X. Voir plas haut, pag
a. Ritter, t. 3, p. a S. — Biandis , Dissertât, sur TOrgunon , p. a 58.
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en une heure, ce sont ses propres termes, tout ce que Tesprit humain a construit de dialectique en deux mille ans. Il attaque Platon, comme Aristote, Galien , comme le^ commentateurs arabes. U se déchaîne contre les logiciens et les métaphysiciens, et à ces deux titres , Aristote lui est odieux : il ne condamne pas seulement les hommes, il voudrait détruire la logique et la métaphysique. C'est pourtant ce livre de Nizzoli dont Leibnitz n'a pas dédaigné de se faire l'éditeur, <c en adoucissant, il est « vrai, l'amertume du texte par des notes margice nales : animadversiones marginales leniendo fctextui adjecity comme il le dit lui-même, et en a cherchant à prouver qu'Aristote n'était pas Tena nemi irréconciliable de la science moderne : de Aristotde recentioribus reœnciabUi. » On ne peut nier qu'à plus d'un égard le livre de Nizzoli ne mérite l'honneur que lui a fait Leibnitz : mais il faut convenir aussi que les attaques du professeur de Parme contre le Stagirite sont le plus souvent aussi injustes que passionnées.
Patrizzi s'est rendu plus célèbre encore par un acharnement infatigable qui lui a fait consacrer une vie presque entière à déchirer et à calomnier le caractère et le génie du Stagirite. L'ouvrage de Patrizzi brille par une érudition philosophique très profonde et fort rare à l'époque où il fut écrit} mais l'on a pu voir par les citations qui en ont été faites plus haut , qu'en ce qui concerne l'Organon,
les critiques de lllly rien ont porté presque toujouvs à faux.
Gassendi est le moins excusable de tous. Beau* coup phis récent y et venu dans un temps où la doctrine d'Aristote , bien que défendue par les arrêts monstrueux du Parlement, était universellement négligée y il eut le tort d'attaquer le philosophe grec par \\ne sorte de fanfaronnade dont il ne s'était pas lui-même fort bien rendu compte. I) commença un ouvrage , qui devait avoir sept livres , pour prouver que le système aristotâique était faux de tout point ; mais , arrivé au second livre ^ 9 ses amis lui firent observer que Patrizzi^ long-temps avant lui , s'était chargé de cette besogne, et s'en était acquitté de manière à ne plus laisser place à la violence et aux diatribes de ses successeurs. Gassendi renonça donc à poursuivre son entreprise , qui pouvait d'ailleurs , pso* suite des formes de discussion qu'il y avait adoptées, lui attirer de sérieux embarras. Il l'avoue luimême.
Aujourd'hui, à la distance où nous sommes placés de toutes ces querelles et de ces intérêts dès long- temps assoupis, il ne noijis reste phis qu'un certain étonnemeiit 'de voir des hommes ai^si distingijiés attaquer, avec une aveugle colère, un génie tel que celui d'Aristote, et se
X. Gassendi y Exercitationes paradoxicit adtersos ArSstoleos, p. lat.
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un point d'honneur de le rabaisser. Mais, en nous mettant à leur point de vue ^ au milieu du despotisme de l'École, des ténèbres dont elle tendait à prolonger la durée, nous comprendrions mieux , et nous excuserions davantage ces empor* tements d'indépendance qui dépassaient le but, mais qui tenaient à cette généreuse ardeur dont l'esprit européen a tiré tant de profit.
Quoi qu'il en soit, l'argumentation des antipéripatéticiens des seizième et dix-septième siècles est sans valeur contre l'authenticité de l'Organon. Fussent-ils même parvenus à prouver que ce système de logique n'appartient pas à Aristote, malgré le ténuHgnage unanime de l'antiquité, du moyen-âge et de la Renaissance , il leur resterait encore à nous apprendre à qui ils prétendent 1 attribuer. C'est faire preuve d'ailleurs d'une connaissance bien superficielle des œuvres du Stagirite que de ne pas reconnsutre l'empreinte manifeste de son génie dans la Logique qui porte son nom. Leibnitz, en publiant de nouveau l'ouvrage de Nizzoli, plus de cent ans après la première édition, n'était pas, le moins du monde, ébranlé par toutes les attaques dirigées , depuis près de deux siècles, contre l'authenticité des ouvrages d'Aristote. Il y croyait fermement, comme y croient tous ceux qui les ont étudiés, et, dans sa préface^ il disait avec cette élégance et cette vigueur qui lui scHit particulières: viPersuadet mep^rspecta « hjrpdhesiwn inter se harmoma , et œ^alis uàh
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« que methodus velocissimœ subtilitatis. » Cette preuve y à défaut d'autres, pourrait suffire à elle seule pour établir les titres incontestables de rOrganon; mais il en est encore tant, et de si graves, que Ton conçoit difficilement comment on a pu jamais les méconnaître.