTRF
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TOCS rMiriî p*Ss moa cIut s^mu lutMiv^'^ c • v ^ht f^ài:si:; aatrvfo*.s de Wtude des l eUrt^ IVnà^fHAr v 1:œl^ : « Ce::e noble étude, ^jui oîTiv un *t\meva ^v'tv-vvv « pc«ir iaieunesse. ua charme jH>ur U x^ei^U >m\ u^ \W'> s x.«tit vims Li prvvSjVriie, uu 4>ilo et une cvm^m^UUv^ ^j^ n 4 I«**ntT«s, u:: Joax et p;3iiî4ble diMji^îis^eiwom ;iiu ïv^xcr v/ A Eies:i^::e. U3 :Mîo>ur§ ei uue force diiu« r«i)îU;ilKMi vUns j^ < Siir» el Ic$ surprises de U vie publu^ue V v
Je s«nbb;en pluKM leuu^ do douwndor oC\ mmU a^v^^^ •ri.iLleshoami.»s du monde t)ui« apr\V axxMr ^vuns-^civ j^ * .,^ ude des Lettres leurs preniii^re^ ol plus boUoN Anu\V;fs >"'•* cesLâeneai «lue^que chose. Je ne dis pas nit^me jn^ur U iv; mLcne de .eur esphl el U cvnisohUon de leur \u\ ui^^9^ ^sh^^ roccupaù >n de !eun> loisirs. iVo.sl que * les pivuu^r^> eUuU'^ « i:;:erairess. comme disait avtv ruisoti le cluuu eUor \r V 4, ^;iesseau, ne donnent quelacK^ do In UUiM uluiv. ^ SVu to,v,r ij, comme on le fait si souvent aujourirbuU c e^t tOj^ |v^\ pêaèifer; c>sl renoncer nit^me uu bi>ih^lloo de?» i^vuu^ivx études, car bientôt il n'eu reste plus que dos IracoA \s\u fases. Au bout de quelque temps, ou uoHt pluv ttttSue en état d'entendre les auteurs qu'on ouloudult \U\m hou eu fiuiee.
* Hm€ sIihImi •i^lnctikHitm «ftiHl, «^N^'lu^i^m <tMi»W(m^ w^'k^^^U^ »>> p«iMwl ^Wù, etc. vCaciftON* !^r9 Àn^hti ^m)i»M, vu, H.)
LETTRE ni. — LA LITTÉRATURB ANCIENNE. 81
Ce qui fait la faiblesse el rinsufflsance des premières éludes littéraires, c^esl le défaut de la pensée et de la réflexion; en d'autres termes, c*est Tûge auquel on s*y applique. En Seconde» en Rhétorique, et tant qu'une forte philosophie chrétienne n*a pas affermi Tesprit d'un jeune homme, le fond des idées manque, et par conséquent la vraie et solide liuérature : Tintelligence des grands principes littéraires est nécessairement superflcielle, et le sentiment du beau profond; le côté moral et religieux des Lettres, d'où leur vient leur grandeur réelle, leur haute et féconde influence, apparaît peu, frappe peu.
La littérature, on ne doit pas s'y tromper, n'est pas chose légère : pour en saisir la portée, la valeur, les vraies et profondes beautés, il faut une maturité do raison qui commence ii peine quand finissent les études classiques: c'est alors le moment de revenir sur ses pus, de visiter de nou* \cau les chemins parcourus, de remonter aux sources, de jeter un coup d'œil plussûr etplus péiuMantsurco dont on n'avait guère aperçu que la surface brillante : en un mot, cVst le moment, non d'abandonner, mais de poursuivre cette belle étude des Lettres, et d'un point de vue plus élevé et plus chrétien, si l'on veut y trouver la liaute culture qu'elles donnent & Tâme, si l'on veut se former par là un fonds riche qui alimente la vie et où plus tard on puise chaque jour, un foyer d'où partent incessamment les illuminations utiles, les inspirations puissantes.
Si donc un Jeune homme sorti du collège, ou un homme déjà nulr, voulait revenir h ces études pleines de charme, la première chose que Je lui dirais est collo-ci : Quelque restreinte que puisse être la part des loisirs que vous consacrerez aux éludes littéraires, faites de la littérature séricuso, et, dans le vaste champ des Lettres, n'allez pas au caprice otau hasard; mais dans la littérature ancienne comme dans la littérature moderne, choisissez avec soin, soit les genres,
LBTTRBS \ UN ROMMB DC MONOI.
soit les auteurs, soit les époques littéraires : c*est l^ premier soin, et il est capital. »
Je dis qu'il faut faire un choix entre les diverses branches et les diverses époques de la littérature, et décider tout d'abord celles qu'on veut de préférence et présentement étudier; c'est le moyen d'éviter deux défauts considérables : l'éparpillement des lectures, et la légèreté des études. Je ne dis pas que ce choix doive être immuable et qu'il faille vous enfermer dans un cercle inflexible ; mais je dis que pour un temps déterminé du moins, ce choix fixera votre attention et concentrera vos efforts : deux points indispensables pour que le travail soit fructueux.
Quant aux époques, on divise ordinairement la littérature en littérature ancienne^ comprenant les deux littératures grecque et latine; et littérature moderne^ comprenant la littérature française et les diverses littératures de TEurope. Quant à la littérature contemporaine^ elle n'a pas besoin d'être autrement définie que par son nom.
Les principaux genres, et si je puis dire ainsi, les grandes provinces de la littérature sont la poésie, l'éloquence, la philosophie et l'histoire. C'est surtout des deux premières qu'il sera question ici. Je traiterai à part des deux dernières.
Cette seule énumération démontre la nécessité de la règle fondamentale que nous posions tout à l'heure et avant tout : qu'il faut très-nettement commencer par faire son choix, et délimiter son terrain, eu égard à ses goûts et à ses loisirs.
J'ajoute maintenant ceci : c'est que, quel que soit le choix que l'on fasse, quelque étendu ou restreint que soit le champ qu'on vent embrasser, quelque époque ou quelque genre littéraire qu'on étudie, il faut en tout s'attacher aux grands auteurs, aux grands mattres, aux «çrands mod^lAg. On pent