‹ De la houilleChapitre 47 sur 116 · DÉNUDÀTIONS POSTÉRIEURES AUX ACCIDENTS 0E8 DÉPÔTS · texte numérisé non relu

DÉNUDÀTIONS POSTÉRIEURES AUX ACCIDENTS 0E8 DÉPÔTS

abondante. Il nous reste cependant à mentionner une classe d'accidents qui compliquent encore beaucoup les allures des couches; ce sont les dinudaiions postérieures aux ploiements, failles, etc.

Ces dénudations résultent de toutes les actions érosives qui ont pu s'exercer sur les surfaces houillères; elles ont porté principalement sur les portions que les accidents avaient le plus mis en relief. Ainsi j la surface des terrains houillers du Nord a dû être singulièrement inégale aussitôt après le ploiement énergique du terrain , mais des courants d'eau ont rasé cette surface, et enlevé les parties les plus saillantes, de telle sorte qu'aujourd'hui le terrain houiller, s'il était mis à découvert, ne serait pas beaucoiq^ plus accidenté que la craie qui lui est superposée. '^

C'est surtout quand les dépôts houillers sont restés à découvert, qu'on peut apprécier les profondes modifications apportées par les dénudations ; l'action érosive des eaux y a creusé des vallées, a emporté des collines entières ; de telle sorte, qu'on cherche vainement à relier, par la pensée, les diverses parties qui restent, celles qui établissaient le raccordement étant ou supprimées ou profondément altérées.

Une coupe prise au-dessus de Saint-Chamond (fig. 41 ), en travers des exploitations dites du Château, nous fournira un exemple des problèmes auxquels donne lien ce genre d'accidents.

Les couches forment sur le plateau, derrière le château de Saint-Chamond, un bassin isolé très bien défini par l'exploitation. Ces couches ont été ensuite reployées vers le

sud-est, de manière à reprendre Tallure générale du fond de batean principal ; mais le pli supérieur qui devait rendre ce mouvement évident a disparu par les effets de dénuda-

Ouest. P. Grangeon.

P. GonoD.

Est.

Fig. 41« — Coupe ferticale dee eoachei do cbifteaa prêt Saint-Chtmoud (Loire).

tions postérieures, de telle sorte que les couches sont bien indiquées vers Test par une reprise des affleurements et même par des travaux, mais sans que Ton ait pu encore en établir Téquivalence et la continuité.

Une coupe ainsi faite sur une petite échelle, et pour indiquer les conditions générales de Tallure des couches, ne peut, en effet, retracer les difficultés de toute nature qui s'opposent à la vérification nécessaire pour établir Téquivalence des couches de chaque côté de la dénudalion ; ces difficultés sont nombreuses, car, indépendamment des failles qui divisent le terrain, des renflements, étranglements et crains qui transforment les puissances, on reneontre encore une foule d'obstacles superficiels, tels que les cultures, les constnictions, et notamment celles de la ville de Saint-Chamond, qui se trouve bâtie sur les affleurements du pendage de Test.

- Les séries d'affleurements formés par les couches, soit

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sur les lisières des bassins, soit dans l'intérieur^ où elles ont été ramenées au jour par Teffet de failles ou de plis dénudés, seraient presque toujours des lignes droites plus ou moins continues, si le terrain était un plan à peu près horizontal. Mais les vallées creusées par Térosion, les collines arrondies et modelées par les eaux, ont singulièrement modifié cette disposition des affleurements. Que Ton suppose, par exemple, un affleurement en ligne droite et suivant la direction d'un bassin, traversé perpendiculairement par une vallée d'érosion; la ligne s'infléchira et se courbera en forme de fer à cheval : la vallée de la Ricamarie (Pi. XVII) oSre, sur une grande échelle, un exemple de cette disposition, qui se répète pour les plus petits vallons. Lorsque les érosions ont été assez énergiques pour isoler complet tement un massif en forme de témoin arrondi , les affleurements contournent ce massif et forment des séries de courbes convexes, comme il en existe autour de la colline du bois d'Aveize, près Saint-Étienne (PI. XV).

Dans les contrées où les couches de houille ont été peu accidentées, comme dans le pays de Galles, en Angleterre, toutes les vallées présentent ainsi, sur les versants cpà les encaissent, dés lignes d'affleurements parallèles, onduleuses et festonnées, presque identiques aux horizontales géométriques dont on fait usage dans la topographie.

Les lignes d'affleurement ne suffisent pas pour définir l'allure des couches, si l'on ne joint au tracé de ces lignes superficielles celui des lignes souterraines qui sont four* nies par les plans de mines. Les principales galeries des

rétode des acgîikl§d« co^ckes est yaêiileiMBt une étade de déCafl, qô memknase q«'ne certaÎM partie de

la Mr&ce d*an banm, et dost rappliatk» presque eonftante esl de rediercber le proloogcaint d'une coocbe in* terrompue; elle condnl à réunir tontes ks données néces* fairet pour tracer Tallnre probable d*un faisceau de cou« cfae» daoB un champ plus ou moins vaste. Ce tracé local suffit à la plupart des exploitants qui n'ont qu*un intérêt secondaire à s'occuper des parties situées en dehors de leurs concessions, mais il est iusuflSsant au point de vue des géologues, dont le but principal est, au contraire, d'explorer renM;mbla des bassins, d'y établir toute la série des cou* ches combustibles, de déterminer les caractères de chacune d'elles , d'évaluer leur allure et étendue probable ; enfin d'iriv^sritoricr , en quelque sorte, les richesses houillères d'un iNissin, en y définissant la position des couches.

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S*il fallait, pour arriver à cette connaissance de la construction et de la composition souterraine des dépôts, suivre chaque couche pas à pas, en mesurer les directions, inclinaisons et puissances dans toutes leurs variations, on n'ar^ riverait à connaître ces dépôts qu'après les avoir parcourus par des travaux dans toute leur étendue, c'esirè-dire lorsque l'exploitation en serait bien avancée. Il n'y aurait donc plus de problèmes à résoudre, et les appréciations géologiques n'étant plus que la constatation des faits auraient perdu leur intérêt et leur importance. Ce qu'il faut, au contraire , c'est prévoir l'inconnu d'après ce qui est connu , calculer les chances , les probabilités , et poser ainsi des bases pour les travaux souterrains, aussi bien que pour les calculs économiques.

L'étude de l'ensemble d'un bassin se compose donc de l'examen successif et comparé de toutes les portions sur lesquelles on a pu rassembler les observations fournies par la surface et les travaux souterrains ; si l'on ne peut suivre les dépôts d'une extrémité à l'autre du bassin , on compare la série des roches et des couches combustibles de chaque champ d'observation, et l'on établit leur correspondance et l'allure présumée de leur continuité. Dans ces comparaisons, on s'attache surtout aux couches de houille les mieux connues, et l'on en précise les caractères, de manière à en reconnaître toutes les portions qui auraient été isolées par des accidents ou par des lacunes inexplorées.

Une couche s'individualise : 1^ par la puissance et les

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détails de sa stratification c'est-à-dire par le nombre et la position des bancs de schistes qui peuvent s'y trouver; 2* par le caractère minéralogique de la houille, sa structure, sa qualité, et par la composition des cendres qu'elle laisse après la combustion ; 3"* par la nature des roches qui forment le tojt et le mur, et par les distances qui la séparent des autres couches connues ; h!" par les débris végétaux qui se trouvent dans cet ensemble de roches.

Mais, quel que soit le soin avec lequel on a étudié tous ces caractères d'une couche, il arrive bien souvent qu'on ne peut la reconnaître à une distance de quelques kilomètres, lorsque sa continuité est interrompue par des accidents. Tous ces caractères peuvent en effet changer; une

autre couche peut en présenter l'imitation, et le seul moyen

incontestable d'établir l'équivalence de deux gites, est de suivre pas à pas la direction des couches, d'interpréter chaque accident qui peut en interrompre la stratification, et d'arriver ainsi, sur le sol où la question est posée, avec la seule preuve d'assimilation qui soit incontestable , la continuité.

A défaut du témoignage de la continuité, il vaut mieux prendre pour plan de repère, ou horizon géologique, les couches de grès et de schistes plutôt que les couches de houille ; malgré leurs variations, ces roches sont, en réalité, plus stables dans leurs caractères minéralogiques que les couches de bquille.

Citons quelques exemples : Dans le bassin belge, toutes les couches qui sont comprises dans une certaine épaisseur

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