‹ De La Kola (Sterculia acuminata) Et Du Bitter-KolaChapitre 10 sur 18 · PARLE · texte numérisé non relu

PARLE

Ces résultats prouvent bien que la kola augmente l’élimination de l’urine, mais que l’urée est diminuée.

On a remarqué que la kola et la caféine avaient sur la circulation du sang une action absolument identique. Monnet, Heckel et Schlagdenhauffen qui ont opéré sur les animaux soit avec de la caféine, soit avec des extraits de noix de kola, ont trouvé pour les petites doses les mêmes excitations du pouls, des battements cardiaques et des mouvements l'eSpiratoires ; et M. Monnet conclut en disant que la kola est peutêtre plus énergique dans ses effets, et que sous son influence la tension sanguine et la régularisation des battements cardiaques paraissent plus nettement accentués.

Terminons cette étude sur l’action physiologique de la noix de kola, en relatant les expériences opérées par Leven . avec la caféine, et par Heckel et par Schlagdenhauffen avec la kola sur des animaux.

«Je détruis, dit Leven (1), le tiers inférieur de la moelle chez une grenouille. Le train postérieur est complètement paralysé, j'injecte sous la peau 2 centigr. de caféine, après dix minutes, la respiration s'accélère, les battements du cœur se précipitent, la tête se roidit sur le tronc, le train antérieur se tétanise. Mort après 20 minutes; la respiration estcomplètement arrêtée.

«Réflexions.—Les battements du cœur ont continué encore trois heures après la mort; la caféine ne détruit pas la contractilité cardiaque comme d’autres poisons. Les muscles et les nerfs du train postérieur étaient restés excitables, alors que les muscles et les nerfs du train antérieur avaient

{l) Leven, Archives de physiologie, 1868, tom. I.

AT perdu, en partie, leur excitabilité. Le poison n’a pas tétanisé le train postérieur, et cependant il était en rapport avec lui par la circulation, aussi bien qu'avec le train antérieur, et par conséquent les modifications du système musculaire ne sont pas dues à une action directe sur le muscle, mais exigent lintervention de l’axe rachidien.»

« Une grenouille, écrivent Heckel et Schlagdenhauffen (1) à laquelle on avait injecté, sous la peau de la cuisse une certaine dose d’extrait aqueux de noix de kola renfermant 0,0025 de caféine, a présenté les phénomènes suivants: l'animal placé sur la planchette du myographe exécute d’abord quelques secousses involontaires qui ne sont pas tout à fait normales, puisque le tracé produit par le muscle au repos ne revient jamais au même niveau. Au bout de cinq minutes, on remarque une suite ininterrompue d’excitations très petites qui indiquent l'approche du tétanos. Après quatre tours complets du cylindre (4 minutes), il se produit des mouvements téianiques nettement accentués, terminés par des secousses très petites. Cet état se continue ainsi pendant six à sept minutes. Vers la fin, quand l'animal est fatigué, on excite le nerf sciatique à l’aide de la pile. Les réflexes sont presque nuls ou du moins excessivement faibles, soit que l’on mette l’appareil de Dubois-Raymond au zéro, soit que l’on fasse passer l’intensité maxima du courant. Le tracé myographique nous montre au début une période d’excitation, plus tard celle des convulsions tétaniques, et vers la fin ia paralysie et la mort.»

Nous rapportons, du reste, deux expériences personnelles comparatives entre la caféine et l’extrait de kola.

Expérience n° 1. — Le 20 juillet 1886, au cobaye n° 1 pesant 500 gr., à jeun, on fait prendre de la caféine.

(1) Heckel et Schlagdenhauffen, De la Kola, in Journal de pharmacie, 1883, t. VIII.

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