‹ De la loi du contraste simultané des couleursChapitre 181 sur 249 · MASSIFS HÉTÉROGÈNES OU VARIÉS, SUBORDONNÉS ENTRE EUX · texte numérisé non relu

MASSIFS HÉTÉROGÈNES OU VARIÉS, SUBORDONNÉS ENTRE EUX

Considérations générales.

790. Les massifs hétérogènes ou variés , liés ensemble de manière à faire un tout, sont en général séparés les uns des autres, 1.° par des allées; 2.° par des clairières ou intervalles non plantés, mais cultivés ou semés en gazon.

Pour bien comprendre tout ce qui va suivre, il faut établir la différence essentielle qui existe entre le jardin-paysage et le jardin français.

791. Le jardin français est régulier et symétrique; les allées sont droites, et la vue n'y est affectée que d'objets peu variés ; car dès qu'il y a des carrés, des plates-bandes droites, la symétrie exige nécessairement que les objets qui sont d'un côté soient répétés de l'autre. Il en résulte que dès que le spectateur a visité les principaux points de cette composition, qui ne sont jamais

(5^7) très-nombreux, il a vu tout ce qu'elle est susceptible de présenter à sa curiosité.

792. Je ne dirai pas, avec quelques personnes, que le jardin-paysage est conçu d'après le principe de l'irrégularité , ou d'après un mode diamétraleme?it opposé à celui qui préside au dessin du jardin français, mais je dirai qu'il est conçu pour un but tout différent. Le spectateur qui parcourt un jardin- paysage, doit être excité pour ainsi dire à chaque pas par la vue d'objets divers. Les points de vue divers doivent donc être aussi multipliés que possible; les allées doivent toujours être tracées d'une telle façon, que d'aucun endroit on puisse en découvrir toute l'étendue. Les plantations doivent être disposées de manière à cacher les murs, les clôtures et tous les objets désagréables ou mal placés. Elles doivent permettre à l'oeil de s'étendre, le plus loin possible, dans tous les endroits que le jardiniste a voulu découvrir; d'un autre côté les vues doivent varier avec les différents points que le spectateiu* parcoui't successivement dans sa promenade.

795. Pour atteindre le but dont je viens de parler, il est évident qu'il ne faut plus d'allées droites, mais des allées courbes; parce qu'en effet ce ne sera que dans celles-ci que le promeneur

ne pourra , d'une même place, en embrasser toute la longueur, lorsque toutefois ces allées passeront entre des massifs : il faut en outre que les intervalles de ces massifs permettent d'apercevoir un ensemble d'objets plus ou moins agréables, lesquels doivent former des plans qui prolongent avec art la perspective aussi loin que possible. Il faut que les massifs, tout en présentant de la variété, soient cependant liés ensemble de manière que les plantations de l'un d'eux s'barmonient avec celles des massifs voisins, comme parties dépendantes d'un même tout.

Exposé des règles à suivre dans la plantation des massifs hétérogènes subordonnés entre eux.

794. Le contour des allées et des massifs subordonnés entre eux étant arrêté, voici les règles qu'il faut observer pour les plantations.

795. 1." Règle. On trace au cordeau des lignes parallèles ou concentriques à la ligne qui circonscrit chaque massifs comme on le voit dans les massifs 1, 2, 5, 4 de la figure loi.

Dans le massif 1 il y a quatre lignes concentriques fermées.

Dans le massif 2 il n'y a que deux lignes concentriques à la ligne de circonscription fermées ,

(529) et une ligne courbe centrale qui le partage en Jeux moitiés.

Je trace une ligne centrale dans tous les massifs aux centres (lesquels je veux planter des végétaux beaucoup plus grands que ceux qui doivent l'être dans les lignes concentriques fermées.

Dans les massifs triangulaires subordonnés , placés entre trois allées , comme le sont les massifs 3 et 5, il faut distinguer ceux qui se réduiront par une ligne A B , prolongement de l'axe de l'allée A A, en. deux triangles très-inégaux, comme AB DetA B C(\x\ massif 3 , et ceux qui se réduiront en deux triangles à peu près égaux, comme A B D et ^ ^ C du massif 5. En effet, dans les premiers, comme le massif 3, les plus grands végétaux devront se trouver dans la ligne A B et non aux angles D et C, tandis que dans le massif 5 les grands végétaux devront se trouver nonseulement en A et en B, mais encore en C et en D. La raison principale que je donne de cette différence est que le spectateur qui regarde de l'allée A A l'angle A du massif 3, ne voit pas l'angle C; tandis que de la même allée, regardant l'angle A du massif 5 , il voit en même temps les angles C et D. Or, cette circonstance impose la condition qu'il y ait autant d'homogénéité que possible entre les deux parties du même tout qui sont vues simultanément.

796. 2.^ Règle. Les Lignes de plantation étant arrêtées, je divise chacune d'elles en parties égales ail moyen de piquets qui représentent le centre des plantes qu'on mettra sur ces lignes; il faudra, autant que possible, que les plantes de la seconde ligne correspondent aux intervalles des plantes de la première , et ainsi de suite; ou, en d'autres termes, planter en échiquier.

Rien n'est plus important pour le bel effet à venir des plantations, que d'espacer convenablement les végétaux. Il est préférable de péclier par excès de distance plutôt que par défaut. Dans le premier cas on peut placer entre une plante et une autre, soit des fleurs, soit de petits arbustes qu'on supprimera plus tard.

Il ne faut pas perdre de vue que plus les intervalles seront grands, mieux les plantes se développeront, et plus la vision en sera distincte; or, cette condition de voir distinctement une plante, et, si c'est une plante berbacée ou un sous-arbrisseau, de la voir se détacher sur la terre qui lui sert de fond, me paraît une condition importante à remplir pour tirer le meilleur parti possible de ces végétaux employés à la décoration d'un jardin.

Dislance à mettre entre les végétaux qui doivent entrer dans la composition des massifs.

i" pour les rosiers de Bengale, les kerria japonica, les petits spirœa, et i™,5 (4 pieds) si l'on veut placer entre eux des fleurs : telles que pensées de diverses couleurs, petites liliacées;

1^,5 ou l'^fi (4 ou 5 pieds) pour les lilas, les seringat, les chamœcerasus , les boules de neige, les lauriers-amandes {cerasus laurocerasus);

i",6 à 2™ (5 à 6 pieds) pour les S.*' Lucie, les faux ébéniers, les bois de Judée.

On peut placer entre les lilas, les seringats, des iris blancs, jaunes, des pavots à bractées ou des pavots de Tournefort, de petits spiraea, des rosiers.

797. 3.^ Règle. Tout massif gui doit être vu dans son ensemble {comme le massif 1 , fig. 101), tout massif adossé à des murs qu'il doit cacher {comme le massf 8, Jig. 101), se composeront de lignes présentant chacune les mêmes espèces ou variétés d'une même espèce , j^eçenajit à des intervalles égaux.

Les plantes les plus petites, soit herbacées, sous-arbustes, arbustes, sous-arbrisseaux, arbrisseaux, seront dans les premières lignes, et les plus grandes dans les lignes les plus éloignées du bord.

Je vais citer des exemples :

Le massif n.° i de la figure i o i , est un massif de rosiers de Bengale. Il se compose de quatre lignes de rosiers et de trois lignes de plantes herbacées.

1 /" Ligne. Rosier rouge , rosier rose , rosier rouge, etc.

2.*" Ligne. Iberis de Perse, tulipe rouge, ^lysse saxatile, iris bulbeuse {iris ocjphiiuji), hémérocalle jaune {hemerocallis Jlava) , iris bulbeuse, iberis, etc.

"^.^ Ligne. Rosier rose, rosier blanc, rosier rose, etc.

4-^ Ligne. Esclioltzia, lin vivace, Escboltzia, iris bulbeuse, hémérocalle jaune, iris bulbeuse, Escboltzia, etc.

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