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De la logique d'Aristote

Des six parties distinctes dont se compose FOr- ^ganon , les Premiers Analytiques sont la plus importante peut-être, et la plus parfaite. La théorie du syllogisme est le centre de toute la logique. C'est à elle que viennent aboutir, comme préliminaires , les Catégories etTHerméneia; et elle a pour conséquences, les Derniers Analytiques, les Topiques et les Réfutations des Sophistes. Sans elle, la théorie des éléments simples de la proposition, comme celle de la proposition elle-même, celle de la démonstration , et enfin celle de la discussion régulière ou sophistique , sont incomplètes ou obscures. La théorie du syllogisme unit et éclaircit tout ce qui la précède et tout ce qui la suit. C'est ce qui m'a déterminé à publier d'abtird les Premiers Analytiques.

Je n'ai point reproduit le texte, parce qu'il est, en général, très-pur, et que je crains d'augmenter le

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nombre ; déjà si considérable, des volumes qui formeront la traduction générale d'Aristote.

Voici Tordre et le contenu des trois autres , qui donneront 9 après celui-ci, le reste de la Logique : le 3® renfermera les Derniers Analytiques; le 4*> les Topiques et les Réfutations des Sophistes ; le i*** enfin , les Catégories et l'Herméneia , avec le traité de Porphyre , précédés d'une introduction , où la logique d'Aristote sera comparée à celle de Kant et de Hegel. J'espère terminer, dans le courant de Tannée prochaine, celte traduction de TOrganon : elle est préparée dès longtemps; il ne me reste plus qu'à y mettre la dernière main, et à y joindre des notes, comme je Tai fait pour la portion que je soumets aujourd'hui au jugement du public.

Je ne dois rien à mes devanciers pour la traduction elle-même, puisqu'elle est la première en son genre. La paraphrase, ou plutôt l'extrait de Canaye, publié à la fin du seizième siècle, n'a pu m'étre d'aucun secours. Mais, pour Tinlelligence du texte, j'ai les plus grandes obligations, d'abord aux commentateurs grecs, Alexandre d'Aphrodise en têtej puis à ceux du moyen-âge, arabes ou européens, Averroës et Alber trie-Grand; et enfin à ceux de la Renaissance, Pacius et Lucius, dignes héritiers de tous les travaux précédents. Leur appui constant m'a soutenu dans cette difficile carrière. Sans eux, le chemin m'eût

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été bien plus pénible encore et bien plus long. La traduction des Premiers Analytiques m'a coûté, à elle seule , près de deux années de travail. Mes peines seront amplement récompensées, si, comme j'ose l'espérer, il est possible désormais d'étudier et de connaître , en langue française , la logique péripatéticienne.

B. Saiht-Hilairs.

16 Mars 1880.

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