‹ De La Leucoplasie Balano-PréputialeChapitre 17 sur 29 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

ÉTIOLOGIE ET PATHOGÉNIE

Nous avons passé en revue dans notre historique les différenies opinions émises sue l’étiologie et la pathogénie de la leucoplasie.

On a donné de cette äffection deux grandes causes générales, l’atthritisme et la syphilis, d’autres que nous pourrions appeler locales, le rabac, l’alcool, en un mot les irritations. T

Il est bien difficile de faire une statistique avec nos cinq observations inédites de leucoplasie de la verge. Nous ne parlons pas des autres observations que nous avons rapporiées, qui sont dejà plus anciennes, où les antécédenis syphilitiques n’ont pas été recherchés ou peut-être n’ont pas été recherchés avec soin. Dans nos cinq cas, nous avons trouvé trois fois la syphilis.

Nous avons vu que la leucoplasie donnait sur les

différentes muqueuses des lésions identiques; par

2, 90 “aie ;

conséquent l’étiologie doit être la même au gland que sur les autres muqueuses.

Or, interrogeons les statistiques qui ont été présentées au XIII° congrès international de médecine. Sur 524 cas de leucoplasie, M. le professeur Fournier a constaté que 259 ont évolué chez des syphilitiques avérés, soit uue proportion de 80 0/0. MM. Barthélémy et Jacques comptent sur 83 leucoplasiques 68 syphilitiques certains. Enfin sur 85 cas observés par M. le D: Lacapère à l'hôpital Saint-Louis, il y a 63 syphilitiques avoués et 8 qui présentent des accidents spécifiques non douteux, soit 71 syphilitiques avoués où confirmés.

En somme la leucoplasie évolue chez les syphilitiques dans 90 à 95 0/0 des cas; il est évident qu'il y a là autre chose qu’une simple coïncidence. Dans ces cas la syphilis est la cause de la leucoplasie. Bien plus nous adopterons la conclusion du professeur Gaucher et nous dirons « qu'une affection qui est d’origine syphilitique dans 95 0/0 des cas est toujours syphilitique », car il y a bien 10 à 15 0/0 de syphilis acquises ignorées, de syphilis héréditaires méconnues.

Nous dirons donc que la leucoplasie balano-préputiale est d’origine syphilitique ; mais elle n’est pas de nature syphilitique, c’est une de ces affections que le professeur Fournier a décrites sous le nom de maladies parasyphilitiques. ?

Que dirons-nous de l’arthritisme? IL est évident

qu'on le retrouve chez beaucoup de leucoplasiques.

Barthélemy l’a constaté 29 fois sur 89 leucoplasiques. Cela s'explique peut-être par. ce fait que les arthritiques font plutôt des syphilis seléreuses que des syphilis gommeuses.

Connaissant la cause générale de la leucoplasie, comment expliquerons-nous la localisation des plaques blanches? A la muqueuse bucco-linguale les plaques leucoplasiques sont déterminées par des causes occasionnelles diverses qui toutes se résument à l’irritation. C’est au premier plan le tabac, c’est encore l'abus de l'alcool, des aliments épicés, la présence de dentiers, etc. Eh bien! sur la muqueuse balano-préputiale nous retrouverons également des causes d'irritation, le manque de soins hygiéniques, l’accumulation du smegma, les balano-posthites répétées, et souvent chez des sujets dont le prépuce recouvre le gland à l’état normal.

= Comment ces causes d'irritation vont-elles déterminer l’apparition de la leucoplasie ? Il semble que le plus souvent la leucoplasie s’installe peu à peu sur la muqueuse enflammée sans être précédée d'aucune lésion caractéristique. Mais il y a quelque temps, M. le D' Lacapère a mis en évidence un fait important, c’est que les plaques leucoplasiques provenaient très fréquemment de la transformation in situ d’une certaine,catégorie de plaques muqueuses, les plaques muqueuses récidivantes (1). Sur un certain nombre

de sujets en effet, le D' Lacapère a pu suivre, et

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