CHAPITRE VIII
Principe de ÏJiarnionie générale.
920. Il ne suffit pas de réunir des objets agréables pour composer un ensemble qui plaise, il faut nécessairement établir entre eux des rapports qui les lient, et c'est la convenance de ces rapports plus ou moins facile à reconnaître, qui fera que l'on aura plus ou moins bien observé le principe de l'harmonie générale.
921. L'harmonie s'observe dans un seul objet, comme dans des objets associés, toutes les fois que le premier présente des parties distinctes. Telle est l'harmonie des proportions dans les membres d'un animal.
922. L'harmonie s'établit entre les diverses parties d'un même objet, au moyen de la proportion des parties, volume ou superficie, delà forme, de la couleur. La symétrie est bien une condition d'harmonie, mais si des parties symétriques manquent de proportion dans un objet, cet objet manquera d'harmonie générale dans l'ensemble de ses parties : la symétrie n'est donc
pas toujours de l'harmonie générale.
925. L'harmonie s'établit entre des objets différents au moyen d'une analogie de grandeur, de
(649) forme, de couleur, au moyen de la position symétrique; enfin, au moyen de la répétition de la même forme, de la même couleur ou d'un même objet, ou encore d'objets très -analogues, s'ils ne sont pas identiques.
/' 924- Rien ne rend plus sensible l'influence de la position et de la répétition à des intervalles égavix , dans l'iiarmonie générale de plusieurs objets très-différents, que de faire des groupes homogènes voisins et réguliers même de ces objets, ou de les disposer sur une ligne à des intervalles égaux et en les alternant; enfin, si ces objets sont des végétaux, en les subordonnant à nos principes de plantations.
926. Conformément à ces idées, on conçoit comment l'harmonie s'établira entre des groupes formés chacun d'un même objet.
926. Le défaut d'harmonie générale qu'on remarque dans plusieurs sortes de compositions, tient souvent à ce qu'on a voulu y faire entrer un trop grand nombre d'objets hétérogènes ou trop différents; c'est ce qu'on remarque dans la décoration de beaucoup d'édifices, surtout dans les intérieurs, où de l'accumulation d'objets plus ou moins élégants, plus ou moins précieux, est
résulté la confusion et un défaut d'harmonie de l'ensemble. Une autre cause de ce résultat est le concours de plusieurs artistes travaillant à une même oeuvre indépendamment l'un de l'autre, et souvent avec des vues toutes différentes; il est évident que de cet état de choses il ne peut résulter que de l'incohérence dans l'effet final de l'œuvre.
Telle est la cause du défaut d'harmonie qu'on remarque dans des monuments où plusieurs architectes ont travaillé, soit successivement, soit en même temps; quelque étonnant que soit ce dernier cas, cependant on pourrait citer quelques exemples d'architectes qui , n'ayant aucune vue commune, ont été chargés simultanément d'exécuter diverses parties d'un plan général conçu par un autre, sans qu'on leur eut imposé l'obligation de subordonner ces parties au plan général.