CHAPITRE PREMIER
Introduction.
5oi. M'étant fait une loi de ne donner dans cet ouvrage que des observations que j'ai moimême vérifiées , toutes les fois que je ne cite point de nom d'auteur, je dois déclarer que, ne possédant pas tout ce qu'il aurait fallu pour approfondir le sujet de cette section, je suis forcé de n'en développer que certains points seulement; toutefois j'indiquerai ceux que je n'ai pu traiter comme je l'aurais désiré.
502. Il n'est possible de porter un jugement approfondi sur les différents assortiments de couleur relativement à l'usage que l'on peut en faire dans la lecture, soit de caractères imprimés, soit de lettres tracées à la plume ou par tout autre moyen, qu'autant qu'on a égard,
A. A la durée de la lecture;
B. Et à l'espèce de la lumière qui éclaire le papier imprimé ou écrit.
A. Injluence de la durée de la lecture.
503. D'après les différents états où se trouve l'œil lorsqu'il est apte à percevoir les phénomènes
(3i6) des contrastes simultané, successif et mixte des coulem'S (77 et suiv.), on conçoit que pour juger de l'effet sur la vue des assortiments que l'on peut faire entre la couleur des lettres et celle du papier, relativement à l'ordre de facilité plus ou moins grande que différents assortiments présentent respectivement à la lecture, il est nécessaire d'avoir égard au temps pendant lequel on lit; car il pourrait arriver que tel assortiment serait plus favorable que tel autre à une lecture de quelques minutes, tandis que le contraire aurait lieu j)our une lecture qui se prolongerait d'une à plusieurs heures, par la raison que le premier assortiment, présentant un contraste plus grand que le second, serait par là même plus favorable à une lecture de courte durée, tandis qu'il le serait moins à une lecture prolongée, parce qu'alors, à cause même de l'intensité de son contraste, il fatiguerait l'organe plus que ne ferait le second.
B. Iiifliience de V espèce de la lumière qui éclaire le papier imprimé ou écrit.
5o4' La lumière que nous développons pour suppléer à celle du soleil, changeant les rapports de coloration sous lesquels les mêmes corps nous apparaissent lorsqu'ils étaient éclairés par cette dernière lumière; il est évident que si on négli-
(3i7) geait cette différence de rapport, on pourrait donner lieu à quelque erreur, parce que tel assortiment de couleurs qui serait plus favorable à la lecture que tel autre à la lumière diffuse du jour, le serait moins à la lumière d'une lampe, d'une bougie, etc.
5o5. Conformément aux distinctions que je viens d'établir, je vais examiner dans les deux chapitres suivants,
1.° L'influence de différents assortiments de couleurs dont on peut faire usage dans l'impression et l'écriture, pour rendre plus ou moins facile à la lumière diffuse du jour la lecture qu'on fera durant quelques minutes ou quelques heures, de caractères imprimés ou tracés d'une manière quelconque ;
2° L'influence des mêmes assortiments, lorsqu'il s'agit d'une lecture courte ou prolongée, faite à la lumière développée artificiellement.