PRÉFACE
Élève de FUniversité libre de Bruxelles, je composai le présent ouvrage, vers la fin de Tannée 1845, pour le concours institué par le gouvernement entre les Universités de Belgique. Cet ouvrage, après la défense publique qui en eut lieu le 26 juillet 1844, fut éliminé du concours, en provoquant de la part du jury la déclaration suivante, consignée dans le registre de ses procès-verbaux :
<( Il est à regretter que M. Van Bemmel ait embrassé un u système trop conjectural pour qu'il puisse être consacré « par l'approbation du jury; sans cela, ce concurrent eût (( mérité la palme. »
Le conseil communal de la ville de Bruxelles, ayant bien voulu considérer cette déclaration comme un prix, me témoigna sa satisfaction d'une manière honorable et flatteuse, en me décernant, le 20 novembre 1844, une récompense semblable à celle qu'obtiennent les lauréats du concours.
VIII PRÉFACB.
Tout cela, cependant, ayant excité quelque curiosité, même quelque intérêt parmi mes concitoyens, je me trouvai porté naturellement à faire connaître au public ce premier essai, sans doute bien imparfait, peut-être un peu téméraire, dans une direction nouvelle et dans une route encore inexplorée. Après avoir, autant que possible, complété mes études, développé mes connaissances, en tâchant de m'initier à tous ces travaux de science et d'érudition qui ne cessent de s'accumuler depuis des siècles, je me mis à revoir le travail que j'avais préparé primitivement pour le concours. Je fortifiai quelques points qui avaient paru faibles à la première attaque, je reconstruisis même entièrement certaines parties qui s'étaient trouvées le plus exposées au feu de la critique, et je renforçai le tout d'un nouvel arsenal de raisons et de preuves.
Aujourd'hui que j'arbore, publiquement et franchement, le drapeau de mes idées et de mes convictions, oserais-je compter sur un accueil bienveillant, sur cette indulgence si rare parmi les honunes dont les opinions sont arrêtées depuis longtemps? Je le sais, bien des critiques, bien des obstacles, peut-être de la froideur et de l'indifférence, m'attendent au bout de mes efforts. Mais, puissé-je du moins rencontrer un peu de sympathie ! puissé-je faire sentir et comprendre à quelques personnes ces belles et grandes vérités que j'ai cherché seulement à mettre en lumière ! J'espère enfin que Ton voudra bien se rappeler à mon égard ces bonnes, ces encourageantes paroles de Béranger, que je ne puis m'empêcher d'invoquer en cette circonstance parce qu'elles s'appliquent de la manière la plus heureuse à ma position présente :