Voir Bitter , Hist. de la phiL , tom. 3 , p
DK L*ACTHSNTICITE DE L^ORGANON: — CHAP. Tin. 85
dtés dans les Premiers Analytiques et dans THerméneia; ils le sont aussi dans la Rhétorique, etc. '•
De toutes ces citations des différents livres de rOrganon, il résulte évidemment que cette doctrine forme un ensemble systématique j dont les parties ont entre elles les plus nombreux et les plus complets rapports. On pourrait révoquer eu doute Fauthenticité de quelques-unes de ces citations j de celles , par exemple , des Analytiques qui déâgnent les Topiques , et de celles des Topiques qai désignent réciproquement les Analytiques; mais il n'en resterait pas moins certain que les relations des six traités qui composent l'Organon sont bien réelles , puisqu'elles ont pu être établies d'une telle façon, que ce soit d'ailleurs Aristote luimême ou ses successeurs qui les aient notées. Ces relations , dont la chaîne peut paraître ici bien légère , deviennent beaucoup plus évidentes, et par cela même beaucoup plus importantes, quand on analyse la doctrine logique d'Aristote dans toute son étendue.
L'Organon est le seul des ouvrages du Stagirite où il ait parlé de lui-même. On connaît le fameux passage qui termine les Réfutations des sophistes, et dans lequel Aristote revendique ses titres à l'in-
I. Voir Ritter, Hist. de la Phil., tom. 3, p. ag. Voici, *da reste, nndicttion de toiu les passages de la Rhétor. où les topiques sont cités : Uiét., lir. I, ch. I, p. i355, a, a8 , eh. a , i356, b, xx , i358, a» xoet ax, Ut. a« ch. aa, iSgô, b, 4, cb. a4 , 140X , a, a, ch. a5 » xVoa , 35 y bb. 96 , x4o3 , a , 3z. Ritter n'iiidiqae qae dnq passages.
dulgence et à l'estime de la postérité, pour être entré le premier dans une carrière si difficile. Mais cette dignité personnelle et cette réserve , qualités particulières aux anciens, n'ont point permis au philosophe de nous donner, sur ses travaux et ses propres efforts , les détails que la curiosité moderne réclame et qu'elle excuse si facilement. Ainsi, ce passage même, tant reproché au Stagirite par ses adversaires, ne saurait nous fournir aucune lumière nouvelle pour les recherches dont nous nous occupons ici. C'est une sorte d'élan de cœur; c'est une couronne modeste que le génie se décerne à lui-même, une garantie qu'il se donne contre le temps, et la malignité dont il prévoit les attaques : mais ce n'est point une confidence personnelle. Aristote ne se met pas en scène luimême : il n'y met que son ouvrage. Le philosophe, tout grand qu'il est, ne se le croit pas cependant assez pour occuper un seul instant le monde auquel il s'adresse de ce qui ne regarde que lui seul. Cette réserve si haute et si digne doit sembler une nouvelle preuve de l'authenticité de ce passage, niée par Patrizzi. Le faussaire qui l'eût ajouté n'aurait été ni aussi grave ni aussi sobre. En y regardant avec plus d'attention, le professeur illyrien ne s'y serait pas trompé.
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