‹ De la liberté de la presseChapitre 102 sur 112 · LA GUADELOUPE · texte numérisé non relu

LA GUADELOUPE

Basse-Xerre, 19 octobre 1859.

NouSi commissaire de la mariDe, gouverneur de la &uaddoupe et dépendances par intérim,

\u le numéro du journal la Guadeloupe, en date du fS octobre courant;

Considérant que l'article publié dans ce numéro, sous le titre : Yox clamcms in deserto, met fin doute la sollicitude du gouvernement de l'Empereur à l'égard des colonies,-et tend à jeter de la déconsidération sur les dépositaires de l'autorité;

Vu la dépêche ministérielle du 24 novembre 1 858, nuïiiéro97;

Vu Fart. 44 de l'ordonnance organique de 1827-1833 ;

Le conseil privé entendu.

Avons décidé et décidons :

Le journal la Guadeloupe est suspendu et cessera de paraître pendant deux mois.

Fait à Basse-Terre, le 19 octobre 1859.

LE CORRESPONDANT

25 octobre 1850.

Le ministre de Tinstraction publique et des cultes chargé par intérim du département de Fintérieur,

Vu Farticle 3SI du décret organique sur la presse cXt 17 février 1852;

Vu Farticle publié par le journal le Correspondwn.t, dans son numéro du 25 octobre 1859, sous la signature Ch. de Monlalembert et sous le titre: Pie IX ^etia France en 1849 6^ en 1859;

Vu notamment les passages suivants :

« C'est la France qui a sauvé Findépèndance temporelle du saint siège en 1849, et c'est elle qui Ijoi laisse ébranler et amoindrir en 1859... Encore une fois, c'est la guerre portée par la France en Italie qui aura amené la destruction de Fautorité temporelle du pape dans le tiers de ses États et l'ébranlement irréparable de tout ce qui reste. La fiUe'aînée de FÉglise demeurera donc comptable devant le présent comme devant l'histoire, devant FEurope comme devant Dieu...

» Le rôlç de FAngleterre n'a qu'un nom, il est ignoble...

• » Quant au Piémont, nous avons vu avec une amèrfe douleur ce noble pays échanger le rôle patient et labo-

rieux, mais si fécond et si pur, d*initiateur moral et intellectael cootre celui d*un aventurier cupide et impatient...

» n faut bien le proclamer, si l'Italie, au lieu de décréter une statue à Fastuce, à la déloyauté, à la^lépra- ^tion politique personnifiée dans Machiavel... On sait {ue le gouvernement toscan vient de décider qu'il jserait ^ieré des statues à Machiavel, en même temps qu'à Tem- P^ar Napoléon III et au roi Victor-Emmanuel; »

Considérant qu'en dénonçant la guerre portée par la

^nmce en Italie comme ayant amené la destruction de

l'autorité temporelle du pape, cet article dénature les ré-

^^Itals de notre glorieuse expédition et calomnie la poli-

^Ue de l'Empereur;

Que, dépassant toutes les limites d'une appréciation '^bre des gouvernements étrangers, il insulte des nations ^Uées de la France ;

Que l'assimilation rendue à dessein injurieuse entre le ^Om de Machiavel et ceux de Sa Majesté Napoléon III et ^U roi Victor-Emmanuel est une atteinte directe au-res- P^ct dû à l'Empereur;

Considérant enfin que le gouvernement, dont le devoir est d'^éclairer la conscience publique, ne saurait abandonner à la merci des passions personnelles et des haines de parti l'honneur de la politique française, la gloire de nos armes et la loyauté des principes si solennelletaent affirmés, ' ,

386 DE LA UbERTÉ DE LA PRESSE.

Arrêtons :

nal le Correspondant ^ dans la personne de M. Ch. d< Montalembert^ signataire de Tarticle, et de M. DounioL gérant.

Art. 2. Le préfet de police est chargé de Texécutii^ du présent arrêté.

Fait à Paris, 30 octobre 4859.

Le ministre de Tinstruction publique et des cultâ

Page 1